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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Au cœur de la campagne pour l'élection présidentielle, justement parlons-en parce que peut-être qu'il sera candidat
00:05aussi si Gérald Darmanin, dans tous les cas aujourd'hui, il est place Vendôme, c'est-à-dire qu'il
00:08est garde des Sceaux.
00:09Il y a des appels à cette démission, Jordan Bardella, Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon.
00:15Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur en charge de la sécurité des Français, parce qu'il est
00:20en charge de l'institution judiciaire et que cette institution a manifestement failli,
00:25peut-être que l'honneur aurait appelé Gérald Darmanin à présenter au président de la République sa démission.
00:32Parce qu'il défend aujourd'hui très mal son dossier et parce qu'aujourd'hui il donne le sentiment de
00:36ne pas avoir compris ce qu'il se passait,
00:38d'être dans un déni qui est de lui un déni systématique pour un problème qui est lui systémique, oui,
00:45Gérald Darmanin devrait démissionner.
00:46Il y a des pays où quand quelque chose ne va pas bien, où il y a un scandale, le
00:50ministre démissionne.
00:51Mais regardons le fond de l'affaire. Le fond de l'affaire, c'est toute une politique.
00:55Il faut prendre le problème dans sa globalité. La question de la démission intervient là-dedans.
00:59Si ça change quelque chose, si c'est pour continuer à faire pareil, écoutez, pour ne rien faire, gardons les
01:04mêmes. C'est moins coûteux.
01:06Alors ça va être le thème du signé qu'on signifie ce soir. Bonsoir Charles.
01:10Bonsoir.
01:10Bonsoir Thuc Duhal-Denis qui est avec nous.
01:12Bonsoir Alain, bonsoir Olivier.
01:13Bonsoir en chef de Valeurs Actuelles avec ce livre La Cendre et le Feu, enquête intime au cœur de la
01:18droite française aux éditions Robert Laffont.
01:19On va bien sûr parler de la droite, mais l'actualité du moment.
01:22Et Gérald Darmanin vient de cette famille de la droite, c'est de savoir s'il peut tenir à Matignon,
01:26à Matignon, s'il peut tenir place Vendôme.
01:29S'il peut aller à Matignon ensuite ?
01:31Peut-être.
01:32Vous anticipez...
01:33En ce moment, ça semble difficile.
01:35Vous anticipez mai 2027, là. Franchement, je pense que ce serait une énorme connerie que de démissionner Darmanin.
01:44Pourquoi ?
01:45Dans la période actuelle. Parce que ce serait une manière... D'abord, pour deux raisons.
01:49Un, quand même, on ne peut pas dire qu'il n'est pas garde des Sceaux depuis dix ans.
01:54Alors, certes, il a été ministre de l'Intérieur, etc. Mais ce n'est pas parce qu'il y a
01:58eu deux gendarmes à la brigade d'Auch qui ont mal géré, de manière dramatique, une plainte pénale,
02:07que c'est la faute du ministre de la Justice et qu'il doit démissionner.
02:10Moi, je pense que ce serait trop commode que de le démissionner. On aurait l'impression qu'on règle le
02:16problème. On ne réglerait rien du tout.
02:18Et donc, je pense que, franchement, je ne suis pas un darmaniste particulier. Mais je trouve que, depuis le début
02:24de cette crise, pour moi, il fait le boulot qu'on attend dans ses fonctions.
02:29C'est-à-dire qu'il demande à ce que tous les dossiers de violence sexuelle sur des mineurs reviennent
02:34en haut de la pile, que les parquetiers, les policiers, les gendarmes traitent ces dossiers.
02:38Je ne vois pas ce qu'il y a d'autre à faire en ce moment. Et donc, je trouve
02:42qu'on ferait sauter un fusible, mais on ne réglerait rien.
02:48Et au contraire, on passerait à autre chose sans régler le problème.
02:51Moi, je vais faire de la fiction. Ce que j'aurais trouvé teinté de panache et assez politiquement fort, c
02:59'est qu'il présente sa démission.
03:01Parce que je ne sais pas pourquoi on a décidé dans ce pays que plus personne ne pouvait présenter sa
03:05démission.
