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  • il y a 13 heures
Ce vendredi 12 juin, les inquiétudes autour de l'entrée en Bourse de SpaceX, notamment la question de la concurrence sur l'utilisation de l'IA, ainsi que les impacts de cette dernière sur l'emploi, ont été abordés par Manuel Davy, président de la Cité de l'IA, Robin Rivaton, CEO de Stonal, et Emmanuel Durand, président du Directoire d'EuraTechnologies, dans l'émission Les Experts de l'IA, présentée par Frédéric Simottel, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:02Et c'est parti, alors avec moi sur ces experts de l'IA, Manuel Davy, bonjour.
00:09Bonjour Frédéric.
00:10Merci d'être avec nous, vous êtes président de la cité de l'IA, vous êtes un peu à l
00:13'origine de tout ça.
00:15Il n'y a pas pour rien.
00:15De tout ce ramdam, mais très bénéfique pour l'IA et pour la région de France.
00:19Avec nous également Emmanuel Durand, bonjour Emmanuel.
00:22Bonjour Frédéric.
00:22Président du directoire d'Eura Technologies et Robin Rivaton, bonjour Robin.
00:26Bonjour.
00:26Que vous connaissez bien sur les antennes de BFM et de la CEO de Stonehall.
00:30Manuel, justement, alors juste un mot sur la cité de l'IA et nous dire pourquoi vous êtes un peu
00:34le, voilà, l'usuel suspect de ce grand rassemblement aujourd'hui à Lille.
00:40Oui, alors d'abord la cité de l'IA, c'est un réseau d'entreprises qui compte aujourd'hui à
00:43peu près 150 entreprises adhérentes, principalement de Haute-France,
00:47qui à elles toutes font à peu près 90 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
00:50Donc vous voyez, il y a des très grands groupes.
00:51Il y a aussi des ETI et des PME.
00:53Et on a souhaité également qu'il y ait les incubateurs, qu'il y ait les académiques, les écoles.
00:56Parce que notre rôle, en fait, c'est d'agiter cet écosystème de l'IA dans la région pour permettre
01:01à nos entreprises d'être plus en pointe sur cette technologie qui est absolument fondamentale pour elles dans le futur.
01:07Alors, et le fait de ce salon, c'est parti d'où ?
01:11Enfin, d'avoir ce sommet. Alors, on le rappelle, c'est un peu le point de départ, parce que toute
01:15la semaine, il va y avoir plein d'événements.
01:16Je crois que demain, il y a un événement à Amiens. Enfin, dans les Hauts-France, il y a plein
01:19d'événements autour de l'IA.
01:20Il y a un festival de l'IA. Ça démarre demain jusqu'au 19.
01:23Mais voilà, pourquoi ce sommet aujourd'hui ?
01:25Alors, l'an dernier, on a organisé notre grand sommet de l'IA de la cité de l'IA, donc
01:30avec une échelle peut-être un peu plus modeste en termes de grande personnalité internationale,
01:34mais très orientée business, ce qui a été un grand succès. Et les équipes de l'Elysée qui étaient présentes
01:39ont décidé à ce moment-là de positionner ce sommet
01:43que le président souhaitait faire dans la région de Hauts-de-France, parce qu'ils ont compris qu'il y
01:47avait ici une énergie exceptionnelle autour de l'IA,
01:50qui avait un savoir-faire, une volonté aussi de la région de se booster sur ce sujet. Donc, c'était
01:54tout à fait normal par rapport à tout cet écosystème de venir ici aujourd'hui.
01:58Et donc, de lancer cette grande journée. Et puis, ça se joue à guichet fermé. Je crois que c'était
02:031200 personnes prévues, mais je crois qu'on est beaucoup plus déjà ce matin.
02:07Tout à fait, oui. Il y a beaucoup de monde.
02:08Et pas mal de conférences. Alors, avec nous également Emmanuel Durand, président du directoire d'Euratechnologie, qui nous accueille ici.
02:16Alors, pour ceux qui ne connaissent pas Euratechnologie, c'est une ancienne usine industrielle qui a été totalement rénovée. Alors,
02:21ça fait pas mal d'années déjà.
02:22Ça fait 17 ans. Effectivement, c'est né d'une ambition politique portée par Pierre de Saint-Ignon, qui, de
02:30cette friche industrielle où on m'a dit que les gens n'osaient pas aller tellement c'était dangereux,
02:34a fait naître un écosystème qui, aujourd'hui, compte à peu près 600 entreprises, une dizaine de milliers d'emplois,
02:40etc. Donc, il y a un impact sur le territoire absolument incroyable.
02:42Et de gros événements. Je crois que vous organisez presque 500 événements par an ici même.
