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  • il y a 11 heures
Retrouvez notre soirée spéciale "Nouvelle nuit en cellule pour Patrick Bruel", présentée par Maxime Switek sur BFMTV ce mardi 9 juin 2026.

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00:00Voilà pour ce document Ligne Rouge ce soir. Je vous le disais juste avant ce document, l'un des enjeux
00:04ce soir c'est de savoir si Patrick Bruel sera envoyé en prison en détention provisoire à l'issue de
00:08sa garde à vue.
00:09On va en parler avec nos invités ce soir, Emmanuel Dancourt. Bonsoir Emmanuel, merci d'être présidente de l'association
00:14MeToo Media.
00:15Avec Maître Mourad Batik, bonsoir Maître, avocat pénaliste. Avec Laurent Valigué, notre consultant, bonsoir Laurent. Et avec Lisa Hadeff, bonsoir
00:21Lisa.
00:23Avant de vous donner la parole toutes et tous, Marie Gentric en direct des locaux de la police judiciaire de
00:27Paris. C'est là où se déroule la garde à vue du chanteur.
00:30Marie, information importante que BFM TV vous donne ce soir dans nos téléspectateurs, Patrick Bruel va passer une deuxième nuit
00:36en garde à vue.
00:39Exactement, puisque l'un des avocats de l'artiste indique à BFM TV qu'effectivement il va être déféré demain,
00:45ce qui signifie donc effectivement que Patrick Bruel va passer une deuxième nuit en garde à vue.
00:50Ensuite, que va-t-il se passer demain ? L'artiste va être présenté devant un juge d'instruction qui
00:55va décider de le mettre en examen ou non.
00:58Si Patrick Bruel est placé en examen, il y a deux options. Première option, il reste en liberté mais avec
01:03un contrôle judiciaire et potentiellement des conditions qui doivent être respectées.
01:07Par exemple, c'est vraiment un exemple, Patrick Bruel devra pointer au commissariat toutes les semaines ou alors il devra
01:12s'engager à ne pas donner de représentation
01:15puisque certaines des infractions qui lui sont reprochées ont eu lieu en coulisses lors de ses spectacles.
01:21La deuxième option, et là ce serait vraiment un coup de tonnerre, eh bien ce serait que Patrick Bruel soit
01:26placé en détention provisoire, ce qui voudrait donc dire qu'il irait en prison.
01:30Marie Gentric avec Léa Sombré en direct donc des locaux de la police judiciaire à Paris. Ce coup de tonnerre,
01:36alors on va liguer dans parle Marie Gentric, il est possible ?
01:38Il est possible Maxime, bien entendu. Déjà, il y a une grosse étape demain matin, c'est le parquet va
01:45vraisemblablement ouvrir une information judiciaire,
01:49donc va confier le dossier qui jusqu'à présent, il a été entendu sur 13 victimes, dit le parquet. C
01:54'est le communiqué du parquet d'hier matin.
01:56Et c'est à l'issue de cette garde à vue. Si le parquet ouvre demain matin une information judiciaire,
02:02on verra quelles infractions pénales sont visées,
02:05on verra éventuellement s'il y a eu un tri dans ces 13 victimes, puisqu'on le sait, Patrick Bruel,
02:10il se défend, dit-il, pied à pied, il nie tout,
02:13il veut démontrer, dit son entourage, qu'il est totalement innocent des infractions qui lui sont reprochées.
02:19Donc il s'est battu pendant ces 14 jours, pied à pied avec les policiers, cas par cas, puisque ce
02:25matin, en fin de matinée,
02:26il avait étudié 7 dossiers. Donc il s'est battu cas par cas, et puis surtout, il a découvert des
02:32choses,
02:32puisque autant il y a des dossiers qui ont été médiatisés, autant il y a des dossiers qui ont été
02:38totalement passés sous silence,
02:41parce que c'était le choix des avocats et des victimes, des plaignantes, de ne pas du tout en parler.
02:46Donc en réalité, il a découvert tout ça, il a été interrogé, il a assisté de ses deux avocats, de
02:51ses deux conseils,
02:53Céline Lassec et Fanny Collin, qui l'assistent, qui ne peuvent pas parler à ce stade de la garde à
02:58vue,
02:58mais qui ont vu le jeu des enquêteurs, les charges.
03:03Et donc à l'issue de tout ça, le parquet décide, ou non d'ailleurs, parce qu'après tout,
03:07le parquet pourrait décider demain de tout arrêter, mais décide d'ouvrir une information judiciaire,
03:11deux juges, un ou deux juges vont avoir en main le dossier,
03:17et le sort, l'avenir de Patrick Bruel, puisque eux décideront ou non de le passer sous contrôle judiciaire,
03:23ou de saisir un JLD, un autre juge, pour éventuellement le placer en détention.
03:29Patrick Bruel, depuis deux jours, face à son destin.
03:32– Oui, effectivement, Emmanuel Aloncourt, je voyais réagir à ce que disait Laurent Valdiguier.
03:35Qu'est-ce qui vous fait réagir dans ce que dit Laurent ?
03:38– Qui lutte pied à pied, en fait, ça me rappelle une autre histoire.
03:44Ça me rappelle l'histoire PPDA dans laquelle je suis plaignante.
03:49PPDA, dans le dossier, dit que, je l'avais interviewé moi,
03:53que j'étais vraiment une excellente journaliste, mais qu'il ne se souvient absolument pas de ce que je dis
03:56derrière,
03:57et donc qu'il ait oublié des affaires, je ne suis pas très surprise.
04:00Et c'est vraiment tellement devenu un système qu'il va se souvenir peut-être de certaines femmes,
04:06et puis peut-être les plus connues, enfin Flavie Flamand ne peut pas l'avoir oubliée, par exemple.
04:09Et puis, il va en avoir oublié d'autres, parce que ces hommes-là sont dans un système,
04:14j'entendais dans le documentaire quelqu'un qui disait, on a créé un mot pour lui,
04:18on a créé la Bruelmania, enfin avant lui, il y a eu Johnny, quelque part en France.
04:22Et ils ont rencontré tellement, tellement, tellement de femmes
04:24qu'ils oublient finalement tout ce qui a pu éventuellement arriver.
04:28– Maître Batik, la détention pour vous.
04:31de Patrick Bruel, elle va se jouer demain, on l'a bien compris.
04:34Je vous repose la même question qu'à Laurent,
04:35vous qui avez l'habitude d'être dans le cabinet des juges d'instruction,
04:39dans le cabinet des procureurs, etc., elle est possible demain ?
04:42Il y a un vrai risque pour lui d'aller en détention ?
04:46– Tout dépend du magistrat.
04:47Si le magistrat s'en tient aux critères stricts de la loi prévus par le législateur,
04:52les critères de l'article 144, risque de réitération, risque de pression sur les témoins,
04:57risque de troubles à l'ordre public, risque de fuite, etc., il n'ira pas en détention provisoire.
