- il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir maintenant sur l'affaire Barrella, de la famille Barrella, parce que c'est le corollaire de la
00:07mort de la petite Liana.
00:08Jérôme Barrella, c'est le suspect numéro un dans l'affaire, celui qui est en détention préventive.
00:13Mais à travers son nom maintenant, Pauline Revena, on découvre une famille avec des affaires toujours liées aux histoires de
00:20viol, de pédocriminalité et même d'inceste.
00:22Oui, on vous avait parlé du frère il y a quelques jours, on vous parle aujourd'hui du père Joël
00:26Barrella, 71 ans.
00:27C'est donc le père de Jérôme Barrella, le suspect est mis en examen dans l'affaire Liana.
00:32Il est accusé d'inceste par deux petites filles de sa compagne.
00:36Alors qui sont-elles et que dénoncent-elles ?
00:37C'est des témoignages exclusifs qu'on a recueillis avec Alexandra Gonzales et Linda Bouziade.
00:41La première, elle s'appelle Précilia.
00:42Elle dénonce des viols et des faits d'inceste entre ses 10 et ses 13 ans.
00:46Joël Barrella, il avait 58 ans, il avait demandé d'en parler à personne.
00:50Elle a porté plainte avec sa mère en 2013, il a été placé en garde à vue.
00:53Il a décrit cet enfant comme aguicheuse, ayant tendance à mentir, mais surtout il a nié les faits qui lui
00:58sont reprochés.
01:00Une information judiciaire avait été ouverte, le juge d'instruction avait écrit que les faits n'étaient nullement établis.
01:06Et en 2021, la décision était tombée, non-lieu, traduction, il n'y aura pas de procès, pas de poursuite
01:11contre lui.
01:11Vous allez l'entendre, c'est une jeune femme bouleversée qui a accepté de témoigner auprès de BFMTV.
01:16En fait, il s'avère que, soi-disant, une fois, sans le faire exprès, je lui aurais touché le sexe.
01:23Et du coup, ça l'a expliqué.
01:27Et du coup, ça a commencé à se frotter à moi.
01:31Moi, à part ma maman, mon beau-père et la maman de ma soeur, personne ne m'a cru.
01:39J'étais une menteuse.
01:41Même mon papa, j'étais une menteuse.
01:44Mais je n'aurais jamais menti sur un truc aussi gros.
01:48Il a détruit ma vie.
01:51Alors, aujourd'hui, à la lumière de cette affaire, Liana, Priscillia, elle voudrait que les lignes bougent.
01:55Et comme un non-lieu a été prononcé, l'enquête ne peut pas être ouverte en l'état, sauf s
01:59'il y a une preuve nouvelle qui est apportée.
02:00Ce qu'elle formule aujourd'hui à l'adresse de celui qui a détruit sa vie, c'est qu'elle
02:04dit
02:04« j'aimerais qu'il paye pour ce qu'il a fait et qu'on ne reste pas des menteuses
02:06».
02:06Mais il se trouve que Priscillia, elle a une demi-sœur, Maéva, qui, comme en écho, a témoigné aussi auprès
02:11de BFMTV.
02:12Elle a dénoncé, elle, des faits d'agression sexuelle.
02:14Elle avait 9 ans, par le même homme, leur grand-père par alliance, donc.
02:17Et elle, le récit qu'elle livre est tout aussi bouleversant.
02:20Écoutez.
02:21J'avais confiance en Joël.
02:24Et j'étais dans une caravane, donc moi, sur un lit de place.
02:27Et de l'autre côté de la caravane, il y avait un lit, une place, où Joël, en général, se
02:30mettait.
02:32Et une nuit, il s'est glissé, en fait, dans le même lit que moi.
02:35Donc, il pensait que j'étais endormie, sauf que je ne l'étais pas.
02:38Il ne me disait rien, juste qu'il se frottait à moi et il n'y avait pas de parole,
02:42il n'y avait rien.
02:43Et puis, au niveau de la piscine, pareil, pour lui, c'était tellement normal, tellement banal qu'il ne disait
02:49rien.
