- il y a 12 heures
- #hdpros2
Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Bonsoir à tous, May-Hélène Trémolet, Gilles-William Gognadel, Geoffroy Lejeune, Johan Ozaï et Amine El-Katmi sont avec nous
00:00:06à 20h45.
00:00:08En direct, nous serons avec Gérald Darmanin qui viendra et nous pourrons lui poser les questions,
00:00:15les questions que chacun se pose sur les moyens de la justice mais aussi sur la politisation de la justice,
00:00:20sur l'absence de sanctions qui existent et puis sur évidemment ces deux affaires qui sont en cours.
00:00:26L'une bien évidemment, l'affaire Liana et c'est avec Liana que nous allons commencer puisque cet après-midi
00:00:32il y avait une marche blanche pour Liana.
00:00:35Elle était organisée à Saint-Jean-d'Angélie, les grands-parents paternels de Liana qui vivent dans le département organisent
00:00:42ce rassemblement pour leurs petites filles.
00:00:45Le rendez-vous est à 18h devant la mairie, la tante de Liana, on va l'entendre dans quelques instants,
00:00:51a pris la parole.
00:00:52L'adolescente était née à La Rochelle, elle avait quitté la Charente-Maritime pendant son enfance, un rassemblement suivi, une
00:00:58marche blanche,
00:00:59un moment de recueillement organisé par la famille de Liana, retrouvée, je vous la rappelle, morte dans le Gers jeudi
00:01:084 juin.
00:01:09Ses grands-parents vivent à Mazeray. Je vous propose d'écouter la tante de Liana qui a pris la parole.
00:01:16« Son départ nous a profondément bouleversés et elle nous manque terriblement.
00:01:21Son sourire, sa présence, sa douceur et tous les sourires qu'elle nous laisse resteront à jamais gravés dans nos
00:01:28cœurs.
00:01:29Nous ne l'oublierons jamais.
00:01:31Son amour et la joie qu'elle nous a apportées dans nos vies continueront de vivre à travers de chacun
00:01:39de nous.
00:01:39Nous voulons également remercier sincèrement toutes les personnes présentes.
00:01:45Votre soutien, votre affection, votre présence, à nos côtés, nous apporte beaucoup de réconfort.
00:01:53Merci d'être ici aujourd'hui pour honorer sa mémoire.
00:01:57Liana, tu resteras pour toujours dans nos pensées et dans notre cœur.
00:02:03Nous t'aimons énormément et nous ne t'oublierons jamais.
00:02:20Écoutez la réaction de quelques personnes qui étaient aujourd'hui présentes à Saint-Jean-en-Jélie.
00:02:28C'est une honte, une honte. La justice est vraiment à la traîne.
00:02:33Je suis dégoûté par cette justice, complètement.
00:02:36Et ça prouve qu'on a soulevé un lièvre, excusez-moi du terme, mais personne ne savait qu'il y
00:02:42avait 70 000 cas.
00:02:44Et là, on le découvre. J'en parlais avec des amis, je dis mais c'est quoi ça ?
00:02:4770 000 cas ? Il a fallu cette affaire-là pour en parler ?
00:02:51C'est dramatique. La France vit vraiment une mauvaise période.
00:02:55Je me dis que ça peut nous arriver à nous-mêmes.
00:02:59Et franchement, je compatis à la souffrance des parents.
00:03:04Ça me touchait énormément depuis cette histoire.
00:03:08Et je trouvais que c'était très important d'être là.
00:03:10Non, mais j'ai deux filles. Je m'appuie de 16 ans qui se fait régulièrement embêter aussi.
00:03:16C'est tout le temps, c'est partout.
00:03:18Et c'est impuni, donc on laisse faire et voilà, c'est normal.
00:03:23Que dire derrière ces réactions ?
00:03:26On a le sentiment qu'aujourd'hui, il y a une possibilité pour les pédocriminels d'entrer plus rapidement en
00:03:32contact avec des jeunes filles,
00:03:36qu'il y a 50 ans, parce que l'espace numérique permet cette connexion et ces contacts.
00:03:42Ce qui n'était pas le cas il y a quelques années.
00:03:46Simplement, moi, ce à quoi j'ai pensé tout de suite en écoutant ces paroles-là qui sont tellement émouvantes,
00:03:53c'est presque indescriptible.
00:03:54Mais combien de fois on a entendu ça ces dernières années ?
00:03:57Il y a eu combien de marches blanches ?
00:03:59Enfin, on en revient toujours à la même chose en réalité.
00:04:00À chaque fois, on se dit plus jamais ça.
00:04:02Et d'ailleurs, on lit les mêmes pancartes, les mêmes banderoles, les mêmes témoignages.
00:04:06Plus jamais ça, plus jamais ça.
00:04:08Et puis, ça revient toujours en réalité.
00:04:10Permets-moi de te dire quand même que c'est la première fois à ce niveau-là que j'entends,
00:04:19et personnellement, j'en suis satisfait, la mise en cause d'une partie de la magistrature.
00:04:25Même sur le plan médiatique, même sur le plan populaire, il y avait une sorte de préservation de certains magistrats
00:04:33fautifs.
00:04:34Et là, je pense qu'on a foncé une étape.
00:04:36Et ça fait longtemps que je l'attends, cette étape.
00:04:38Il faut voir à quel point la magistrature fait bloc.
00:04:40Ah, mais ça, ça, oui.
00:04:42On en parlera évidemment tout à l'heure et on sera avec Gérald Darmanin, je l'ai dit, à partir
00:04:47de 20h45.
00:04:48Alors, vous allez entendre deux avocats aujourd'hui qui sont deux avocats totalement différents.
00:04:52L'avocat de la famille de Liana et l'avocat de la famille de Rosa.
00:04:58Et vous vous souvenez qui est Rosa, la petite Rosa, c'est la petite fille.
00:05:02Et moi, je l'ai appris cet après-midi, je ne pensais pas qu'il y avait eu autant de
00:05:05viol que cela.
00:05:06Elle a été violée dix fois, la petite Rosa.
00:05:09Il y a eu une conférence de presse absolument, mais bouleversante, de la mère de Rosa.
00:05:14Et l'avocat de la famille de Rosa était là.
00:05:17Ce que dit cette femme, je vous assure, dans les témoignages que vous allez entendre,
00:05:22ce que dit cette femme, cette mère de Rosa, c'est absolument sidérant.
00:05:27Et effectivement, s'il n'y avait pas eu la mort de Liana, nous n'aurions pas connu cette affaire
00:05:34et ce témoignage de la mère de Rosa.
00:05:36Mais avant cela, écoutons l'avocat de la famille de Liana, il s'appelle François Rougou et il est, comment
00:05:44dire, il pointe l'absence de moyens.
00:05:47Ce qui n'est pas le cas de l'avocat de la famille de Rosa.
00:05:51Il y a une question. Comment cela a pu arriver ?
00:05:54Alors je ne suis ni enquêteur, ni politicien, je suis l'avocat de la famille et j'ai eu accès
00:05:59au dossier.
00:06:00Et par ma voix, cette famille endeuillée souhaite envisager les véritables responsabilités,
00:06:05celles des moyens qu'on accorde à la justice et à leur efficacité.
00:06:08Car oui, Monsieur le Président, c'est le vrai cœur du problème.
00:06:12J'ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter.
00:06:18J'ai vu les mêmes se battre pour des post-it ou des ramettes de papiers, on en est là.
00:06:23J'ai vu des décisions de justice qui n'étaient pas appliquées, faute d'avoir du personnel pour pouvoir le
00:06:28faire.
00:06:29J'ai vu des experts refuser leur mission car ils avaient trop de travail.
00:06:33J'ai vu des rapports d'expertise être rendus six mois après qu'on les avait demandés.
00:06:39J'ai vu des instructions judiciaires pour viol durer des années car il n'y a pas assez de juges,
00:06:44pas de place en audience.
00:06:46J'ai vu des magistrats désespérés car ils n'avaient plus les moyens de leur faire leur office dans de
00:06:51bonnes conditions.
00:06:52A-t-on oublié la tribune des 3000 magistrats suite au suicide de l'un d'eux ?
00:06:57Je vous demanderai donc un peu de respect.
00:07:00Étudier 70 000 plaintes d'ici le 14 juillet, c'est de la poudre de perlimpinpin.
00:07:05Et j'espère que personne n'est dupe, c'est impossible, à moins de mal faire son travail.
00:07:10J'étais en audience ce matin et les dossiers qui ont dû être renvoyés ont été renvoyés en novembre
00:07:15car le magistrat a estimé à juste titre qu'on ne traitait pas bien les dossiers à 23h quand on
00:07:20commence une audience à 8h30.
00:07:23En novembre, c'est encore tôt.
00:07:26Maintenant, c'est en 2027.
00:07:28Allez expliquer cela aux victimes.
00:07:30J'ai assisté des victimes de viol à la cour d'assises pour des audiences jusqu'à 4h du matin.
00:07:37Il y a des centaines de plaintes depuis 2025 pour viol ou agression sexuelle au Parquet d'Hoche
00:07:43et seulement un procureur pour les traiter.
00:07:46Vous trouvez ça sérieux ?
00:07:47Alors maintenant, ça suffit.
00:07:48Nous ne voulons pas de loi ou de réforme.
00:07:50Nous ne voulons pas de récupération.
00:07:52Juste des moyens et l'efficacité de ces moyens.
00:07:55La robe que je porte me hurle de vous demander plus de moyens.
00:07:59Donc oui, aujourd'hui est un jour de colère.
00:08:01Je ne peux plus me taire quand on met en cause des institutions judiciaires,
00:08:05déjà à bout de souffle, garantent pourtant de l'état de droit.
00:08:08Que chacun prenne ses responsabilités, y compris au plus haut sommet de l'État
00:08:13et qu'on ne s'y trompe pas.
00:08:15Combien faudrait-il de l'IANA pour que nous soyons enfin entendus ?
00:08:19Maintenant, laissons la justice faire son œuvre.
00:08:22Accorder à la justice les moyens de bien faire son travail et pas des miettes du budget.
00:08:27François Rougou, de Boubet, avocat de la famille de l'IANA.
00:08:30Et vous allez maintenant entendre Pierre de Buisson,
00:08:32qui est sur une ligne totalement différente.
00:08:35Et je rappelle qu'il est l'avocat de la famille de Rosa.
00:08:40Il y a trop de dysfonctionnements au niveau de l'institution judiciaire
00:08:42qui est en plein naufrage pour qu'on laisse passer cela.
00:08:46Et c'est l'occasion, ce drame, c'est l'occasion que les choses changent durablement.
00:08:51On en a un peu marre des effets d'annonce des hommes politiques
00:08:53qui s'effacent et s'estompent semaine après semaine.
00:08:55Une actualité en chassant une autre.
00:08:57Là, ce qu'on veut maintenant, c'est saisir cette occasion
00:08:59pour que les choses changent durablement à tout point de vue.
00:09:02Personne n'a fait son travail.
00:09:03Et encore une fois, si chacun avait fait son travail,
00:09:06l'IANA aurait été sauvé.
00:09:07Et donc, la défaillance humaine de ces enquêteurs
00:09:11qui n'ont rien fait, pardon, mais il faut le dire clairement,
00:09:14qui n'ont rien foutu, alors même que tous les éléments convergents
00:09:16vers la réalité d'une infraction et qui plus est d'un crime, d'un viol,
00:09:19répété au moins une dizaine de reprises sur cette petite,
00:09:23qui a encore une fois été vue par des psychologues
00:09:25et qui ont pu constater, évidemment, que celle-ci présentait
00:09:28un syndrome de stress post-traumatique lié à des agressions sexuelles répétées,
00:09:32malgré le fait que le médecin légiste a bien constaté
00:09:35qu'il y avait eu une pénétration pénienne et donc un viol.
00:09:38Eh bien, les enquêteurs et les magistrats,
00:09:40puisque les enquêteurs travaillent sous l'autorité des magistrats
00:09:43et des procureurs, ont cru bon de voir les séparés-là en toute liberté.
00:09:46Pierre Dubuisson, avocat donc de la famille de Rosade.
00:09:50Je suis complètement en faveur de la dernière, de mon confrère Dubuisson.
00:09:58Complètement. Pardon de vous le dire, mais je suis un peu étonné
00:10:02que le premier avocat se fasse l'avocat des magistrats.
00:10:07Bien entendu que c'est toujours mieux d'avoir des moyens, bien entendu.
00:10:13Mais de là à expliquer que c'est la faute des moyens
00:10:15et de ne pas avoir le début d'un commencement de critique
00:10:19par rapport à ce qui s'est passé à Hauche,
00:10:21où je pense que le ministre qui va venir va vous dire
00:10:24qu'à Hauche, c'est un tribunal normal,
00:10:27qu'il ne souffre pas d'une pénurie de magistrats, etc.
00:10:30Il y a quelque chose, très sincèrement, qui me choque.
00:10:32Les magistrats, ils ne sont pas en sucre.
00:10:36Les avocats ne sont pas en sucre.
00:10:38Les politiques, ils ne sont pas en sucre.
00:10:40Je ne vois pas pourquoi les magistrats seraient en sucre. Pardon.
00:10:42Ça sera une des questions les plus importantes.
00:10:46Absolument.
00:10:46On sera tout à l'heure à Gérald Darmanin.
00:10:48La sanction, c'est un des rares corps de métier
00:10:52qui échappe à toute sanction.
00:10:53La responsabilité des juges.
00:10:55Totalement d'accord avec William.
00:10:58On peut toujours trouver les moyens insuffisants.
00:11:00force est de constater que, si on veut parler des moyens,
00:11:05sous Gérald Darmanin, il y a 2000 magistrats de plus
00:11:08que sous Mme Taubira.
00:11:09Le budget a été porté à 10,7 milliards.
00:11:12C'est 54% de plus que sous Mme Taubira.
00:11:15On peut toujours trouver que c'est insuffisant.
00:11:17Mais là, en l'occurrence, lorsque le garde des Sceaux
00:11:19diffuse une circulaire pour dire que la priorité doit être mise
00:11:22sur la protection des enfants
00:11:23et sur les agressions sexuelles contre les enfants
00:11:26et que manifestement cette priorité n'a pas été suivie,
00:11:29qui, là, en l'occurrence, ça hoche,
00:11:31ce n'est pas une question de moyens.
00:11:32Non.
00:11:33Maï-Hélène Trémolet.
00:11:34Ce n'est pas forcément une question de moyens,
00:11:35mais même dans la réaction, on peut se poser une question
00:11:37parce que le premier avocat évoque ces 70 000 cas
00:11:39en disant qu'ils seront bâclés s'ils sont traités en un mois.
00:11:41Et il y a d'autres priorités qui sont évoquées tout le temps.
00:11:44On a l'impression que la justice doit avoir des priorités tout le temps.
