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  • il y a 8 heures
Dans ce talk, Cécilia Severi Gay reçoit trois investisseurs au cœur du New Space : Charles Beigbeder, PDG d'Audacia, Olivier Dubuisson, PDG de Karista, et Estelle Goddard, principale en investissement chez Red River West. Ensemble, ils dressent un état des lieux sans concession d'un marché en pleine effervescence. Entre chiffres d'affaires records, pertes massives et IPO historique de SpaceX. Le New Space tient-il enfin ses promesses ?

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Transcription
00:05Musique
00:12Le marché du New Space des petits satellites et du réutilisable bat son plein,
00:16mais quand vont pleuvoir les milliards de chiffres d'affaires annoncés ?
00:20On en parle avec nos invités en plateau aujourd'hui à ma droite, Charles Bec-Bédé, cofondateur d'Expansion.
00:25Bonjour.
00:25Bonjour.
00:26Bienvenue sur le plateau de Smart Space, à vos côtés Olivier Dubuisson.
00:30PDG de Carista, bonjour.
00:31Bonjour.
00:32Bienvenue sur le plateau.
00:32Et puis en face, Estelle Godard, principale en investissement chez Red River West.
00:36Bonjour.
00:37Bonjour.
00:37Bienvenue sur le plateau de Smart Space.
00:39Alors, les chiffres du New Space, ils font rêver.
00:41Ça fait un moment qu'on les martèle.
00:43On parle de doubler les chiffres d'ici 2034, atteindre 13 milliards de dollars.
00:49Est-ce qu'ils se matérialisent un petit peu ces chiffres aujourd'hui ?
00:5313 milliards ? Non, 1300 milliards.
00:551300 milliards, vous avez raison.
00:56C'est entre 1000 et 2000 milliards.
00:57C'est tellement immense que j'ai du mal à l'accepter.
01:02Écoutez, quand on regarde les chiffres d'affaires de SpaceX, tel qu'annoncé dans son prospectus,
01:07on voit que c'est quand même, on tourne autour déjà de 20 milliards.
01:10Donc ça y est, ça s'accélère.
01:12Et on parle de 100 milliards pour l'année prochaine ou dans deux ans, au niveau de ces activités de
01:19connectivité spatiale.
01:21Donc je crois que le New Space, c'est quoi ?
01:25C'est la redécouverte de l'orbite basse, grâce à l'effondrement des coûts de fabrication d'un satellite et
01:32de l'accès à l'espace.
01:34Et ça ouvre les vannes, et ça fait de l'espace un domaine normal de business.
01:39Donc avant, on parlait de l'espace, on disait oui, c'est la Lune, c'est Mars.
01:43Non, c'est l'orbite basse, c'est à 400 kilomètres.
01:46C'est facile d'accès et on peut faire des chiffres.
01:47C'est extrêmement utile pour se connecter, la preuve Starlink, donc de SpaceX, et pour voir.
01:54Parce qu'on voit très bien, parce qu'on est très proche, et donc l'observation spatiale est en train
01:58de décoller et de passer en temps réel.
02:01Et donc il y a plein de use cases qui se développent.
02:03Mais on parle encore de projections, est-ce que vous voyez ces chiffres arriver aujourd'hui, Olivier Dubuisson ?
02:07C'est surtout tiré par les services, c'est-à-dire qu'on voit une grosse augmentation de chiffre d
02:12'affaires des sociétés autour des services,
02:14donc Starlink évidemment, et puis c'est difficile de donner le contour de ce que c'est que le New
02:20Space,
02:20puisqu'en fait il y a tout un tas de use cases qui sont à la périphérie du spatial, qui
02:26utilisent des données spatiales.
02:27Alors est-ce qu'on l'entre dans le chiffre d'affaires ?
02:30Est-ce que par exemple le GPS, le fait d'utiliser un GPS, de vendre des puces GPS, etc., ça
02:35rentre dans ce périmètre ?
02:37Et du coup ça fait des chiffres énormes, et donc on a du mal à évaluer le marché.
02:42Alors oui, on entend 1500 milliards à horizon en 2035, mais on compte tout en fait, et c'est pour
02:49ça que ça fait des chiffres énormes.