02:46Et avec vous, on va parler justement de l'attractivité de l'île et puis IA et emploi, parce que
02:51c'est un des thèmes aussi dont on va beaucoup débattre aujourd'hui.
02:55Robin, parlons justement, donc merci d'être avec nous, parlons justement de ce qui se passe en ce moment.
03:03Alors, aujourd'hui, c'est une journée un peu particulière. On est tous un peu focus sur la grande entrée
03:09en mourse de SpaceX et de tout de l'environnement.
03:12Ici, il y a Starlink, il y a XAI, il y a quand même une partie intelligence artificielle.
03:16Ça va donner un peu le ton sur les autres entrées en mourse, qu'on attend celle d'Entropie, qu
03:21'on attend celle d'OpenAI.
03:26Pourquoi, malgré tout cela, on ne se sent pas totalement décroché ici, quand on est en France et plus particulièrement
03:31ici, dans les Hauts-de-France ?
03:32Je pense qu'il faut totalement décorréler la spéculation boursière autour de ces grandes entreprises de l'intelligence artificielle,
03:39que ce soit des fabricants de modèles ou qu'elles soient des fabricants de mémoire ultra rapide, type les Sud
03:44-Coréens, Samsung, SKNX.
03:46Il faut décorréler cette spéculation boursière de l'impact concret de cette technologie sur nos entreprises.
03:53Et aujourd'hui, on n'a pas besoin de la dernière génération de modèles de langage étendu pour déjà faire
03:59des gains de productivité au sein de nos entreprises.
04:02On n'a pas besoin d'avoir forcément, on peut avoir une IA qui peut être open source, on peut
04:06avoir une IA qui est propriétaire.
04:08Mais le vrai enjeu pour moi, c'est de faire en sorte, et on avait fait lors du Tour de
04:12France de l'IA organisé par le Medef et le Numéum,
04:14dont j'étais l'ambassadeur, on avait fait une excellente étape à la cité de l'IA avec beaucoup, beaucoup
04:18de monde en fin d'année 2024.
04:21L'idée, c'est de faire en sorte que toutes les entreprises puissent utiliser ces modèles.
04:24Et la vraie révolution, elle ne sera pas d'avoir une méga-entreprise géniale.
04:29La vraie révolution, c'est que chacune de nos entreprises permette de faire 0,5% de gains de productivité
04:34supplémentaire.
04:340,5% de gains de productivité supplémentaire par an, ça paraît anecdotique, mais en France, on stagne depuis 2014
04:40en termes de productivité horaire.
04:42Donc 0,5% c'est un changement radical sur 15 ans, ça fait 20% de productivité supplémentaire, ça
04:47change complètement la face d'un pays.
04:49Donc l'enjeu, c'est bien d'avoir des géants, c'est bien d'avoir des vitrines.
04:52Mais même si on n'en avait pas, je pense qu'il faut vraiment s'intéresser à la question du
04:56déploiement au sein du tissu économique, industriel, serviciel, commercial de ce pays.
05:01Oui, et puis c'est bien d'avoir quelques portes-drapeaux aussi.
05:03Voilà, on a un Mistral, mais on en a d'autres qui sont en train de monter autour de tout
05:07ça.
05:08Manuel Davy, les entrepreneurs, les patrons de PME, de TI qui font partie de la cité de l'IA,
05:13Aujourd'hui, comment ils perçoivent justement l'IA ?
05:18Parce qu'évidemment, nous on voit un peu le côté bénéfique, davantage de productivité, on apprend plein de choses,
05:24vraiment un accompagnement au quotidien.
05:26Il y a quand même quelques côtés, on a des craintes sur l'emploi.
05:29Enfin voilà, comment ils perçoivent et quelle est leur maturité sur ce sujet ?
05:32Alors, dans les membres de la cité de l'IA, la maturité est, je dirais, exceptionnellement haute
05:37par rapport évidemment à l'intérêt que portent les entreprises.
05:39Je vous donne quelques chiffres, on a 70% quasiment de nos membres et de notre écosystème,
05:44des entreprises qui disent qu'elles sont avancées sur l'IA.
05:47Il y en a quasiment les trois quarts aujourd'hui qui ont lancé des plans de formation généralisés
05:51et il y en a à peu près 20% qui anticipent des évolutions des postes.
05:54Donc ça, ça traduit à la fois l'enthousiasme des entreprises et aussi la prise de conscience
05:57qu'il y a des vrais changements internes qui peuvent être difficiles,
06:00notamment autour de l'évolution des emplois.
06:02Les entrepreneurs, globalement, ne craignent pas de la destruction massive d'emplois,
06:06ils voient vraiment l'opportunité, mais par contre, ils se disent
06:08oui, il y a quelques risques qu'on doit piloter sur la transformation des métiers,
06:12sur la souveraineté, notre capacité à rester autonome et indépendant,
06:15la sécurité des données.