05:02– Pour vous, tous ces risques-là n'existent pas ?
05:04– Dans le dossier tel que je le connais et tel que j'en entends parler,
05:08il n'y a pas de risque de fuite.
05:10On n'imagine pas Patrick Bruel s'enfuir et aller à l'autre bout du monde.
05:13On n'imagine pas qu'il y ait un risque de trouble à l'ordre public.
05:18On n'imagine pas Patrick Bruel sortir et donner une mallette de 1 million d'euros
05:21à une déplaignante en lui disant de se taire.
05:23Ce serait évidemment contre-productif.
05:26Et compte tenu de la pression médiatique, on n'imagine pas Patrick Bruel récidiver
05:30à supposer qu'il a été coupable sur les faits qui sont dénoncés.
05:34Donc si on s'en tient aux critères de l'article 144 stricto sensu,
05:38il n'ira pas en détention provisoire.
05:40– Il y a un mais dans votre agonnement.
05:41– Voilà, si maintenant les magistrats sont des hommes et des femmes
05:46qui charrient une histoire, qui charrient un vécu,
05:49qui charrient eux aussi des sentiments qui sont les leurs,
05:52si la pression médiatique entre dans le bureau du juge d'instruction,
05:56il y a de fortes chances pour que M. Patrick Bruel soit placé en détention provisoire.
06:01Ce n'est pas un critère qui est prévu par l'article 144,
06:03mais le quotidien auquel nous sommes confrontés en qualité d'avocat
06:07et de professionnel de la justice, on constate que parfois la pression médiatique
06:11fait que des décisions sont rendues de telle ou telle manière.
06:13– On est dans un contexte très particulier.
06:16– Et on est dans un contexte très particulier.
06:17– Depuis dix jours où la justice est placée sous pression,
06:19où les magistrats sont placés sous pression,
06:22où on leur reproche dans d'autres affaires de ne pas avoir fait le boulot,
06:25de ne pas avoir fait le travail, de ne pas avoir été suffisamment vigilant
06:28pour protéger telle ou telle victime potentielle.
06:31– Alors c'est vrai que si j'étais Patrick Bruel,
06:33j'aurais préféré ne pas être entendu en garde à vue cette semaine.
06:36Mais là, personne ne l'a, pour le coup, même si ce contexte existe,
06:43personne ne l'a décidé comme ça, puisqu'il est convoqué depuis une quinzaine de jours,
06:47ce lundi à 8h30.
06:49– Il savait qu'il serait convoqué, qu'il devrait s'expliquer aujourd'hui,
06:51mais il ne savait pas forcément que ce serait en garde à vue.
06:53Il s'en doutait un peu, mais…
06:54– Il s'en doutait un peu, ça, pour le coup,
06:56parce qu'il savait qu'il y avait plusieurs dossiers à aborder,
06:58c'était nécessairement sous le régime…
07:00Vous savez, le régime de la garde à vue,
07:01c'est aussi pour protéger les individus qui sont entendus,
07:05pour les mettre à disposition de la police.
07:08Là où je ne partage pas tout à fait l'analyse de maître Batik,
07:11c'est que j'ai une idée plus, disons, plus noble des juges que vous, maître Batik,
07:19parce que je ne pense pas qu'ils décident, au doigt mouillé, comme vous dites,
07:23et au vu de la pression, les critères de l'article 144.
07:28Ils vont décider en fonction du dossier,
07:31et en fonction de la défense de la personne qu'ils vont avoir face à lui.
07:35Si quelqu'un se défend en avant tout,
07:36c'est un peu différent de quelqu'un qui se défend en niant tout, évidemment.
07:40– Et lui n'y tout ?
07:41– On y enverra, mais lui n'y tout ?
07:43– On verra aussi avec l'ISADF dans un instant ce que ses proches disent.
07:46– Et il y a…
07:47Alors c'est vrai que tous les critères d'article 144 ne s'appliquent pas,
07:50mais il en suffit d'un.
07:51Et dans les critères, il y a le risque de réitération.
07:55Bon, c'est un critère qui peut se discuter.
07:57En tout cas, au vu du dossier…
07:58– Oui, parce que je m'arrête là-dessus.
08:00Vous le balayez ce risque-là,
08:02mais je ne sais pas ce que décideront les juges
08:04et ce que les juges retiendront effectivement.
08:06Vous disiez tout à l'heure,
08:06ils vont faire le tri aussi dans les différentes plaintes.
08:09Si vous avez un enchaînement de plaintes pour des faits,
08:11là en l'occurrence, on le verra tout à l'heure,
08:13mais il y a 13 plaintes qui sont étudiées ici,
08:14des faits de viol, tentatives de viol, agressions sexuelles ou harcèlement.
08:17Si vous avez un enchaînement de plaintes sur un certain nombre d'années,
08:21qu'est-ce qui peut vous dire qu'il n'y a pas de risque de réitération ?
08:24– Le risque de réitération, il s'apprécie inconcréto,
08:27c'est-à-dire que si vous avez des plaintes qui datent d'il y a 30, 40, 50 ans,
08:31évidemment que le risque de réitération, il se dilue dans le temps et dans l'espace.
08:35– Là, on a des plaintes plus récentes.
08:36– D'accord, qui datent de…
08:37– On n'a pas toutes les informations, mais 2010, 2012 ?
08:42– Pour les plus récentes, elle daterait de 2010, 2012,
08:45donc on est à il y a 15 ans, 16 ans.
08:46Vous voyez que le risque de réitération,
08:48ce n'est pas pendant sa pièce de théâtre
08:51où il s'est passé quelque chose la semaine dernière,
08:53où on aurait une plainte la semaine dernière
08:56et où on pourrait légitimement craindre
08:58que la semaine prochaine, il pourrait se passer quelque chose.
09:01Bon, ce risque, il est quand même complètement dilué
09:04dans le temps et dans l'espace.
09:05– Il y a un deuxième risque, c'est de prévenir le risque
09:08de pression sur les témoins.
09:09– Bon, est-ce qu'on imagine Patrick Bruel
09:12déposer une mallette d'argent à la sortie de sa carte de vie ?
09:15– Pardon, Nicolas Hulot, il avait embauché une consultante
09:18qui avait écrit à une centaine de femmes,
09:20moi j'ai vu cette lettre, pour leur dire
09:22« témoignez pour moi, témoignez pour moi ».
09:23Dans ces 100 femmes, il y avait des victimes.
09:25C'est une autre manière, il n'y a pas d'argent.
09:26Il y a « vous voyez bien que je suis innocent »,
09:28« toi qui m'as toujours soutenue »,
09:30sans savoir qu'il s'adressait à des victimes,
09:31sans le réaliser, c'est aussi une manière d'aller chercher des victimes.