03:05Non, là, l'affaire est extrêmement lourde. Les Français sont secoués dans leur conscience.
03:11Il ne s'agit pas de dire que c'est la faute de Gérald Darmanin. C'est à cause de
03:14lui qu'il y a ces dysfonctionnements.
03:15Mais c'est mis à justice.
03:16Mais il y a un moment, c'est comme dans une entreprise, si vous voulez, ou surtout dans l'armée,
03:20par exemple.
03:21Les chefs, quand leurs troupes commettent une erreur, c'est eux qui se mettent en avant, qui font un pain
03:27en avant.
03:27Donc il aurait présenté sa démission qui lui aura été refusée.
03:30Voilà, que j'aurais trouvé à la fois plein de panache pour lui et quand même aussi pour permettre de
03:35resserrer ce fameux lien distendu entre les politiques et les citoyens.
03:40C'est qu'il présente sa démission de manière vraiment sincère.
03:42et qu'ensuite Emmanuel Macron décide de ne pas l'approuver, argant du fait, et qu'on aurait tous pu
03:50comprendre,
03:51que justement on a besoin de quelqu'un pour tenir cette administration, faciliter l'enquête administrative.
03:59Puis il y a cet argument politique avancé par Marine Le Pen que je trouve assez pertinent.
04:04C'est qu'est-ce que ça aurait changé au fond si finalement il avait démissionné pour Métier à la
04:08place ?
04:08M. Bardella a dit qu'il aurait dû présenter sa démission, ce que Marine Le Pen ne dit pas.
04:12Mais ça me rappelle, souvenez-vous, quand Christiane Taubira était garde des Sceaux,
04:18je crois qu'à l'époque Jean-François Copé, qui était le patron de l'opposition,
04:23il n'y avait pas une semaine sans qu'il appelle à sa démission.
04:25Et je crois que ça faisait l'objet de caricatures d'humoristes.
04:29Je fais un peu d'histoire de la droite comme Tugue du Aldenis.
04:32Ça faisait l'objet de caricatures d'humoristes.
04:35Franchement, ces appels à la démission n'ont pas de sens.
04:38Et encore une fois, ça ne...
04:40Donc les ministres ne sont jamais responsables de rien.
04:42Mais non, mais là...
04:43C'est quand même...
04:43Ça arrive.
04:44Vous parlez des deux gendarmes.
04:46Je vous trouve un peu léger dans la résumée de l'histoire.
04:48J'aurais mieux compris.
04:48On voit que les parquets n'ont pas fait leur job,
04:51que des histoires sont classées sans suite alors que les enquêtes ne sont pas faites.
04:57Mais ça, bien sûr.
04:58Et c'est systémique.
04:59Si c'est systémique, c'est l'ensemble du ministère de la Justice qui pose problème.
05:04Bien sûr, mais moi, je pense depuis longtemps que c'est un ministère qui doit se ressaisir
05:08et qui est autogéré par des magistrats...
05:11Alors, on peut demander à Darmanin qu'a-t-il fait depuis 2024.
05:13...sont en défiance avec le regard des autres.
05:15Alors, oui, je n'avais pas conscience qu'il était ministre depuis 2024.
05:18Il a peut-être été un peu transparent.
05:20Comme il n'a pas le droit de faire de la politique, on ne sait pas qu'il est ministre.
05:23Oui, il avait été ministre de l'Intérieur avant.
05:25Mais j'aurais mieux compris qu'il démissionne après l'histoire du Stade de France, par exemple,
05:32où il avait incriminé les supporters anglais alors que ce n'était pas ça le sujet.
05:37Mais ça pose quand même des questions politiques sur la personnalité de Gérald Darmanin.
05:42Il a du talent, il est malin, il est dynamique.
05:45Et en même temps, je ne sais pas, à la fin de la fin,
05:47qu'est-ce qui restera politiquement de Gérald Darmanin ?
05:50Il venait de la droite, il a embrassé la Macronie assez rapidement.
05:54Il y a pas mal de coups de menton, y compris quand il était place Beauvau.
05:58Pour quel résultat à la fin ?