06:16Donc c'est des préoccupations très opérationnelles en réalité
06:19et sur la volonté d'y aller sur l'IA, aujourd'hui, il n'y a plus vraiment de questionnement
06:23de la part des entreprises.
06:24Oui, ils savent qu'il faut y aller.
06:26Emmanuel Durand, IA et emploi, comment on l'aborde d'un point de vue entrepreneurial selon vous ?
06:32C'est vrai que c'est une vraie question parce que l'objet, en fait, de la technologie,
06:35c'est de créer de l'emploi dans la région.
06:37Nous, on a un rapport à l'IA qui est peut-être une problématique différente
06:41de celle que tu adresses, Manuel, au sein de la cité de l'IA
06:43puisque ton problématique, c'est d'intégrer l'IA dans les entreprises
06:48et pour nous, c'est de créer des entreprises autour de l'IA.
06:51Autour de l'IA, en bénéficiant de l'IA, avec deux typologies,
06:55ceux qui l'utilisent et ceux qui construisent des solutions.
06:59On le voit de manière presque plus générale, chaque rupture majeure comme ça
07:06a amené, en fait, son lot de questionnements sur les emplois qui allaient disparaître, etc.
07:13Il y a un économiste qui a établi un paradoxe de Jevons
07:17où chaque rupture technologique majeure créait autant d'emplois, finalement,
07:22que d'anciens qui disparaissaient.
07:26Et je vais faire une punchline, un arbre qui tombe fait plus de bruit
07:29qu'une forêt qui pousse.
07:31Donc on regarde beaucoup plus, effectivement, les entreprises qui souffrent
07:34et les emplois qui risquent de disparaître
07:35que ceux qui sont en train actuellement de naître.
07:38On le voit dans l'entrepreneuriat, il n'a jamais été aussi facile
07:42de créer une entreprise qu'aujourd'hui.
07:44Ce n'est pas une question d'accès au capital, etc.
07:47C'est simplement que la barrière à l'entrée d'arriver à produire quelque chose
07:51devient beaucoup plus accessible.
07:54Après, c'est la partie passage à l'échelle.
07:56Absolument.
07:57Et notamment, on sait qu'on va avoir une explosion
08:02du nombre de produits, notamment logiciels, qui vont arriver.
08:06Et c'est leur distribution qui va devenir le boulot d'étranglement.
08:09Et c'est là où, de nouveau, la concurrence va s'exprimer.
08:12C'est quoi les besoins des start-up IA que vous hébergez ici ?
08:16Alors nous, et c'est reconnu par nos start-up comme étant extrêmement utile,
08:21des partenariats technologiques avec des acteurs un peu majeurs,
08:24que ce soit dans le quantique avec Pascal ou dans le cloud avec Microsoft, Azure, etc.
08:28Il y a des problématiques qui reviennent extrêmement souvent,
08:31qui sont la souveraineté, le cyber,
08:33parce que l'IA vient avec son lot de problématiques, de failles de sécurité.
08:38Et donc, on voit bien qu'en fait, ce sont des sujets qui étaient toujours un peu dans le fond
08:42et qui, avec l'IA, se retrouvent un peu propulsés quand même un peu plus sur le devant de la
08:45scène.
08:46Donc, ces notions de se dire, effectivement, on ne veut pas être dépendant d'un modèle
08:50qui peut être demain unplugged par un allié qui devient un adversaire,
08:55ne suivait mon regard.
08:57Donc, ces notions de continuité économique deviennent cruciales.
09:01Ça, c'est un sujet souveraineté, Robert Rivaton, qui est vraiment monté.
09:05C'était une petite musique dans la tech.
09:08On dit, oui, il faudrait qu'on soit davantage souverain.
09:11Là, Donald Trump, mais l'élan était donné.
09:16Un Obama, un Biden, étaient déjà très américains.
09:19Ce n'était pas un mec américain, mais c'était quand même priorité aux Américains.
09:24Bon, Donald Trump l'a fait de façon beaucoup plus brutale et beaucoup plus visible.
09:28Mais on a senti, du coup, on sent vraiment que ce côté souverain fait partie,
09:33alors avec plein de choses, tout ce qu'on peut mettre sous la souveraineté,
09:36la dépendance, l'indépendance technologique, l'autonomie stratégique, l'autonomie économique.
09:40Mais on sent que, voilà, c'est parti sur ce sujet-là.
09:44Déjà, première remarque, effectivement, la pensée stratégique américaine
09:47ne changera pas avec le départ de Donald Trump.
09:50C'est un moment beaucoup plus profond.