09:35– Je ne sais pas, mais moi en tout cas, ce que je sais,
09:37c'est que tout le monde a le droit et la capacité de se défendre.
09:40Si vous étiez mis en cause, vous seriez content
09:42de pouvoir solliciter vos voisins, vos amis, vos ex-collègues
09:45pour dire que vous êtes une personne formidable.
09:47On ne peut quand même pas retirer les droits les plus élémentaires
09:50à un individu de se défendre en sollicitant, ici ou là,
09:53des témoignages de personnalité.
09:56– Et puis il y a le septième critère,
09:58mettre fin aux troubles exceptionnels et persistants à l'ordre public
10:02provoqués par la gravité de l'infraction.
10:03– Alors ça, c'est vrai que c'est un critère un peu du doigt mouillé
10:06en tant que tel, puisque la notion de trouble à l'ordre public,
10:09elle est à l'appréciation du juge.
10:11Enfin, quand même, c'est…
10:13– C'est un dossier compliqué, où vous voyez un peu
10:17à la manière du film Match Point, vous voyez,
10:20la balle, elle peut tomber d'un côté ou de l'autre du filet.
10:23C'est un dossier, je parle sur la détention providentale.
10:24– Non mais si t'es Woody Allen sur un dossier comme ça,
10:27je trouve ça pas mal.
10:28– Si on ne peut plus avoir des références,
10:30alors je retire cette référence,
10:31si elle vous choque et si elle vous heurte,
10:33je retire Woody Allen.
10:35– Non, non, je comprends.
10:35Mais simplement pour…
10:36– C'est ironique.
10:37– Vous, vous avez l'habitude de ces moments-là,
10:38de ces gardes à vue-là.
10:40Laurent Valigui le disait, là, il est…
10:43Alors, on rappelle les chiffres.
10:45Pour cette garde à vue-là, il y a 13 plaintes
10:47qui sont entre les mains des enquêteurs.
10:50Au total, on sait qu'il y a une trentaine de femmes
10:54qui ont témoigné, qui n'ont pas forcément
10:55toutes déposé plainte d'ailleurs, qui ont témoigné.
10:57On verra que d'autres plaintes vont arriver.
10:58On a eu des informations aujourd'hui révélées sur BFM TV,
11:01on en parlera dans un instant.
11:02Mais là, on a donc 13 plaintes.
11:04Je le disais, viol, tentative de viol,
11:06agression sexuelle, harcèlement, ce sont les accusations.
11:08Parmi ces faits, il y a une accusation de viol à Dinard en 2012
11:10par une femme âgée de 32 ans à l'époque.
11:12Il y a un dossier qui est transmis par la justice belge
11:14plainte pour viol et agression sexuelle à Bruxelles
11:16en 2010 d'une femme de 40 ans, etc.
11:20Comment ça se passe en garde à vue ?
11:22Les enquêteurs, les uns après les autres,
11:24arrivent avec tel dossier.
11:25Qu'est-ce que vous avez à répondre ?
11:26Où est-ce que vous étiez ?
11:27Qu'est-ce que vous avez fait ?
11:28Qu'est-ce que vous reconnaissez ?
11:28Comment ça marche ?
11:29– Alors, généralement, ils ont préparé leurs questions à l'avance
11:32et ils ont, si vous voulez, fait des chapitres
11:34sur telle plaignante, puis telle plaignante, etc.
11:37Et puis on va dérouler, et sur les plaignantes,
11:40où étiez-vous à ce moment-là ?
11:43Avez-vous eu une relation sexuelle ?
11:47Si oui, est-ce que vous pouvez nous donner des détails ?
11:48Et on va dérouler, question après question,
11:52les différentes plaignantes,
11:53mais il n'y a pas plusieurs OPJ qui viennent
11:55et qui se relaient, ça ne se passe pas comme ça.
11:57– OPJ, c'est officier de police judiciaire.
11:59– C'est des longues auditions,
12:02c'est des moments qui sont longs, qui sont éprouvants
12:04pour la personne qui subit le feu d'un officier de police judiciaire.
12:09Et puis à ce moment-là, la personne mise en cause
12:12a la possibilité de répondre ou de se taire.
12:15– Laurent, est-ce que le fait, ce soir,
12:19je vous donne l'information qu'on vous donnait tout à l'heure,
12:20Patrick Brouel, ne sera déféré devant un juge que demain matin,
12:23il va passer une deuxième nuit en garde à vue,
12:25est-ce que c'est un indicateur de la manière dont peut se passer la garde à vue ?
12:30En gros, les enquêteurs, ce soir, ont encore des choses à demander à Patrick Brouel.
12:32Est-ce qu'on peut le voir comme ça ?
12:33– Ah oui, oui, ça c'est vrai que la garde à vue, c'est une garde à vue longue.
12:37C'est pas une des fois, on a l'impression que les gendarmes ou les policiers
12:40font un peu durer la garde à vue pour que les juges…
12:43Parce que c'est vrai qu'il aurait pu être présenté ce soir à un juge d'instruction.
12:48Le juge d'instruction aurait fini sa soirée très tard.
12:51Mais là, il y avait beaucoup de cas, il y a ces 13 cas.
12:53Dans ces 13 cas, il n'y a pas Flavie Flamand, par exemple.
12:56Parce que Flavie Flamand, Ophélie, vous savez,
13:00qui dit avoir été violée au bord de la piscine dans le sud de la France,
13:05c'est des cas, et les fameux cas dits des six masseuses,
13:09c'est des dossiers où il y avait des plaintes avec constitution de partie civile.
13:12Donc c'est des dossiers, il ne peut pas être entendu dans le cadre de la garde à vue pour
13:15ces dossiers-là.
13:16Il ne peut pas être entendu que devant un juge d'instruction.
13:18– Par le juge.
13:19– Donc c'est pour ça qu'instantanément, si demain un juge d'instruction est saisi,
13:23ces autres dossiers viendront grossir le dossier du juge.
13:28Et ces dossiers-là, il ne sait pas encore.
13:29Alors dans le lot, il y a aussi des dossiers pour lesquels il y avait bénéficié d'un an au
13:33lieu déjà.
13:34Donc ça va renforcer la complexité.
13:36Mais c'est vrai que pour la première fois, demain,
13:40un ou des juges d'instruction vont centraliser, disons, une vingtaine ou une trentaine d'affaires, maître.
13:47– C'est vrai que c'est volumineux.
13:49Alors même s'il lui ambitionne avec ses avocats de démonter tous ses cas,
13:54de se dire innocent de tout, de fournir un alibi ou en tout cas d'avoir une autre explication alternative,
14:00c'est vrai que ça fait beaucoup de dossiers dans le lot.
14:03Il y a des affaires qui sont un peu très différentes des unes des autres.
14:06Il y a des cas de harcèlement, il y a des cas de viol.