02:49Donc, à partir du moment où ça s'est passé dans la piscine, j'avais un minimum de conscience et
02:53je commençais à réaliser que c'était grave.
02:55À la fois, je suis contente parce qu'on va pouvoir être enfin entendue, enfin pouvoir être reconnue comme victime,
03:01même s'il n'y a pas forcément de suite.
03:03Mais rien que le fait d'être reconnue comme victime et être entendue, ça, ça me fait énormément plaisir, ça
03:07me fait du bien.
03:09J'ai une vague aussi de tristesse parce que du coup, ça me fait revenir en arrière, me remémorer les
03:13faits.
03:15Et j'ai une part d'excitation parce que je me dis que toutes les personnes qui ne parlent pas
03:20ou les personnes qui ont dû subir ça et qui, malheureusement, aujourd'hui sont décédées,
03:26vont aussi pouvoir peut-être avoir justice au fur et à mesure du temps.
03:28Pour bien comprendre, en fait, Maëva, elle en avait parlé à un prof qui avait fait un signalement.
03:32Il y avait une enquête qui avait été ouverte pour agression sexuelle, qui s'était achevée par un classement sans
03:36suite en 2020 pour infraction insuffisamment caractérisée.
03:40Sauf que, comme je le disais, les lignes bougent et là, le parquet de baisers a donc décidé de rouvrir
03:44l'enquête.
03:45Comment est-ce qu'il justifie de rouvrir à l'aune des derniers événements couvrant l'actualité pour procéder à
03:50des informations, des vérifications complémentaires ?
03:52Comprenez, la mort de Liana et l'onde de choc qu'elle a provoquée dans tout le pays.
03:56Donc, ce sont deux témoignages absolument bouleversants.
03:58On a effectivement deux témoignages bouleversants et courageux, Fatima Benomar, des enfants qu'on n'a pas cru ou qu
04:05'on n'a pas voulu croire.
04:06En tout cas, on les a laissés avec leur drame.
04:10Alors là, bien sûr, les choses changent au regard de l'actualité. Enfin, quel gâchis.
04:15Oui, c'est vrai que j'étais inquiète il y a quelques jours, quand j'allais, par exemple, sur des
04:18réseaux sociaux comme TikTok
04:19et que je voyais que c'était saturé de parents en colère qui, face caméra, s'en prenaient parfois aux
04:24parents de Liana en disant
04:26« Vous êtes trop laxiste. Moi, mes enfants, je ne les laisserai jamais découchés jusqu'à leur 18 ans. »
04:31Qu'est-ce que cette mère qui laisse sa fille aller dans des soirées pyjamas ?
04:35Et en gros, qui préconisait que pour la protection de l'enfance, il fallait confiner les enfants dans la seule
04:40sphère familiale.
04:41C'est oublié très vite que dans les 160 000 enfants qui sont victimes et parents de violences sexistes et
04:47sexuelles,
04:49la moitié le sont par des proches et par la famille.
04:52Donc, cette nouvelle envergure de l'affaire Barrella va permettre peut-être de faire changer d'axe et de sensibilité
04:59à l'opinion publique
05:00et qu'on comprenne bien, en fait, que ce qui structure massivement les violences sexistes et sexuelles,
05:05c'est beaucoup les structures de pouvoir dans la structure de la famille.
05:08où il y a la culture du viol, de père en fils.
05:12Parce qu'il y a Jean Barrella, il y a son frère, il y a son père désormais.
05:16Et je vais dire quelque chose d'assez triste, mais c'est d'une énorme banalité.
05:19Déjà, vous dites tout à l'heure qu'on ne croit pas les enfants.
05:22Ce n'est même pas ça.
05:23C'est que quand une famille sait qu'il y a ce genre de choses dans la famille,
05:28quand elle pèse le coût, on va dire, bénéfice-risque, pour elle, c'est plus pratique, en fait.
05:34De mettre une chape de plomb.
05:34De mettre une chape de plomb.
05:35La loi du silence.
05:36C'est-à-dire que le nombre de familles où on sait que tonton a des problèmes avec les nièces
05:40et où la seule mesure qui est prise, c'est qu'on continue à l'inviter le dimanche,
05:44mais on fait en sorte que les filles, les enfants ne soient pas trop proches de lui.
