00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Dans une semaine, la Fed et notamment Kevin Walsh, son nouveau président,
00:08la Fed et son nouveau président s'exprimeront pour annoncer probablement un statut quo,
00:12peut-être pas de baisse de taux, pas tout de suite.
00:14Patrice Gautry est avec nous, le chef économiste du Lyon Banca Privée.
00:16Bonjour Patrice, on est ravis de vous retrouver.
00:18Bonjour.
00:18Cette baisse de taux, on y croit de moins en moins parce que le chiffre de l'inflation américaine a
00:21été publié,
00:22les prix à la consommation, conforme aux attentes c'est vrai,
00:24mais largement, largement au-delà des objectifs de la Fed.
00:28Oui, tout à fait, avec 4,20%, c'est bien au-delà de l'objectif de la Fed.
00:33Ce qui est plutôt rassurant, c'est d'une part que cette accélération de l'inflation
00:38est due essentiellement à l'accélération des prix de l'énergie,
00:42donc il y a encore des effets de hausse du prix du baril et notamment des prix à la pompe
00:47qui perturbent l'indice global de l'inflation.
00:50Par contre, on a quelques bonnes nouvelles.
00:52Les bonnes nouvelles, c'est que les services sont restés plutôt modérés,
00:550,3%, que l'inflation cœur est resté modérée, 0,2% par rapport à 0,3% attendu.
01:02Et sur un an, si l'indice global monte à 4,20%, l'indice cœur, lui, reste juste en dessous
01:09des 3%, à 2,9%.
01:11Donc pour M. Warch, en fait, il n'y a pas de pression.
01:13Si l'inflation cœur avait vraiment dérapé et à la même hauteur que les indices globaux,
01:19effectivement, il serait trouvé dans une situation totalement inconfortable.
01:22Là, ça donne du temps, en fait, à la fête, du temps pour juger
01:26si, effectivement, il peut y avoir encore un dérapage des prix de l'énergie vers les prix cœur,
01:32puisque maintenant, le headline, lui, pourrait rester autour des 4%, entre 3,5 et 4%.
01:37Et peut-être que sur le headline, s'il n'y a pas d'autres développements négatifs du côté du
01:42Moyen-Orient,
01:43eh bien peut-être que l'indice global de headline inflation, lui, aurait déjà peut-être atteint son pic.
01:50Donc, moins de pression sur Warch, mais bien entendu, on va surveiller les premières conférences de presse
01:55qui se passent toujours un petit peu difficilement pour les premiers gouverneurs, les gouverneurs qui arrivent.
02:01Et il y a quelquefois quelques petites tensions ou mauvaises interprétations de la part du marché.
02:05– Patrice, avant ça, on a notre tour à nouveau, demain, avec la BCE.
02:09Ce sera à suivre en direct, d'ailleurs, il y a Aude Kersulek qui sera là en direct de Francfort.
02:13C'est quand même une décision à la fois très attendue, très anticipée,
02:17mais alors débattue à tort et à travers depuis 3-4 semaines,
02:22avec d'un côté pas mal d'analystes qui disent « on est à l'aube d'une sorte d
02:27'erreur de politique monétaire »,
02:29d'autres qui disent « non, c'est déjà pricé, c'est déjà anticipé, il n'y a pas de
02:32mal à ça au vu des fondamentaux ».
02:34Quel est votre avis ?
02:36– Les deux sont vrais, effectivement.
02:38Les marchés ont déjà anticipé trois hausses de taux,
02:40donc une seule, effectivement, pour l'instant, ça ne va pas modifier les marchés.
02:45La BCE est coincée par son mandat, avec une inflation qui est à 3%
02:50et un objectif à 2% et des taux directeurs à 2%.
02:53Elle est quelque part obligée, par rapport à un test de crédibilité qu'elle pourrait avoir sur les marchés,
02:58elle est obligée de monter ses taux.
02:59Par contre, elle n'est pas obligée de les monter 2-3 fois,
03:01c'est-à-dire qu'on peut faire 2-25,
03:04on restera encore dans un range qui est neutre,
03:07donc la politique monétaire ne passera pas nécessairement très restrictive
03:12dans cet environnement-là, ce qui sauve un petit peu la situation.
03:15Et puis, les banquiers centraux mettent la pression, en fait, sur Donald Trump.
03:18Sortez-nous de cet imbroglio géopolitique,
03:21et au plus vite, on a une détente des prix du baril avec un accord de paix,
03:26et au plus vite, en fait, les banques centrales pourront revenir, je dirais,
03:29à une gestion normale des taux d'intérêt directeurs,
03:32et en laissant passer, en fait, les hausses de l'énergie,
03:35sans qu'il y ait de débordement du côté des services.
03:37Ce sont les deux challenges qu'on retrouve,
03:38à la fois du côté américain comme du côté de la zone euro.
03:42Et Patrice, on voit le baril de pétrole, justement, dont vous parliez,
03:45qui est le moteur initial de l'inflation actuelle,
03:48désormais, quand on est sous les 100 dollars,
03:49on est à 93 dollars actuellement pour le Brent.
03:51Alors, beaucoup disent, c'est bon, quand même, une partie du problème est réglée,
03:54on n'est plus au-delà des 100 dollars.
03:55Est-ce qu'à 93, là, comme c'est le cas actuellement,
03:57dans une situation entre guerre et paix, quoi, on ne sait pas très bien dans quoi on est,
04:00est-ce qu'à 93, dans la durée, c'est soutenable ?
04:04Alors, c'est encore problématique, c'est-à-dire que si on reste là,
04:07ça veut dire qu'il y a quand même des contraintes,
04:08et qu'on peut avoir des contraintes, en fait, sur les coûts des entreprises,
04:12et encore peut-être un peu de débordement du côté des tarifs,
04:16et notamment dans les services.
04:18Par contre, effectivement, la bonne nouvelle, comme vous le rappeliez,
04:20c'est qu'on n'est pas à 150 dollars,
04:21même s'il y a eu des frappes cette nuit,
04:24donc on est en dessous des 100 dollars.
04:26Donc, ça veut dire que les prix spot,
04:27si jamais il y a une annonce d'accord de paix,
04:30les prix spot peuvent encore baisser significativement,
04:33mais en termes d'approvisionnement, de production, de distribution de pétrole,
04:37ça va demander un petit peu de temps,
04:38ce qui veut dire que si l'économie, les marchés vont être soulagés,
04:41l'économie réelle remettra un petit peu de temps
04:44avant de revenir sur des prix du baril,
04:46qui étaient aussi sympathiques qu'en début d'année,
04:48puisque, je rappelle, on était avec des cours forward
04:50qui pointaient aux alentours des 65 dollars.
04:52Donc, on reste encore relativement élevés,
04:54mais à ce moment-là, on n'accélère plus sur les contraintes,
04:57on enlève progressivement des contraintes.
04:59Merci beaucoup, Patrice Gautry, avec nous pour l'Union bancaire privée.
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