00:11:47Gérald Darmanin avait fait des atteintes à la laïcité,
00:11:49une priorité du narcotrafic, une priorité aussi.
00:11:52Donc on se demande ce qui va se passer dans le mois suivant.
00:11:53Ça veut dire qu'on abandonne tous les autres cas
00:11:55pour se concentrer que sur celui-ci,
00:11:57qui est évidemment très important.
00:11:59On essaie de repenser.
00:12:00Mais la délinquance, elle explose.
00:12:01Donc tout est une urgence.
00:12:04Il faut comprendre ça aussi.
00:12:05Je crois le gêne.
00:12:08Je crois le gêne.
00:12:09Je suis d'accord avec Maï-Hélène.
00:12:10Je trouve qu'opposer les deux discours des deux avocats,
00:12:13certes, ils ne disent pas la même chose,
00:12:14mais opposer les deux, c'est un piège absolu.
00:12:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:12:18moi, je pense qu'on sera tous perdants
00:12:20si demain, on dit qu'il y a eu des dysfonctionnements.
00:12:23Ils sont là.
00:12:23Il y en a eu un, deux, trois, quatre.
00:12:25D'ailleurs, on a viré ces quatre personnes.
00:12:26Et donc maintenant, c'est bon.
00:12:27Il n'y aura plus d'affaires Liana.
00:12:28Je pense que ça ne marchera pas comme ça.
00:12:31Les 70 000 cas, il y a évidemment
00:12:32toute la description qui est faite par cet avocat.
00:12:35Elle est réelle.
00:12:35Il y a un non-combrement absolu.
00:12:37Il y a plein de priorités.
00:12:39Gérald Darmanin, il dit qu'il avait trois priorités
00:12:41en arrivant au ministère de la Justice.
00:12:42La lutte contre les violences sexuelles contre les enfants,
00:12:44mais aussi le narcotrafic.
00:12:46Pardon, mais il y a deux semaines,
00:12:47on parlait de narcotrafic davantage
00:12:48que de violences sexuelles contre les enfants
00:12:49et les atteintes à la laïcité et aux intérêts de l'État.
00:12:52Ces trois priorités qui sont très, très légitimes.
00:12:54La description faite par le premier avocat,
00:12:56elle est absolument juste.
00:12:57Et les 70 000 plaintes,
00:12:59il n'y a pas 70 000 dysfonctionnements.
00:13:00C'est juste que la justice ne peut pas absorber tout ça.
00:13:02Mais les agressions dans la rue,
00:13:04ce n'est pas une priorité non plus ?
00:13:06Tout est une priorité.
00:13:06Donc je suis en train de vous dire
00:13:09que de toute manière,
00:13:10indépendamment du fait qu'il y ait éminence,
00:13:12c'est mieux quand il y a de l'argent.
00:13:13Je vous dis que de toute manière,
00:13:15nous sommes confrontés à une situation
00:13:17où d'une part, il y a une explosion de la violence
00:13:19et d'autre part, où il y a des magistrats,
00:13:22pardon de vous le dire,
00:13:23qui ne sont pas forcément obsédés par la sanction.
00:13:26Bon, j'entends bien,
00:13:27mais en l'espèce, dans l'affaire de Léana,
00:13:31c'est un problème des enquêteurs.
00:13:34C'est un problème de cette personne
00:13:36qui n'a pas été convoquée par la garde à vue.
00:13:38Ce n'est pas directement d'ailleurs
00:13:40un problème de la justice.
00:13:42Nous sommes d'accord.
00:13:43C'est un problème général.
00:13:44C'est un problème général.
00:13:45Non mais, pardonnez-moi.
00:13:47Je comprends mal, effectivement,
00:13:49je ne suis pas un expert comme vous.
00:13:51On va écouter la mère de Rosa.
00:13:53Quand elle appelle la gendarmerie,
00:13:56qu'elle appelle tous les lundis,
00:13:58et qu'elle dit,
00:13:59on m'envoie dinguer pour être poli,
00:14:02qui est responsable de convoquer
00:14:05Jérôme Barrella ?
00:14:07Qui ?
00:14:08En principe, le procureur doit donner des consignes
00:14:11aux policiers enquêteurs.
00:14:12C'est comme ça que ça se passe.
00:14:14Donc, c'est une responsabilité du procureur.
00:14:17Alors, je ne sais pas, pardon.
00:14:20L'enquête déterminera
00:14:23si les gendarmes
00:14:25ont été spécialement réactifs
00:14:27par rapport à ce qu'a dit
00:14:28ou à ce qu'il n'a pas demandé le procureur.
00:14:30Quand je vous disais,
00:14:30la mère de Rosa,
00:14:31on va l'entendre sur la justice,
00:14:33c'est un des témoignages
00:14:34les plus invraisemblables
00:14:36que j'ai entendus depuis bien longtemps.
00:14:37Je rappelle que cette mère
00:14:39a donc un enfant
00:14:40qui s'appelle Rosa,
00:14:41elle a 11 ans.
00:14:42Cet enfant va être violé
00:14:43une dizaine de fois
00:14:45par Jérôme Barrella.
00:14:48Vous avez raison.
00:14:49C'est ce qu'elle dit.
00:14:51Il est présumé innocent.
00:14:53Vous avez parfaitement raison.
00:14:54Ça se passe donc en août dernier.
00:14:58Elle porte plainte en août dernier.
00:15:00Et elle appelle tous les lundis
00:15:02la gendarmerie
00:15:04parce que sa fille, évidemment,
00:15:04est traumatisée.
00:15:05Écoutez ce témoignage.
00:15:07Aujourd'hui, je suis là
00:15:09pour essayer de changer
00:15:12les choses
00:15:13et qu'il n'y a pas d'autres enfants
00:15:15qui souffrent.
00:15:16Comme moi, je souffre
00:15:17à côté de ma fille,
00:15:19comme je pleurais tous les soirs
00:15:20que je couchais
00:15:22avec la culpabilité
00:15:23que je ne pouvais pas protéger ma fille,
00:15:25que je ne pouvais pas être là
00:15:29et qu'elle ne souffre
00:15:31aucun enfant.
00:15:33Moi, je posais 2025
00:15:34le août 2025,
00:15:37je posais une plainte
00:15:39pour viol contre Jérôme Barrella
00:15:42avec le médecin
00:15:45qui a fait des tests,
00:15:47des épreuves pour ma fille
00:15:49qu'elle était entendue
00:15:50pendant des heures et des heures
00:15:52pour montrer qu'elle ne ment pas.
00:15:54et en attendant,
00:15:58il n'y avait rien à été fait.
00:16:00La justice n'a pas fait son travail.
00:16:04La mère de Rosa est espagnole.
00:16:06Elle s'exprime d'ailleurs
00:16:07dans un français quasiment parfait.
00:16:09On va marquer une pause
00:16:10et vous entendrez
00:16:11un deuxième témoignage
00:16:13qui montre sa tristesse,
00:16:17sa désolation
00:16:17et aussi une forme de culpabilité
00:16:19paradoxalement qu'elle peut avoir.
00:16:21A tout de suite.
00:16:24Il est 20h29,
00:16:26sachez qu'à 20h45,
00:16:28Gérald Darmanin,
00:16:29garde des Sceaux,
00:16:30sera avec nous
00:16:31et nous lui poserons
00:16:33évidemment les questions
00:16:34que vous vous posez également.
00:16:35On termine avec le témoignage
00:16:37de la mère de Rosa
00:16:39et je rappelle que Rosa
00:16:40est cette petite fille
00:16:41qui a été violée.
00:16:42La mère avait porté plainte
00:16:43en août dernier
00:16:45et il n'y a pas eu d'effet
00:16:47après cette plainte.
00:16:49Écoutez ce qu'elle dit
00:16:51lorsqu'elle a appelé
00:16:52plusieurs fois
00:16:53la gendarmerie de Toulouse.
00:16:56C'était la gendarmerie de Toulouse.
00:17:00Pourquoi il faut attendre
00:17:01autant longtemps ?
00:17:02Avoir des réponses.
00:17:03Je vais appeler
00:17:04tous les lundis matin.
00:17:06Tous les lundis matin,
00:17:07le temps que ma fille
00:17:08était chez le psychologue.
00:17:10J'ai eu des réponses.
00:17:12L'affaire,
00:17:12il est en cours.
00:17:14Mais je suis la maman
00:17:15de victime.
00:17:17Je ne peux pas entendre ça
00:17:19qu'il est en cours.
00:17:20Il n'était pas entendu.
00:17:21Il n'était pas convoqué.
00:17:22Moi, j'ai été entendue
00:17:24deux fois.
00:17:25La dernière fois
00:17:26que j'ai appelé,
00:17:27ils m'ont dit
00:17:27si je continue à harceler,
00:17:29ils m'ont fait porte-pleinte.
00:17:31J'ai la culpabilité
00:17:32que je n'ai pas assez fait.
00:17:34Que je n'étais pas à la hauteur
00:17:36en tant que maman.
00:17:38Aujourd'hui,
00:17:38je vois que la justice
00:17:40ne m'a pas suivie.
00:17:42en tant que maman,
00:17:43en tant que victime,
00:17:45en tant que...
00:17:46Ma fille,
00:17:47elle est une victime.
00:17:48Elle souffre
00:17:50tous les jours.
00:17:52Elle souffre
00:17:53parce qu'elle a vu
00:17:54l'Iana mourir.
00:17:55Elle a entendu
00:17:56dans le journal.
00:17:57Et c'est la même personne.
00:17:59Pourquoi elle n'était pas arrêtée ?
00:18:01Pourquoi ?
00:18:02Vous vous rendez compte
00:18:03que la mère de Rosa
00:18:04éprouve une culpabilité
00:18:06parce qu'elle a le sentiment
00:18:07de ne pas en avoir refait assez,
00:18:09de ne pas avoir alerté
00:18:10sans doute les gendarmes
00:18:12comme elle aurait pu le faire
00:18:13pour que l'Iana
00:18:15soit toujours en vie
00:18:16à l'heure à laquelle nous parlons.
00:18:19Ce témoignage est extraordinaire.
00:18:21C'est elle-même
00:18:22qui se sent coupable.
00:18:25Alors,
00:18:25l'avocat
00:18:26qu'on a entendu tout à l'heure,
00:18:27Pierre Dubuisson,
00:18:29a décidé de porter plainte.
00:18:30Je ne sais pas
00:18:30ce que ces plaintes-là
00:18:33valent sur le plan juridique.
00:18:34Je vous propose de l'écouter.
00:18:36C'est inacceptable,
00:18:38c'est inadmissible
00:18:38et c'est la raison
00:18:39pour laquelle
00:18:39nous déposons plainte.
00:18:40D'abord,
00:18:41une plainte pour faute lourde
00:18:42contre l'État
00:18:43par rapport à ce dysfonctionnement
00:18:45majeur des services publics
00:18:46et je le répète,
00:18:47ce n'est malheureusement
00:18:48pas un cas isolé
00:18:48et cette hypocrisie
00:18:49qui consiste à se dédouaner
00:18:50parce que tout le monde
00:18:51se dédouane.
00:18:51Le garde des Sous se dédouane
00:18:53contre l'État.
00:18:53Le président dit
00:18:54que ce n'est pas un problème
00:18:55de moyens
00:18:55alors qu'il y a aussi
00:18:56un problème de moyens.
00:18:57Les magistrats disent
00:18:58que ce n'est pas de leur faute,
00:18:59que c'est le problème des politiques.
00:19:00Non, c'est un problème collectif
00:19:01et il est grand temps
00:19:02qu'il y a un sursaut.
00:19:03C'est la raison pour laquelle
00:19:04donc, en plus de la plainte
00:19:05pour le dysfonctionnement
00:19:06du service public
00:19:07contre l'État
00:19:07pour faute lourde,
00:19:08nous déposons plainte
00:19:09contre les enquêteurs
00:19:10au pénal
00:19:10pour mise en danger
00:19:12de la vie d'autrui,
00:19:13non assistance en personne
00:19:13en danger.
00:19:14Tous les enquêteurs
00:19:15qui étaient sur cette affaire
00:19:16qui n'ont rien fait,
00:19:17qui n'ont pas interpellé
00:19:18ce criminel.
00:19:19Nous déposons plainte
00:19:19contre le procureur de Toulouse
00:19:21et le procureur d'Oche
00:19:22qui n'ont pas cru bon
00:19:23de voir donner l'instruction
00:19:24d'interpeller ce criminel.
00:19:26Et enfin,
00:19:26nous déposons plainte
00:19:27contre la Cour de justice
00:19:28de la République,
00:19:29devant la Cour de justice
00:19:30de la République
00:19:31contre M. Darmanin,
00:19:32le garde des Sous,
00:19:33pour les mêmes infractions
00:19:34de mise en danger
00:19:34de la vie d'autrui
00:19:35et non assistance
00:19:36à personne en danger.
00:19:37Quevald s'est plainte
00:19:38sur le plan juridique,
00:19:40est-ce qu'elles ne sont
00:19:41que symboliques ?
00:19:42Non.
00:19:43La plainte contre l'État
00:19:46pour un dysfonctionnement,
00:19:49elle me paraît normale.
00:19:53Elle peut déboucher
00:19:55sur quelque chose
00:19:57de symbolique,
00:19:57mais elle est normale.
00:19:58La plainte contre les enquêteurs
00:20:01et les procureurs
00:20:02me paraît personnellement
00:20:03normale et légitime,
00:20:05sous réserve évidemment
00:20:06de la présomption d'innocence.
00:20:07Personnellement,
00:20:09je comprends moins
00:20:10la plainte contre M. le ministre
00:20:12parce qu'en dehors
00:20:14d'avoir insisté
00:20:16sur l'urgence
00:20:19de résoudre
00:20:21le problème
00:20:22des enfants,
00:20:22je ne vois pas
00:20:23très sincèrement
00:20:24ce qu'on peut lui reprocher,
00:20:26d'autant plus
00:20:26qu'il n'a aucune action.
00:20:28Darmanin,
00:20:29il n'a aucune action
00:20:29individuelle
00:20:30sur les magistrats.
00:20:31Il ne peut rien leur dire.
00:20:33Donc, j'avoue que...
00:20:34Ça a été décidé
00:20:34par le législateur.
00:20:35Pardon ?
00:20:36Ça a été décidé
00:20:36par le législateur.
00:20:37Voilà, il ne peut pas.
00:20:38Bien sûr,
00:20:39l'indépendance
00:20:40des magistrats.
00:20:41Donc, très sincèrement,
00:20:43je le dis très franchement
00:20:44parce que vous savez bien
00:20:45que je ne marche pas
00:20:46les mots,
00:20:46je ne partage pas
00:20:48la troisième plainte.
00:20:48Et pour le coup,
00:20:49le ministre a eu des mots
00:20:51qui étaient très forts.
