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L'écrivain et le journaliste Franz-Olivier Giesbert était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:008h13, la grande interview CNews Europe 1, ce matin avec Frantz-Olivier Gisbert.
00:05Bonjour Frantz-Olivier Gisbert.
00:06Bonjour Romain Desarbres.
00:07Merci beaucoup d'être avec nous.
00:09On ne vous présente pas, journaliste, écrivain, auteur de Voyage dans la France d'avant aux éditions Gallimard
00:15et auteur de La France est-elle un pays communiste ?
00:18Les deux sont d'actualité.
00:19Réponse oui aux éditions Plon.
00:21On va balayer l'actualité évidemment, Frantz-Olivier Gisbert,
00:26et on va commencer par cette actualité dramatique, Liana, qui sera inhumée cet après-midi.
00:31Les Français pleurent, une petite fille de 11 ans.
00:34Le suspect numéro un du meurtre était dans la nature, malgré de nombreux voyants qui étaient au rouge.
00:40Quel est votre regard, Frantz-Olivier Gisbert, sur ce drame ?
00:43Je dirais que c'est une sorte de catharsis, c'est-à-dire que je ne dis pas que les
00:49Français ont brusquement tous ouvert les yeux,
00:53mais ils communient dans un moment très étrange où ils se disent qu'il y a quelque chose qui ne
01:00va pas.
01:00Et c'est très simple d'ailleurs, quand vous regardez bien.
01:04Nous subissons des finances publiques incontrôlées, nous les subissons, affaissement.
01:10Nous subissons immigration incontrôlée, les seuls en Europe maintenant, ça va bientôt être ça,
01:15enfin c'est lamentable, affaissement.
01:17Nous subissons affaissement de l'autorité, crise de l'autorité, c'est absolument évident.
01:2428 000 refus d'obtempérer, c'est quand même un truc de fou, ça n'existe nulle part au monde.
01:29Donc, affaissement.
01:31Le résultat provoque un affaissement absolument général.
01:35Et je dirais ça, c'est presque, comment dire, c'est le truc en plus,
01:39et qui fait, qui crée forcément un sentiment de dégoût, de révolte.
01:42Moi, ce qui m'a frappé énormément, c'est que vous avez eu 60 000 personnes
01:46qui sont allées manifester spontanément,
01:50ce qui montre un niveau de colère rarement égalé.
01:54Alors, je sais, on va dire, la justice manque de moyens.
01:57Et c'est vrai qu'elle manque de moyens, ça, je crois qu'il faut le dire,
01:59parce que les Français ne dépensent pas beaucoup pour la justice.
02:03C'est 77 euros par habitant en France, c'est 136 en Allemagne,
02:09138 dans les Pays-Bas, et même nos amis italiens,
02:12ils font beaucoup mieux, ils font 100 euros par habitant.
02:15Donc, nous sommes très loin du compte.
02:17Mais donc, ça, c'est vraiment un souci.
02:20Même si beaucoup de progrès ont été faits sous la présidence de Macron,
02:25il faut au moins lui reconnaître ça.
02:27Mais vous voyez très bien que ça montre un mal.
02:32Le mal français est devenu...
02:34Vous savez, tout ça va aussi avec les trains qui n'arrivent plus à l'heure.
02:37Enfin, il y a un côté à laisser aller absolument général
02:41que l'on sent, que les Français sentent,
02:43et sur un sujet comme ça, qui est effrayant.
02:46Enfin, il n'y a pas d'excuse.
02:47Et d'ailleurs, là-dessus, quand on a écouté Gérald Darmanin,
02:50on voit bien qu'il n'y a aucune excuse possible.
02:53Il n'y a pas de moyens, ça, c'est sûr.
02:54Mais en même temps, on pouvait empêcher ça.
02:58Bruno Le Maire met en garde.
02:59Il dit que la révolte actuelle pourrait devenir révolution.
03:02Vous partagez cette crainte ?
03:03Il a signé une tribune dans le Figaro.
03:05Non.
03:06Non, je ne partage pas.