09:51Oui, on reviendra pas en arrière.
09:52Donc ça, c'est un point très important.
09:53Aujourd'hui, la question de la souveraineté, elle se confonde beaucoup avec la question des coûts.
09:57Elle redevient avec une question microéconomique,
09:59tout simplement parce qu'on se rend compte que les modèles dernière génération,
10:02les modèles à la frontière, ont des coûts qui sont aujourd'hui déraisonnables
10:06par rapport à ce qu'est l'activité économique
10:08et par rapport aux gains de productivité qui sont réellement générés.
10:11Et donc, vous avez beaucoup de papiers ces temps-ci
10:13qui ont signé la fin du token maxing,
10:15donc la consommation excessive de tokens.
10:18Et c'est un mouvement qu'on voit dans les entreprises,
10:20même des entreprises qui sont très avancées, qui sont très innovantes,
10:23commencent à se dire, effectivement, pour tel cas d'usage extrêmement précis,
10:27j'ai besoin du dernier modèle frontière.
10:29Mais en fait, le modèle à 80% de capabilité
10:33équivaut seulement 1% du coût du modèle frontière.
10:37Il est peut-être très bien pour plein de cas d'usage.
10:38Et donc, on arrive dans une phase où la question de la souveraineté
10:41va se reconjuguer avec des questions économiques, micro-économiques.
10:45Et les modèles open source ou des modèles beaucoup moins chers
10:49vont regagner en importance parce que les gens vont se dire,
10:51en fait, c'était bien d'avoir testé.
10:53J'ai testé plein de cas d'usage.
10:55Je vois que j'ai des retours et des coûts.
10:57Et parfois, le ROI est faible.
10:59Et donc, le meilleur moyen de re-augmenter le ROI,
11:01d'augmenter le ROI, c'est de baisser le coût de ces solutions.
11:04On ne regarde plus seulement la performance,
11:06mais on regarde vraiment...
11:07Parce qu'en plus, parfois, la performance,
11:10l'écart n'est pas aussi important.
11:13Oui, aujourd'hui, l'écart entre un modèle open source
11:18va être de 20% par rapport à un modèle frontière,
11:20pour le meilleur modèle open source,
11:21et l'écart de prix va être de 1 à 100.
11:23Donc, objectivement, vous pouvez vous poser des questions légitimes.
11:27Et donc, ça va rejoindre la question de la souveraineté
11:29parce qu'en fait, les gens qui peuvent utiliser des modèles open source
11:33en local ou qui peuvent fournir des solutions domestiques,
11:36je pense à Mistral ou à d'autres acteurs européens.
11:39On peut penser aussi aux Canadiens de Coher,
11:41enfin, bref, à des acteurs qui sont hors du champ des Etats-Unis ou de la Chine.
11:45Ces solutions-là vont gagner en importance
11:47et donc, elles vont faire regagner en souveraineté de manière incidente.
11:50Justement, sur cette partie souveraineté,
11:53Manuel Lévy, je le disais tout à l'heure,
11:55de belles annonces à l'ordre de Choose France,
11:58notamment Sauvebank.
11:59Et c'est vrai que la région, ici, on en parle avec Emmanuel Léon,
12:02va pas mal en bénéficier.
12:04Alors, effectivement, elle a des très beaux atouts à faire valoir.
12:07Il y a effectivement du terrain situé suffisamment près
12:10des sources d'énergie et puis des réseaux informatiques
12:12pour pouvoir avoir une implantation qui a du sens.
12:15Donc, il y a effectivement plusieurs grandes vagues d'investissements
12:18qui sont annoncées pour notre région.
12:19Et c'est une énorme chance.
12:20Donc, on accueille évidemment tout cela avec plaisir,
12:23avec l'idée que ce soit aussi un nœud névralgique,
12:26peut-être de l'IA, non seulement en France,
12:27mais également en Europe,
12:28puisqu'on est connecté près des frontières ici.
12:30Donc, c'est effectivement une très belle annonce.
12:32Après, sur les data centers,
12:33je pense qu'il y a une vague actuellement d'équipements
12:35qui est tout à fait nécessaire.
12:36Il ne faut pas perdre de vue qu'aujourd'hui,
12:38les microprocesseurs des PC évoluent
12:40et que très bientôt, on aura chacun notre modèle
12:42sur notre PC.
12:43Et donc, le rôle des data centers,
12:46qui reste un élément fondamental,
12:47va aussi évoluer dans le temps.
12:48Donc, il faudra rester vigilant aussi
12:50à cette évolution technique.
12:51Oui, sur ces investissements, justement,
12:53qui ont été annoncés, Emmanuel Durand,
12:55votre regard ?