00:20:53Oui, il a eu le malheur
00:20:54de demander pardon.
00:20:55Des mots qui tranchent
00:20:56avec l'esprit de corps
00:20:57dont a fait preuve
00:20:59le Conseil supérieur
00:21:00de la magistrature
00:21:01dans un communiqué
00:21:02qui n'était ni fait
00:21:03ni à faire,
00:21:03si je puis me pardon.
00:21:04On est d'accord.
00:21:04Mais est-ce que c'est
00:21:05un dysfonctionnement
00:21:05pour vous
00:21:06que le ministre de la Justice
00:21:07n'ait pas de responsabilité
00:21:09et n'ait pas de pouvoir
00:21:09dans ces cas-là ?
00:21:10Ah ben, s'il avait
00:21:12effectivement...
00:21:13Quel pouvoir pourrait-il avoir ?
00:21:14On pourrait.
00:21:15Quel pouvoir avait
00:21:16un ministre de la Justice
00:21:16il y a 50 ans
00:21:17et qu'il n'a plus
00:21:18aujourd'hui un ministre ?
00:21:19Donner des instructions ?
00:21:20Oui, il pouvait donner
00:21:21des instructions individuelles.
00:21:23Individuelles ?
00:21:23C'est-à-dire ?
00:21:24Il pouvait donner
00:21:25des instructions individuelles,
00:21:26ce qu'il ne peut pas faire
00:21:27sauf au parquet.
00:21:28Enfin, sauf individuel.
00:21:29Il peut donner
00:21:30des grandes lignes.
00:21:31Non, écoutez-moi,
00:21:32je ne suis pas un inconditionnel
00:21:35de M. Darmanin.
00:21:36J'essaye d'être juste
00:21:37très sincèrement
00:21:39dans cette affaire-là.
00:21:40Je ne vois pas
00:21:40ce qu'ont plus reproché.
00:21:42Il a eu le malheur
00:21:43de demander pardon.
00:21:45Est-ce qu'on pourrait dire
00:21:46qu'il y a 50 ans,
00:21:48le pouvoir politique
00:21:50et les juges
00:21:52avançaient davantage ensemble
00:21:53sans que ce soit dit ?
00:21:55Bien sûr que oui.
00:21:56Bien sûr que...
00:21:57Alors, avec...
00:21:58Il y avait des avantages.
00:21:59Des avantages
00:22:00Il y avait des inconvénients.
00:22:01Il y avait des désavantages.
00:22:02Je suis né au barreau
00:22:05à une époque
00:22:06où on pouvait davantage
00:22:07arranger les coups.
00:22:08Parce que vous pouviez...
00:22:09Ce que vous appelez
00:22:10arranger les coups.
00:22:10Vous pouviez davantage
00:22:11intervenir.
00:22:13Un ministre de la Justice
00:22:14pouvait davantage
00:22:15intervenir dans une affaire individuelle.
00:22:17Il faut...
00:22:18Rien...
00:22:18Il n'y a pas de système.
00:22:20Non, mais il n'y a pas
00:22:20de système parfait.
00:22:21Et aujourd'hui,
00:22:23la magistrature
00:22:24est en opposition
00:22:25avec la...
00:22:26Mais la magistrature...
00:22:27La classe politique ?
00:22:28La magistrature...
00:22:29Est-ce que vous le diriez comme ça ?
00:22:31D'abord, la magistrature,
00:22:32on en parlera peut-être,
00:22:33est largement idéologisée.
00:22:35Ce n'est pas un hasard
00:22:36si le syndicat de la magistrature,
00:22:38le syndicat des murs des cons,
00:22:40incarne quand même
00:22:4025 à 30%...
00:22:42Mais le reste...
00:22:44Vous en avez aussi
00:22:45qui ne sont pas syndiqués,
00:22:46qui sont idéologisés.
00:22:47Il y a beaucoup de magistrats.
00:22:49La sociologie du magistrat,
00:22:51elle ressemble
00:22:52à la sociologie du journaliste.
00:22:53Des gens qui disent
00:22:54Libération le matin dans le métro
00:22:55et le monde le soir.
00:22:57Pardon de le dire.
00:22:58Mais en même temps,
00:22:58je ne veux pas caricaturer
00:22:59ma propre pensée
00:23:00parce que vous avez aussi
00:23:02des gens totalement indépendants.
00:23:04Mais il y a quand même,
00:23:05malgré tout,
00:23:06un tropisme très fort
00:23:08qui ne cherche pas spécialement
00:23:10à la sanction.
00:23:12Pardon,
00:23:13l'histoire du juge
00:23:14Tony Scurtis,
00:23:15il était justement
00:23:17au saisine immédiate.
00:23:20À la suite d'une fronde
00:23:22d'un avocat d'extrême-gauche,
00:23:24pardon de le dire,
00:23:26eh bien,
00:23:26il a été déplacé
00:23:27et les juges
00:23:28qui ont le remplacé,
00:23:29alors ils donnaient moins
00:23:30de la punition.
00:23:31C'est ce qui explique
00:23:31l'histoire du PSG.
00:23:33Bon,
00:23:33il y avait aussi des juges
00:23:34qui se retrouvent
00:23:35avec un certain nombre
00:23:37de dossiers d'un côté,
00:23:38un certain nombre
00:23:38de places de prison de l'autre
00:23:40et qui, effectivement,
00:23:41doivent faire des choix
00:23:42entre les dossiers
00:23:43les plus importants
00:23:44par rapport au nombre
00:23:45de places
00:23:45et qu'on n'en a pas contre.
00:23:48Et il y a des choix politiques
00:23:49qui ont été faits,
00:23:49c'est-à-dire que faire
00:23:50un parquet national financier,
00:23:52ce n'est pas faire
00:23:53un parquet national
00:23:54contre la violence
00:23:55faite aux enfants.
00:23:56C'est un choix politique.
00:23:57Et je rembasse
00:23:58au parquet national financier
00:23:59pour sa diligence
00:24:00et son sérieux.
00:24:01C'est l'hérité.
00:24:02Je peux dire
00:24:02que ça marche bien.
00:24:03Oui,
00:24:03mais alors si vous avez
00:24:04un parquet national,
00:24:05par exemple,
00:24:05pour lutter contre
00:24:06la violence faite aux enfants,
00:24:07c'est-à-dire
00:24:10c'est ça que ça veut dire.
00:24:11C'est plus de moyens,
00:24:11c'est centralisé,
00:24:12ce ne sont des gens
00:24:13qui font que cela.
00:24:13Ils sont plus compétents.
00:24:15Quel est l'avantage ?
00:24:15Quel avantage
00:24:17y aurait-il à avoir
00:24:17un parquet national ?
00:24:19Que ça va faire ?
00:24:20Non, mais alors,
00:24:22très sincèrement,
00:24:23je ne dis pas
00:24:24que c'est une mauvaise idée,
00:24:25mais il faut qu'à l'intérieur
00:24:27de ce parquet,
00:24:28il y ait la même motivation
00:24:30qu'au sein du parquet
00:24:31national financier.
00:24:32Je ne les connais pas, moi.
00:24:35Ça fait partie des questions
00:24:36et les 20h37,
00:24:37le ministre va être là
00:24:38dans quelques instants.
00:24:39Alors, un témoignage
00:24:40qui a été recueilli
00:24:41par Pauline Trevzer
00:24:42et vous allez le voir
00:24:43dans ce sujet
00:24:43de Mathilde Couvillier-Flornois.
00:24:45C'est une adolescente
00:24:46qui a croisé
00:24:47la route
00:24:49de Jérôme Barrella.
00:24:52Il y a deux ans,
00:24:53elle croise pour la première fois
00:24:54Jérôme Barrella
00:24:55dans son club de sport.
00:24:56À l'époque,
00:24:57elle n'a que 15 ans
00:24:58et elle ne se méfie pas encore
00:25:00du père de famille.
00:25:01Elle a décidé
00:25:02de témoigner anonymement.
00:25:03Nous l'appellerons Lisa.
00:25:04On ne pouvait pas
00:25:05s'imaginer
00:25:05qu'il allait faire
00:25:07de telles choses.
00:25:08Il avait fait
00:25:09inciter un papa,
00:25:10il avait l'air gentil,
00:25:11il avait deux filles.
00:25:12Dans ce club de sport
00:25:13où les cours sont donnés
00:25:14à la fois aux adultes
00:25:15et aux enfants,
00:25:16Lisa constate
00:25:17que Jérôme Barrella
00:25:18est surtout proche
00:25:19des plus jeunes.
00:25:20Très vite,
00:25:20il prend contact
00:25:21avec l'adolescente
00:25:22par téléphone.
00:25:23Du coup,
00:25:23il me dit
00:25:23c'est Jérôme,
00:25:24ça va ?
00:25:25J'avais 15 ans à l'époque
00:25:27donc je lui réponds
00:25:29gentiment,
00:25:29je n'avais pas vu le danger.
00:25:30et au fur et à mesure
00:25:32il m'invite
00:25:33tous les week-ends
00:25:34chez lui.
00:25:35C'était trop bizarre,
00:25:36il me proposait
00:25:36des pizzas,
00:25:37il me proposait
00:25:38toujours de manger
00:25:39avec lui,
00:25:40savoir ce que j'aimais
00:25:41et ce que je n'aimais pas.
00:25:42Lisa ne répond pas
00:25:43aux avances de Jérôme.
00:25:45Un jour,
00:25:45il la raccompagne
00:25:46chez elle
00:25:46après un cours de sport.
00:25:48Lisa n'est pas à l'aise
00:25:49et Jérôme lui envoie
00:25:50un message dans la soirée.
00:25:51Elle le lit
00:25:52à nos journalistes.
00:25:53Tu avais l'air mal à l'aise
00:25:54et un panique dans la voiture.
00:25:55J'espère que ce n'est pas moi
00:25:56qui te mets dans cet état
00:25:57et si c'est le cas,
00:25:58dis-moi juste par rapport
00:25:59à quoi.
00:25:59À ce moment-là,
00:26:00il me fait peur,
00:26:01il me fait vraiment
00:26:02beaucoup peur
00:26:02parce que je me demande
00:26:04qu'est-ce qu'il me veut
00:26:05finalement.
00:26:05Depuis l'affaire Liana,
00:26:07Lisa sait qu'elle a échappé
00:26:08au pire.
00:26:09J'ai eu vraiment
00:26:09beaucoup de chance
00:26:10et j'ai eu le courage
00:26:12et la force de lui dire
00:26:13non, non,
00:26:13je n'ai pas envie.
00:26:14Lisa a porté plainte
00:26:15contre Jérôme Barrella
00:26:16la semaine dernière.
00:26:18Elle devrait bientôt
00:26:18être convoquée
00:26:19à la gendarmerie
00:26:20pour raconter son histoire.
00:26:22Et puis à l'Assemblée nationale
00:26:23aujourd'hui,
00:26:24il y a eu un échange
00:26:27d'écouter Madame Le Pen.
00:26:29Le chagrin du peuple français
00:26:31en écho à celui
00:26:32de sa famille
00:26:33et de ses proches
00:26:34à l'annonce
00:26:34de la mort de Liana,
00:26:3611 ans,
00:26:37assassinée par un homme
00:26:38déjà connu
00:26:39comme pédophile,
00:26:39un prédateur identifié
00:26:41mais jamais interpellé,
00:26:43jamais neutralisé,
00:26:44a laissé place
00:26:45à la colère
00:26:46et elle est justifiée.
00:26:48Cette petite fille
00:26:49a été sacrifiée
00:26:49sur le tête
00:26:50de la nonchalance
00:26:51d'un État
00:26:51dont l'appareil judiciaire
00:26:53a failli.
00:26:54Un État englué
00:26:55dans le déni
00:26:56de l'explosion
00:26:56de la criminalité
00:26:57contre les enfants
00:26:58et la culture
00:26:59généralisée
00:27:00du pas de vague.
00:27:01Ce drame
00:27:02s'inscrit
00:27:02dans un tableau
00:27:03d'ensemble
00:27:03qui s'avère
00:27:04révélation
00:27:04après révélation
00:27:05proprement effrayant
00:27:06et accablant.
00:27:07Seul le résultat compte
00:27:08et donc il nous faut
00:27:09agir vite.
00:27:10Le premier moyen
00:27:11d'agir vite
00:27:12c'est évidemment
00:27:12de faire la vérité.
00:27:13Et on le voit bien
00:27:13la séance
00:27:14de questions gouvernement,
00:27:15je vais revenir,
00:27:16parle à la fois
00:27:16du drame épouvantable
00:27:18qui touche la famille
00:27:19de Liana et Liana
00:27:19et en même temps
00:27:20un fait de société
00:27:21plus large.
00:27:22Repartons quand même
00:27:22des faits.
00:27:23nous devons la vérité
00:27:25au peuple français
00:27:26sur ce qui s'est passé
00:27:27dans cette affaire.
00:27:29Et donc c'est le sens
00:27:30de la saisine
00:27:30des inspections
00:27:31éducation nationale,
00:27:34justice intérieure
00:27:35qui devra,
00:27:36il faut bien le reconnaître,
00:27:37expliquer l'inexplicable
00:27:39et rendre compréhensible
00:27:40ce qui semble
00:27:41incompréhensible.
00:27:42C'est d'agir vite
00:27:43face à ce qui n'est pas
00:27:45un fait divers.
00:27:46J'en suis intimement
00:27:46persuadé,
00:27:47vous l'avez d'ailleurs
00:27:47tous et tous
00:27:48redit dans vos propos
00:27:50mais qui est un véritable
00:27:51fait de société
00:27:52sur une violence
00:27:53qui est endémique
00:27:54qui ne va pas
00:27:55en s'arrangeant,
00:27:56c'est le mot qu'on puisse dire
00:27:57ces dernières années.
00:27:59Je reprends
00:28:00fait de société
00:28:01fait divers
00:28:02des choses qu'on entend
00:28:04sur ce plateau
00:28:05comme bataille culturelle.
00:28:06Pendant la même séance
00:28:07des questions
00:28:08du gouvernement,
00:28:09j'ai vu
00:28:10des députés de gauche
00:28:11qui se sont succédés
00:28:12à la chaîne
00:28:13pour charger
00:28:13le garde des Sceaux
00:28:14et je veux quand même
00:28:15le dire,
00:28:16les mêmes n'ont pas eu
00:28:17un mot sur le scandale
00:28:18du périscolaire.
00:28:19Pas un mot
00:28:20sur le scandale
00:28:21du périscolaire
00:28:22où 80 écoles
00:28:23étaient concernées,
00:28:24des crèches,
00:28:25des écoles élémentaires,
00:28:26des écoles maternelles
00:28:26et lorsque Rachida Dati,
00:28:28et je veux lui rendre hommage,
00:28:29pardon,
00:28:30pendant la campagne
00:28:30des municipales,
00:28:32s'est gosillée
00:28:32pour parler de ce scandale,
00:28:34les mêmes lui disaient
00:28:34qu'elle faisait
00:28:35de la récupération politicienne
00:28:37sur le malheur
00:28:38et sur le drame
00:28:38des enfants.