05:59Je veux dire, ce n'est pas parce qu'il était place Beauvau,
06:01et quand bien même il avait un discours assez ferme,
06:03que les problèmes d'insécurité ont été...
06:07Il vient de la droite. Est-ce qu'il est présidentiable, Gérald Darmanin ?
06:09Parce qu'on voit bien qu'il joue tactique, là, quand même.
06:12Il s'expose, il présente ses excuses au nom de la justice.
06:14Une fois de plus, ce n'est pas du tout pour le battre froid ou minimiser son talent.
06:19Mais je ne pense pas qu'il appartient à la catégorie des présidentiables.
06:23Surtout sur le créneau qui est le sien,
06:25avec un créneau déjà préempté par Jean-Philippe,
06:28qui a un peu plus, à mon avis, de légitimité aujourd'hui en homme d'État.
06:32Je pense que son problème, justement, c'est...
06:35Autant quand il est ministre de l'Intérieur, par exemple,
06:37il avait fait les fameuses opérations place nette,
06:41qui avaient été plutôt efficaces, en réalité, les opérations place nette.
06:45Ça avait quand même pas mal emmerdé les trafiquants, etc.
06:50Mais c'est comme tout dans cette famille politique,
06:53c'est qu'ils sont embourbés dans le centrisme,
06:56et donc ils ne choisissent pas de direction.
06:59Le même Darmanin, s'il allait dans une direction plus claire,
07:04et s'il ne faisait pas une espèce de surplace,
07:05où il est à la fois de droite, mais il veut être populaire,
07:08mais il est en même temps au centre, etc.
07:12Ça fait qu'à la fin, il est illisible.
07:15Et moi, je pense que tous ces mecs qui croient,
07:17tous ces hommes et femmes politiques, pardon,
07:19qui croient pouvoir financer...
07:23Non, mais qui pensent qu'on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens,
07:27et que donc il faut être ambigu et tout ça,
07:30je pense qu'ils se trompent de période.
07:32Mais justement, regardons, puisqu'on parlait de Gérald Darmanin,
07:35tous ceux qui sont déclarés, ou qui ont envie d'être candidats à droite,
07:39bien sûr, et d'aller à l'Élysée.
07:40Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique de Villepin,
07:42Bruno Retailleau, Édouard Philippe, Xavier Bertrand.
07:44Alors, Jordan Bardella ou Marine Le Pen, ça sera fixé le 7 juillet prochain.
07:47Alors, Dominique de Villepin, je ne sais pas si je l'aurais classé à droite,
07:49personnellement, mais...
07:50David, il a été Premier ministre de Jacques Chirac,
07:52ministre de l'Intérieur.
07:53Non, non, mais vu les positions qu'il a en ce moment...
07:55C'est quoi ?
07:56C'est la droite en miette ?
07:58La droite éparpillée face son puzzle ?
08:00Il y a un homme d'État ?
08:01Il y a le futur locataire de l'Élysée ou pas ?
08:03Si vous voulez, ou si vous me permettez de faire un pont
08:07avec le roman de la droite que j'ai essayé d'écrire,
08:10ce qui me frappe, en fait, chez tous ces gens-là,
08:13c'est que, d'une manière ou d'une autre,
08:15ils cherchent le talisman de la droite.
08:19C'est une évidence de dire aujourd'hui que la droite,
08:21sur le plan sociologique, électoral,
08:24elle est majoritaire en France,
08:25mais elle n'arrive pas à être dominante.
08:26Elle n'arrive pas à être dominante parce qu'il n'y a pas les bonnes incarnations,
08:30parce qu'on cherche un peu sa ligne.
08:32Alors, effectivement, comme l'a noté Charles tout à l'heure,
08:35certains vont être que sur le créneau du social,
08:37d'autres que sur le créneau d'identitaire.
08:39Mais à la fin de la fin,
08:40le point commun entre Édouard Philippe,
08:43Jordan Bardella, Bruno Retailleau,
08:45et même François Bayrou, qui n'est pas candidat,
08:48mais que j'ai inclus dans mon livre,
08:53c'est qu'il cherche le talisman de la droite.