02:50Après, il faut que les acteurs qui se positionnent sur ces services soient performants pour pouvoir commencer à faire du
02:57chiffre d'affaires.
02:58On n'est plus au stade du rêve, maintenant on est vraiment au stade de l'industrialisation, il faut vraiment
03:02prouver, et c'est maintenant.
03:04On a fait rêver pendant plein d'années, et on a imaginé tout un tas de choses, et maintenant les
03:11investisseurs, qu'on est tous autour de la table,
03:15on veut du concret, on veut du chiffre, on veut de la rentabilité, c'est plus le rêve.
03:21On est vraiment maintenant à un point d'inflexion.
03:23Estelle Godard, vous partagez ce regard ?
03:24Oui, et je pense que pour répondre à votre question, on arrive à un moment donné où on commence à
03:28voir ces chiffres arriver, et pas seulement sur les services.
03:31Je pense que je suis d'accord, il y a un côté service qui arrive avec beaucoup de chiffres d
03:36'affaires,
03:36qui sont élargis par le nombre de possibilités et de use cases,
03:40mais il y a aussi une réalité qui est qu'on a beaucoup plus d'entreprises qui font aussi tout
03:45ce qui est de la création de satellites.
03:49Quand on parle par exemple de l'entreprise Bulgare Endurosat, qui fait deux satellites par jour,
03:54on est à un niveau d'industrialisation et de production qui est inégalé par rapport à avant.
04:01Et on a aussi une concurrence de choses en termes de marché et d'événements,
04:05notamment avec la guerre et l'augmentation des budgets pour tout ce qui est défense.
04:11Le spatial est quand même très proche de la défense.
04:14Et donc on voit notamment des entreprises comme IceEye qui ont des livrets de commandes,
04:19qui croient à des valeurs qui sont vraiment inégalées.
04:23On n'aurait jamais espéré, c'est super, mais on n'aurait jamais espéré ça avant.
04:28Et enfin, c'est super dans l'autre, mais voilà, je pense qu'il y a aussi une réalité
04:35qui fait qu'on est beaucoup plus mature en termes d'industrialisation
04:38et de production de satellites et d'infrastructures
04:40pour utiliser l'espace dans le marché qu'il y a aujourd'hui.
04:45Et l'investissement suit ?
04:47L'investissement suit, évidemment.
04:49Donc on ne serait pas là sinon, on gère tous des fonds importants.
04:53Nous, c'est un fonds de près de 140 millions d'euros.
04:55On a déployé dans près de 24 sociétés.
04:59Et si on cumule les levées de fonds de toutes nos sociétés,
05:02on est déjà à plus d'un milliard, voire davantage,
05:06et plus de 2 000 créations d'emplois.
05:09Donc c'est vraiment du concret.
05:11Juste un chiffre quand même pour illustrer ce qui s'est passé entre 2015 et 2025.
05:16Prenons le tonnage envoyé en orbite.
05:20C'était à peu près 40 tonnes avec 50 lancements en 2015 par an.
05:27Et on est maintenant à 4 500 tonnes en orbite avec 200 lancements.
05:32Donc c'est vraiment...
05:34C'est vrai, mais beaucoup de ces lancements, c'est aussi...
05:36Quand même, on a l'éléphant au milieu de la pièce, c'est SpaceX.
05:39C'est ces lancements.
05:40Donc le marché lanceur, bon, c'est pris.
05:43Satellite, bien sûr, heureusement, il travaille aussi sur des commandes.
05:46Mais on a quand même une grosse partie de ces lancements qui concernent ses propres constellations.
05:50Donc c'était des Starlink.
05:51Donc dans tous ces chiffres qu'on donne, est-ce qu'ils en restent un peu du côté de SpaceX
05:56?
05:57Moi, vous savez, dès qu'il y a un monopole qui commence à exister, ça me donne envie de le
06:01titiller.
06:02C'est vrai.
06:03Moi, je trouve que c'est très bien qu'il y ait SpaceX.
06:05Il fallait un pionnier.
06:06C'est vraiment le pionnier emblématique du New Space.
06:09Mais c'est en train de provoquer une émulation pour aller le chercher.
06:16Il est hors de question qu'il reste tout seul, que ce soit sur l'accès à l'orbite,
06:19que ce soit sur les constellations de connectivité et sur la fabrication de satellites.
