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  • il y a 8 minutes
Hélène Huby, cofondatrice et directrice générale de The Exploration Company, et Stanislas Maximin, fondateur et président exécutif de Latitude, étaient les invités de Laure Closier, ce vendredi 12 juin. Ils ont abordé les tests réussis menés par ces deux entreprises sur leurs projets dans l'espace, ainsi que le risque pour SpaceX d'épuiser tous ses capitaux, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h20, retour de notre édition spéciale autour de l'introduction en bourse de SpaceX.
00:04C'est donc parti pour l'IPO du siècle, l'inonome qui doit sonner la cloche cet après-midi au
00:09Nasdaq.
00:10Je ne vous redonne pas les chiffres, allez-y, je vous en redonne quand même un,
00:12les 555 millions d'actions émises autour de 135 dollars.
00:16On serait sur un retail qui est complètement fou, tout le monde en veut, des titres SpaceX.
00:22On en reparlera tout à l'heure avec Etienne Braque, focus sur ses projets dans l'espace.
00:26On est avec Hélène Ubi depuis Munich, cofondatrice et directrice générale de The Exploration Company.
00:31Hélène Ubi, bonjour, merci d'être avec nous, entreprise franco-allemande.
00:34Vous êtes à Munich et à Bordeaux, vous faites du fret spatial en provenance et vers les stations orbitales.
00:40Vous nous direz les dernières évolutions de votre business dans quelques instants.
00:44Avec nous en plateau, c'est Stanislas Maxima.
00:48Bonjour, fondateur et président exécutif de Latitude,
00:50Latitude qui développe des petites fusées destinées à lancer des satellites de faible poids.
00:55Tous les deux, vous avez un point commun, c'est que vous avez avancé ces dernières semaines.
00:58Et Etienne Ubi, je commence par vous.
01:00Il y a eu une étape majeure pour votre cargo spatial.
01:06Cette semaine, on a effectivement dévoilé à ILA la prochaine étape du cargo,
01:12puisque maintenant le cargo, d'un point de vue technique, on a volé deux démonstrateurs.
01:17Et d'ici la fin du mois de juin, nous aurons testé toutes les technologies du cargo,
01:21soit dans l'espace, soit dans des...
01:24Ah, c'est de vous montrer le parachute drop test,
01:26donc soit dans l'espace, soit sur terre, mais dans les conditions représentées de l'espace.
01:29Et ça, c'est exactement un test qu'on a fait il y a quelques jours,
01:33qui est le parachute drop test.
01:36La dernière fois que nous avions volé une capsule dans l'espace,
01:38nous étions rentrés dans l'atmosphère de façon réussie,
01:41mais à la fin de la mission, nous n'avions pas réussi à ouvrir les parachutes.
01:43Et bien voilà, comme on le voit ici, nous apprenons de nos erreurs
01:47et nous fixons ces erreurs très rapidement,
01:49puisque nous avons réussi le parachute drop test de la capsule.
01:54Et puis comme maintenant, je dirais, tous les sous-systèmes de la capsule ont été testés,
02:0095% des sous-systèmes ont été testés dans des conditions spatiales ou dans l'espace,
02:04nous avons annoncé cette semaine à ILA,
02:06qui est le grand événement aérospatial allemand,
02:10un moteur fusée énorme, le plus gros jamais développé en Europe,
02:13que nous prévoyons de tester pour la première fois en 28.
02:16Donc vous voyez, on continue, puisque notre objectif,
02:18c'est d'être complètement intégré sur la chaîne de transport du spatial.
02:22Ça avance du côté de l'attitude,
02:25où c'est la petite fusée qui a fait aussi un pas de géant vers son premier vol.
02:29Absolument, même plusieurs,
02:30mais le plus important récemment,
02:32c'est les premiers essais équipés intégrés de notre moteur fusée,
02:37alors qu'il est un peu plus petit,
02:38même complètement plus petit de ce que l'ambition de l'Explosion Campagne.
02:42On est sur un moteur qui pousse environ 4 tonnes.
02:45Ça fait depuis plus de 3 ans qu'on est sur le développement de ce moteur-là.
02:48C'est particulièrement compliqué d'y arriver.
02:52Il y a un nombre de paramètres extraordinaires pour arriver à ça.
02:55Et ça fait depuis 6 mois qu'on essaie de le mettre à feu correctement,
02:58et de manière répétée,
03:01et avec des résultats reproductibles.