05:49C'est ça la gestion patriarcale.
05:51On ne va pas gâcher Noël, quoi, en fait.
05:52C'est un peu ça.
05:53C'est parce que le coût pour la famille est plus fort quand on doit affronter le grand-père, l
05:58'oncle, le père,
06:00plutôt, et donc on préfère.
06:02En fait, c'est l'enfant qui est la victime de cette négociation informelle qui se fait dans la famille.
06:06Dans le témoignage et dans la défense de Joël Barrella, de ce que l'on entend même en sœurs familiales,
06:11on dit, ben, oui, mais Joël, il payait tout.
06:14C'est lui qui payait les maisons.
06:15C'est lui qui payait les maisons.
06:17Donc, on parle du patriarge.
06:19Et Précilia, qu'est-ce qu'elle dit ?
06:20Elle dit, à part ma maman, ma sœur, mon beau-père et ma belle-mère, personne ne m'a cru,
06:24j'étais une menteuse.
06:25Mais donc, parce que ça veut dire qu'il avait aussi une assise financière, il avait un pouvoir financier.
06:30Et derrière, il dit, oui, mais elle était aguicheuse à 12 ans, 13 ans.
06:34Alors ça, c'est n'importe quel avocat ou quel juge vous l'entendrez.
06:37Le nombre de procès que j'ai vus avec des gamines de 11 ans, 12 ans, et le beau-père
06:41disait,
06:41je suis désolé, mais elle n'arrêtait pas de se promener en cumulotte dans le salon.
06:44Donc, elle l'a cherché, c'est ça.
06:46Devant moi, absolument.
06:46Alors, Fatima disait, finalement, c'est malheureusement banal, alors qu'on peut quand même...
06:51C'est surprenant ce qu'on apprend de cette famille, avec toutes ces affaires,
06:55qui avaient été pour la plupart mises de côté, jamais vraiment traitées.
06:58Alors, tout d'un coup, la justice se réveille, mais ça semble bien tard.
07:03Attention, attention, attention, attention, n'allons pas trop vite.
07:06Présumption d'innocence.
07:07Pour l'instant, il y en a un de la famille Barrella, qui a été mis en examen et placé
07:11en détention provisoire.
07:12Là, on est en train de dresser un arbre généalogique, avec, du coup, le père, le cousin, le beau-fils,
07:20le gendre, etc.
07:21Enfin, voilà, mais non, mais sur l'arbre généalogique que vous avez présenté, il y a quand même beaucoup de
07:25monde dans la famille Barrella.
07:26Il ne faut pas oublier que ce nom, il est porté par des gens qui sont parfaitement innocents.
07:29Et il ne faut pas élargir et faire croire que tous les Barrella...
07:33Ce n'est pas ce qu'on dit.
07:34Non, mais je veux le préciser.
07:36Il ne faut pas avoir la facilité de penser que tous les Barrella seraient, de près ou de loin, violeurs.
07:44Non, mais on peut s'interroger sur cette loi du silence qui régnait dans cette famille.
07:47On peut s'interroger, mais avec beaucoup de précautions.
07:49Avec beaucoup de précautions.
07:50Vous savez, il y a des gens qui ont, probablement, dans cette famille, 12, 14, 15 ans, 16 ans, qui
07:54sont au collège, qui sont au lycée, qui portent ce nom.
07:56Et il faut y aller, mollo-mollo, présomption d'innocence.
07:59Il n'y en a qu'un dans la famille qui est mis en examen et placé en détention provisante.
08:02Dans tous les cas, ça pousse quand même le parquet à rouvrir des dossiers.
08:05Et ça, c'est plutôt bien.
08:06Et ça, c'est plutôt bien, il faut le dire.
08:09Reconnaissez que pour l'opinion publique, on dit on ferme, et puis là, d'un coup, parce qu'il y
08:12a une affaire d'ampleur, on ouvre.
08:12Non, mais surtout, on le justifie à l'aune des derniers événements.
08:14Voilà, ça paraît bizarre.
08:16Ils vont réexaminer, mais pour moi, ça ne dit qu'une chose.