12:56En fait, c'est aussi la conséquence
12:59d'une surcapacité d'électricité décarbonée.
13:02Enfin, on en parle peu,
13:04mais on est quand même un pays
13:05qui en pointe sur ces sujets.
13:07Et ça représente un atout.
13:09Et les Hauts-de-France sont évidemment
13:10en première position.
13:12Les 75 milliards, à priori,
13:1445 milliards sont fléchés vers les Hauts-de-France.
13:16Oui, c'est ce qui est annoncé, en tout cas.
13:18Absolument.
13:19On verra sur le déploiement.
13:21Mais en tout cas...
13:22La promesse est là.
13:23L'envie est là.
13:25Je suis un nouvel arrivant, moi, dans le Nord.
13:28J'étais parisien jusqu'à il y a six mois
13:29et j'ai pris mes fonctions en janvier.
13:32Et donc, je suis très sensible
13:33à des signaux que les gens de l'écosystème,
13:36qui sont là depuis longtemps,
13:36peut-être, voient moins.
13:39Et j'ai été surpris...
13:40C'est comme cet événement, par exemple.
13:41Là, on voit, c'est quand même...
13:42Enfin, pas étonnant, non,
13:43mais de voir autant de monde
13:45sur un événement, il y a trois semaines,
13:46il n'existait pas.
13:47Presque, c'était...
13:48Mais réellement, en fait,
13:49la question que je me posais en venant ici,
13:52c'était est-ce qu'on peut
13:53faire de l'innovation,
13:54faire de l'entrepreneuriat
13:55en dehors de Paris ?
13:56Est-ce que la France,
13:57qui est très centralisée,
13:59aspire les projets vers la capitale ?
14:02Ça peut être vrai d'une certaine mesure,
14:04mais on le voit,
14:04ici, il y a des atouts que Paris n'a pas
14:07en termes d'infrastructures,
14:08en termes de prix du foncier,
14:09en termes d'accès aux talents.
14:10Il y a un pool d'écoles
14:12de très haute qualité.
14:13On voit une boîte comme Exotec, par exemple,
14:16qui choisit de s'installer dans le Nord,
14:18qui fait des robots...
14:20Robots pour les centres,
14:21les entrepôts.
14:22De logistique, absolument.
14:23Et qui choisit de s'installer dans le Nord
14:24parce que prix du foncier,
14:26plus capacité à attirer des talents,
14:30en fait.
14:30Donc on a, en fait,
14:31une conjonction d'éléments favorables
14:35qui en font un lieu idéal
14:36pour nourrir les projets.
14:40Et Eurotechnologie est destinée
14:43à être le vaisseau amiral
14:45de ce type de choses,
14:47en étant, finalement,
14:48un catalyseur de ces différents éléments,
14:50comme aujourd'hui,
14:51en les ramenant dans un lieu
14:53qui permette
14:54d'être un accélérateur de particules,
14:56on va dire.
14:57Robin, c'est important,
14:58cette décentralisation,
15:00parce que c'est vrai que
15:01faire vivre les régions...
15:02Alors nous, BFM Business,
15:03notre actionnaire est basé à Marseille,
15:05donc lui aussi,
15:05c'est de faire rayonner
15:06sur la région sud.
15:08La région lyonnaise
15:09est assez importante.
15:10Enfin voilà,
15:10on voit toutes ces régions
15:11qui essaient de...
15:12Et l'IA peut être un moyen
15:13d'attirer davantage de talents
15:15d'entreprises
15:16et créer son emploi.
15:18Encore une fois,
15:19la révolution de l'IA,
15:20ce sera la révolution des usages
15:21et le fait que
15:22toutes les entreprises
15:23de tous les secteurs,
15:24de tous les territoires
15:24utilisent l'IA.
15:26Si la révolution de l'IA,
15:27c'est la création
15:27de quelques champions
15:28dans les zones métropolitaines
15:29les plus dynamiques,
15:31ça sera une révolution
15:32qui sera un feu de paille.
15:33Ça ne sera pas non plus
15:34que des data centers.
15:36Les data centers,
15:37c'est des infrastructures
15:37qui sont essentielles,
15:38mais sur les territoires
15:40où elles sont installées,
15:41ce n'est pas ça
15:41qui les fait gagner en richesse.
15:43Ce qui les fait gagner en richesse,
15:44c'est qu'encore une fois,
15:45vous avez une entreprise,
15:46qu'elle soit dans le commerce,
15:47qu'elle soit dans l'industrie,
15:49qu'elle soit dans le transport,
15:50qui réussit à faire
15:51des gains de productivité
15:52pas magiques,
15:53mais juste un petit peu plus,
15:54à faire mieux.