03:02Et c'est ce qu'on a fait plusieurs fois depuis le 13 mai maintenant.
03:07C'est la première étape, il y a encore du travail,
03:08il va falloir qualifier le moteur.
03:09On a encore 8 mois devant nous pour y arriver,
03:12qu'on ira ensuite intégrer sur nos étages,
03:14étages qui sont en cours de fabrication,
03:18et en partie en essai également.
03:20Hélène, je sais que vous avez écouté la chronique d'Anthony Morel,
03:23je vous vois écouter la matinale depuis 20 minutes.
03:25Vous avez entendu nos débats sur Elon Musk.
03:29Vous en êtes où dans votre relation intellectuelle avec Elon Musk ?
03:33C'est toujours un génie qu'on suit au quotidien.
03:37Vous le jugez comment ?
03:42Écoutez, quand on est un compositeur,
03:45on apprend des maîtres qui nous ont précédés,
03:49et puis on crée son propre style,
03:52et sa propre contribution à l'histoire de la musique.
03:55C'est exactement ce qu'on fait à The Exploration Company.
03:58On construit sur les épaules des autres.
03:59Elon Musk a apporté énormément à l'industrie aérospatiale.
04:02Donc on construit sur ses épaules,
04:04on apprend des technologies et des designs qu'il a développés,
04:07de ce que l'on peut en savoir,
04:09de façon légale bien sûr,
04:11et puis on construit notre propre style,
04:13et surtout notre propre ADN à The Exploration Company.
04:16Notre objectif ce n'est pas d'aller occuper Mars,
04:19notre objectif c'est de bâtir des véhicules spatiaux,
04:21entre nations,
04:22en commençant évidemment par l'Europe,
04:24puisque nos racines sont en Europe,
04:26mais en coopération,
04:27c'est-à-dire que notre capsule,
04:28elle est bâtie en Europe à 80%,
04:31aux États-Unis à 20%,
04:33et elle servira les marchés européens et américains.
04:35Je rappelle qu'on est la seule entreprise
04:38à avoir signé un Space Act Agreement avec la NASA,
04:40donc une collaboration avec la NASA en direct.
04:43Et le moteur fusée que nous développons,
04:45et puis évidemment il y aura une fusée après,
04:47elle a pour vocation de servir évidemment les marchés européens,
04:50mais aussi d'autres marchés,
04:51en particulier les marchés du Moyen-Orient.
04:53Donc vraiment on a cette vocation de servir
04:56le plus de nations possibles avec nos véhicules spatiaux,
04:58de façon à créer un espace qui soit collaboratif,
05:02puisque l'espace c'est notre futur.
05:03Hélène nous dit en fait je fais moi pas en pro-route.
05:05J'adore, mais j'aime bien l'image du maître et du compositeur,
05:08je ne sais pas si Stanislas la reprend à son compte,
05:09mais moi la question que je me posais c'était,
05:11là on a une IPO absolument géante,
05:13comment on existe à côté d'un géant comme celui-ci ?
05:15Est-ce que pour refiler la métaphore spatiale,
05:18c'est une sorte de trou noir qui va aspirer tout autour de lui,
05:21y compris les capitaux,
05:21ou est-ce qu'au contraire ça va créer une forme d'émulation
05:24et attirer des nouveaux talents, des nouveaux capitaux ?
05:27Comment vous voyez la suite ?
05:28Je vois plutôt le second scénario.
05:29L'avantage quand on a des marchés
05:31qui sont uniquement portés par des géants,
05:33c'est qu'ils laissent de la place.
05:35Ils en laissent à plein d'endroits et sur plein de compétences.
05:38C'est le premier point.
05:38Le deuxième point c'est que le marché spatial,
05:40de par sa nature,
05:41est en grande partie institutionnel,
05:43est souverain.
05:45Ce qui fait qu'il y a des pays,
05:47particulièrement bien évidemment en Europe,
05:48mais également dans le reste du monde,
05:49qui veulent avoir leur propre souveraineté
05:51ou en tout cas qui veulent avoir des solutions
05:53autres que simplement aller avec les Etats-Unis.
05:56Mais comment est-ce qu'on fait pour être compétitif ?
05:57Je pense, ne serait-ce qu'en termes de salaire.
05:59Chez SpaceX, je pense que le salaire moyen de l'ingénieur...
06:02Surtout de l'IPO, là, il va être beaucoup plus riche.