08:19Ça vient mettre en exergue, ça vient mettre en lumière les dysfonctionnements structurels qu'il y a dans la justice.
08:26On marche sur la tête sur la justice, on est en train de le découvrir tous les jours dans les
08:29dossiers.
08:30C'est quoi le dysfonctionnement structurel ? Je ne comprends pas.
08:32Dysfonctionnement structurel, ça veut dire qu'on ferme très vite, très tôt, et puis on rouvre quand il y a
08:37la pression médiatique.
08:38On classement sans suite trop rapidement.
08:38On classement sans suite trop rapidement parce qu'on ne prend pas le temps d'aller étudier,
08:41parce qu'on ne prend pas le temps de bosser, parce qu'on ne prend pas le temps de mettre
08:44les moyens des éducateurs.
08:45Vous voyez, hier, quatre magistrats instructeurs sur le dossier Patrick Bruel.
08:49Ça vous a surpris ?
08:50Ce n'est pas que ça m'a surpris, c'est inédit.
08:53Au-delà même de la surprise, vous dites que c'est gonflé parce qu'il manque tellement de moyens ailleurs
08:57que tout d'un coup, on met quatre magistrats là-dessus.
08:59Pour vous donner un ordre d'idée, quatre magistrats, c'est-à-dire que nous, professionnels du droit,
09:05on est confrontés tous les jours à un magistrat instructeur.
09:07L'affaire Jubilard, c'est deux magistrats instructeurs.
09:10Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, c'est trois magistrats instructeurs.
09:12Là, hier, quatre magistrats instructeurs à l'heure où il n'y a plus de moyens.
09:16Mais pourquoi c'est à la tête du client ?
09:17Est-ce que ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de dossiers à étudier ?
09:19Non, non, non, moi je peux vous donner un exemple.
09:21Le dossier Palmat dans lequel j'ai été, il a été jugé, audiencé, de 9h du matin, délibéré, 21h.
09:27La semaine d'après, je fais exactement le même dossier avec une pauvre jeune femme qui est morte à 3,
09:31qui est décédée dans un accident de la route.
09:33Il a été pris entre 8 dossiers.
09:34On avait 45 minutes pour le plaider le dossier.
09:36Donc en fait, quand c'est médiatique ?
09:38Quand c'est médiatique, on sait trouver les moyens, on sait bien organiser les choses.
09:42Il y a le président du tribunal qui vient, qui bloque des magistrats, qui bloque des parquetiers,
09:47qui bloque une salle, qui organise tout.
09:49Et ça, effectivement, c'est un vrai problème auquel on est confronté.
09:53Et donc là, je suis très content et je suis très heureux que la parole des enfants soit prise en
09:56compte dans le dossier de Liana
09:57et qu'on va réouvrir tous les tiroirs, qu'on va réouvrir tous les placards et qu'on va probablement
10:02découvrir des choses.
10:02Mais c'est très dommage que ce ne soit fait que dans ce cadre-là et qu'il faut attendre
10:07un meurtre,
10:08qu'il faut attendre une pauvre jeune femme qui est morte
10:11et qui ne reviendra jamais pour qu'on ait les moyens de la justice.
10:15Guillaume Daré, il faut qu'on vienne aussi sur le volet politique.
10:18À la fois les pressions qui s'exercent sur Gérald Darmanin
10:21et puis les propositions qui sont faites ici ou là.
10:24On va peut-être écouter d'ailleurs ceux qui demandent la démission de...
10:29Alors non, les propositions.
10:31Partons aux propositions.
10:31On parle plutôt des propositions que de la démission.
10:34Démission à Darmanin quand même.
10:36Démission, oui, j'imagine que vous voulez qu'ils partent.
10:39Mais il y a parmi les propositions du moment, pour justement essayer d'en finir avec la pédocriminalité
10:44ou tout du moins avec la récidive, il y a le dossier de la castration chimique.
10:48Ça, c'est la proposition de Bruno Retailleau.
10:51Moi, c'est mon objectif que demain, lorsque je serai président de la République,
10:58aucun pédocriminel ne se sente en sécurité en France.