03:07On n'est pas dans une situation révolutionnaire.
03:09Je pense qu'on peut aller dans une situation révolutionnaire
03:12vu ce qui se passe sur le plan des finances publiques.
03:16Allez voir ce site qui s'appelle
03:18Horloge de la dette publique, par exemple.
03:20Vous aurez le vertige.
03:21Vous voyez, ça va très vite.
03:23Et puis, on ne voit pas tellement la solution.
03:25Et puis, la charge de la dette, uniquement les intérêts de la dette,
03:28ce sera 147 milliards à payer en 2032.
03:31Mais comment on va faire ?
03:32Mais comment on va faire ?
03:33Et que personne n'en parle.
03:36Vous voyez, ce qui est quand même quelque chose d'effrayant
03:38parce qu'on a l'impression qu'on ne veut pas voir ça.
03:43Et ça, si un jour, nous avons une crise financière,
03:46je veux dire, avant la présidentielle, ce sera vraisemblablement après.
03:49Mais si nous avons une crise financière,
03:51vous verrez qu'à ce moment-là, la situation peut devenir révolutionnaire
03:54puisque, en Grèce, je ne sais pas si vous vous souvenez,
03:56quand il y a eu une crise financière du même genre que celle qu'on pourrait connaître,
04:00les Grecs sont devenus fous.
04:02Et je pense que les Français aussi pourraient devenir fous.
04:04Vous pensez qu'on pourrait s'en sortir sans crise ?
04:07Ah oui.
04:08Oui.
04:09Mais il faut des responsables politiques.
04:10Les Français n'attendent pas la crise, en réalité ?
04:11Non.
04:11Qu'on soit au pied du mur et que les féminines nous disent qu'on n'a plus d'argent
04:15?
04:15Écoutez, notre meilleur sociologue, Jérôme Fourquet, il dit très bien les choses.
04:19Les Français, ils sont un peu éloignés de la politique.
04:23D'ailleurs, on ne parle pas plus politique à table et puis on fait le barbecue le week-end.
04:27Non, non, on ne parle pas politique.
04:29C'est un peu ça, aujourd'hui, la France.
04:31On voit très bien dans nos familles parce qu'on n'a pas envie, ça nous fait trop de peine,
04:36etc.
04:36Mais tout ça peut changer.
04:38C'est-à-dire, vous savez, la politique, ça peut changer du jour au lendemain quand vous avez des personnes.
04:45Moi, je vois le Royaume-Uni qui était un pays foutu, avec le Premier ministre, l'idiot du village, quoi,
04:50qu'ils ont mis là, Keir Starmer, travailliste, imbécile, enfin, je veux dire, complètement à côté de la plaque,
04:56et qui ne fait rien, il perd toutes les élections, mais il se maintient.
05:00Enfin, ça ressemble un peu à ce qu'on peut connaître en France, mais en pire.
05:02Bon, et ce pays va à volo.
05:06Brusquement, il y a une figure nigériane, d'ailleurs, d'origine nigériane, Kim Madnok,
05:13Madnok qui, comment dire, chef du Parti conservateur, qui prend le dessus.
05:18Vous voyez, parce que l'avenir du Royaume-Uni, personne ne pense que ce sera Nigel Farage,
05:23parce que c'est un, comment dire, l'auteur du Frexit, c'est pas grand-chose, c'est rien du
05:27tout.
05:28Et cette femme, elle défend, oui, c'est une Nigériane britannique, enfin, elle est d'origine nigériane,
05:35elle défend les valeurs, elle défend l'Europe, elle lutte contre l'antisémitisme, contre le wokisme, etc.
05:41Elle le faisait depuis longtemps, mais là, brusquement, tout le monde l'écoute.
05:44Et donc, c'est ce qui peut arriver en France, à un moment donné.
05:47Mais à ce moment-là, il faut parler au français.
05:49Je ne vois personne qui parle au français, si vous voulez, pour l'instant.