14:09Il y a des cas de viol qui, semble-t-il, ne sont pas prescrits
14:11et qui lui font encourir une peine de vingt ans de détention.
14:14– Est-ce que quelque chose a changé, Emmanuel Dancourt ?
14:17Vous qui vous battez depuis des années et des années.
14:20Est-ce que quelque chose a changé, est en train de changer,
14:22quand vous voyez effectivement que demain, peut-être,
14:25peut-être, Patrick Bruel pourrait être placé en détention provisoire ?
14:28– Je crois bien que c'est la première fois que je viens sur ce plateau
14:31et que je vais pouvoir dire qu'il y a quelque chose qui est en train de changer.
14:33Ce qui est en train de changer, c'est que là, la justice, elle va drôlement vite.
14:36On n'a pas l'habitude.
14:37Et il y a des affaires, nous, à MeToo Media, on a plusieurs affaires.
14:41Il y a des affaires, on attend depuis des années et ça ne bouge pas.
14:46Donc, je parlais de l'affaire Pépédia, il y a d'autres affaires où ça ne bouge pas
14:49et là, d'un seul coup, ça va très vite.
14:51Et pourquoi ça va très vite ?
14:52Parce qu'entre le moment où Patrick Bruel a reçu sa convocation
14:54et puis le moment où il est convoqué, il y a Liana qui est morte.
14:58Il y a Liana qui est morte.
14:59– Sauf que Laurent, vous disiez, il a été convoqué avant ça.
15:01– Oui, il a été convoqué avant ça.
15:02Mais je veux dire, là, d'un seul coup, ce n'est pas que les féministes
15:05qui d'un seul coup se lèvent, c'est toute la France.
15:07Et on a vu ces marches blanches, on a vu ces ballons blancs qui s'envolaient.
15:11On a vu dans les manifestations qu'il y a eu hier soir,
15:13il n'y avait clairement pas que des féministes.
15:14Il y avait des gens écoeurés qui n'ont pas l'habitude de manifester
15:18et qui étaient là aussi.
15:19Il y a quelque chose de l'ordre, tout le monde se lève
15:21et on voit bien la pression qu'il y a sur les politiques.
15:24Vous avez vu les prises de parole de M. Darmanin,
15:28le corps nu du président de la République.
15:31On peut regretter qu'elles arrivent extrêmement tardivement
15:33et qu'il était en fin temps.
15:33Mais là, il y a quelque chose qui est en train de bouger au niveau politique.
15:35Et la proposition de loi intégrale,
15:38Yael Brunpivet a notifié qu'elle demandera enfin un créneau parlementaire.
15:42– La proposition de loi intégrale, c'est une loi complète
15:45pour mieux protéger les victimes de violences sexuelles.
15:47– Comme c'est passé dans pas mal de pays.
15:49– Que ce soit les enfants, que ce soit les femmes, etc.
15:52Et quand vous dites que quelque chose a changé,
15:54– Est en train.
15:54– Là, est en train de changer.
15:56– Qu'est-ce qui est en train de changer ?
15:57Au-delà de ce qu'on a pu voir là, ces derniers jours médiatiquement,
16:03est-ce qu'il y a quelque chose qui change
16:05dans la manière dont la justice appréhende les choses
16:07et appréhende un dossier comme celui de Bruel ?
16:09– Bruel, pardon, il a déjà été entendu,
16:10il a déjà été placé en garde à vue en 2020.
16:12– Mais enfin Maxime, il y a un côté, ça n'était que des masseuses.
16:15Il y a vraiment ce côté-là que je trouve puant
16:17et qui a été par le grand public aussi.
16:21Je ne parle pas forcément de la justice.
16:22Par le grand public qui était, on ne les a pas prises au sérieux.
16:25Et là, ce qui a changé aussi, je trouve, dans ce dossier,
16:27c'est qu'on a des femmes connues qui se dévoilent au grand jour.
16:30– C'est Flavie Flamand qui change tout ?
16:31– Alors, il y a d'abord eu Daniela Elsner,
16:33que le grand public ne connaît pas,
16:34mais qui est quelqu'un de très important dans le monde du cinéma,
16:36qui dirige une influence.
16:38C'est une femme de pouvoir.
16:39Et puis on a évidemment Flavie Flamand,
16:41qui d'un seul coup avait déjà libéré sa parole,
16:44parce qu'elle était dans le premier article de Mediapart,
16:46mais sous pseudonyme.
16:48Et puis d'un seul coup, qui dit, c'est moi et je vais parler.
16:50Et Flavie Flamand, c'est une lanceuse d'alerte.
16:52Elle était là avant MeToo.
16:53Elle avait déjà dénoncé David Hamilton.
16:55Elle sait ce que c'est que de se mettre en avant sur une affaire comme ça.
16:58Eh bien, elle retourne au combat,
17:00parce qu'elle ne peut plus se taire.
17:01Et elle sait très bien que son nom va changer les choses.
17:03Pourquoi ?
17:04Parce que Flavie Flamand, on ne peut pas l'accuser,
17:06comme on accuse souvent les victimes,
17:07et bien sûr à tort, de vouloir la gloire.
17:09Elle l'a déjà.
17:10De vouloir l'argent, elle l'a déjà.
17:11Elle a tout à perdre, Flavie Flamand.
17:13Et malheureusement, il a fallu que Flavie Flamand arrive
17:15pour mettre en lumière les 30 autres femmes.
17:17Mais heureusement, elle l'a fait.
17:19Évidemment, la pression médiatique accélère.
17:20Justement, est-ce que ça, ça change le boulot des juges ?
17:22La manière dont ils le font ?
17:23La manière dont ils prennent un dossier en main ?
17:25Alors oui, ça a changé instantanément le boulot des juges, Maxime,
17:28puisque quand Flavie Flamand a parlé au grand jour,
17:32le même week-end, la procureure de Paris, Laure BQO,
17:36a annoncé, a pris la parole,
17:38et a annoncé un regroupement de toutes les plaintes au Parc indentaire.
17:41Alors ça, c'est vrai que ça, c'est la première pierre à cet édifice.
17:44Quand Manuel Dancourt disait que la justice pouvait aller vite,
17:46là, elle est allée vite.
17:47Ah ben, quand il y a de la pression.
17:49Entre le témoin de Flavie Flamand et ce qui s'est passé effectivement là, ça.
17:52Et c'est vrai que Patrick Bruel, il réagit sur son post Instagram
17:55en ne citant que Flavie Flamand.
17:58Alors pour les autres, il fait une phrase en disant
18:00qu'il n'a jamais abusé personne,
18:02qu'il a toujours respecté le consentement des femmes,
18:05mais il ne cite, il ne dément en détail que le cas Flavie Flamand.