06:03Voilà, ils vont en plus leur proposer des actions,
06:05mais ça doit être 200 000 dollars par an en moyenne,
06:07mais il y en a qui sont payés beaucoup plus.
06:08Quand on est une entreprise française,
06:10avec des moyens français,
06:11comment on fait pour peser dans cette guerre des cerveaux ?
06:14La question d'abord à Hélène,
06:15comment vous faites pour attirer les talents ?
06:17Nous, nous avons attiré et nous continuons d'attirer
06:20des gens qui ont travaillé chez SpaceX,
06:24des gens qui ont travaillé chez Rocket Lab,
06:26donc parmi les meilleures startups américaines.
06:28Ils viennent chez nous pour un certain nombre de raisons.
06:31Très souvent, c'est pour la mission.
06:33Vraiment, cette mission de construire un futur spatial
06:35qui soit collaboratif,
06:37qui soit porteur de paix,
06:38qui montre ce qu'on peut faire en tant que meilleur
06:41avec nos qualités humaines tout d'abord.
06:43C'est quelque chose qui parle à énormément de personnes
06:46aux États-Unis en ce moment.
06:48Donc littéralement, par exemple,
06:50nous avons chez nous Cathy Duders,
06:52qui a été directrice générale de Starbase.
06:55Aujourd'hui, elle travaille pour The Exploration Company.
06:57Le chief engineer de notre capsule Nix,
07:00Josep Virgili,
07:01a travaillé plus de 10 ans sur SpaceX, etc.
07:05Donc on n'a pas de problème en fait à attirer les talents.
07:07C'est vrai qu'il faut savoir leur offrir un package
07:09qui soit intéressant.
07:11Les entreprises européennes ne font pas toujours ça.
07:13Donc on essaie d'être le plus généreux possible
07:14avec les parts de l'entreprise,
07:16puisque dans l'espace,
07:17et c'est l'une des beautés de ce métier,
07:19chaque personne qui contribue au véhicule
07:21ou à l'objet spatial est en fait indispensable à son succès.
07:25Pour reprendre la métaphore de la musique,
07:27moi en tant que CEO,
07:28ce n'est pas moi qui joue dans l'orchestre.
07:30Mais sans orchestre, il n'y a pas de musique.
07:32Donc chacun est indispensable au succès.
07:34Et c'est pour ça qu'on essaie d'avoir un package
07:36au niveau des parts qui soit extrêmement incitatif,
07:39parce que lorsque l'entreprise réussira
07:41et que ce soit massif,
07:43eh bien les gens puissent être massivement récompensés
07:45de leur effort qui lui aussi est massif.
07:47Sanislas Maximin, ce n'est pas toujours facile quand même
07:48de s'aligner en termes de package,
07:50quand on voit là avec l'IPO,
07:51ce que vont toucher les salariés de SpaceX.
07:53Il y a un nombre très impressionnant
07:55qui vont devenir millionnaires quand même.
07:56Ils ont des cours en gestion de patrimoine.
07:58Ils ont intérêt et je leur souhaite.
08:00Et je pense qu'ils l'ont largement mérité.
08:01Ce qu'ils font au jour le jour
08:03et depuis des années chez SpaceX
08:05relève de l'exceptionnel.
08:07Oui, ce n'est pas simple.
08:09Mais comme l'a dit Hélène,
08:10c'est une question derrière de culture,
08:12de projets qu'on leur vend
08:14dans une organisation qui travaille différemment,
08:18qui s'inspire et qui aussi trace sa propre route.
08:21Et pour nous, c'est l'occasion de récupérer
08:23des personnes qui ont une expertise extraordinaire
08:25qui n'a jamais été vue en Europe.
08:26On a pareil des gens de chez SpaceX,
08:28Firefly, des anciens d'Astra, Rocket Lab.
08:31Et ça permet de venir apporter en Europe
08:35et surtout dans notre organisation,
08:37ces qualités d'ingénierie,
08:40mais également de culture américaine
08:42sur le développement,
08:44sur laquelle en Europe,
08:45on a encore du progrès à faire.
08:48Mais oui, il faut être généreux.
08:49En général, il faut être généreux.
08:52Il faut valoriser...
08:53En matière de salaire apparemment aussi,
08:55dans le spatial.
08:55Un grand merci à Lénubi
08:56d'avoir été avec nous depuis Munich ce matin.
08:58Merci beaucoup Stanislas Maxime
08:59d'être venu en plateau.
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