05:52Je vois, on voit bien, aujourd'hui, si on regarde les sondages, le cluster du point qui vient de sortir,
05:59le sondage, il donne une espèce de bloc de droite.
06:03Vous avez en tête, évidemment, Bardella, et puis en deux, Marine Le Pen,
06:09et en trois, Éric Ciotti, et puis ensuite, je ne sais plus qui, d'ailleurs, Marion Maréchal,
06:17et enfin, et puis tout près, d'ailleurs, Jean-Philippe Tanguy.
06:20On voit très bien que les Français vont, pour l'instant, à droite de toutes.
06:24C'est la droite de droite.
06:25La droite de droite.
06:26Mais, en même temps, on est à un an.
06:28Et moi, je me méfie toujours, en tant que journaliste blanchi sur le harnais,
06:33je me méfie toujours des sondages un an avant, parce qu'en général, les Français...
06:38Mais oublions les personnes.
06:40C'est quand même un message politique.
06:42Ah, le message politique, c'est la France est à droite.
06:44La France est à droite.
06:45Ses institutions ne sont pas toujours à droite.
06:47Il suffit de voir le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, etc.
06:50Mais la France, aujourd'hui, est à droite de toutes.
06:53Ça, c'est clair.
06:54Mais après, vous voyez, il faut que se dégage quelqu'un qui parle.
06:58Ils disent les choses.
07:00Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
07:01La campagne n'a pas commencé non plus.
07:02Et puis, cette personne, peut-être qu'on ne la connaît pas.
07:05Peut-être, brusquement, les Français sont samourachés de David Listin,
07:09ou va arriver Robert Ménard, ou un autre, ou je ne sais qui.
07:13Et puis, ce sera peut-être, d'ailleurs, une figure venue de la gauche social-démocrate.
07:19C'est possible aussi.
07:20On ne sait pas.
07:21Ce qui est sûr, c'est que, pour l'instant, Édouard Philippe n'imprime pas.
07:26Il n'imprime pas, c'est clair.
07:28Et puis, Gabriel Attal, je pense qu'il aura du mal.
07:31Parce que, d'ailleurs, on ne voit pas comment d'anciens premiers ministres de Macron
07:34pourraient devenir président de la République.
07:37Je ne sais pas comment dire.
07:38Il y a quelque chose qui cloche.
07:40Un ministre de premier plan disait en off qu'il est loin d'être impossible
07:43que Marine Le Pen ne puisse se présenter.
07:48Il est donc possible qu'elle puisse se présenter.
07:51Qui a le plus de chance, selon vous, si Marine Le Pen peut se présenter
07:54entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ?
07:58C'est très difficile.
07:59Aujourd'hui, les sondages, évidemment, nous disent Bardella.
08:02En même temps, Marine Le Pen a beaucoup de métiers.
08:04Elle a un programme un peu à côté de la plaque.
08:07On a notamment la retraite à 60 ans.
08:09Je pense qu'elle essaie de le cacher de plus en plus.
08:11Mais il faudra vraiment qu'elle ronde avec tout ça.
08:14Bon, là, il y a des gens proches d'elle.
08:15Jean-Philippe Tanguy, qui ont des choses très justes sur le budget, par exemple.
08:18Il dit, Jean-Philippe Tanguy, je l'ai entendu.
08:21Et je pense qu'il est allé avoir l'accord au sommet pour dire ça,
08:26parce que c'était très fort,
08:27qu'il était pour l'idée, vous savez, de la règle d'or des 3 %,
08:32ne pas avoir un déficit budgétaire qui dépasse les 3 %.
08:35C'est vraiment une très bonne mesure, pour une raison très simple.
08:40Une grande partie de la classe politique, notamment à gauche, mais à droite aussi,
08:43n'a pas compris que quand on augmente sans arrêt les dépenses
08:47et qu'on a un déficit budgétaire qui est plus de 3 %,
08:50on n'a pas de croissance.
08:52Et c'est ça qui se passe aujourd'hui en France.
08:54On est au bord de la récession avec, évidemment, un déficit budgétaire.