15:55Et le gros enjeu,
15:56et ça je pense que
15:57c'est très important
15:57dans les prochains mois,
15:58ça va être le passage
15:59des gains de productivité
16:01de l'échelle individuelle
16:02à l'entreprise.
16:03Aujourd'hui,
16:03on voit des gains de productivité
16:05individuelle qui sont très marqués.
16:06On le sent tous,
16:06tous les gens qui utilisent l'IA
16:08font des gains de 10, 15, 20, 30%.
16:11Aujourd'hui,
16:11à l'échelle des entreprises,
16:12ces gains ne sont pas encore évidents.
16:14Pour une simple et bonne raison,
16:15pour que les gains individuels
16:16se transforment en gains collectifs,
16:17il faut réorganiser les process.
16:19On l'a vécu
16:19lors de l'introduction
16:20du remplacement
16:21de la machine à vapeur
16:22par la dynamo,
16:23lors de l'électricité,
16:24les gens avaient des usines,
16:26ils ont changé le moteur,
16:27rien n'a changé,
16:28la productivité restait la même.
16:29Et donc,
16:29qu'est-ce qu'ils ont dû passer ?
16:30Il s'est passé,
16:30ils ont reformaté
16:31les processus de production
16:32au sein de l'usine
16:33et tout d'un coup,
16:34la productivité grâce à l'électricité
16:36a explosé.
16:37C'est exactement la même chose
16:37dans les métiers de service.
16:38On ne produit pas du service
16:39tout seul dans son coin,
16:40on produit du service
16:41en étant une chaîne d'acteurs
16:43qui discute les uns
16:44avec les autres,
16:44qui se coordonne.
16:45Et si on ne fait pas
16:47ce travail de modification
16:48des processus de production,
16:50en fait,
16:50la coordination remange
16:52les gains de productivité
16:53qu'on peut faire.
16:53Donc, je pense que
16:54la prochaine étape,
16:55et c'est pour ça
16:55que ces événements
16:56sont très importants,
16:57parce qu'ils permettent
16:58d'acculturer les chefs d'entreprise,
17:00mais aussi les salariés,
17:01les syndicats,
17:01parce que ce n'est pas quelque chose
17:02qui se fera juste
17:02par la volonté
17:03du chef d'entreprise,
17:05a besoin de reformater,
17:07de changer les processus.
17:08Dans ce changement de process,
17:09il peut y avoir
17:10des disparitions d'emplois,
17:11il ne faut pas dire
17:11qu'il n'y en aura pas,
17:12ce ne serait pas vrai.
17:14Mais aussi d'emplois,
17:15je pense qu'il faut être
17:16à un moment,
17:17il faut avoir
17:18un discours de vérité.
17:19Donc, au global,
17:21au net,
17:21ce sera une révolution
17:22qui sera positive,
17:23il y aura plus d'emplois
17:24qui seront créés,
17:24ça ne veut pas dire
17:25qu'il n'y aura pas d'emplois
17:26qui seront détruits.
17:27Mais il faut être conscient
17:27de ça,
17:28ça veut dire qu'il y a des tâches
17:29qui vont être modifiées.
17:31Et ça, ce discours
17:32sur la plasticité
17:33des organisations,
17:34pour moi,
17:34il est absolument important
17:35parce que la tentation
17:36de beaucoup de gens,
17:36c'est de se rigidifier
17:38par rapport au changement.
17:39Et donc, on a une techno,
17:40on paye cette techno,
17:41on a des effets
17:42à l'échelle individuelle,
17:42mais on n'arrive pas
17:43à les traduire
17:44à l'échelle collective.
17:45D'ailleurs,
17:46c'est ce que je vous conseille,
17:47d'ailleurs,
17:47si vous en avez l'occasion,
17:49d'écouter l'audience
17:50parlementaire
17:51de Arthur Mensch,
17:51le patron de Mistral,
17:53ça dure une heure,
17:54une heure et quart,
17:54c'est très intéressant.
17:55Et il le dit lui-même,
17:56même chez Mistral,
17:57les taux de productivité
17:58individuels sont très importants,
18:00mais dès qu'on met ça,
18:01et pourtant,
18:02Dieu sait s'ils doivent aller vite,
18:03s'ils doivent calculer
18:04la productivité des équipes,
18:06dès qu'on met ça
18:06au niveau des équipes,
18:07ça chute considérablement.
18:10Ce changement des process,
18:12c'est ça.
18:12C'est ce qu'il faut voir aussi,
18:14Manuel David,
18:14l'IA,
18:15ce n'est pas juste un outil,
18:16une plateforme,
18:16on se forme,
18:17et puis après,
18:17on l'utilise
18:18comme utiliser nos logiciels
18:19un peu classiques.