18:09Ce qui est ironique, l'ironie de tout ça,
18:11c'est que Flavie Flamand a déposé plainte avec constitution de partie civile
18:14et que du coup, à sa grande surprise, j'imagine,
18:18parce que je pense qu'il ne devait pas s'y attendre,
18:20elle est exclue de cette garde à vue.
18:22Puisque les policiers ne peuvent pas du tout l'interroger.
18:24Vous le disez, ce sera directement le juge.
18:25Ce sera directement le juge.
18:26Vous parlez de la défense de Bruel.
18:27Il faut qu'on voit le message qu'il avait posté.
18:30C'était le 17 mai dernier.
18:31Après le témoignage de Flavie Flamand,
18:33il avait décidé de prendre la parole sur Instagram.
18:36On vous a mis quelques phrases écrites par Bruel à ce moment-là
18:40sur les réseaux sociaux.
18:41« Jamais je n'ai forcé une femme, jamais je n'ai drogué,
18:43manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit »
18:45dit Patrick Bruel à ce moment-là.
18:47et qui poursuit, Patrick Bruel.
18:50« Je ne me suis jamais servi de ma notoriété
18:52pour abuser de quiconque et obtenir des relations non consenties.
18:55Les messages sont, il y a plusieurs pages sur Instagram.
18:57Depuis des semaines, plusieurs voix réclament ma condamnation
18:59sur la place publique, sans procès,
19:01comme si la pluralité des accusations suffisait à établir une vérité. »
19:04Je voulais qu'on s'arrête là-dessus, Emmanuel Dencourt.
19:06« Réclame ma condamnation sur la place publique, sans procès,
19:09comme si la pluralité des accusations suffisait à établir une vérité. »
19:13D'abord, ils ont tous le même système de défense.
19:14Ils ont à peu près tous les mêmes phrases.
19:16Rédigées par leurs avocates ou avocats, bien évidemment.
19:19Là, il est en train de nous parler de tribunal médiatique.
19:22C'est ce qu'il est en train de faire.
19:23Et ce n'est pas du tout, contrairement à ce que peuvent penser les gens,
19:26ce qui est en train de se passer.
19:27Je comprends qu'on puisse le penser.
19:30Mais quand on regarde, qu'est-ce qui s'est passé ?
19:32On a Mediapart qui enquête depuis 10 ans.
19:35Nous, MeToo Media, on existe depuis 5 ans.
19:36Ça fait 5 ans qu'on a une victime chez nous.
19:38Et qu'on surveille cette affaire avec les journalistes.
19:40On sait que ça va sortir à un moment.
19:42Mais encore, faut-il trouver les victimes.
19:43Les victimes, MeToo avance.
19:46Les journalistes, ils sont quand même tenus par un code de déontologie
19:48et par la loi de 1881.
19:50Il faut quand même le dire.
19:50Les journalistes, ça travaille.
19:51Ils font des enquêtes.
19:52Ils font des contradictoires.
19:53Il y a plein d'enquêtes qui ne sortent pas
19:55parce qu'on ne veut pas mettre les victimes en danger
19:57et que ça manque peut-être un peu de solidité.
19:59Quand Marine Turquie et Mediapart décident de sortir cette enquête,
20:02c'est hyper solide.
20:03Marine Turquie, qui était là sur ce plateau tout à l'heure,
20:05elle a 25 témoignages.
20:05Voilà, c'est hyper solide.
20:07Et il se trouve que elle, le magazine,
20:08les deux journalistes police-justice de elle,
20:10allaient sortir elles aussi leur enquête.
20:12Donc d'un seul coup, elle sort aussi ce qu'elles ont.
20:15C'est des filles qui travaillent, des femmes, des journalistes
20:17qui travaillent très très bien.
20:18C'est hyper étudié.
20:19Donc ce n'est pas ça le tribunal médiatique.
20:20Le tribunal médiatique, ce n'est pas ça.
20:24Les victimes ont le droit de dire ce qui leur arrive.
20:26Elles ont le droit de parler.
20:28Et on n'est pas en train de remettre en cause du tout
20:31la présomption de l'innocence.
20:32Elles ont le droit de parler.
20:33Les journalistes ont enquêté.
20:35Et après, c'est la justice qui bosse.
20:37Et la justice bosse.
20:38Et la justice, dans l'affaire Plaza,
20:40s'il n'y avait pas eu Mediapart et Sarah Brett,
20:42et son article, la justice ne se serait pas autosaisie
20:44sur cette enquête d'initiative de Sarah Brett.
20:46Maître Batik, le tribunal médiatique.
20:48Non, mais le tribunal médiatique, il est exécrable.
20:51Je ne parle pas spécialement de M. Bruel.
20:54À chaque fois que les médias s'emparent d'un dossier,
20:57il y a une forme de préjugement
20:59que personne ne souhaiterait si ça le concernait.
21:03On a quand même une pression qu'on ne peut pas ignorer.
21:05Vous le disiez, Laurent Valdiguier.
21:07À partir du moment où il y a une pression,
21:09la procureure prend la parole,
21:12on met en mouvement l'action publique,
21:14et finalement, on écoute ses femmes.
21:16Je trouve ça très bien ce que vous faites,
21:17la libération de la parole des femmes.
21:19Mais j'aurais aimé, dans un monde qui fonctionne peut-être un peu mieux,
21:22que ces femmes ne soient pas écoutées,
21:24que la procureure ne prenne pas la parole
21:27parce que c'est Patrick Bruel,
21:28parce que c'est un dossier médiatique.
21:30Ça veut dire quoi ?
21:31On revient à La Fontaine.
21:34Que vous soyez puissants ou misérables,
21:36les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
21:39Et en réalité, ça veut dire quoi ?
21:40C'est-à-dire qu'il y a deux justices.
21:40Il y a la justice qui se met en branle
21:42et qui avance parce qu'il y a une personnalité publique
21:45et parce qu'il y a quelqu'un de connu.
21:46Et puis, on revient à l'Iala.
21:47– Non, mais pardon, ma trématique.
21:49Imaginez, imaginez.
21:49– Quand on a quelqu'un qui n'est pas connu,
21:51qui habite en province et qui va déposer plainte,
21:54eh bien, le dossier, il peut mourir
21:55sur le coin d'un bureau de gendarmes.
21:59– Non, mais dans un monde qui fonctionnerait un peu mieux,
22:01déjà, il n'y aurait pas eu d'Omerta
22:03depuis que cet homme-là est connu.
22:05Il a été connu quand même assez jeune.
22:06On ne l'aurait pas protégé.
22:08Dans un monde qui fonctionne un peu mieux,
22:09les masseuses, en 2019,
22:11elles n'auraient pas été classées sans suite.
22:13Dans un monde qui fonctionne un peu mieux,
22:14la justice, elle condamnerait.
22:15Il n'y aurait pas seulement 1% des viols
22:16qui seraient condamnés en France.