00:28:39Et là, bizarrement,
00:28:40il monte au créneau.
00:28:41Mais oui,
00:28:41mais vous posez
00:28:43évidemment
00:28:44un problème
00:28:45que chacun a vu.
00:28:46Lorsque Lola
00:28:47et lorsque Philippine
00:28:48ont disparu,
00:28:51tout le monde
00:28:52n'est pas monté
00:28:53au créneau
00:28:53de la même manière
00:28:54parce que
00:28:55dans les deux cas,
00:28:56c'était une personne
00:28:58sous OQTF
00:28:58qui était le meurtrier.
00:28:59Ah, maintenant,
00:29:00là, c'était
00:29:00de l'instrumentalisation.
00:29:01Exactement.
00:29:02Donc, il faut rappeler cela.
00:29:04Mais on est dans
00:29:04cette société aujourd'hui
00:29:06où il y a
00:29:07des bonnes victimes
00:29:08et des moins bonnes victimes
00:29:10et des bonnes causes
00:29:11et des moins bonnes causes.
00:29:12Chacun le sait.
00:29:13Oui.
00:29:13Là, il est flagrant
00:29:15que l'extrême-gauche
00:29:18aimerait peut-être
00:29:19que cette crise
00:29:20qui est une crise judiciaire
00:29:21se transforme
00:29:22en crise politique.
00:29:23C'est précisément
00:29:23ce qu'essaie d'éviter
00:29:24le Premier ministre.
00:29:25Mais il est évident
00:29:26qu'il y a une part
00:29:27de récupération
00:29:27de la part de l'extrême-gauche
00:29:28qui aimerait bien
00:29:29se payer Gérald Darmanin
00:29:30et le Premier ministre.
00:29:31On ne va pas se mentir.
00:29:32Évidemment qu'ils aimeraient.
00:29:33Donc, il y a une part
00:29:33de récupération chez eux.
00:29:34Je suis d'accord avec Amine
00:29:36qui était assez manifeste
00:29:37aujourd'hui
00:29:37à l'Assemblée nationale.
00:29:38Il y a aussi une protection
00:29:41du corps général
00:29:42des magistrats.
00:29:43Il y a aussi
00:29:44ce phénomène-là.
00:29:45Ils n'aiment pas beaucoup
00:29:46qu'on puisse mettre en question
00:29:47des failles des magistrats
00:29:49pour les raisons sociologiques
00:29:51que j'ai expliquées.
00:29:52Bien sûr,
00:29:52parce qu'il y a une proximité
00:29:53entre l'extrême-gauche
00:29:54et les magistrats.
00:29:56En tout cas,
00:29:56lorsque je vous entends...
00:29:57Et une partie.
00:29:58Alors justement,
00:29:59vous allez entendre
00:30:00la réaction
00:30:01de la magistrature
00:30:03qui se défend.
00:30:04Et c'est un sujet
00:30:05de Astrid Yalik.
00:30:07Face aux critiques,
00:30:08la magistrature
00:30:09se défend
00:30:10et fait bloc.
00:30:10L'objectif est clair,
00:30:11ne pas être désigné
00:30:12comme bouc émissaire,
00:30:14notamment par leur garde
00:30:15des Sceaux,
00:30:15Gérald Darmanin.
00:30:16Les syndicats de magistrats
00:30:17dénoncent ces accusations.
00:30:19Le drame épouvantable
00:30:20de la disparition
00:30:21de la jeune Liana
00:30:22et la découverte
00:30:22de son corps
00:30:23dans le Gers
00:30:24suscite une légitime
00:30:25et profonde émotion
00:30:26à laquelle l'USM
00:30:27s'associe pleinement.
00:30:28Cependant,
00:30:29nous assistons
00:30:29depuis plusieurs jours
00:30:30à une instrumentalisation
00:30:31politique inacceptable
00:30:33de ce drame
00:30:34par l'exécutif.
00:30:35On ne peut pas
00:30:35lorsqu'on est ministre
00:30:37en charge d'un ministère
00:30:39dire lorsqu'on a décidé
00:30:42de faire une inspection
00:30:44pour voir ce qui relève
00:30:46du systémique
00:30:47et de l'individuel
00:30:48de dire déjà
00:30:49avant même que l'inspection
00:30:50ait fait ses investigations
00:30:52je sais qu'il y a déjà
00:30:53des coupables
00:30:54et je vais les sanctionner.
00:30:56C'est simplement pas possible.
00:30:57Et les procureurs
00:30:58eux aussi partagent
00:30:59ce point de vue.
00:31:00On nous pointe du doigt
00:31:01très clairement
00:31:02et on s'est dit
00:31:03on pourrait peut-être
00:31:04dire qu'on va attendre.
00:31:05Et si effectivement
00:31:07ces inspections
00:31:08amènent à quelque chose
00:31:08et bien elles nous diront
00:31:09à quoi ?
00:31:10Et le garde des Sceaux
00:31:11prendra ses responsabilités
00:31:12avec le conseil supérieur
00:31:13de la magistrature.
00:31:14La présidente de l'Assemblée nationale
00:31:15leur apporte son soutien.
00:31:17Mais justement
00:31:17il ne faut pas
00:31:18que les juges
00:31:19soient des boucs émissaires
00:31:20parce qu'ils font
00:31:21le maximum.
00:31:22Ce sont des hommes
00:31:22et des femmes
00:31:23qui se dévouent
00:31:24corps et âme
00:31:25à leur mission.
00:31:26Donc il ne faut pas
00:31:27les mettre en accusation
00:31:28ce serait une grave erreur.
00:31:29Dans un climat
00:31:30toujours très tendu
00:31:31la cour de cassation
00:31:32appelle elle aussi
00:31:33à l'apaisement
00:31:34et à laisser les enquêtes
00:31:35se poursuivre.
00:31:37Il peut y avoir
00:31:37des bavures policières
00:31:39il n'y a pas de problème
00:31:40là ça n'est pas
00:31:41jeter le guise crédit
00:31:42sur l'ensemble de la police
00:31:43mais il ne peut pas
00:31:44y avoir des bavures
00:31:45dans la magistrature.
00:31:46Le simple fait
00:31:47de se poser la question
00:31:48et de réclamer une enquête
00:31:48sérieuse
00:31:49c'est déjà attenter
00:31:50à la magistrature.
00:31:51Quand on entend
00:31:52Yael Brunpivet
00:31:53on se dit
00:31:54qu'il va falloir
00:31:54beaucoup de courage
00:31:55de détermination
00:31:56et de volonté politique
00:31:57à Gérald Darmanin
00:31:58ou à celui qui voudra
00:31:59régler le problème
00:32:00et changer les choses
00:32:01parce que je peux vous dire
00:32:02qu'à gauche
00:32:02ou au centre-gauche
00:32:04ils vont faire bloc.
00:32:06Quand même on réalise
00:32:07que sur ce genre de débat
00:32:10la vraie plaie dans ce pays
00:32:11c'est beaucoup plus
00:32:11que les magistrats
00:32:12c'est les médias en réalité.
00:32:13Là aujourd'hui
00:32:14il y a une remise en question
00:32:15du système
00:32:16de ce délabrement
00:32:19de la justice
00:32:19parce que les médias
00:32:20ne soutiennent plus
00:32:21mais dans le cas de Lola
00:32:22dans le cas de Philippines
00:32:23les médias ont empêché
00:32:24que cette critique arrive
00:32:25parce que ce n'étaient pas
00:32:25les bons agresseurs
00:32:27Thomas Crépol évidemment
00:32:28ce n'étaient pas
00:32:29les bons agresseurs
00:32:30donc les médias
00:32:30nous ont accusé
00:32:31nous de faire de la récupération
00:32:32ont empêché
00:32:33que tout ça soit remis en question
00:32:34et là puisque c'est
00:32:35la bonne victime
00:32:35le bon agresseur
00:32:36parce qu'il est blanc
00:32:37et qu'il est français
00:32:37donc tout va bien
00:32:38on peut y aller
00:32:39ils ont lâché des magistrats
00:32:40et c'est pour ça
00:32:41qu'enfin
00:32:41on va avoir ce débat.
00:32:43Oui
00:32:43c'est si vrai.
00:32:46Rémi Haidt
00:32:47qui est le procureur général
00:32:48de la Cour de cassation
00:32:49lui dit les choses
00:32:49écoutez.
00:32:52c'est un échec
00:32:53c'est un échec
00:32:54et cette procédure
00:32:55elle n'aurait pas dû
00:32:56connaître le traitement
00:32:58qu'elle a connu
00:32:58c'est donc un échec
00:33:00il faut s'interroger
00:33:01il y a des missions
00:33:02d'inspection
00:33:02qui sont là
00:33:03pour le faire
00:33:04aussi
00:33:04pour voir tout ce qui a pu se passer
00:33:06puisque c'est une chaîne
00:33:07vous savez
00:33:08une telle catastrophe
00:33:10n'arrive souvent
00:33:12qu'après toute une série
00:33:13de dysfonctionnements
00:33:14et il faut bien
00:33:15les identifier
00:33:16puisqu'il y a
00:33:17l'amont
00:33:18il y a l'aval
00:33:19il y a le problème
00:33:19des signalements
00:33:20il y a le problème
00:33:21sûrement de l'intervention judiciaire
00:33:23et puis
00:33:24il y a aussi
00:33:25la question
00:33:25des services enquêteurs
00:33:26voilà
00:33:27il faut absolument
00:33:28tout mettre à plat
00:33:29pour que
00:33:30plus jamais
00:33:31plus jamais
00:33:32une telle affaire
00:33:33ne survienne.
00:33:34Alors c'est le plus jamais
00:33:35plus jamais
00:33:35plus jamais
00:33:36ça qui effectivement
00:33:38oui mais on entend
00:33:40ces phrases là
00:33:40plus jamais
00:33:41plus jamais
00:33:41plus jamais
00:33:43on entend également
00:33:44ce que dit
00:33:45Emmanuel Macron
00:33:46depuis des années
00:33:47sur tous les sujets
00:33:47d'ailleurs
00:33:48et rien ne change
00:33:49là en l'occurrence
00:33:49Emmanuel Macron
00:33:50on l'entend pas beaucoup
00:33:51alors il a pris la parole
00:33:52très discret
00:33:53oui
00:33:54il a quand même
00:33:55pris la parole
00:33:56vendredi
00:33:56très tôt
00:33:58comprenant
00:34:00l'émotion
00:34:02il laisse son gouvernement
00:34:03en première ligne
00:34:03là il est très très en retrait
00:34:05et là manifestement
00:34:06il a parlé aujourd'hui
00:34:07donc je vous propose
00:34:07de l'écouter
00:34:08il a parlé il y a quelques minutes
00:34:10nul ici n'ignore
00:34:13je dirais qu'à quelques kilomètres
00:34:14du pic
00:34:15un drame aussi
00:34:16est advenu
00:34:18qui bouleverse
00:34:19le pays tout entier
00:34:21et donc évidemment
00:34:22je ne peux pas commencer
00:34:23cette cérémonie
00:34:24sans avoir une pensée
00:34:26pour une de nos familles
00:34:29et pour tant de familles
00:34:29qui sont touchées
00:34:30par les drames
00:34:33les horreurs
00:34:34dire toute la détermination
00:34:35du gouvernement
00:34:36des pouvoirs publics
00:34:38mais aussi dire toute l'affection
00:34:39que nous avons
00:34:40à l'égard
00:34:41de la famille
00:34:42de la petite Liana
00:34:43voilà
00:34:44oui il a parlé
00:34:44il a parlé pour ne rien dire
00:34:46oui
00:34:47ça lui arrive
00:34:47quelques fois
00:34:48il n'a rien dit
00:34:49il n'a rien dit
00:34:50sur une affaire gravissime
00:34:51qui a ému
00:34:52des millions de français
00:34:53il y a des millions de français
00:34:54qui sont en colère
00:34:55comme ils l'ont rarement été
00:34:56et le président
00:34:57de la république
00:34:58est muet
00:34:59alors que ça relève
00:35:00quand même en partie
00:35:00de sa responsabilité
00:35:01ça relève même
00:35:02sur toute sa responsabilité
00:35:04ça relève surtout
00:35:05de sa responsabilité
00:35:06le bon fonctionnement
00:35:07de la justice
00:35:07et il n'a rien d'autre
00:35:09à dire que c'est
00:35:09quelques mots
00:35:10d'une banalité affligeante
00:35:11moi je trouve ça désespérant
00:35:13ce qui est toujours étonnant
00:35:14c'est le deux poids deux mesures
00:35:15moi j'ai dans l'oreille
00:35:15ce qu'il avait dit
00:35:16lorsque Naël est mort
00:35:17ah bien sûr
00:35:18évidemment
00:35:19mais là il fallait éviter
00:35:20les émeutes
00:35:21qu'il avait effectivement
00:35:23chargé immédiatement
00:35:24la police
00:35:25il l'avait accusé
00:35:26directement
00:35:26il était coupable
00:35:27il était coupable
00:35:28donc on retourne
00:35:30la France qui pleure Liana
00:35:31ne brûlera pas
00:35:31d'abribus
00:35:32bien sûr
00:35:32et de médiathèque
00:35:34bien sûr
00:35:34il n'y a pas de risque
00:35:35des meutes
00:35:35France tranquille
00:35:36il n'y a pas de risque
00:35:37des meutes
00:35:37qui manifestent
00:35:38dans des marches blanches
00:35:39et qui respectent
00:35:40les règles
00:35:42je vous propose
00:35:44alors je vous ai annoncé
00:35:44que Gérald Darmanin
00:35:46arriverait
00:35:46il est 20h48
00:35:47et on me dit
00:35:48qu'il arrive
00:35:49et qu'il sera là
00:35:51sur le plateau
00:35:52dans quelques secondes
00:35:54dans quelques minutes
00:35:55mais avant cela
00:35:56je vous propose peut-être
00:35:57d'écouter
00:35:58Jérôme Poza
00:36:00puisque ça
00:36:02comment dire
00:36:03ça participe
00:36:04au débat
00:36:05que nous mènerons
00:36:06avec Gérald Darmanin
00:36:08dans quelques instants
00:36:10depuis 2015
00:36:12nous sommes en 2026
00:36:13depuis 2011
00:36:14pardon
00:36:14ça fait 15 ans
00:36:15que nous attendons
00:36:16que la chancellerie
00:36:17sorte
00:36:19un rapport
00:36:20sur l'évaluation
00:36:20de la charge de travail
00:36:21des magistrats
00:36:22nous attendons
00:36:23depuis 15 ans
00:36:23qu'on nous dise
00:36:24qu'est-ce qu'on doit faire
00:36:26et quels sont les moyens
00:36:27qu'on a pour le faire
00:36:28et vous ne l'avez toujours pas vu
00:36:29ce rapport ?