18:20C'est une vraie transformation,
18:21je rebondis sur ce que dit Robin,
18:23c'est une transformation
18:24des processus,
18:26il faut que des gens
18:27dans le métier disparaissent,
18:28rebasculent vers d'autres métiers,
18:31on travaille différemment.
18:32Absolument,
18:33et souvent d'ailleurs,
18:34l'angle que prennent
18:34les entreprises autour de l'IA,
18:36c'est de l'aborder
18:36par un angle technologique,
18:37c'est-à-dire les datas,
18:38les algorithmes,
18:39les agents,
18:39et assez vite,
18:40elles se rendent compte
18:41que finalement,
18:41elles ont négligé l'essentiel,
18:43et l'essentiel,
18:43c'est d'embarquer les personnes,
18:44d'embarquer chaque opérateur,
18:46chaque équipe
18:49c'est d'être d'avant tout
18:50des sujets de transformation
18:51de processus.
18:52Et donc cette phase-là,
18:53on voit que les plus avancés
18:55ont commencé à l'aborder,
18:56ça reste une transformation difficile,
18:58parce que l'IA suscite
18:59beaucoup de questions,
19:00parfois aussi de la peur,
19:01mais c'est vraiment cet enjeu-là
19:03qu'il faut qu'on réussisse
19:04à adresser aujourd'hui.
19:06Et puis je vous interromps,
19:07et puis en plus,
19:07ce qui se passe aujourd'hui
19:08avec cette technologie,
19:09c'est qu'elle avance au galop,
19:12donc on a l'impression toujours
19:13qu'on installe une version
19:15que déjà la nouvelle version
19:16ou celle du concurrent
19:16est arrivée,
19:17donc ça perturbe aussi.
19:18Il y a un sentiment de submersion
19:20et il est essentiel d'ailleurs
19:21que les responsables
19:22des entreprises,
19:22les dirigeants,
19:23les cadres,
19:23sachent prendre aussi
19:24un pas de recul
19:25par rapport à ça,
19:26parce qu'il y a aussi
19:26un cœur technologique
19:27qui lui est relativement stable,
19:29en fait c'est la façon
19:30dont il se décline
19:31dans les usages
19:31qui donne le sentiment
19:32de vitesse,
19:33mais à un moment donné,
19:34si on veut construire
19:35long terme,
19:35il faut aussi savoir
19:36prendre ce pas de recul
19:37et se projeter
19:38de manière raisonnable
19:39sur ce qui va arriver
19:40technologiquement,
19:40qui sera peu ou prou
19:41assez proche
19:42de ce qu'on a aujourd'hui
19:42avec une spécialisation
19:43peut-être plus avancée.
19:45Emmanuel,
19:45oui Emmanuel,
19:46vous voulez dire ?
19:46Je voulais rebondir
19:47parce qu'il faut effectivement
19:50être capable
19:50de séparer
19:51la vague de l'écume.
19:53Les entreprises américaines
19:54sont très très fortes
19:55en annonces fracassantes
19:57en disant
19:58qu'ils sont
20:00à la veille
20:01de découvrir
20:02ce qu'ils appellent
20:03l'AGI,
20:03l'intelligence artificielle générale,
20:06de plus en plus
20:06de voix discordantes
20:08commencent à dire
20:08que ça ne va pas être le cas
20:09avec les monnaies l'actuelle
20:10qui vont déplafonner.
20:11Il y a la vague agentique
20:12maintenant dont on parle.
20:12Absolument.
20:13Et effectivement,
20:14ces annonces fracassantes
20:15créent un sentiment
20:17d'obsolescence
20:18chez tout le monde,
20:19y compris chez des gens
20:20qui sont très très très forts,
20:21d'être toujours
20:22en train de courir derrière
20:23et de ne pas maximiser
20:25l'impact
20:25qu'ils pourraient en avoir.
20:26Et je pense qu'il faut
20:27se mettre
20:29en mouvement
20:30avec beaucoup de sérénité
20:31par rapport à ça
20:33et effectivement se dire
20:34l'important c'est
20:35d'être dans cette dynamique,
20:37d'être dans ce mouvement
20:38et il y a une dimension
20:39au-delà des process
20:41psychologique
20:43de se dire
20:43comment effectivement
20:44on arrive à faire travailler
20:45les gens individuellement
20:47et collectivement
20:47avec ces nouveaux outils.
20:49Oui, c'est ça,
20:50c'est pouvoir garder
20:52le rythme d'innovation
20:53et puis en même temps
20:54ne pas se laisser éblouir
20:56un peu par ce qui se passe
20:57aux Etats-Unis
20:58ou en Chine,
20:58on ne parle pas de Chine.