08:59Maou, si on veut que ce pays redevienne prospère,
09:03il faut surtout essayer de gérer bien les finances publiques.
09:06Les 3 %, ce n'est pas une règle de l'Europe, etc.
09:09Tous les économistes, il suffit de lire n'importe quel manuel d'économie,
09:12vous expliquent très bien comment on ne peut faire progresser un pays économiquement
09:19que si vous limitez au maximum le déficit budgétaire.
09:24D'ailleurs, regardez l'extraordinaire période de De Gaulle,
09:26il faut toujours revenir là-dessus, 1958,
09:28le plan de déstabilisation du général De Gaulle,
09:31et puis pas de déficit budgétaire du tout.
09:35Alors lui, ce n'est pas la règle des 3 %, c'est 0 %, pas de déficit budgétaire.
09:38Et qu'est-ce qui se passe après ?
09:395 % de croissance, 6 % de croissance.
09:42On a une croissance à ce moment-là chinoise en France pendant 10 ans.
09:45Ça n'a pas empêché mes 68, d'ailleurs.
09:47Mais bon, les Français...
09:51C'est pour un autre sujet que l'économie, peut-être.
09:53Mais en même temps, ça a été une explosion économique,
09:55et tout le monde regardait la France en disant, c'est formidable.
09:58Il disait d'ailleurs, Macron aurait dû en prendre de la graine,
10:01ou devrait peut-être...
10:02Mais il faut du courage pour dire aux Français, ça va être compliqué,
10:05il va falloir travailler un petit peu plus.
10:06Il y a des Français qui ne travaillent pas, qui vont devoir se mettre au travail.
10:10Il y a des Français qui travaillent, qui vont devoir travailler un petit peu plus.
10:13Il y a l'âge de la retraite qui va devoir être poussé.
10:15Il y a l'âge d'entrée dans le travail qui va devoir être peut-être un petit peu avancé.
10:20On va peut-être être un petit peu moins bien remboursé.
10:22Ça sera compliqué, mais on va y arriver.
10:26C'est un message qui, pour l'instant, n'imprime pas auprès des Français.
10:28Qu'est-ce que vous attendez pour faire de la politique ?
10:31Mais c'est ça qu'il faut dire, mais évidemment, mais il faut dire aussi aux Français...
10:33L'avenir peut être beau, mais il va falloir se bouger.
10:35... qu'on va augmenter leur pouvoir d'achat.
10:37L'idée derrière tout ça, c'est de rendre la France plus prospère,
10:43et donc les Français plus prospères.
10:45Et une France donc qui sera plus écoutée,
10:47où les trains enfin arriveront à l'heure,
10:49et où il n'y aura pas des histoires affreuses comme celle de l'IANA,
10:52qui est quand même une honte pour la société.
10:56François Gilles-Berre, invité de la grande interview CNews Europe 1.
11:00Je voulais vous entendre sur cette information.
11:02L'ARCOM, le gendarme des médias, a mis en demeure Radio France,
11:06car les radios de Radio France passaient 60 à 70% du temps de parole
11:12du Rassemblement National entre minuit et 6 heures.
11:14Ils ont dit qu'ils en étaient aperçus très tardivement,
11:17qu'il y avait un problème de logiciel,
11:18qu'ils ne faisaient pas la différence entre le jour et la nuit.
11:20Bon, ça ne semblait déranger personne, ceci dit.
11:25Personne ne s'en était aperçu, ça semblait n'embêter personne.
11:28Quel est votre regard ?
11:29L'ARCOM, comme la plupart des grandes institutions de ce pays,
11:32a tous laissé pisser depuis des années.
11:34Elle a laissé pisser le méridos, comme on dit dans nos campagnes.
11:37Et vous vous souvenez quand même de la campagne de la NUPES,
11:40c'était aux élections législatives de 2022,
11:43où ils avaient, comment dire, toutes les antennes, je crois,
11:48c'était du l'ordre de 70%.
11:50J'ai vu dans les études, d'ailleurs, que CNews s'en sortait bien.