00:36:29la chancellerie ne veut pas
00:36:30nous le donner
00:36:31ce document mettra un terme
00:36:32à tous les fantasmes
00:36:34qu'il y a
00:36:35et donnera un petit peu
00:36:36de corps
00:36:37au problème des moyens
00:36:38cette synthèse
00:36:39objective le fait
00:36:40qu'il faut
00:36:41deux à trois fois plus
00:36:42de magistrats en France
00:36:43on n'aura pas
00:36:44à se comparer
00:36:45aux autres pays
00:36:45c'est simplement
00:36:46par rapport
00:36:47à ce qu'on nous donne
00:36:48à ce qu'on nous demande
00:36:48de faire
00:36:49combien il faut de magistrats
00:36:50pour faire ça
00:36:51voilà
00:36:51je l'ai demandé hier
00:36:53au porte-parole
00:36:53sur la chaîne concurrente
00:36:55il ne m'a pas répondu
00:36:56j'aimerais bien
00:36:57que ça puisse être demandé
00:36:58à un moment donné
00:36:58vous savez quoi ?
00:36:59j'ai Louis-Dame Goldadelle
00:37:01même si dans l'affaire
00:37:02l'INA
00:37:02ce n'est pas un problème
00:37:03de moyens
00:37:04on n'échappera pas
00:37:06néanmoins
00:37:07à souligner
00:37:09l'absence de moyens
00:37:10dans la justice française
00:37:11compte tenu encore une fois
00:37:13de l'explosion
00:37:14de la violence
00:37:16ça ne me dérangerait pas
00:37:18effectivement
00:37:18qu'il y ait beaucoup plus
00:37:19de magistrats
00:37:19mais au-delà de ça
00:37:20moi j'ai reçu
00:37:21le procureur
00:37:22il faut rappeler
00:37:22que nous sommes
00:37:22un état en faillite
00:37:23oui mais j'ai reçu
00:37:25non mais à tout hasard
00:37:25je ne sais pas
00:37:26on va trouver l'argent
00:37:27pour payer plus de magistrats
00:37:28j'ai reçu le procureur
00:37:29de mots vraiment
00:37:30et c'était extrêmement
00:37:31intéressant
00:37:31il est souvent
00:37:32je le cite
00:37:33parce qu'il fait un travail
00:37:34tout à fait remarquable
00:37:35il a 15 magistrats
00:37:37dans le parquet
00:37:38dans son tribunal
00:37:39en Allemagne
00:37:40me disait-il
00:37:41le même procureur
00:37:43que lui
00:37:43en aurait 35
00:37:44donc il faut entendre
00:37:46effectivement cela
00:37:46c'est un argument
00:37:47alors M. Darmanin
00:37:49est en train d'arriver
00:37:50donc je vais remercier
00:37:51Maïlène Trémolet
00:37:52je vais remercier également
00:37:53Amine El Khatmi
00:37:54qui était avec nous
00:37:56et je vais remercier
00:37:57M. le ministre
00:37:59qui va arriver
00:38:00et prendre place
00:38:01dans une seconde
00:38:02à 20h51
00:38:04et nous allons pouvoir
00:38:05M. le ministre
00:38:05je vous en prie
00:38:06vous pouvez venir
00:38:07prendre place
00:38:09je vous remercie
00:38:10merci beaucoup
00:38:11d'être avec nous
00:38:14parce que l'instant
00:38:15est grave
00:38:16l'émotion
00:38:17est très forte
00:38:18on va essayer
00:38:19de parler bien sûr
00:38:20de la justice
00:38:20mais aussi
00:38:21de parler
00:38:22de ce dysfonctionnement
00:38:24avec le témoignage
00:38:25que nous avons entendu
00:38:26tout à l'heure
00:38:27de la mère de Rosa
00:38:29ce que j'ai entendu
00:38:30est invraisemblable
00:38:31absolument invraisemblable
00:38:32voilà une mère
00:38:34dont la fille
00:38:35est violée
00:38:3610 fois
00:38:3711 fois
00:38:38qui va déposer plainte
00:38:41au mois d'août
00:38:42qui chaque lundi
00:38:44appelle visiblement
00:38:46la gendarmerie
00:38:47et qui se fait
00:38:48mal recevoir
00:38:49alors on a entendu
00:38:50tout à l'heure
00:38:51cette mère
00:38:53et là je me dis
00:38:54mais
00:38:55qu'est-ce qui s'est passé
00:38:56est-ce le procureur
00:38:57de Toulouse
00:38:58qui n'a pas donné
00:38:59des instructions
00:39:00est-ce la gendarmerie
00:39:02et comment est-ce possible
00:39:05merci de votre invitation
00:39:06mais j'ai un petit peu mal
00:39:07à ma voix
00:39:08j'en suis désolé
00:39:09j'espère que
00:39:09ce n'est pas trop
00:39:10désagréable pour vous
00:39:11c'est une affaire
00:39:12absolument dramatique
00:39:13et bien sûr
00:39:14il y a
00:39:16dans bien d'autres dossiers
00:39:17des difficultés
00:39:18de manque d'opégie
00:39:20d'enquêteurs
00:39:21de magistrats
00:39:23de moyens
00:39:24informatiques
00:39:25mais ce n'est pas le cas
00:39:26dans l'affaire
00:39:27Liana
00:39:28Lorsqu'il y a une plainte
00:39:29déposée au mois d'août
00:39:302025
00:39:31en effet
00:39:31nous avons
00:39:33en quelques jours
00:39:34à la brigade de gendarmerie
00:39:35en Rott-Garonne
00:39:36sous l'autorité du parquet
00:39:37tous les éléments
00:39:38qui montrent
00:39:39que les choses
00:39:40sont accablantes
00:39:41des médecins
00:39:42qui constatent le viol
00:39:44un expert psy
00:39:45qui au bout de quelques jours
00:39:46montre que
00:39:47la petite fille
00:39:49évidemment
00:39:49sa parole est crédible
00:39:52elle est entendue
00:39:53dans une maison spécialisée
00:39:54que nous avons d'ailleurs créée
00:39:55pendant plusieurs heures
00:39:57cette petite fille
00:39:58et on sait que
00:39:59monsieur X
00:40:00a des antécédents judiciaires
00:40:02puisqu'il est dans les fichiers
00:40:03du ministère de la justice
00:40:04et on sait que c'est monsieur Barrella
00:40:07et donc je partage
00:40:08la colère froide
00:40:10qui est celle des Français
00:40:12c'est votre incompréhension
00:40:14qui montre
00:40:14que nous n'avons pas su
00:40:15collectivement
00:40:16l'État
00:40:18la gendarmerie nationale
00:40:20les magistrats
00:40:21protéger
00:40:22parce qu'on aurait dû
00:40:23immédiatement
00:40:24bien évidemment
00:40:25mais qui
00:40:25c'est ça que je veux savoir
00:40:27qui
00:40:27qui est responsable
00:40:28un rapport d'inspection
00:40:30qui dans 12 jours
00:40:31va nous être rendu
00:40:32donc il y a une personne
00:40:33qui
00:40:33ça peut être
00:40:34c'est quoi la procédure
00:40:35parce que les Français
00:40:36la connaissent mal
00:40:36la procédure
00:40:37sans doute
00:40:37c'est-à-dire que c'est le procureur
00:40:39qui doit déclencher
00:40:40la garde à vue
00:40:40alors
00:40:41quand quelqu'un vient
00:40:42déposer plainte
00:40:43dans un commissariat
00:40:44ou une brigade de gendarmerie
00:40:45dans des faits aussi graves
00:40:46l'enquêteur
00:40:48le policier
00:40:49le gendarme
00:40:49il appelle
00:40:50le parquet
00:40:51la permanence du parquet
00:40:52et distingue évidemment
00:40:54les choses graves
00:40:55des choses moins graves
00:40:55un viol sur un enfant
00:40:57il n'y a pas plus grave
00:40:58dans une brigade de gendarmerie
00:41:00et il dit au parquet
00:41:01voilà
00:41:01j'ai ce fait
00:41:02la petite difficulté
00:41:03de notre histoire
00:41:05c'est que
00:41:06l'auteur des faits
00:41:07comme le lieu
00:41:08où les faits
00:41:08se sont déroulés
00:41:09c'est dans le Gers
00:41:10et le code de procédure pénale
00:41:12ne permet pas
00:41:13au parquet de Toulouse
00:41:14ne permet pas
00:41:15aux gendarmes
00:41:15de Haute-Garonne
00:41:16d'actionner
00:41:17la garde à vue
00:41:19il va donc se dessaisir
00:41:20mais il met trois mois
00:41:21à le faire
00:41:22il va donc se dessaisir
00:41:24pour que ce soit
00:41:25ça c'est la loi
00:41:25le parquet d'Oche
00:41:26et les gendarmes
00:41:27du Gers de le faire
00:41:29mais
00:41:29dans la vie de tous les jours
00:41:30ça c'est la loi
00:41:32évidemment
00:41:33qu'on prend son téléphone
00:41:34qu'on appelle
00:41:35les gendarmes
00:41:36qu'on dit au parquet
00:41:37appelez votre collègue
00:41:38Doche
00:41:38pour intervenir
00:41:39très vite
00:41:40et ce qu'il s'est passé
00:41:41je vais vous dire
00:41:42ce qu'il s'est passé
00:41:42monsieur Praud
00:41:44il s'est passé sans doute
00:41:45que
00:41:46magistrats
00:41:47gendarmes
00:41:47on verra ce que dira
00:41:48l'inspection
00:41:49on m'apporte du miel
00:41:50et je vous en remercie
00:41:52alors
00:41:52se sont dit
00:41:53se sont dit
00:41:54se sont dit
00:41:55cette petite fille
00:41:56elle est désormais protégée
00:41:58puisqu'elle est
00:41:58Haute-Garonne
00:41:59et l'auteur
00:42:01est dans le Gers
00:42:02et que finalement
00:42:03j'imagine
00:42:04on a un petit peu de temps
00:42:06mais c'est une erreur fondamentale
00:42:08parce qu'on sait tous
00:42:09que
00:42:09quelqu'un qui viole des enfants
00:42:11il le fait sur plusieurs enfants
00:42:13on sait tous
00:42:14quand on met quelqu'un
00:42:15au garde à vue
00:42:15on regarde ce qu'il y a
00:42:16dans son téléphone portable
00:42:17ou dans ses perquisitions
00:42:18on voit des images
00:42:19pédopornographiques
00:42:20on sait tous
00:42:21que sur ses propres enfants
00:42:22peut-être
00:42:23il commet ses actes
00:42:24et donc
00:42:25c'est contraire
00:42:26à la circulaire politique pénale
00:42:27que j'ai prise
00:42:28c'est contraire
00:42:29à l'esprit
00:42:29que tous les français
00:42:31veulent voir appliquer
00:42:32sur les fioles pour mineurs
00:42:33je vais vous laisser
00:42:34monsieur Darmanin
00:42:35parce que
00:42:36effectivement
00:42:37votre voix
00:42:38a été mise à rude épreuve
00:42:39ces dernières heures
00:42:41parce qu'on vous a vu
00:42:42assez
00:42:42d'ailleurs on vous a vu
00:42:43assez présent
00:42:44dans beaucoup de médias
00:42:46et c'est sans doute
00:42:46une volonté
00:42:47de votre part
00:42:48d'avoir communiqué
00:42:49puis d'avoir pris la parole
00:42:50bien sûr
00:42:51à l'Assemblée nationale
00:42:54le problème de la sanction
00:42:55pour les français
00:42:56qui nous écoutent
00:42:57et des magistrats
00:42:57est un problème important
00:42:59parce qu'ils ont le sentiment
00:43:00que
00:43:00tous les métiers
00:43:01sont sanctionnables
00:43:02sauf
00:43:04les magistrats
00:43:05qui ne sont
00:43:06jamais sanctionnés
00:43:07qui sont indépendants
00:43:09au nom de l'indépendance
00:43:11dans l'affaire
00:43:12qui nous occupe
00:43:14si on reconnaît
00:43:15une faute
00:43:16importante
00:43:17d'un magistrat
00:43:19quelle est
00:43:19la sanction
00:43:20qui est possible
00:43:22contre lui
00:43:23ça peut aller jusqu'à la révocation
00:43:24oui tout à fait
00:43:25j'ai
00:43:26puisqu'il s'agit du parquet
00:43:28donc c'est moi
00:43:28qui décide
00:43:29qui vais proposer
00:43:30au conseil
00:43:30super de la magistrature
00:43:31qui rendra un avis
00:43:32si c'était un juge du siège
00:43:33je ne pourrais pas intervenir
00:43:34mais le parquet
00:43:35c'est moi
00:43:36j'ai
00:43:37une palette de sanctions
00:43:38du simple
00:43:39blâme
00:43:40jusqu'à la révocation
00:43:42et vous pouvez vous-même
00:43:43parce qu'on pose souvent
00:43:44la question
00:43:45de la
00:43:47comment dire
00:43:47de
00:43:49l'indépendance
00:43:50oui de l'indépendance
00:43:51mais aussi
00:43:52de votre pouvoir
00:43:53c'est à dire que
00:43:53vous avez été au compte public
00:43:54vous avez été ministre
00:43:56de l'intérieur
00:43:57et c'est sans doute
00:43:57dans ce ministère
00:43:58aujourd'hui
00:43:59où vous avez le moins
00:44:00de pouvoir
00:44:00et c'est ça le paradoxe
00:44:02c'est à dire qu'au fond
00:44:03l'affaire Liyana
00:44:04n'y est pour rien
00:44:05n'est absolument pas
00:44:07responsable
00:44:07de ce qui s'est passé
00:44:08et au contraire
00:44:09c'est peut-être pour vous
00:44:10une manière
00:44:10de faire passer
00:44:12certaines idées
00:44:12auprès de magistrats
00:44:13et d'imposer
00:44:14pourquoi pas
00:44:14certaines choses
00:44:15auprès des magistrats
00:44:16et pourquoi pas
00:44:17même d'entrer
00:44:18en conflit
00:44:19avec vos propres magistrats
00:44:21sur lesquels
00:44:21jusqu'à aujourd'hui
00:44:22vous n'avez aucun pouvoir
00:44:23donc c'est un
00:44:24c'est un paradoxe
00:44:27que les magistrats
00:44:28sont indépendants
00:44:28dans un pays
00:44:29c'est normal
00:44:31avec cette indépendance
00:44:32cependant
00:44:32il y a une responsabilité
00:44:34et la question
00:44:35est de savoir
00:44:35si c'est pas le ministre
00:44:36qui
00:44:38prend les sanctions
00:44:39les nomme
00:44:39les dirige
00:44:40qui les dirige
00:44:41qui les nomme
00:44:42et qui les sanctionne
00:44:42quand il y a des fautes
00:44:43chaque année
00:44:44il y a entre 10 et 20 magistrats
00:44:46qui sont sanctionnés