22:18Il n'y aurait pas 94% de classements sans suite
22:20sur les affaires de viol
22:21et 86% de classements sans suite
22:23sur les affaires de violences sexistes et sexuelles.
22:24Dans un monde qui fonctionnera un peu mieux,
22:27maître, la loi intégrale serait passée
22:29comme dans tous les pays d'Europe de l'Ouest
22:30où elle est passée
22:32et où il n'y a pas fallu attendre 10 ans de MeToo
22:33pour qu'enfin ça bouge un peu au niveau politique.
22:35La Suède a passé ça en deux ans.
22:36L'Espagne a passé ça en deux ans.
22:38Et l'Espagne, c'est parce que la rue s'est levée.
22:39Et là, c'est toute la France
22:41qui est en train de se lever.
22:42Et je dis, Liana n'y est pas pour rien
22:44dans ce qui est en train de se passer.
22:46De là où elle est,
22:46il y aura un avant et un après Liana.
22:48Oui, mais on dit la même chose.
22:49Je dis que la justice dysfonctionne
22:51et qu'en réalité, elle fonctionne par soubresaut
22:53dès lors qu'il y a un dossier un peu
22:56qui défraie la chronique,
22:57mais que ça ne devrait pas être le cas
22:58et que la justice, elle devrait être rendue
23:00de la même manière tous les jours,
23:01en dehors de ce qui se passe dans les médias.
23:04Lisa Adef, que disent les proches de Patrick Bruel ?
23:06Ils se sont confiés, certains d'entre eux,
23:08à Steven Bellery, le chef du service culture de BFM.
23:10L'un d'entre eux a dit à Steven Bellery
23:12que Patrick Bruel est plus déterminé que jamais
23:14et les mots utilisés ont son lourd de sens.
23:16Il n'a pas l'intention de se laisser faire.
23:18Aujourd'hui, il part au combat.
23:20Un autre de ses proches nous raconte
23:21que le week-end dernier,
23:22Patrick Bruel s'est confié
23:23sur l'impact de cette affaire sur son métier.
23:25Il a très mal digéré l'annulation
23:28de ses cinq dernières représentations au théâtre.
23:29Ça l'a mis dans un état de rage,
23:30mais il explique.
23:31Ça lui a donné un nouvel élan,
23:33une force et du temps supplémentaire
23:35pour préparer sa défense.
23:36Et justement, Patrick Bruel aurait réussi
23:38à convaincre plusieurs personnes
23:39de son entourage professionnel
23:41de s'exprimer devant la justice
23:42quand ce sera le bon moment.
23:43Il ne semble pas surpris,
23:44presque motivé d'après la déclaration
23:46de son entourage.
23:47Regardez, il savait très bien
23:48qu'il allait être mis en examen,
23:50mais d'une certaine manière,
23:51il le vit comme le début de la fin
23:52car il sait que ça peut enfin avancer,
23:54qu'il va enfin pouvoir s'expliquer.
23:55La guerre ne fait que commencer.
23:57Et un vieil ami de Bruel
23:59dévoile même, d'une certaine manière,
24:00sa stratégie de défense.
24:01Oui, elles ne savent pas
24:02à qui elles ont affaire.
24:03Flavie Flamand a passé 20 ans
24:05à parler de « mon Patrick »,
24:07je cite,
24:08à narrer en positif son histoire
24:09avec le chanteur.
24:10Ou encore,
24:11« Patrick se dit que s'il arrive
24:12à remettre du doute et du flou
24:14sur l'histoire que raconte Flavie,
24:15le doute contaminera
24:16les autres histoires.
24:18Quand c'est flou,
24:18c'est qu'il y a un loup,
24:19c'est là-dessus qu'il veut jouer. »
24:21Certains amis de Patrick Bruel
24:22vont dans Sens avec cette phrase,
24:23notamment,
24:24« Flavie Flamand ne savait pas elle-même
24:25qu'elle avait été violée avant 2006.
24:28Patrick a tout gardé,
24:29des centaines de SMS échangés
24:31avec ses plans cul.
24:32Il a passé des semaines
24:32à tout relire,
24:33à tout remonter.
24:34Il me dit toujours
24:35qu'il n'a jamais contraint
24:36qui que ce soit. »
24:38Et donc,
24:38je viens là de vous faire part
24:38des mots des proches
24:39de Patrick Bruel.
24:40Voici désormais ces mots à lui
24:41qui donnent aussi le ton
24:42de la stratégie de sa défense.
24:44« J'ai peut-être été lourd,
24:45j'essaye toujours,
24:46mais j'ai toujours accepté un nom. »
24:48Ils font tous pareil.
24:49Ils mettent le doute
24:50parce que le doute profite
24:51à l'accusé en France.
24:53Et c'est vrai,
24:54quand c'est flou,
24:55quand il y a un doute,
24:57chez nous,
24:57ça marche comme ça.
24:59Les centaines de SMS,
25:00mais c'est tellement similaire
25:01à d'autres affaires
25:02et notamment à l'affaire PPDAC
25:03à des centaines de lettres
25:04de SMS.
25:05Mais bien sûr,
25:05parce que les victimes,
25:06elles essayent de normaliser
25:08ce qui leur est arrivé.
25:09C'est tellement dur
25:10de reconnaître qu'on a été...
25:11D'abord,
25:11de mettre ce mot de victime
25:12sur sa tête.
25:13De reconnaître qu'on a été violé
25:14et de le comprendre déjà.
25:15Qu'on a subi une agression sexuelle.
25:17C'est tellement dur
25:17qu'on essaie de remettre
25:18de la normalité.
25:19Et vous trouverez toujours
25:20dans ces affaires-là
25:21des SMS qui ont été envoyés
25:22pour dire
25:23« C'était bien la soirée hier soir. »
25:24Alors que la femme
25:26sait peut-être bien
25:26ce qui lui est arrivé
25:27et qu'elle essaie
25:28de remettre de la normalité.
25:29Et il pense qu'en produisant ça,
25:30ça va suffire.
25:31Mais non,
25:31parce qu'il y a aussi
25:32tout ce qu'on sait sur les victimes
25:33et qui aujourd'hui est prouvé
25:34par la science notamment.
25:35Tous les problèmes
25:36d'amnésie traumatique.
25:39Flavie Flamand se souvient
25:40qu'en 2006,
25:41elle a le droit en fait,
25:42son cerveau,
25:43il a le droit d'avoir
25:44Zappé pour la protéger.
25:45Et c'est très documenté.
25:46La sidération,
25:47la dissociation,
25:48c'est très connu ça aujourd'hui
25:50sur les victimes.
25:50C'est très documenté.
25:52Et il va falloir se battre contre ça.
25:54Donc s'il est très combatif,
25:56tant mieux pour lui.