08:55Moi, François Bayrou, on est allé à Borderve,
08:58dans les Pyrénées, avec lui, qui est son village natal.
09:01Il y a un moment, il m'a dit cette phrase.
09:03En fait, la France est un pays qui ne respire plus.
09:05Et je crois que c'est ça, le point commun de tous ceux
09:09qui veulent capter l'espèce d'élan de droite de ce pays,
09:12c'est cette conscience d'une apnée totale du pays
09:16et d'un renversement de table nécessaire.
09:19Et je suis désolé, dans l'affaire Liana, on est en plein dedans,
09:21c'est-à-dire réforme profonde du système judiciaire,
09:24fin des corporatismes, fin des règles qui ont prévalu tout le temps
09:28pour enfin actionner une révolution structurelle en France.
09:32Et l'homme ou la femme capables de faire ça n'existe pas, là, donc à droite ?
09:35Moi, je pense qu'un des risques de la droite, c'est de courir vers une gueule de bois,
09:38parce qu'autant qu'il y a un allant, il y a une mythologie de la droite,
09:41il y a des espoirs et des élans de la droite qui existent
09:45et qui sont très concrets,
09:47autant, pour le moment, l'incarnation politique,
09:48elle n'est pas encore totalement évidente.
09:50D'accord avec ça ou pas ?
09:51– Oui, c'est-à-dire qu'en gros, moi, je pense qu'il ne faut pas…
09:55La droite, ça veut dire beaucoup de choses.
09:58– Il y a plusieurs droites, il y a toujours plusieurs droites.
10:00– Dès qu'on la politise, on la respire en fait.
10:02– Ce qu'on voit bien, c'est que…
10:03– Alors, les habitudes de droite, ça existe.
10:04– Moi, ce que je pense, c'est qu'il y a quand même un besoin de radicalité dans le
10:09pays.
10:10– D'accord.
10:10– Et je pense qu'au fond, la droite chère à Tugue-Dualdini,
10:14la droite Fillon,
10:16c'est-à-dire pour le citer dans son discours à l'époque du Trocadéro
10:21où il avait dit la France des châteaux et des pâturages, etc.
10:24Bref, une droite qui assume quelque chose de presque un peu rétro.
10:30Elle a, à mon sens, elle est plutôt d'actualité maintenant.
10:34C'est-à-dire qu'à l'époque où les Français étaient plus en quête de modernité,
10:38de jeunesse quand ils ont choisi Macron,
10:40c'était un tout petit peu décalé.
10:42Autant aujourd'hui, je pense que les Français ont envie
10:45en tout cas sur le fond du programme d'une forme de radicalité.
10:49Et qu'en fait, le problème, c'est que tous ces candidats,
10:53peut-être pour beaucoup d'entre eux…
10:55– Bruno Retailleau, il est assez radical quand même, ses propositions.
10:58– Alors oui, oui, bien sûr.
10:59– Alors, je veux être complet.
11:01C'est-à-dire, je pense qu'il faut une certaine radicalité sur le fond,
11:04mais il ne faut pas non plus…
11:06Il faut en même temps être porteur d'espoir.
11:08C'est ça qui est difficile à mettre ensemble.
11:10– François Fillon était porteur d'espoir ?
11:12Il était assez noir dans le…
11:14– Non, il a perdu Fillon.
11:15– Mais non, non, mais il faut arriver à mélanger deux.
11:17– Il y a eu des délents populaires, pourtant.
11:19Il termine à 20% malgré une campagne.
11:21– Sarkozy, Nicolas Sarkozy, en 2007,
11:23il était à la fois, sur le fond, assez radical.
11:27Quand même, il disait liquider l'héritage de mai 68.
11:30– Il parlait d'un ministère d'identité.
11:31– Il voulait créer un ministère d'identité nationale, etc.
11:33– Il l'écrait d'ailleurs.
11:34– Il était quand même assez…
11:35La tolérance zéro, il y avait une forme de radicalité
11:37et il y avait en même temps une forme d'espérance.
11:39C'est-à-dire que ça avançait quand même vers…
11:41– Il a même d'ailleurs attiré des gens venant de la gauche.