00:44:47il y a une à deux révocations
00:44:49par an
00:44:50souvent pour ce qu'on appelle
00:44:51des fautes déontologiques
00:44:53par exemple
00:44:53quand un magistrat
00:44:54est lui-même
00:44:55condamné pour violences conjugales
00:44:57moi il m'est arrivé
00:44:58je l'ai connu
00:44:58cette année
00:44:59en tant que garde des sceaux
00:44:59que je peux proposer une sanction
00:45:01le conseil super de la magistrature
00:45:03la suit
00:45:04révoque
00:45:04par exemple le magistrat
00:45:06mais là où vous avez raison
00:45:07c'est que depuis 2013
00:45:10notamment
00:45:10et la loi dite Taubira
00:45:11le ministre de la justice
00:45:13ne peut plus intervenir
00:45:14dans les affaires individuelles
00:45:15il ne peut dire que
00:45:18généralement
00:45:18voilà comment il faut
00:45:19organiser les choses
00:45:20c'est un pouvoir très limité
00:45:22mais si en plus
00:45:24quand il dit que
00:45:24généralement
00:45:25voilà comment il faut
00:45:26organiser les choses
00:45:26moi j'ai dit
00:45:27en un
00:45:27le narcotrafic
00:45:28en deux
00:45:29les violences
00:45:30les viols sur les femmes
00:45:31et les enfants
00:45:32mes deux priorités sont celles-là
00:45:33il n'y en a pas
00:45:34558
00:45:35il y a des milliers
00:45:36de délits
00:45:36dans le code pénal
00:45:38moi j'ai dit
00:45:38il n'y a que
00:45:38deux endroits
00:45:41où vous devez particulièrement
00:45:42appuyer les choses
00:45:43si vous n'êtes pas suivi
00:45:44et manifestement
00:45:45là je n'ai pas été suivi
00:45:46et qu'en plus
00:45:47je n'ai pas le droit
00:45:47de sanctionner
00:45:48les magistrats
00:45:49qui ne suivent pas
00:45:50mes directions
00:45:50en effet
00:45:51se pose la question
00:45:52du pouvoir de mise à la justice
00:45:53sur ce qui se passe
00:45:53c'est très important
00:45:55après on peut tous se dire aussi
00:45:56il y a des milliers
00:45:58de magistrats
00:45:58comme il y a des milliers
00:45:59d'enquêteurs
00:46:00de la police
00:46:00et de la gendarmerie
00:46:01qui font très bien
00:46:02leur travail
00:46:03dans des conditions
00:46:03très difficiles
00:46:04qui sauvent la vie
00:46:05de plein d'enfants
00:46:06mais il faut savoir
00:46:07connaître aussi
00:46:07la défaillance
00:46:08de la séduction judiciaire
00:46:10même s'ils ne sont
00:46:10sans doute pas les seuls
00:46:11qui ont fait des erreurs
00:46:12ils en ont fait
00:46:13on verra l'inspection
00:46:14s'il y en a caractérisé
00:46:16ce savoir du public
00:46:17je prendrai des sanctions
00:46:18alors c'est affaire dramatique
00:46:21et aussi l'occasion
00:46:22de pointer la responsabilité
00:46:23de la justice
00:46:24et hier soir
00:46:25d'abord vous connaissez
00:46:26évidemment Yohann Ozaï
00:46:27vous connaissez
00:46:28Geoffroy Lecune
00:46:29et vous connaissez
00:46:29maître Gilles
00:46:31William Gold-Nadel
00:46:31et hier
00:46:33Gilles William Gold-Nadel
00:46:34disait
00:46:35j'ai vu mourir
00:46:37la justice française
00:46:38donc c'est un avocat
00:46:40de qualité
00:46:41de renom
00:46:42crédible
00:46:43et cette phrase
00:46:44je la trouve terrible
00:46:44j'ai vu mourir
00:46:46la justice française
00:46:48donc est-ce que
00:46:49c'est l'occasion aussi
00:46:50de regarder
00:46:52comment cette justice
00:46:53fonctionne
00:46:53et comment
00:46:53les magistrats fonctionnent
00:46:55ça fait 20 ans
00:46:56que je suis un avocat
00:46:57malheureux
00:46:58ça fait 20 ans
00:46:59que je vois
00:46:59qu'il y a beaucoup
00:47:00d'affaires qui n'avancent pas
00:47:01et pas seulement
00:47:02dans le domaine sexuel
00:47:03et ça fait 20 ans
00:47:05que je constate
00:47:06un corporatisme
00:47:08invraisemblable
00:47:08et une idéologie
00:47:09chez beaucoup
00:47:10de magistrats
00:47:11est-ce que par exemple
00:47:11je prends un exemple
00:47:13presque au hasard
00:47:15j'ai fait condamner
00:47:16la présidente
00:47:18du syndicat
00:47:19de la magistrature
00:47:20pour l'affaire
00:47:20du mur des cons
00:47:21où on a épinglé
00:47:23non seulement Sarkozy
00:47:24mais mes clients
00:47:25de Villiers
00:47:26et Robert Ménard
00:47:30contre la vie du parquet
00:47:32monsieur le ministre
00:47:33contre la vie du parquet
00:47:35déjà
00:47:35ils ont épinglé
00:47:39des parents de victimes
00:47:41de petites victimes
00:47:42assassinées
00:47:43d'accord
00:47:45le syndicat
00:47:46de la magistrature
00:47:47est condamné
00:47:47est-ce que vous trouvez
00:47:48normal
00:47:49que la présidente
00:47:51du syndicat
00:47:51de la magistrature
00:47:53qui a été condamné
00:47:54n'a eu aucun problème
00:47:55d'avancement
00:47:56est-ce que vous n'y voyez
00:47:57pas le signe
00:47:58d'une certaine impunité
00:47:59les politiques
00:48:00vous autres
00:48:00vous êtes pas en sucre
00:48:01moi avocat
00:48:02je suis pas en sucre
00:48:03est-ce que vous ne trouvez
00:48:04pas que par moment
00:48:05les magistrats
00:48:06sont en sucre
00:48:08je pense que
00:48:10la majorité
00:48:11des gens
00:48:11que je rencontre
00:48:12depuis un an et demi
00:48:13j'avais pas d'a priori
00:48:14en arrivant
00:48:15au ministère de la justice
00:48:15j'ai pas été très bien
00:48:16accueilli
00:48:17venant du ministère
00:48:17de l'intérieur
00:48:18mais je vois des gens
00:48:20qui essaient de faire
00:48:21leur boulot
00:48:22qui sont pas idéologisés
00:48:24parce que quand on est
00:48:25juge civil aux affaires
00:48:26familiales
00:48:26quand on poursuit
00:48:29des mineurs délinquants
00:48:30quand on fait des
00:48:31comparutions immédiates
00:48:32vous en connaissez aussi
00:48:33des magistrats
00:48:33qui font leur taf
00:48:34et qui sont pas idéologisés
00:48:35je pense en revanche
00:48:37que la magistrature
00:48:38comme tous les corps
00:48:39mais là on parle
00:48:40de la magistrature
00:48:40doit en effet se méfier
00:48:43de se dire
00:48:43qu'elle ne peut pas
00:48:44commettre de fautes
00:48:45et que par ailleurs
00:48:47elle peut avoir raison
00:48:47et que jamais
00:48:48le politique
00:48:48doit s'intéresser
00:48:49à ce qu'elle fait
00:48:50que jamais on doit
00:48:51interroger
00:48:52ces sanctions possibles
00:48:53que jamais on doit
00:48:53voir comment
00:48:54elle peut s'améliorer
00:48:55je vous donne un exemple
00:48:56qui est intéressant
00:48:57les magistrats
00:48:58aujourd'hui doivent suivre
00:48:59obligatoirement
00:49:00une formation
00:49:00de 5 jours
00:49:02de ce que j'en ai su
00:49:04plus de 50%
00:49:05d'entre eux
00:49:05ne la suivent pas
00:49:06cette formation
00:49:08quelle est la conséquence
00:49:09de ne pas suivre
00:49:09une formation
00:49:11rien
00:49:12alors on fait bouger
00:49:13les choses
00:49:14au ministère de la justice
00:49:14peut-être que je ne suis pas
00:49:15très bon
00:49:16peut-être que je ne fais pas
00:49:17le maximum
00:49:17mais j'essaye de faire bouger
00:49:19le ministère de la justice
00:49:20je pense que ça se voit
00:49:21depuis plus d'un an
00:49:22dans la loi
00:49:22qui a été votée au Sénat
00:49:23et qui va être votée
00:49:24cette semaine à l'Assemblée
00:49:25qui sera à la République
00:49:26le 15 juillet
00:49:27nous disons que la formation
00:49:29est obligatoire
00:49:30dans la loi organique
00:49:30et si le magistrat
00:49:32ne la suit pas
00:49:33alors il ne pourra plus siéger
00:49:35il ne pourra plus faire
00:49:36son office de magistrat
00:49:38voilà parfois
00:49:38ce que doit faire
00:49:39le ministre de la justice
00:49:40pour que les obligations
00:49:41soient réelles
00:49:42il doit mettre
00:49:43dans la loi
00:49:43ou dans la loi organique
00:49:44des choses
00:49:45et je le fais
00:49:46en lien d'ailleurs
00:49:47avec Rémi Yetz
00:49:47donc je salue le courage
00:49:49parce qu'hier il a eu des propos
00:49:50me semble-t-il
00:49:51tout à fait conforme
00:49:52à ce que j'ai pour moi pu dire
00:49:54pour dire
00:49:54oui il y a eu un échec
00:49:55oui il faut présenter ses excuses
00:49:56non les magistrats
00:49:58ne sont pas totalement infaillibles
00:50:00oui beaucoup d'entre eux
00:50:00travaillent très bien
00:50:01mais oui ce qui arrive
00:50:02chez Aliana est affreux
00:50:04ça fait 20 ans
00:50:05qu'un ministre
00:50:06ne s'est pas excusé
00:50:07pour l'institution judiciaire
00:50:09ça fait 20 ans
00:50:10qu'on n'a pas dit
00:50:11quand il y a eu un échec
00:50:12oui c'est aussi
00:50:13de la faute peut-être
00:50:14de l'institution judiciaire
00:50:15parce que quand il y a
00:50:16la vue de viol
00:50:17et la mort d'une petite fille
00:50:17quand on connaît
00:50:18cette affaire
00:50:19on ne peut pas dire autre chose
00:50:20que ce que vous dites
00:50:21c'est-à-dire
00:50:21c'est incompréhensible
00:50:24quand nous aurons
00:50:25les rapports d'inspection
00:50:26ce 15 jours
00:50:27le moment de vérité
00:50:28va arriver
00:50:29si je propose des sanctions
00:50:31seront-elles suivies
00:50:32est-ce qu'on acceptera
00:50:34parce que ça
00:50:35c'est la constitution
00:50:35et l'état de droit
00:50:36l'autorité hiérarchique
00:50:37du ministre sur le parquet
00:50:39parce que ce qui est
00:50:39très intéressant
00:50:40dans cette affaire
00:50:41aucun juge du siège
00:50:42n'est intervenu
00:50:44il n'y a pas de décision
00:50:45de justice
00:50:46dont on pourrait se dire
00:50:47c'est un juge indépendant
00:50:48il faut le laisser faire
00:50:49parce que oui c'est discutable
00:50:50mais il faut bien
00:50:51que les juges soient indépendants
00:50:52on peut en discuter
00:50:53mais on peut comprendre
00:50:54cet argument
00:50:55là il s'agit
00:50:58de procureurs de la république
00:50:59de parquetiers
00:51:00d'enquêteurs
00:51:01de gendarmerie
00:51:01qui sont sous l'autorité
00:51:04hiérarchique
00:51:04du garde des sceaux
00:51:05du ministre de l'intérieur
00:51:06il n'y a pas de décision
00:51:08juridictionnelle
00:51:09et donc
00:51:10si le ministre de la justice
00:51:12ne peut pas dire
00:51:12quand mes circulaires
00:51:13ne sont pas impliqués
00:51:14c'est un problème
00:51:15si le ministre de la justice
00:51:16quand il demande une inspection
00:51:17parce que parfois
00:51:18elle est contestée
00:51:18l'idée même de l'inspection
00:51:19est parfois contestée
00:51:20pas par tout le monde
00:51:21j'ai reçu le con
00:51:22à la conférence des procureurs
00:51:23qui m'ont dit
00:51:24vous avez eu raison
00:51:24de faire une inspection
00:51:25donc il y a des gens
00:51:25quand même
00:51:26avec lesquels on travaille
00:51:27évidemment
00:51:27en bonne intelligence
00:51:28pour le service public
00:51:29et si quand je prends
00:51:30des sanctions éventuelles
00:51:32elles ne sont pas suivies
00:51:33évidemment ça pose
00:51:34un problème démocratique
00:51:35énorme
00:51:36mais j'ai confiance
00:51:36parce que je pense
00:51:37que les magistrats
00:51:38à l'immense majorité
00:51:39j'en connais plein
00:51:40je rends compte plein
00:51:41ils disent
00:51:42on a compris
00:51:43qu'il y a une difficulté
00:51:44de grande défiance
00:51:45entre le peuple français
00:51:46et des mauvaises pratiques
00:51:48qui peuvent arriver
00:51:49dans toute profession
00:51:50mais pour poursuivre
00:51:51ce que disait
00:51:52Gélouilam Golnadès
00:51:53sur l'idéologisation
00:51:54possible des magistrats
00:51:56et sur la politisation
00:51:57possible des magistrats
00:51:59on rappelle quand même
00:51:59que le syndicat
00:52:00de la magistrature
00:52:01avait appelé
00:52:01à voter contre
00:52:02Nicolas Sarkozy
00:52:03on rappelle
00:52:04que le syndicat
00:52:04de la magistrature
00:52:05représente
00:52:05dites vous
00:52:0630 ou 35%
00:52:07des magistrats
00:52:08j'entends souvent
00:52:10Gilles William Golnadès
00:52:12dire qu'il y a eu
00:52:12un choix
00:52:13des magistrats
00:52:14qui préfèrent
00:52:15sanctionner
00:52:16la finance
00:52:17que autres affaires
00:52:19que la violence physique
00:52:21donc la question
00:52:22est simple
00:52:22est-ce que
00:52:23vous regrettez
00:52:24qu'un magistrat
00:52:26puisse être syndiqué
00:52:27et est-ce qu'il faut
00:52:28mettre fin
00:52:29à ce syndicat ?