25:57Et s'il est très énervé
25:58parce qu'il a dû annuler
26:00non seulement
26:00ses cinq dernières séances
26:01au Théâtre Edouard VII,
26:02mais aussi les festivals
26:03qui l'ont contraint à annuler,
26:04les enfoirés,
26:05avec qui il y a des discussions,
26:06mais qui l'ont contraint à annuler
26:08sans lui laisser beaucoup le choix.
26:09Eh bien,
26:10il y a,
26:11parlant des victimes aussi,
26:12qui elles,
26:13c'est toute leur vie
26:14qui va être impactée
26:14par cette affaire
26:15et qui l'est déjà.
26:16Donc s'il y en a qui vont mal,
26:17c'est les victimes.
26:18Mais tant mieux s'il est combatif.
26:19Les victimes,
26:19elles nous ont montré
26:20qu'elles l'étaient aussi.
26:21Juste une petite remarque.
26:23Moi, je trouve que votre travail,
26:24encore une fois,
26:25je leur dis la deuxième fois
26:26pour être très clair,
26:26votre travail de libération
26:27de la parole de la femme,
26:28elle est extraordinaire.
26:29C'est très bien,
26:30c'était nécessaire.
26:31Il fallait qu'il y ait des gens
26:31comme vous,
26:32il fallait porter ce combat.
26:33Donc sur ce point-là,
26:34je suis parfaitement aligné avec vous.
26:36Là où je ne vous rejoins plus,
26:38c'est pourquoi est-ce que
26:39vous attaquez frontalement
26:41un mis en cause
26:42sans avoir accès au dossier,
26:43sans avoir accès aux récits,
26:47sans avoir accès aux contradictoires.
26:48Pourquoi est-ce que
26:49vous vilipendez
26:50et vous piétinez
26:51la présomption d'innocence
26:52alors même qu'aucune décision
26:53de justice n'a été rendue ?
26:55Moi, je pense que vous gagneriez
26:56à être dans votre couloir de nage,
26:58à porter la parole des femmes,
26:59à libérer la parole des femmes,
27:00à aider à l'éducation,
27:03à penser le consentement.
27:05On fait tout ça.
27:06Je pense qu'à mon sens,
27:08et je le dis très humblement,
27:08vous franchissez le Rubicon,
27:10vous franchissez la ligne rouge
27:11dès lors qu'il y a quelque chose
27:13d'un peu personnel
27:14avec tel ou tel
27:15et que finalement,
27:16vous êtes là pour accabler,
27:17pour alourdir.
27:18Et ça, ça me dérange.
27:19Sur le principe cardinal
27:20de notre démocratie
27:21qui est la présomption d'innocence,
27:22je le dis pour M. Brielle,
27:24mais je me battrai pour vous demain
27:25si vous étiez mis en cause.
27:26Mais je l'attendais !
27:27Mais non, mais je vous le dis,
27:27je me battrai pour vous demain
27:29si vous étiez mis en cause.
27:30Je ne supporterai pas
27:31que vous soyez mis en cause
27:32alors même
27:33que vous n'avez pas été condamné.
27:34Alors, 22h09,
27:35le mot de présomption d'innocence
27:36a été enfin prononcé
27:37par notre avocat.
27:39Et c'est peut-être un peu tard.
27:40Je suis d'accord.
27:41En fait, tout ce que vous dites,
27:42on le fait.
27:43Et pardon, on s'organise,
27:45on est une nation très organisée
27:46à MeToo Media,
27:47on fait tout ce que vous dites,
27:47on fait des formations,
27:49on fait plein de choses,
27:49du plaidoyer, etc.
27:51La présomption d'innocence,
27:52il faut arrêter de penser
27:54que c'est une notion
27:55qui doit empêcher les victimes
27:58de libérer leur parole.
27:59La présomption d'innocence,
27:59vous êtes très bien placé
28:00pour le savoir,
28:01c'est une notion
28:02qui est dans le droit pénal
28:04et uniquement dans le droit pénal
28:06et elle doit y rester.
28:07Et on sait, vous et moi
28:08et tout le monde ici à table,
28:10que si Patrick Bruel
28:10reconnaissait tout ce qu'on lui reproche
28:12actuellement,
28:12il serait toujours présumé innocent.
28:13Je n'entends pas beaucoup
28:14parler de la présomption d'innocence
28:15pour Jérôme Barraza
28:16qui a a priori tué Liana.
28:18Je n'entends pas beaucoup
28:19parler de présomption d'innocence
28:20pour Xavier Dupont-Ligonnès
28:22et pourtant ils le sont.
28:23Donc à un moment,
28:23il faut remettre cette notion
28:24là où elle est
28:25et puis il y a autre chose
28:26dans ce que vous dites
28:28et qu'on ne cite jamais
28:29mais Patrick Bruel,
28:30c'est un chef d'entreprise,
28:31d'accord ?
28:31Il est son propre producteur,
28:33il a des équipes
28:33avec qui il travaille,
28:36il est aussi dépendant
28:37du droit du travail
28:38et vous savez comme moi
28:39que le droit du travail
28:40ne dépend pas du tout
28:40de la présomption d'innocence
28:41mais qu'il est bâti différemment
28:43et que ce droit
28:44met en principe
28:45en priorité
28:47la protection.
28:48Article 41-21
28:49et donc ces deux droits
28:50ne doivent pas s'annuler
28:51l'un et l'autre
28:52ou se combattent.
28:53Ce sont deux droits
28:53qui fonctionnent chacun
28:54dans leur couloir de nage
28:55comme vous dites
28:55et un droit peut dire une chose,
28:57un autre droit peut en dire une autre.
28:58Je voudrais juste qu'on fasse deux choses.
28:59D'abord dans un instant
29:00parler des nouvelles plaintes
29:01qui arrivent
29:02parce qu'il y en a de nouvelles
29:02qui arrivent contre Patrick Bruel
29:03mais d'abord retrouver Marie Jantric
29:04pour redonner aux téléspectateurs
29:05l'information de la soirée.
29:08Marie, Patrick Bruel
29:09va passer une deuxième nuit
29:10en garde à vue.
29:12Oui Maxime,
29:13c'est effectivement
29:14l'information de la soirée
29:15qui a été donnée
29:16par l'un des avocats
29:17de l'artiste
29:17à BFM TV
29:18pour la deuxième nuit
29:19consécutive.
29:20Patrick Bruel
29:21va donc être en garde à vue.
29:22Il va passer
29:23cette deuxième nuit
29:23en garde à vue
29:24et demain
29:25sa garde à vue
29:26prendra fin
29:27demain matin
29:28puisqu'on aura atteint
29:28la limite
29:29dès 48 heures.
29:30Patrick Bruel
29:31va donc être déféré
29:32devant un juge d'instruction
29:34qui va décider
29:34de le placer
29:35ou non en examen.
29:37Si Patrick Bruel
29:38est mis en examen
29:38il y a deux options.