11:43– Et donc ce que je pense, c'est qu'il faut arriver
11:45à avoir l'esprit suffisamment large
11:48sans verser dans le centrisme mou.
11:53– Dans ce cas-là, c'est que vous parlez de Jordan Bardella
11:55ou de Marine Le Pen.
11:56– En fait, chacun tend vers cette recherche de la radicalité,
12:01cette recherche aussi de la mise en valeur des grandeurs de la France.
12:04chacun porte aussi une forme de stigmate
12:06qui est pour moi quelque chose qui est un point commun
12:08des personnalités de droite.
12:10Je révèle dans le livre un SMS que François Fillon
12:13a envoyé à Marine Le Pen après sa condamnation par la justice
12:17et lui disant « Je ressens pour l'avoir moi-même vécu
12:20la colère et la peine que vous pouvez éprouver »
12:22et elle lui a répondu en acquiesçant effectivement
12:25qu'il était le premier à avoir initié ce mouvement.
12:28Et sur la recherche de la radicalité,
12:30j'ai pas mal compagnonné avec Édouard Philippe
12:32dans les rues du Havre et ailleurs pour ce livre.
12:36Et en fait, ce qui est amusant, c'est pourtant
12:37que beaucoup de gens de mon camp ou de mon clan
12:39ou de ma famille, j'allais dire idéologique, naturelle,
12:42lui dénient le titre d'être un homme de droite
12:45parce qu'il serait trop au centre.
12:46Il a travaillé avec Emmanuel Macron.
12:47Et en même temps, moi, j'ai beaucoup de conversations
12:48avec lui que je relate où il me dit
12:51« Mais aujourd'hui, sauf à vouloir m'humilier,
12:53plus personne ne me taxe de jupéiste.
12:562026, ça se jouera sur la rupture et la radicalité. »
12:59Et c'était des mots pourtant qui, comment dire,
13:01« Ça ne transparaît pas, quand on l'entend. »
13:03Oui, mais en fait, c'est une tension quand même
13:05qu'on ressent commune.
13:08C'est pour ça qu'aujourd'hui,
13:09il n'y a pas d'union des droites politiques
13:11et tout le monde ne transpire pas les radicalités.
13:14Mais en fait, quand vous creusez
13:15et que vous allez dans la vie privée de ces gens-là,
13:17quand vous allez chercher leurs habitus,
13:20leur manière d'être, leur mode de vie...
13:21Pourquoi il a peur de s'assumer ?
13:22Parce qu'il y a le diktat, entre guillemets,
13:25de la bien-pensance,
13:26parce qu'il ne veut pas perdre sur sa gauche
13:27ce qu'il gagnerait sur sa droite.
13:29Mais la vérité, c'est que le clivage,
13:31aujourd'hui, il ne se fait pas...
13:33Le clivage droite-gauche, il ne se fait pas sur le social,
13:35il se fait sur les modes de vie.
13:36Et en fait, les modes de vie à droite
13:38sont assez communs entre des gens
13:39qu'on pourrait penser opposants politiques.
13:41À l'instant, Sébastien Lecornu
13:43qui redit sa confiance dans l'action
13:45de son ministre Gérald Darmanin
13:47après les appels à sa démission
13:48qui se sont multipliés depuis quelques heures.
13:51Donc, Darmanin est conforté par le Premier ministre.
13:55Qui est son meilleur copain de longue date.
13:57Il devait ouvrir un bar à main en Indalie.
14:00En politique, parfois,
14:01on est obligé de sacrifier ses copains.
14:03Oui, mais eux, c'est une amitié
14:04qui survit à la politique pour l'instant
14:06puisqu'il l'a gardée dans son gouvernement, etc.
14:09Il aurait pu profiter des derniers remaniements
14:11pour le sortir.
14:12Donc, Darmanin est très protégé,
14:13c'est ce que vous dites ?
14:15Par le cornu, oui.
14:16Mais pour revenir à cette discussion sur la droite,
14:19qui se détachera ?
14:20Quelle droite ?
14:21C'est celui qui dira plus de sécurité,
14:22moins d'immigration et moins d'impôts ?