00:52:30Le syndicat
00:52:32de la magistrature
00:52:32a fait un communiqué
00:52:33quand je suis arrivé
00:52:34à la chancellerie
00:52:35ils ont dit
00:52:35que le premier ministre
00:52:36avait oublié
00:52:37de nommer un garde des Sceaux
00:52:38ce qui était très agréable
00:52:41c'est dire le sentiment
00:52:43d'impunité
00:52:43qu'ils ont d'ailleurs
00:52:44je trouve ça absolument
00:52:45formidable
00:52:45ils avaient fait la même chose
00:52:46pour Éric Dupond-Moretti
00:52:47c'est un bras d'honneur
00:52:48qu'ils font aux politiques
00:52:50et pardonnez-moi
00:52:51de le dire comme ça
00:52:52vous vous laissez bien faire
00:52:53les hommes politiques
00:52:55on n'élit pas des juges
00:52:56on élit un président
00:52:57de la république
00:52:58on élit parfois
00:53:00un député
00:53:01mais que je sache
00:53:02on n'élit pas un juge
00:53:04et si je peux me permettre
00:53:04sous Éric Dupond-Moretti
00:53:05ils ont fait pire
00:53:06est-ce qu'ils ont même pris
00:53:07des contre-circulaires
00:53:08ce qu'ils n'ont pas encore fait
00:53:11alors
00:53:11en fait ils vous narguent
00:53:13est-ce que 30% des magistrats
00:53:15sont syndicats de magistrature
00:53:15je ne le crois pas
00:53:16je crois qu'il y a la moitié
00:53:18de magistrats qui votent
00:53:1930% des syndiqués
00:53:20oui
00:53:20ça ne fait pas
00:53:2230% des magistrats
00:53:24donc il ne faut pas généraliser
00:53:26deuxièmement
00:53:26moi ça ne me choque pas
00:53:27vraiment qu'il y ait des syndicats
00:53:28dans la magistrature
00:53:29ce qui me choque
00:53:30c'est quand les syndicats
00:53:30font de la politique
00:53:31que les syndicats me disent
00:53:33on a des problèmes
00:53:33les enfants
00:53:35ils en ont fait
00:53:36quand ils ont appelé
00:53:36à voter contre Nicolas Sarkozy
00:53:38ils en faisaient
00:53:39non mais on est d'accord
00:53:40la question n'est pas
00:53:41est-ce qu'il faut des syndicats
00:53:43pas
00:53:43il y en a dans la police
00:53:45dans la gendarmerie
00:53:46il n'y en a pas
00:53:46enfin les gendarmes
00:53:47sont parfois eux-mêmes
00:53:48le syndicaliste
00:53:48de leurs propres gendarmes
00:53:49qui parlent
00:53:50des problèmes
00:53:50d'ordinateurs
00:53:52d'application informatique
00:53:53de moyens
00:53:54de RH
00:53:54ça ne me choque pas
00:53:55ce qui me choque en effet
00:53:57vous avez parfaitement raison
00:53:58c'est quand d'ailleurs
00:53:59ils font de la politique
00:54:00et ils assument
00:54:01de faire de la politique
00:54:02la question qui est intéressante
00:54:03dans le moment présent
00:54:04c'est est-ce que le garde des Sceaux
00:54:06c'est une question
00:54:06éminemment politique
00:54:07et même j'allais dire démocratique
00:54:08le ministre qui est responsable
00:54:10devant le parlement
00:54:11le ministre qui va
00:54:12devant les journalistes
00:54:13pour répondre honnêtement
00:54:15aux questions des français
00:54:15le ministre à qui on réclame
00:54:17parfois la démission
00:54:18sans qu'il n'ait aucun pouvoir
00:54:20par ailleurs
00:54:20mais ça a l'air de gêner personne
00:54:21le ministre qui dit
00:54:23je suis
00:54:23parce que c'est la constitution
00:54:25le chef
00:54:26le chef
00:54:28déparqué
00:54:28est-ce que ça
00:54:29on lui dénie même
00:54:30on lui dénie même
00:54:31cette possibilité là
00:54:33c'est un point très important
00:54:34parce que si
00:54:35le ministre de la justice
00:54:37n'a même plus
00:54:38l'autorité
00:54:38sur les parquets
00:54:39ça pose un problème
00:54:40de confiance énorme
00:54:42alors
00:54:43moi j'ai été rassuré
00:54:44de ma rencontre
00:54:45avec les procureurs généraux
00:54:46parce que je les ai invités
00:54:47à venir me voir
00:54:47j'ai été rassuré
00:54:49de la prise de parole
00:54:50de Rémi Hetz
00:54:51qui est un grand magistrat
00:54:52je suis rassuré
00:54:53de l'échange très franc
00:54:55que j'ai eu
00:54:55avec les conférences
00:54:56des procureurs
00:54:57et je comprends
00:54:58que nous devons tous
00:55:00travailler pour rétablir
00:55:01une confiance
00:55:02entre le peuple français
00:55:03et la justice
00:55:04pourquoi ?
00:55:04parce que la justice
00:55:05elle est rendue
00:55:06au nom du peuple français
00:55:06et quand le ministre
00:55:08de la justice dit
00:55:08il y a deux priorités
00:55:10et oui on laisse
00:55:12de côté
00:55:13des questions
00:55:14d'escroquerie financière
00:55:15des questions
00:55:16qui concernent
00:55:16les atteintes
00:55:17sont bien
00:55:17des questions
00:55:18parce qu'on se priorise
00:55:19sur le viol des enfants
00:55:20ou sur le narcotrafic
00:55:22il faut suivre
00:55:23ces directives
00:55:23mais on a eu le sentiment
00:55:25aussi que dans certaines affaires
00:55:26des moyens étaient décuplés
00:55:28parce que ça visait
00:55:29des personnalités politiques
00:55:30et notamment
00:55:31disons-le
00:55:31des personnalités de droite
00:55:32je pense à François Fillon
00:55:34à Marine Le Pen
00:55:34à Nicolas Sarkozy
00:55:35que les magistrats
00:55:37peut-être pour des raisons
00:55:38personnelles
00:55:38ou de notoriété personnelle
00:55:39ou tout simplement
00:55:40d'envie personnelle
00:55:41ou de carrière
00:55:42avaient envie
00:55:43entre guillemets
00:55:44de se payer
00:55:45des hommes politiques
00:55:46que tous les moyens
00:55:47étaient possibles
00:55:48à ce moment-là
00:55:49et que dans d'autres affaires
00:55:50ces moyens-là
00:55:50on ne les mettait pas
00:55:52peut-être au service
00:55:53d'autres causes
00:55:54c'est un sentiment
00:55:55que j'ai entendu
00:55:56dans l'opinion publique
00:55:57Oui, j'entends ça
00:55:58mais je ne pense pas
00:55:59que les magistrats
00:56:00je ne crois pas
00:56:02personnellement
00:56:02je ne crois pas
00:56:04poursuivent
00:56:05peut-être
00:56:06une ou deux personnes
00:56:07très exceptionnellement
00:56:08et poursuivent
00:56:09une vindicte politique
00:56:11en revanche
00:56:12il y a eu des choix
00:56:13faits par les gouvernements
00:56:14précédents
00:56:14de mettre plus de moyens
00:56:16pour le PNF
00:56:17Dans telle ou telle
00:56:18politique publique
00:56:20ça c'est vrai
00:56:21ça c'est vrai
00:56:22qu'il y a des priorités
00:56:23de politique pénale
00:56:24mais les priorités
00:56:26de politique pénale
00:56:27ne sont pas les mêmes
00:56:27que celles de Mme Taubira
00:56:28et c'est vrai
00:56:29c'est la différence politique
00:56:30et si je peux me permettre
00:56:32un point très important
00:56:35la confiance des magistrats
00:56:37envers la population
00:56:38c'est aussi
00:56:39qu'ils doivent davantage
00:56:40communiquer
00:56:41c'est pas une citadelle
00:56:42qui ne doit pas parler
00:56:43au peuple français
00:56:43les procureurs
00:56:45communiquent un peu plus
00:56:46que les autres
00:56:46mais même le magistrat
00:56:47du siège
00:56:47veut pouvoir communiquer
00:56:48expliquer ses décisions
00:56:50et j'ai malheureusement
00:56:52parfois de la peine
00:56:53à expliquer à tout le monde
00:56:54que dans un monde
00:56:55où les français
00:56:55nous jugent
00:56:56nous contrôlent
00:56:57et ont raison
00:56:58de vouloir
00:56:59qu'ils en aient
00:57:00pour leur argent
00:57:00parce que le budget
00:57:01de la justice
00:57:02a quand même augmenté
00:57:02de 60%
00:57:03depuis 7 ans
00:57:04on a recruté
00:57:051500 magistrats supplémentaires
00:57:07en 4 ans
00:57:08c'est 8000
00:57:08le corps des magistrats
00:57:09donc on est quasiment
00:57:10passé à 10 000
00:57:12on embauche plus de 20 000 personnes
00:57:13ministères de la justice
00:57:14depuis 7 ans
00:57:14les moyens sont considérables
00:57:16il faut continuer
00:57:16mais ils sont considérables
00:57:18il est normal
00:57:18de rendre des comptes
00:57:19et on parle beaucoup
00:57:20de l'état de droit
00:57:20moi je dis aux magistrats
00:57:21il y a un article 15
00:57:23également
00:57:24dans la déclaration
00:57:24des droits de l'homme
00:57:25chaque citoyen
00:57:26a le droit
00:57:26de demander des comptes
00:57:27à un agent public
00:57:28et les magistrats
00:57:29sont des agents publics
00:57:30indépendants
00:57:31mais ils doivent rendre
00:57:32des comptes également
00:57:33M. le maire des Sceaux
00:57:36plusieurs journaux
00:57:37nous apprennent
00:57:37qu'un certain nombre
00:57:38de magistrats
00:57:39semblent envisager
00:57:41grèves et manifestations
00:57:42pour protester
00:57:43contre le lynchage
00:57:44dont ils se disent victimes
00:57:45dans le contexte actuel
00:57:47est-ce que
00:57:48sur le plan moral
00:57:49vous jugeriez
00:57:50ces manifestations
00:57:51acceptables ?
00:57:54j'imagine pas
00:57:55à ce l'instant
00:57:56que ce soit le cas
00:57:57parce que je pense
00:57:58que quand il y a le viol
00:57:59et la mort d'une petite fille
00:57:59et qu'on recherche
00:58:00des responsabilités
00:58:02ça me paraît tout à fait
00:58:03normal en démocratie
00:58:04ça voudrait dire
00:58:05qu'on renie encore une fois
00:58:06l'autorité du ministre
00:58:07sur le parquet
00:58:08mais quand un médecin
00:58:10fait une erreur médicale
00:58:12il n'est pas anormal
00:58:13que l'ordre des médecins
00:58:14se penche
00:58:15sur la pratique
00:58:16de ce docteur
00:58:16et que la famille
00:58:18qui voit son enfant mourir
00:58:19sans infération
00:58:20se pose des questions
00:58:20voire porte plainte
00:58:22contre lui
00:58:22ça arrive tous les jours
00:58:23d'ailleurs que fait
00:58:24et je la comprends très bien
00:58:26la famille de la petite
00:58:28Rosa
00:58:29elle porte plainte
00:58:30contre l'Etat
00:58:30moi je le comprends
00:58:31parfaitement
00:58:32je serai à sa place
00:58:33je ferai exactement
00:58:34et l'Etat va se défendre
00:58:35est-ce que l'Etat va se défendre
00:58:36précisément
00:58:37face à la mère
00:58:38de la petite Rosa
00:58:38ou est-ce que vous dites
00:58:39effectivement
00:58:39il y a eu une faute
00:58:41et donc on accepte
00:58:42cette sanction
00:58:44qui est prononcée
00:58:44par la mère elle-même
00:58:45en réalité
00:58:46alors
00:58:47monsieur Maître Gonel
00:58:48vous direz qu'il y a
00:58:49à la fois
00:58:50une action
00:58:51devant la jurisprudence
00:58:52administrative
00:58:52et d'autres
00:58:53devant le pénal
00:58:54pour ma part
00:58:55je vais vous dire
00:58:56j'ai eu à connaître
00:58:57des cas précédents
00:58:57avant que je regardais Sceau
00:58:58mais c'est moi qui finalise
00:59:00des gens qui ont attaqué
00:59:01l'Etat
00:59:01parce que nous avons fait
00:59:02des fautes
00:59:03et j'ai accepté
00:59:04j'ai accepté
00:59:05les montants
00:59:06parce que c'est souvent
00:59:07une condamnation
00:59:08pécuniaire
00:59:08demandée par la famille
00:59:10parce qu'on va pas faire vivre
00:59:10une deuxième procédure
00:59:12à ces familles
00:59:13donc il est normal
00:59:14que des médecins
00:59:15ces statistiques
00:59:16fassent des fautes
00:59:17on peut dire
00:59:18que le bloc opératoire
00:59:19n'était pas moderne
00:59:20on peut dire
00:59:21que le médecin
00:59:21n'était pas assez formé
00:59:22on peut penser aussi
00:59:23que parfois
00:59:23c'est le médecin
00:59:24qui a fait une erreur
00:59:25le médecin
00:59:25il rend des comptes
00:59:27on lui a interdit
00:59:27d'exercer
00:59:28ou on lui met
00:59:29une amende
00:59:30mais en tout cas
00:59:31il répond de ses actes
00:59:31le policier
00:59:32si dans une heure
00:59:33il y a un policier
00:59:34qui tire dans la rue
00:59:35et qui blesse quelqu'un
00:59:36il est vraisemblable
00:59:37que les magistrats
00:59:38vont d'abord
00:59:38faire des armées
00:59:39et le mettre en garde à vue
00:59:41parce que c'est normal
00:59:42que le policier
00:59:42répondent à l'IGPN
00:59:43des actes
00:59:45qu'il a commis
00:59:45pendant son service
00:59:46et donc évidemment
00:59:47que les magistrats
00:59:49comme tous les corps
00:59:50ne sont pas infaillibles
00:59:51et doivent répondre
00:59:52aussi parfois
00:59:53à des erreurs qu'ils font
00:59:54il y a parfois
00:59:55des circonstances déduantes
00:59:56pour lesquelles
00:59:56il y a des erreurs
00:59:57et puis il y a des moments
00:59:58c'est de la faute professionnelle
00:59:59l'inspection nous le dira
01:00:00donc que
01:00:01des magistrats
01:00:02fassent grève
01:00:02parce qu'un ministre
01:00:04dit
01:00:04on va regarder
01:00:05si il y a des erreurs
01:00:06ça me paraît très particulier
01:00:08dans une démocratie
01:00:09Geoffroy Lejeune
01:00:10qui n'a pas pris la parole
01:00:12écoutez pardon Pascal
01:00:13mais je vais vous poser
01:00:14une question
01:00:14qu'on n'a pas trop le droit
01:00:15de poser à la télévision
01:00:16mais je vous la pose
01:00:16parce que j'ai beaucoup
01:00:17entendu ça depuis une semaine
01:00:19les gens avec qui
01:00:20j'en ai parlé
01:00:21qui n'étaient ni des journalistes
01:00:22ni des politiques
01:00:23ni issus du monde judiciaire
01:00:25m'ont quasiment tous
01:00:26dit la même chose
01:00:26c'est
01:00:28si ça m'arrive
01:00:28je vais m'en occuper moi-même
01:00:31cette volonté
01:00:32d'aller régler le problème
01:00:33parce que
01:00:34en fait
01:00:34les gens n'ont plus confiance
01:00:35dans la justice de leur pays
01:00:36selon la formule consacrée
01:00:38et ce que j'entendais
01:00:39c'était
01:00:39j'assumerais
01:00:39les conséquences de mes actes
01:00:41mais j'irais régler le problème
01:00:42et au moins
01:00:43il y aura une sanction
01:00:44parce que sinon
01:00:44on n'est pas sûr
01:00:45qu'elle arrive un jour
01:00:46ça j'imagine
01:00:47alors moi je ne vous cache pas
01:00:47que je ne suis pas loin
01:00:48de penser la même chose
01:00:49j'ai des petits-enfants
01:00:50vous en avez aussi
01:00:51d'ailleurs je suis sûr
01:00:51que même vous parfois
01:00:52vous vous dites
01:00:53que vous seriez tenté
01:00:54de penser ça
01:00:55est-ce que vous comprenez ça
01:00:56chez les gens
01:00:57qui l'éprouvent
01:00:58et qu'est-ce que vous avez
01:00:59à nous répondre ?