29:40Première option
29:41il reste en liberté
29:42mais sous contrôle judiciaire
29:43avec possiblement
29:44des conditions
29:45qu'il va devoir remplir.
29:46Par exemple
29:46ce sont vraiment des exemples
29:48que je vous donne
29:48pointer au commissariat
29:49toutes les semaines
29:50s'engager à ne pas donner
29:51de nouvelles représentations
29:52s'engager à ne pas tenter
29:54d'entrer en contact
29:54avec les plaignantes
29:56ça c'est donc la première option
29:57et la deuxième option
29:58ce serait que Patrick Bruel
30:00soit placé en détention provisoire
30:02là ce serait un véritable coup de tonnerre
30:04puisque ça voudrait dire
30:05donc que l'artiste
30:06va en prison.
30:08Marie Gentric
30:09en direct sur BFM TV
30:11avec donc cette information
30:12nouvelle nuit en cellule
30:12pour Patrick Bruel
30:13ce que nous disent
30:14pardon
30:15ces avocats
30:16nouvelle nuit en garde à vue
30:16en tout cas
30:17pour Patrick Bruel
30:18l'autre information ce soir
30:19c'est que de nouvelles plaintes
30:20arrivent contre
30:21le chanteur
30:23notamment plainte déposée
30:24par maître Gatch Benayoun
30:25alors on l'avait reçu
30:26il y a quelques semaines
30:27maître Gatch Benayoun
30:28parce qu'elle défendait déjà
30:29Ophélie
30:30Ophélie absolument
30:31qui accuse Patrick Bruel
30:32de viol
30:34plainte qui avait d'ailleurs
30:35été classée à l'époque
30:36mais rouverte visiblement
30:37par la justice
30:38et là
30:39maître Gatch Benayoun
30:40était ce matin
30:40l'invité d'Apolline de Malherbe
30:42elle va déposer
30:43une nouvelle plainte
30:44au nom d'une femme
30:46qui avait 19 ans à l'époque
30:4746 ans aujourd'hui
30:48me semble-t-il
30:49actrice
30:50qui a tourné un clip
30:51avec Bruel
30:52et voici ce qui s'est passé
30:54elle monte dans la chambre
30:56elle reste dans la brasure
30:57de la porte
30:58elle regarde le clip vidéo
30:59elle dit
31:00bon ben je vais repartir
31:01ben attends
31:01on le regarde
31:02une seconde fois
31:02il faut toujours le regarder
31:03une seconde fois
31:04tiens viens t'asseoir
31:05lui il était déjà sur le lit
31:07elle s'assoit sur le bout du lit
31:09et là
31:09pendant
31:11la vision
31:12du second
31:13du second clip vidéo
31:15elle va sentir son souffle
31:16dans le dos
31:17et puis il va l'attraper
31:20il va monter sur elle
31:21se frotter à elle
31:23lui déchirer son collant
31:24faire une tentative de viol
31:26comme elle le prétend
31:28j'ai réussi à descendre
31:30récupérer mes bottes
31:31mon manteau
31:31appeler l'ascenseur
31:33dans ma tête je me disais
31:33parce que c'est un ascenseur privé
31:35qui s'ouvre directement
31:37chez monsieur Bruel
31:38est-ce qu'il y a un code
31:38est-ce qu'il y a
31:39voilà
31:39donc elle est dans la précipitation
31:41l'angoisse
31:42la peur
31:43monsieur Bruel
31:44qui descend derrière elle
31:45et qui lui dit
31:46oui c'est ça
31:47casse-toi conosse
31:48voilà
31:48nouvelle plainte déposée
31:50visiblement pour tentative de viol
31:51dans cette affaire-là
31:52on sait que deux autres plaintes
31:53encore vont être déposées
31:54par l'avocate de Flavie Flamand
31:56l'occurrence maître Corinne Hermann
31:57qui a été contactée
32:00par deux autres femmes
32:01qui disent avoir été abusées
32:02par Bruel
32:03qu'est-ce qui va se passer maintenant
32:04toutes ces nouvelles plaintes
32:06ça veut dire qu'ils pourraient
32:06être reconvoqués ultérieurement
32:08la justice pourrait refaire
32:11regrouper un certain nombre d'affaires aussi
32:12sur les 13 victimes
32:14dont on n'a pas vraiment le détail
32:16parce que c'est le parquet de Nanterre
32:17qui dans son petit communiqué
32:19annonçant le début de la garde à vue
32:21il donne quelques exemples
32:22il donne deux exemples
32:22il donne trois dates
32:24et un nombre
32:2513 victimes
32:26d'ailleurs ils disent victimes
32:30c'est un changement
32:31c'est un changement
32:33pardon ça
32:34j'ai pas relevé ça
32:35ils disent victimes
32:36ils disent 13 victimes
32:37dans le communiqué
32:38alors c'est vrai que là
32:40il a été entendu
32:40en garde à vue
32:41après ça veut pas dire
32:43que c'est fini
32:44la juge pourra
32:45d'abord il y a
32:47quand on est mis en examen
32:48il y a un inter-autocatoire
32:49de première comparution
32:50vous savez la semaine dernière
32:51petit retour en arrière
32:52Barrella il est entendu
32:53par le juge
32:54il est mis en examen
32:55dans l'événement de séquestration
32:56il décide
32:57c'est son droit le plus strict
32:58après la garde à vue éprouvante
33:00de ne pas répondre
33:01Patrick Bruel
33:02demain en cas de mise en examen
33:04il pourra décider
33:05de faire une déclaration
33:06de répondre aux questions du juge
33:08ou de dire
33:08là stop
33:10je veux plus m'expliquer maintenant
33:11c'est son droit
33:13et pour les autres plaintes
33:15les nouvelles
33:15ou les existantes
33:17sous le régime
33:18de la plainte
33:19avec constitution de partie civile
33:20il n'a pas du tout
33:21encore été entendu
33:22il le sera dans un second temps
33:25autant de fois
33:26que les juges
33:26s'estimeront nécessaire
33:27donc long chemin
33:28judiciaire
33:29long marathon
33:31Maxime
33:32long marathon judiciaire
33:34en perspective
33:34il a bien entendu
33:36le droit
33:36de se défendre
33:37d'apporter tous les éléments
33:39qu'il voudra
33:40qu'il estime
33:40c'est vrai
33:43je suis d'accord
33:44avec tous les deux
33:45d'un coup
33:46juge de paix
33:47voilà
33:48c'est vrai
33:49il ne faut pas se défendre
33:50ce sera la conclusion provisoire
33:51je disais
33:52long chemin judiciaire
33:53avec cette étape demain
33:54on saura si Patrick Bruel
33:55est envoyé en détention provisoire
33:56je reprends le mot
33:57de Marie-Gentrique
33:58tout à l'heure
33:58ce serait évidemment
33:59un coup de tonnerre
33:59dans cette affaire
34:00merci à tous les trois
34:01voilà
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