11:53Il y avait un équilibre.
11:55Mais on ne peut pas dire que c'était ça sur les autres chaînes.
11:57Je ne vais pas les citer toutes, mais c'est notamment dans le service public.
12:00On avait 70% de temps de parole pour LFI, le PS,
12:09et surtout pour ce qu'on appelait la NUPES, l'extrême-gauche,
12:12et leurs alliés.
12:14Bon, l'ARCOM n'a rien dit.
12:16Rien du tout.
12:17Pendant la campagne des législatives,
12:21ils auraient dû regarder le temps de parole.
12:23Là, je trouve que c'est un tournant et je crois qu'il faut le saluer.
12:26C'est-à-dire, moi qui étais un grand contempteur de l'ARCOM depuis toujours,
12:32je n'ai jamais hésité à critiquer.
12:34Là, je dis, ils commencent à faire leur boulot.
12:36C'est bien.
12:38François-Olivier Gisbert, je voulais vous entendre également sur Emmanuel Macron
12:42qui a déclaré, après les violences suite à la finale de la Ligue des champions,
12:45qu'on serait intraitable avec les casseurs.
12:49Il n'en a rien été, 890 personnes interpellées
12:51et quelques personnes ont été placées derrière les barreaux.
12:56Mais c'est infinitésimale.
12:59Pourquoi est-ce qu'il dit ça ?
13:00Et est-ce que vous craignez de nouvelles violences avec la Coupe du Monde ?
13:04Bien sûr, évidemment.
13:05Mais si vous voulez, c'est le problème d'Emmanuel Macron, il ne reprend pas.
13:08Il dit à chaque fois, nous serons intraitables.
13:11Évidemment, ça devient comique.
13:14De ce point de vue, il ressemble beaucoup à Kirstermer, d'ailleurs,
13:17son voisin ridicule de côté de la Manche.
13:21Évidemment, ou je ne sais pas où prendre un peu de hauteur.
13:23Mais le vrai sujet, il y a évidemment les magistrats.
13:28Il y a le syndicat de la magistrature, très puissant dans le monde des magistrats,
13:33très, très puissant.
13:34Et puis d'autres aussi, plus ou moins associés,
13:37qui font que vous avez un courant d'extrême-gauche très puissant dans la magistrature.
13:41C'est clair.
13:42Vous avez la même chose dans la presse.
13:43On ne va pas se cacher.
13:44Derrière notre petit doigt, il y a des métiers qui sont vraiment,
13:49je dirais presque, contrôlés par l'extrême-gauche.
13:51Donc, il y a l'idée, évidemment,
13:54les casseurs sont des victimes.
13:55Ça, c'est clair chez un certain nombre de juges.
13:57Il y a des médias contrôlés par l'extrême-gauche.
13:58Mais il y a tous les journalistes à l'extrême-gauche, évidemment.
14:02Je suis d'accord.
14:02Mais enfin, ce que je veux dire, c'est que, bon,
14:04il y a quand même des métiers où il y avait plus d'extrême-gauche qu'ailleurs.
14:08Et l'idée que tous les casseurs sont des victimes,
14:10je dirais, ce n'est pas seulement le sujet.
14:14Il y a un autre sujet.
14:15C'est que, moi, je me mets aussi à la place des magistrats.
14:18Parce que les magistrats, ils ne sont pas tous d'extrême-gauche,
14:20ceux qui ont pris des décisions comme ça.
14:22C'est que vous avez un problème de surpopulation carcérale.
14:24Nous avons 90 000 détenus et nous manquons de place à tous les niveaux.
14:30Vous savez que dans 30 maisons d'arrêt,
14:37vous avez une surpopulation carcérale égale ou supérieure à 200 %.
14:43C'est-à-dire, non, on ne peut pas.
14:46Je veux dire, là aussi, c'est un vrai sujet.
14:48Bon, chaque fois qu'il y a un nouveau président,
14:49il dit toujours qu'il va faire la simplification bureaucratique,
14:54tout va bien se passer.