01:01:00Bien sûr je comprends
01:01:01et si depuis six jours
01:01:04je dis des choses
01:01:04extrêmement fortes
01:01:05quitte en effet
01:01:06à me fâcher
01:01:08avec des personnes
01:01:09de mon corps social
01:01:09ce que je ne veux pas
01:01:11moi j'apprécie
01:01:11le travail des magistrats
01:01:12c'est que je leur dis
01:01:13que le problème
01:01:14n'est pas le fonctionnement
01:01:15de la magistrature
01:01:16vis-à-vis des enquêteurs
01:01:17on n'en est plus à
01:01:19le problème c'est
01:01:19la confiance des gens
01:01:20dans l'autorité judiciaire
01:01:22et de manière plus générale
01:01:23de l'autorité de l'état
01:01:24on ne peut pas défendre
01:01:25à la fois l'état de droit
01:01:26et l'impuissance publique
01:01:27ce n'est pas possible
01:01:28donc je comprends très bien
01:01:29les gens
01:01:29moi j'ai deux petits garçons
01:01:31si l'un d'entre eux
01:01:31était violé
01:01:32que je portais plainte
01:01:33que neuf mois après
01:01:34je n'ai toujours pas de réponse
01:01:35et que je vois le violeur
01:01:37potentiellement toujours libre
01:01:38bien sûr que
01:01:39l'instinct animal du père
01:01:40ou de la mère de famille
01:01:41mène
01:01:43à des instincts animaux
01:01:44il faut évidemment
01:01:45et c'est la démocratie
01:01:46les empêcher
01:01:46notre civilisation
01:01:48c'est que
01:01:48nous réglons ces conflits
01:01:50autrement
01:01:50à condition que l'état
01:01:51sache répondre
01:01:53rapidement
01:01:53et fermement
01:01:54à cela
01:01:54sinon
01:01:55c'est la loi de tous contre tous
01:01:57donc ce qui se passe aujourd'hui
01:01:58c'est très important
01:01:59pour la concorde civile
01:02:00on avait prévu peut-être
01:02:02d'aller jusqu'à 21h30
01:02:03mais on va peut-être
01:02:04faire reposer votre voix
01:02:06moi qui n'ai pas beaucoup de pitié
01:02:08je voudrais poser encore une question
01:02:09au garde des Sceaux
01:02:10est-ce que c'est possible ?
01:02:12avec plaisir
01:02:12et j'en pose une avant
01:02:13ça ne vous ennuie pas ?
01:02:14c'est bien parce que c'est vous
01:02:15je ne le fais pas pour toi
01:02:17vous aviez proposé
01:02:18votre démission en 2023
01:02:20et je disais tout à l'heure
01:02:21que vous n'êtes pas responsable
01:02:23bien évidemment
01:02:24de ce qui s'est passé
01:02:25dans cette affaire-là
01:02:26et vous l'avez expliqué
01:02:27tel que fonctionne aujourd'hui
01:02:29le garde des Sceaux
01:02:30il n'empêche que
01:02:30d'un point de vue symbolique
01:02:32vous êtes au sommet
01:02:33de la pyramide
01:02:35donc est-ce qu'à un moment
01:02:36vous y avez pensé
01:02:38quitte même à la proposer
01:02:39est-ce qu'elle soit refusée
01:02:41tout simplement
01:02:41comme un acte symbolique ?
01:02:44oui mais moi
01:02:45vous savez je ne suis pas
01:02:45propriétaire de ma charge
01:02:46en effet j'ai déjà proposé
01:02:47ma démission au président
01:02:48de la République
01:02:50je me suis dit que
01:02:51j'étais dans la tempête
01:02:52et que j'étais en train
01:02:54d'essayer de
01:02:56d'appliquer l'état de droit
01:02:57et l'autorité du ministre
01:02:59sur son administration
01:03:02dans un ministère très compliqué
01:03:03et que si je faisais
01:03:04ce que vous me disiez
01:03:05parce que j'ai évidemment pensé
01:03:06parce que je ne dors pas bien
01:03:08depuis plusieurs jours
01:03:08comme j'imagine
01:03:09les magistrats et les enquêteurs
01:03:10qui sont directement liés
01:03:11à cette affaire
01:03:12on peut avoir fait des fautes
01:03:13et sans vouloir profondément
01:03:14je suis sûr que
01:03:15c'est ce qui se passe
01:03:16et personnellement
01:03:17je me suis posé la question
01:03:18de savoir
01:03:19si j'avais une quelconque responsabilité
01:03:20dans la défaillance
01:03:21totale de ce système
01:03:22même si ça fait qu'un an
01:03:23que je suis là
01:03:24je me pose la question
01:03:25parce que j'étais 4 ans
01:03:26mis au intérieur auparavant
01:03:27et c'est une question
01:03:28démocratique et normale
01:03:29et je me suis dit que
01:03:31ce que j'essayais de faire
01:03:32au ministère de la justice
01:03:33l'autorité
01:03:34que j'essayais d'y remettre
01:03:35le bon sens
01:03:36que j'essayais d'y remettre
01:03:37je l'ai fait sur le narcotrafic
01:03:38j'essayais de le faire
01:03:38sur les enfants
01:03:40c'était pas une bonne chose
01:03:42de déstabiliser
01:03:42le ministère de la justice
01:03:44Dernière question
01:03:45de Gilles William
01:03:46à 21h16
01:03:47Monsieur le ministre
01:03:48pour justifier
01:03:49mon chagrin
01:03:50et la colère
01:03:50par rapport à l'institution judiciaire
01:03:52vous avez vu comme moi
01:03:54la faiblesse des peines
01:03:56infligées
01:03:57aux fauteurs de troubles
01:03:59après les histoires
01:04:01du PSG
01:04:02malgré les réquisitions
01:04:04sévères
01:04:05de votre parquet
01:04:06si j'ose dire
01:04:07il se trouve
01:04:08qu'il y avait un magistrat
01:04:10aux compérations immédiates
01:04:12qui s'appelait
01:04:12Monsieur Tonis Curtis
01:04:13mais qui était un peu sévère
01:04:15juste mais sévère
01:04:16mais à la suite
01:04:17d'une fronde
01:04:17notamment d'avocats
01:04:18d'extrême gauche
01:04:19il est plus là
01:04:20est-ce que
01:04:21là aussi
01:04:22on ne peut pas y voir
01:04:24quand même
01:04:24la main
01:04:25de l'idéologie
01:04:28d'abord je me réjouis
01:04:29que la procureure de Paris
01:04:30et tous les procureurs
01:04:31ont appliqué
01:04:31ma circuleur de politique pénale
01:04:34incontestablement
01:04:34mais les juges
01:04:35n'ont pas suivi
01:04:36l'année dernière
01:04:37on a eu cette polémique
01:04:38sur le PSG
01:04:39je m'étais exprimé
01:04:40on m'a dit
01:04:41que je ne pouvais rien faire
01:04:42cette année
01:04:42les réquisitions étaient
01:04:43extrêmement fermes
01:04:44j'en remercie la procureure de Paris
01:04:46notamment
01:04:46Madame Bécot
01:04:47qui l'avait dit
01:04:48et il y a eu de nombreuses personnes
01:04:49contre moi ce que j'ai entendu
01:04:50qui sont en prison
01:04:51il n'y a pas eu de mandat de dépôt
01:04:54à Paris
01:04:54il y a eu des très grands écarts
01:04:57entre le parquet
01:04:58et la peine
01:04:59et parfois
01:05:00ils nous ont surpris
01:05:01puisqu'on les a mis ici
01:05:02il y a eu des temps provisoires
01:05:03et surtout
01:05:03il y a encore une cinquantaine
01:05:04d'informations judiciaires
01:05:05et il y a encore
01:05:07quelques personnes
01:05:08qui vont passer
01:05:10je pense qu'il faut changer
01:05:11la loi
01:05:11je l'ai déjà dit
01:05:12pour forcer
01:05:14le juge du siège
01:05:15à appliquer la loi
01:05:16il n'y a notamment
01:05:16plus de critères
01:05:17d'ordre public
01:05:17vous le savez
01:05:18qui étaient supprimés
01:05:19par la gauche
01:05:20et donc dans la loi
01:05:21que je présente
01:05:23qu'est au conseil d'état
01:05:24on va rajouter
01:05:25le critère d'ordre public
01:05:26pour que
01:05:26une forme
01:05:27j'utilise des mots
01:05:30courants
01:05:30qu'ils n'ont pas
01:05:31les mots juridiques
01:05:32un peu d'automaticité
01:05:33quand on commet
01:05:34certains délits
01:05:35notamment quand on s'en prend
01:05:36à des policiers
01:05:38mais dans le cas précis
01:05:39je veux dire
01:05:40que les parquets
01:05:41ont fait leur travail
01:05:42et ils ont travaillé
01:05:43nuit et jour
01:05:44après ces émeutes
01:05:46insupportables
01:05:47pour pouvoir
01:05:48poursuivre les personnes
01:05:49et mettre les personnes
01:05:50devant la justice
01:05:51et c'est vrai
01:05:51qu'il y avait une image
01:05:52qui était terrible
01:05:52vous l'avez vu
01:05:54cette voiture
01:05:54qui reculait
01:05:56c'était après
01:05:57la demi-finale
01:05:57elle reculait
01:05:58devant des émeutiers
01:06:00parce que les émeutiers
01:06:01savaient que la police
01:06:02ne chargerait pas
01:06:03donc ils savaient
01:06:06qu'ils ne répondraient pas
01:06:07et les pauvres policiers
01:06:08n'avaient qu'une chose
01:06:09à faire
01:06:09c'était de lancer
01:06:10une grenade
01:06:11anti
01:06:11je ne sais pas
01:06:12comment s'appelle
01:06:13cette grenade
01:06:13pour séparer
01:06:17ou en tout cas
01:06:17comment dites-vous
01:06:19exactement
01:06:20mais toucher
01:06:21à un policier
01:06:22en France
01:06:23devrait être sanctionné
01:06:25de manière automatique
01:06:26d'une peine ferme
01:06:27de prison
01:06:27personne ne le comprend
01:06:29personne ne comprend
01:06:30que quelqu'un
01:06:31qui s'attaque
01:06:32à un policier
01:06:33ne finisse pas
01:06:34le soir en prison
01:06:35parce qu'on les voit
01:06:36il y a eu
01:06:39275 blessés
01:06:39chez les policiers
01:06:41personne ne le comprend
01:06:41sauf les français
01:06:42oui
01:06:43non mais
01:06:44personne ne comprend
01:06:45qu'il ne soit pas
01:06:46personne ne comprend
01:06:47que ces gens-là
01:06:48ne soient pas sanctionnés
01:06:49oui
01:06:50et il y a eu
01:06:51275 policiers
01:06:52blessés
01:06:53je trouve ça absolument
01:06:55impressemblable
01:06:55vous savez ce quoi
01:06:56je travaille
01:06:57que j'aurais voulu
01:06:57qu'on travaille
01:06:58sur le projet
01:06:58de mise intérieure
01:06:59c'est une peine
01:07:00minimale
01:07:01de prison ferme
01:07:03quand on s'en prend
01:07:03aux policiers
01:07:03aux gendarmes
01:07:04j'espère qu'avant
01:07:05la fin de ce quinquennat
01:07:06on arrivera
01:07:07à la faire adopter
01:07:07bonjour merci
01:07:08je ne sais pas
01:07:09comment demain
01:07:10vous allez pouvoir
01:07:11prendre la parole
01:07:12parce que manifestement
01:07:14votre voix
01:07:16est abîmée ce soir
01:07:17donc je vous souhaite
01:07:18de la retrouver
01:07:19le plus vite possible
01:07:20bien sûr
01:07:21et puis merci surtout
01:07:21d'avoir répondu
01:07:22à toutes ces questions
01:07:23et à cette période
01:07:24si particulière
01:07:25que nous vivons
01:07:25à ce drame
01:07:27toutes nos pensées
01:07:28évidemment
01:07:28comme tous les français
01:07:29vont pour la famille
01:07:31de Liana
01:07:32pour la mère de Rosa
01:07:33également
01:07:33que nous avons entendue
01:07:35et puis les questions
01:07:36sur la justice
01:07:36que nous avons posées
01:07:37ce soir
01:07:38merci monsieur le ministre
01:07:39Jérémy était à la réalisation
01:07:40David Tonnelier était à la vision
01:07:42merci à Guillaume
01:07:43et Titouan
01:07:43on participait à l'émission
01:07:45Benjamin Nau
01:07:45Paco de Rouen
01:07:46et Tess Lafetter
01:07:47et Gauthier Lebrecht
01:07:49va pouvoir débriefer
01:07:50comme on dit
01:07:52ce que nous avons dit ensemble
01:07:54depuis à peu près
01:07:55une demi-heure
01:07:56bonne soirée
01:07:57c'est parti
Commentaires