11:01Et donc, oui, la castration chimique est un élément.
11:05Il est pratiqué dans d'autres pays.
11:07Aujourd'hui, il peut l'être, mais avec le consentement.
11:10Si on ne le fait pas, alors on expose nos enfants.
11:13Et moi, j'en ai marre.
11:15On ne peut pas durer dans cette société où nos enfants sont menacés.
11:21Guillaume Daré, proposition...
11:23Alors, ça existe, hein ?
11:24Oui, sauf qu'effectivement, en l'état, je parle sous le contrôle de Pauline.
11:26Et in fine, la personne concernée doit donner son autorisation...
11:31Son consentement, justement.
11:32Son consentement, effectivement.
11:33On voit que c'est porté, effectivement, par Bruno Retailleau,
11:36qui, comme d'autres candidats, c'est normal,
11:38essaye aussi de poser des marqueurs en vue de la campagne présidentielle sur ces questions de justice.
11:42Là, on voit que c'est rejeté par une bonne partie, par exemple, de la gauche.
11:45On l'a vu dans cette émission hier soir sur BFM.
11:47Marine Tournelie, elle dit très bien la répression,
11:49mais il faut aussi poser la question de la santé mentale.
11:51C'est un élément essentiel.
11:52Olivier Faure, lui, il dit la répression, oui,
11:54mais ce n'est pas par la castration chimique que ça passe.
11:57Ça passe, par exemple, par le développement du port du bracelet électronique.
12:00Ça, c'est un élément important.
12:02On voit qu'il y a très clairement un positionnement.
12:05C'était marquant dans l'émission d'hier soir.
12:06Ça ressemblait à la première émission de l'élection présidentielle.
12:08Donc, c'est le premier thème de campagne ?
12:10Et ce sera probablement l'un des premiers thèmes de campagne
12:12parce que ce qu'on sent, c'est qu'on est probablement à l'aube,
12:15espérons-le, d'une révolution sur le plan judiciaire et juridique.
12:18Mais on voit que c'est, au sens noble du terme, malheureusement, derrière ce drame,
12:21un thème noble de campagne d'élection présidentielle.
12:26Quelle est la prise en charge demain des violences sexuelles et sexistes
12:29concernant les femmes et les enfants ?
12:32C'est un vrai sujet de campagne présidentielle pour les mois à venir.
12:35Alors, le problème, c'est que tu as dérive des fois sur des propositions
12:38qui sont jugées populistes par les uns ou démagots ou inefficaces par les autres.
12:43Mais on voit que cette question, elle est centrale.
12:45Il y en a un qui l'a bien compris.
12:46Il n'est pas candidat à l'élection présidentielle, c'est ce qu'il dit.
12:48C'est Sébastien Lecornu.
12:49Vous l'avez vu, il dit oui, bien sûr, Gérald Darmanin doit gérer dans l'immédiat,
12:53on voit cette répartition des rôles, les sanctions éventuelles
12:55sur le cas terrible de l'affaire Liana.
12:57Il veut la perpétuité ?
12:58Absolument, mais ce n'est pas un fait divers, a dit Sébastien Lecornu.
13:01Ce sont des faits de société.
13:03C'est pour ça qu'il engage, effectivement, ces réformes qu'il souhaite,
13:06à plus long terme, sur le domaine de la justice,
13:08la question de la perpétuité, la question des trois mois
13:10pour les démarches d'enquête, effectivement.
13:13Ça, le Premier ministre l'a bien compris,
13:15c'est aussi un message à destination de toutes les associations,
13:18de dire, on ne mineure pas cela, au-delà de l'affaire Liana,
13:21il y a un vrai sujet politique, c'est un fait de société.
13:24Mais Gérald Darmanin est le mieux placé pour mener le dossier ?
13:27Ou il doit quitter la place Vendôme ?
13:28Ça fait très longtemps qu'on demande sa démission, quoi qu'il en soit.
13:31Il l'écarte. Il a toujours dit, pour l'instant, je ne démissionnerai pas.
13:33On va galérer pendant quelques mois, mais ce n'est pas grave.
13:39Par rapport à toutes ces mesures...