14:24C'est quelqu'un qui sera Trump ?
14:26C'est quoi la droite qui va arriver à l'Elysée en 2027
14:30qui sera effectivement dans une offre radicale
14:33à l'américaine, à la Javier Milay ?
14:34Parce que c'est celle qui conduit au pouvoir
14:36ou au contraire, dans une espèce de continuité
14:39d'Emmanuel Macron ?
14:41Et pourquoi d'ailleurs pas Sébastien Lecornu ?
14:43Je pense que la droite,
14:44si elle veut de nouveau gagner,
14:48il faut qu'elle soit aboutie.
14:49C'est-à-dire qu'à la fois,
14:51il faut qu'elle incarne la radicalité,
14:53à la fois, il faut qu'elle soit portée
14:55par quelqu'un qui a une aura suffisante,
14:58et en même temps,
14:58il faut qu'elle donne l'impression
15:00qu'elle puisse être opérationnelle immédiatement.
15:02Donc la radicalité, il en manque chez Édouard Philippe,
15:05l'opérationnalité, il en manque au Rassemblement National,
15:09où on peine à imaginer quel gouvernement
15:12il pourrait former au contraire des personnalités
15:14de Jean-Dalbert Della, Marine Le Pen.
15:16Non, il n'existe pas,
15:17et tout le paradoxe, c'est que pourtant...
15:18Alors il peut le devenir aussi, dis-moi.
15:20Et pourtant, cette droite,
15:21je crois vraiment qu'elle est incandescente,
15:23et c'est ça que j'ai essayé de raconter dans mon livre.
15:25Il existe une droite en France,
15:28sur l'épargne des églises, dans les écoles,
15:31une droite de transmission,
15:33une droite de résolution.
15:34Et elle gagne au deuxième tour, cette droite-là ?
15:36Oui, bien sûr, parce qu'elle n'est pas caricaturable.
15:38Non, mais il faut qu'elle soit plus large que ça.
15:39Évidemment que la droite des scouts...
15:42C'est pas que ça.
15:42Vous avez lu mon livre, c'est pas que ça.
15:44Oui, mais attention,
15:46parce qu'il y a toujours ce fantasme que vous avez...
15:48C'est marrant d'ailleurs, cette droite,
15:49moi je la connais bien,
15:50je viens de cette famille-là,
15:51au sens littéral du terme,
15:52pas famille politique, mais famille familiale.
15:56Je les connais par cœur,
15:59ce qu'on appelle les redodeux, si vous voulez.
16:01Et je les aime d'ailleurs,
16:02j'ai rien contre, hein.
16:04Mais attention...
16:04Vous avez remarqué que j'ai pas de titre de noblesse.
16:06Mais attention, les BCBG,
16:09comme vous voulez.
16:10Attention à cette espèce...
16:11C'est marrant, il y a un fantasme récurrent
16:13dans cette partie de la droite,
16:16les gens qui font le banquet,
16:18le canon français,
16:20le Figaro, etc.
16:22Cette droite-là,
16:24à chaque fois,
16:26elle fantasme sur l'idée,
16:27effectivement,
16:28qu'elle pourrait devenir majoritaire,
16:30sens commun.
16:31Et non,
16:32il faut quand même avoir en tête
16:33que c'est une droite tout à fait respectable
16:35et qui porte des idées tout à fait respectables.
16:37Et qui fait pas 51%.
16:39Et qui est devenue d'ailleurs
16:39assez politiquement incorrect,
16:41finalement, au fil du temps.
16:42C'est une droite assez punk.
16:43Aujourd'hui,
16:44mettre un serre-tête,
16:45aller à la messe,
16:46mettre ses enfants au scout
16:47et être catho,
16:50c'est être un punk.
16:51C'est ça,
16:51les vrais punks.
16:52C'est pas les faux punks
16:53qui sévissent aux Inrocs
16:55ou sur Radio Nova.
16:57Il y a le vrai punk,
16:59la vraie rupture,
17:00c'est beaucoup plus
17:00la droite qu'aime
17:02Tugue du Haldenis,
17:03les chaussettes rouges
17:03de François Fillon,
17:04etc.