14:55Et puis, il dit aussi qu'il va construire des places de prison.
14:57On attend toujours.
14:59Mais ça, c'est aussi un sujet.
15:00C'est-à-dire que vous êtes magistrat,
15:02est-ce que vous allez envoyer ces gens dans des...
15:04Alors qu'il n'y a plus de place.
15:05Il n'y a plus de place, voilà.
15:06François-Olivier Gisbert,
15:07les obsèques de Bernadette Chirac seront célébrés cet après-midi à Paris.
15:12Nicolas Sarkozy.
15:13rend un très bel hommage à Bernadette Chirac.
15:16L'interview par Laurence Ferrari a été enregistrée,
15:18sera diffusée à 8h40 ce matin sur CNews et sur Europe 1.
15:23Quelle empreinte laissera Bernadette Chirac ?
15:25Et qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ce matin,
15:27vous qui l'avez connue ?
15:28C'est une femme très respectable.
15:31Personnellement, je l'aimais beaucoup.
15:32Elle ne m'aimait pas beaucoup, ce qui est tout à fait normal,
15:34parce que je suis un journaliste, comment dire, indépendant,
15:39mauvaise langue, etc.
15:40Je n'ai pas écrit toujours des choses sympas.
15:42Donc, elle m'agressait régulièrement.
15:44Mais, en même temps, je respectais quelque chose de très fort,
15:49dont vous avez parlé tout à l'heure.
15:50C'est des gens comme ça qui devraient diriger la France.
15:53Elle avait beaucoup de courage.
15:54C'était vraiment quelqu'un qui avait du courage,
15:57qui avait de la volonté.
15:58Et puis, je veux dire, il avait même aussi un sens politique
16:01que son mari, d'ailleurs, vantait toujours.
16:03Parce qu'on a beaucoup parlé de leur relation,
16:05mais c'était un couple quand même très lié.
16:09Parce que moi, j'ai assez vu Chirac.
16:11Quand vous suiviez Chirac, par exemple,
16:13il l'appelait quand même très régulièrement.
16:15Quand elle appelait, il la prenait tout de suite au téléphone.
16:17Et c'était une tête politique.
16:19Je vais raconter une histoire.
16:20D'ailleurs, c'est lié tout à fait à Sarkozy.
16:21Elle m'avait dit, après l'histoire Balladur,
16:26Édouard Balladur, qui était proche de Chirac,
16:28qui avait complètement trahi Chirac
16:29dans la période quand il était Premier ministre,
16:32en 1993 et 1995,
16:35il avait été soutenu à l'époque par Sarkozy.
16:38Et Chirac avait décidé, comment dire,
16:41de ne plus rien faire avec ces gens-là.
16:44Et un jour, je me souviens,
16:46j'avais croisé, je ne sais plus où,
16:47elle m'avait dit,
16:48dites, vous qui avez de l'influence sur votre mari,
16:51sur mon mari, je veux dire, vous rigolez,
16:53je n'ai aucune influence sur lui,
16:55vous devriez quand même lui dire,
16:56il faut travailler avec Sarkozy.
16:58Elle avait dit, à l'époque,
17:00elle disait des choses horribles sur Sarkozy,
17:01au moment où Sarkozy était avec Balladur,
17:03puisque c'était, comment dire,
17:05un des féos de Balladur à l'époque.
17:07Elle disait des choses horribles.
17:09Et là, elle disait, il faut qu'il revienne,
17:12il faut travailler avec lui,
17:13parce qu'elle disait, c'est le meilleur.
17:14Donc, vous voyez, il y avait toujours chez elle,
17:16c'était une tête politique.
17:18Tête politique, oui, oui.
17:19Merci beaucoup, merci beaucoup.
17:21Merci, François Gilles-Gisbert.
17:21Merci à vous, Romain Desarbres.
17:23Et donc, cette interview de Nicolas Sarkozy
17:26par Laurence Ferraille,
17:26à 8h40 sur CNews et Europe 1.
17:29Merci à vous, François Gilles-Gisbert.
17:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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