13:40La cassation chimique, parce que...
13:42Voilà, en fait, je vous conseille de lire le dernier article
13:45de la très grande autrice Valérie Ré-Roberte,
13:48qui vient de revenir dessus,
13:49parce que c'est vraiment désespérant comment à chaque fois
13:51qu'il y a ce genre de fait divers,
13:53à chaque fois on revient vers des solutions dont on sait,
13:55de par la recherche scientifique, qu'elles ne marchent pas.
13:58Et en plus, quand on essaie de se positionner du côté
14:00des droits des enfants en disant, mais ça ne marche pas,
14:02on nous dit, vous êtes contre les droits des enfants,
14:03puisque vous ne voulez pas aller dans la sur-enchaire.
14:06Déjà, c'est vraiment aberrant qu'on en soit encore
14:09à mettre ça sur le terrain hormonal.
14:11La première cause pour laquelle on se tourne
14:13vers des proies faciles comme les enfants,
14:15c'est une question d'opportunité.
14:17Les enfants les assouent la main,
14:18les enfants ont moins de chances de se révolter
14:21comme une personne adulte.
14:23Ça laisse croire qu'il y aurait déjà un consensus
14:25dans la société française culturelle
14:27contre la pédocriminalité.
14:29Je vous rappelle qu'il y a à peine quelques années,
14:31M. Finkielkraut disait par rapport à l'affaire Polanski,
14:34ça va à 13 ans et demi, on n'est plus une enfant,
14:36par rapport à la victime.
14:38Et que quand Adèle Haenel, elle-même victime
14:40de pédocriminalité, d'ailleurs bravo à elle,
14:42elle a fait condamner son agresseur entre-temps,
14:44Christophe Rugia, se lève heurté des Césars,
14:50on est en train de couronner ce même Polanski, etc.
14:52Donc non, la question de la pédocriminalité
14:54est un sujet culturel, est un sujet d'opportunité.
14:58Ce n'est pas...
14:59Il n'y a aucun pays...
15:00Même si on prend tous conscience que ça existe,
15:03les pédocriminales sont bien là.
15:05Comment on fait pour protéger les enfants ?
15:06Et donc c'est là que ce qui est extrêmement dramatique,
15:10c'est qu'on ne va pas s'attaquer à la réalité des causes de ça,
15:14c'est-à-dire les normes de genre,
15:15c'est-à-dire les structures familiales,
15:17c'est-à-dire les modèles de masculinité.
15:19Et comme à chaque fois on stigmatise ces questions-là
15:21qui sont à la racine du patriarcat
15:23et qu'on n'arrête pas d'en parler,
15:25du coup on va repartir dans la surenchère.
15:27Il n'y a pas de mesures concrètes.
15:28Il faut les soigner.
15:29Bien sûr.
15:30Et d'ailleurs, il y a tout un tas de bonnes préconisations
15:33dont les suivots sociaux, médicaux, des agresseurs.
15:36Parce que je peux vous assurer que si en France
15:37on enferme toutes les personnes
15:39qui peuvent être coupables de criminalité,
15:41il faut accepter que le tiers du pays sera fait avec des prisons.
15:44Ce n'est pas le projet que je m'ai fait.
15:45Les gens peuvent enfermer ceux qui sont déclarés coupables.
15:47Et de toute manière, on est encore dans l'idée
15:49qu'il y a 1% des agresseurs qui sont condamnés.
15:51Et de toute manière, la marge est tellement haute, grande que...
15:55Est-ce que la cassation chimique...
15:57On parle aussi d'un fichier qui pourrait être rendu public,
16:01un fichier des agresseurs sexuels.
16:02Il existe, mais il n'est pas public.
16:04Est-ce que c'est des choses qui pourraient faire avancer ?
16:06Malheureusement, les propositions que j'ai entendues hier,
16:09elles ne sont pas efficaces.
16:10Elles parlent aux instincts, elles parlent aux gens.
16:12Elles sont, dans le cadre de M. Rotaillot,
16:15il est soit incompétent, soit démagogue.
16:18Et ce n'est pas forcément alternatif.
16:19Mais en tout cas, ça ne fonctionne pas.