20:59Et ne pas se tétaniser
21:01parce qu'on avait vu
21:01beaucoup avec des patrons
21:02de PME
21:02qui disaient
21:03mais en fait
21:03je vais attendre
21:04que la poussière retombe
21:05et que les choses
21:06soient stabilisées,
21:07solidifiées
21:07pour me lancer
21:08dans cette démarche-là
21:09et c'est la pire des choses.
21:10En fait,
21:11il faut prendre le mouvement,
21:12le mouvement a débuté.
21:13Encore une fois,
21:14il y a les incréments
21:15ou les progrès marginaux
21:16des modèles
21:17aujourd'hui
21:18concernent des fonctions
21:19très très spécifiques.
21:20La réalité,
21:21c'est que la plupart
21:22des cas d'usage
21:23des métiers
21:24du tertiaire
21:24et du service
21:25peuvent être adressés
21:26avec des modèles
21:27déjà existants.
21:28Et donc,
21:28le coût de ces modèles
21:30les rend de toute façon
21:31destinés
21:32à vraiment
21:32des cas d'usage
21:33extrêmement spécifiques.
21:35Donc,
21:35je pense qu'il est temps
21:37de prendre la balle au bon,
21:38si je puis dire.
21:40Et surtout,
21:41il ne faut surtout pas
21:41avoir peur
21:42de ce sentiment
21:43d'obsolescence,
21:44d'agitation permanente
21:46et encore moins
21:46de ces prophéties
21:47qui effectivement
21:48sont essentiellement,
21:50je pense qu'on peut le dire,
21:50à viser marketing,
21:52les servent
21:52à tenir un discours
21:53qui justifie
21:54les valorisations
21:55complètement dingues
21:56de ces sociétés-là.
21:58J'allais le dire,
21:59aujourd'hui,
21:59alors même si ce n'est pas
22:00de l'IA pur,
22:01mais il y en a beaucoup
22:01chez SpaceX,
22:03voilà,
22:03c'est complètement
22:03ce qu'on vit aujourd'hui.
22:05Enfin,
22:05on va voir
22:06quels sont les résultats
22:06au final,
22:07mais la valorisation
22:09d'un SpaceX aujourd'hui,
22:10c'est complètement fou.
22:111800 milliards
22:12pour une entreprise
22:13qui réalise
22:15quoi je sais quoi,
22:15c'est 18 milliards
22:16de chiffres à faire,
22:17enfin qui a des pertes.
22:18Elle a 90 fois
22:20le revenu en termes de...
22:21C'est tout ça
22:22complètement dingue.
22:23Pour l'anecdote,
22:24dans les premiers documents
22:25d'investissement
22:26d'OpenAI,
22:27il y avait une clause
22:28qui disait
22:29que les investissements
22:30devenaient caduques
22:31à l'arrivée
22:31de la fameuse AGI,
22:33puisque de toute façon,
22:34on serait dans une société
22:35post-argent.
22:36Donc en fait,
22:37voilà le type de promesse
22:38de dire,
22:39voilà,
22:39on va complètement
22:40révolutionner le travail,
22:41on va révolutionner
22:42le rapport
22:42au fait de l'argent,
22:44etc.
22:45On s'aperçoit,
22:46aujourd'hui,
22:47c'est incantatoire.
22:48On va avoir un outil
22:49qui va être aussi important
22:50que peut-être
22:51l'Internet ou l'email
22:52ou ce qu'on utilise aujourd'hui.
22:53Il ne viendrait pas
22:54à l'idée d'une entreprise
22:55de ne pas utiliser
22:56les emails aujourd'hui.
22:57Bon ben Valilia,
22:57c'est pareil.
22:58Il faut l'inclure
22:59dans le stack
23:01des outils
23:01qu'on utilise
23:02et voilà.
23:03Et y compris
23:04au point de vue
23:04du citoyen,
23:05puisque le but
23:06de ce sommet aussi,
23:07c'est de parler
23:07beaucoup des usages,
23:08des usages pour les entreprises,
23:09des usages pour nous tous.
23:10Mais si on va marquer
23:11une courte pause,
23:12on va revenir ensuite
23:12parler,
23:13j'aimerais bien
23:13qu'on parle aussi
23:14d'éducation,
23:15tout ce qui se transforme
23:16dans l'enseignement.
23:18Reparler,
23:18bien entendu,
23:19on est dans la région
23:19des Hauts-de-France,
23:20donc voir tout ce qui peut
23:21être fait aussi
23:22dans les régions.
23:23Voilà,
23:24les experts de l'IA,
23:25depuis Lille,
23:26le grand sommet de l'IA,
23:28c'est à Lille,
23:28c'est en direct.
23:29On se retrouve
23:30dans un instant
23:30sur BFMX.
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