17:05Non mais ça,
17:05c'est certain.
17:06Mais attention,
17:07je remarque que dans ces arcanes
17:09qui, effectivement,
17:10sont très bien décrites
17:11dans ce livre,
17:11tous les ponts
17:12entre les uns et les autres,
17:13etc.
17:14Donc,
17:14Retailleau,
17:15Fillon,
17:15Villiers,
17:16etc.
17:16Ils ont indéfiniment
17:18le fantasme
17:18d'être majoritaire.
17:19Pour moi,
17:20c'est pas ça le sujet.
17:21Le sujet,
17:22c'est comment
17:23on fait en sorte
17:24que la France
17:25ne dégringole pas
17:26dans les années qui viennent,
17:27comment est-ce qu'elle fait en sorte
17:29de rester à peu près à flot
17:30sur le plan de ses finances publiques,
17:31comment on libère
17:32les Français
17:33du fardeau
17:33de l'État
17:34qui les écrase
17:36et comment on fait en sorte
17:37qu'on reste
17:38ou qu'on redevient,
17:39puisque la question
17:40se pose maintenant,
17:41un pays puissant
17:42et dans lequel
17:43les gens sont heureux,
17:44prospères,
17:45dans lequel ils peuvent vivre
17:45de leur travail,
17:46dans lequel les services publics
17:47fonctionnent.
17:48C'est ça le vrai sujet.
17:49Tous les autres sujets,
17:50sur quelle nuance de droite,
17:51etc.,
17:52me paraissent intéressants
17:53intellectuellement,
17:54mais un peu périphériques
17:55par rapport
17:55à l'enjeu
17:56de la prochaine présidentielle.
17:58Là où vous êtes
17:59un peu réducteur
18:00et caricaturale
18:01sur la droite
18:02que...
18:03C'est mes deux forces,
18:04réducteur et caricaturale.
18:06Que j'ai décrite
18:07dans le livre,
18:08c'est que justement,
18:09j'ai pas cherché
18:10à enfermer la droite
18:11dans certains habitus.
18:13Alors,
18:14effectivement,
18:14il y a mon histoire personnelle
18:15qui est peut-être,
18:16elle,
18:17circonscrite
18:17à un certain milieu.
18:18Mais c'est pour ça
18:18que je suis allé chercher,
18:19et d'ailleurs,
18:19contre l'avis de certains
18:20de mes amis,
18:21François Bayrou,
18:22Édouard Philippe.
18:23Je vais vous dire juste
18:24une phrase pour terminer
18:25qui, pour moi,
18:25est partagée par énormément
18:27de gens dans ce pays
18:28et qui relève
18:29bien au-delà
18:30de la sociologie
18:31de la droite conservatrice
18:32que vous décrivez.
18:33Quand je suis allé
18:33à Pau avec François Bayrou,
18:35on a parlé de Bernanos.
18:36Et Bernanos,
18:37qui est un auteur
18:38très connu
18:38et très apprécié à droite,
18:40écrivait dès 1947
18:41quelque chose
18:42sur la civilisation moderne.
18:43Il dit,
18:43on ne comprend absolument rien
18:45sur la civilisation moderne
18:46tant qu'on n'admet pas
18:47d'abord
18:48qu'elle est une conspiration
18:49contre la vie intérieure.
18:50Et je pense que
18:51cette conspiration
18:52entre guillemets
18:53contre la vie intérieure,
18:54c'est quelque chose
18:55qui est très ressenti
18:55aujourd'hui dans le pays
18:56et bien au-delà
18:57des écoles privées
18:58et des scouts
18:59et de tout ce que vous voulez
19:00et qu'on cherche tous
19:01à retrouver...
19:01Et je les dis sans me moquer,
19:02attention !
19:03À peine.
19:03Et qu'on cherche tous
19:04à retrouver un sens commun
19:06dans ce pays.
19:06Avec tendresse.
19:07Merci,
19:08je recommande
19:08la cendre et le feu
19:09pour comprendre
19:11les arcanes
19:12de la droite.
19:13Aux éditions Robert Laffont.
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