16:22La réalité, c'est que la castration chimique,
16:24elle ne peut pas fonctionner.
16:25On se rend compte qu'elle ne peut pas fonctionner.
16:26Pourquoi ?
16:27Sauf si la personne est consentante.
16:29Donc, ce n'est pas...
16:30Oui, moi, je m'en fiche du consentement.
16:32Je suis très viril.
16:33Moi, je leur foutrai tout sur la castration chimique.
16:35Ça ne fonctionne pas.
16:37Pourquoi ?
16:37Pas que consentement administratif.
16:40Consentement psychologique.
16:40Oui, mais si la personne ne veut pas,
16:44on la remet en prison.
16:45Voilà.
16:45Mais en tout cas de cause.
16:46Il peut y avoir un...
16:47Donc, elle sera en coercition,
16:49mais ça ne marchera pas.
16:50Il faut bien comprendre ce que c'est la castration chimique.
16:51La castration chimique, ça diminue les hormones,
16:53ça diminue la testocérone.
16:55Mais si l'agresseur ne le fait pas
16:57pour des raisons de pulsions sexuelles,
17:00mais parce qu'il jouit,
17:02il ressent un plaisir à simplement profiter d'un individu
17:05qui est en état de domination,
17:08sur lequel il est en état de domination,
17:09la castration chimique,
17:10elle ne change rien.
17:11L'argument Bruno Retailleau, c'est de dire
17:12mais justement, on sait qu'on ne va pas pouvoir garder
17:13enfermés pendant des décennies ces personnes-là
17:16et notamment celles qui sont les plus inclines à récidiver.
17:19Donc, c'est ça la solution.
17:20Non, la vraie solution,
17:22et vous posez la question de la solution,
17:23la solution, c'est le suivi médical.
17:26C'est de permettre...
17:27Et ça, c'est un vrai problème dans notre pays.
17:29C'est un vrai problème de moyens.
17:31Pardon de le dire, on n'a pas le droit de le dire,
17:32mais c'est un vrai problème de moyens.
17:34Mais ce n'est pas une garantie à 100% le suivi médical non plus.
17:36Non, mais ça aide beaucoup.
17:38Alors, vous voyez, c'est un peu en sous-bassement.
17:40Ça ne fait pas de bruit, ça avance lentement,
17:42mais c'est extrêmement efficace.
17:43Est-ce que le pédocriminel est incurable ?
17:45Non, alors par exemple, les pédocriminels,
17:47typiquement, par rapport à cette idée reçue,
17:49sont ceux qui sont les moins sujets à la récidive.
17:52On n'arrête pas de dire dans le débat public
17:53que les pédocriminels n'auraient pas de chance
17:55et que ce serait irréversible.
17:57Vous prenez toute la documentation scientifique,
17:59c'est-à-dire les rapports qui sont faits année après année
18:01dans plein de pays,
18:03et je parle de rapports endémiques, enfin massifs,
18:06les pédocriminels sont parmi les personnes
18:07qui ont sorti présent le moins de récidives.
18:09Beaucoup disent le contraire.
18:11De toute façon, des médecins, des experts
18:14que l'on a pu recevoir sur ce plateau.
18:16La prochaine fois, je viens même avec les rapports.
18:18Le droit pénal français a été construit de sorte
18:21à ce que l'idée d'une personne
18:24qui serait en incapacité de se réinsérer
18:27ou qui serait incurable,
18:29on a construit tout notre dogme
18:31en dehors de cette idée-là.
18:32Parce que si on va au bout de cette idée-ci,
18:34comme certains hommes politiques,
18:35on se dit que la personne est incurable,
18:37il faut en tirer les conséquences.
18:38Et il n'y en a que deux conséquences.
18:39C'est soit le rétablissement de la peine de mort,
18:41soit le maintien à vie en prison.
18:43C'est ce que propose le corps du la perpétuité.
18:46Merci.
18:46Ça va à l'encontre de notre philosophie du droit.
18:49On le voit bien, le débat qui ne fait que commencer,
18:51qui sera sûrement, comme le disait,
18:52au cœur de la campagne pour l'élection présidentielle.
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