06:23Et Endurosat, c'est un exemple.
06:24Il y en a plein d'autres.
06:25Nous, on accompagne U-Space et Re-Orbit, qui ont des usines de fabrication de satellites à la chaîne, low
06:32cost.
06:33On accompagne deux entreprises, l'Altitude et Hyperspace, pour l'accès à l'orbite.
06:38Il y a encore de la place pour d'autres acteurs, parce qu'on a besoin en Europe d'un
06:43European Mega Launcher pour concurrencer Starship.
06:46Pour l'instant, il n'y a pas.
06:48C'est un déficit d'offres.
06:49C'est un déficit d'offres dans le plan.
06:50Et il y aura des milliers de tonnes à lancer.
06:52Donc, il y a un marché solvable à aller chercher.
06:55Au choix.
06:55Sinon, ça fera plus de place pour tous ces acteurs de petits lanceurs qui essayent de trouver un marché
06:59et qui vont devoir se partager le petit marché européen qui devra concurrencer les prix de départ avec SpaceX.
07:06Donc, ce n'est pas aussi garanti qu'il y ait de la place pour tout le monde et que
07:08le marché soit aussi...
07:10Non, bien sûr, il y aura une consolidation.
07:12Oui, oui, oui.
07:12Mais en tout cas, il y a quand même besoin d'investissement.
07:15C'est-à-dire que, oui, SpaceX, c'est la locomotive et ils entraînent beaucoup d'argent.
07:21Moi, j'ai tendance à dire, d'un côté, ils assèchent un peu le marché, mais d'un autre côté,
07:25ils entraînent aussi.
07:27Mais dans le domaine qui nous concerne, qui est le capital risque, je trouve qu'il y a besoin encore
07:31de plus d'acteurs.
07:32Enfin, ça manque de fonds, ça manque d'argent.
07:35Parce que quand on fait le ratio entre ce qui est investi et qu'on regarde les tours Let's Stage
07:40et puis le nombre de boîtes,
07:41les boîtes qui nous intéressent en série A, série B, elles lèvent 4-5 millions d'euros en moyenne par
07:47an.
07:47Et donc, c'est quand même des montants qui restent petits et on a besoin d'investisseurs qui croient au
07:58sujet.
07:59Et je pense que l'arrivée de SpaceX, ça va crédibiliser un peu le sujet.
08:04Oui, en IPO, oui.
08:05Ça va permettre de se dire, si lui, il est lié, c'est qu'il y a quelque chose à
08:08faire.
08:09Ça va donner confiance, même si la valorisation...
08:11Il y a des gens qui vont gagner de l'argent.
08:15Donc ça, ça va créer aussi de la liquidité.
08:21Ça permet d'entraîner...
08:23Moi, c'est ce que j'espère, l'IPO de SpaceX, c'est que ça va donner confiance un peu
08:30à tout le monde.
08:31Mais par contre, derrière, il faut que ça délivre.
08:33Mais il faut qu'on...
08:33Oui, j'avais oublié un truc.
08:35Il faut investir parce que l'Europe, c'est 25% de l'économie mondiale,
08:39selon la parité euro-dollar.
08:42Et ce n'est que 10% des investissements et de dépenses en spatial.
08:47Donc, ce n'est pas normal.
08:48Donc là, il faut qu'on augmente nos investissements.
08:50Oui, mais là, on va se tourner vers M. et Mme Tout-le-Monde pour qu'ils investissent dans le
08:52spatial,
08:53alors qu'il y aura aussi des risques avec une entreprise comme SpaceX.
08:56Donc, est-ce qu'on va chercher vraiment la solution de ce côté-là ?
08:58Oui, mais ils peuvent investir les gens.
08:59Enfin, nous, on s'adresse à des institutionnels.
09:01Donc, on ne s'adresse pas à des particuliers.
09:04Mais les particuliers, ils peuvent acheter des ETF.
09:06De toute façon, dans certains ETF, il y a du spatial, indirectement.
09:10Mais c'est très diversifié.
09:12Donc, d'ailleurs, SpaceX, il compte là-dessus pour lever tous ses fonds.
09:16Et il s'est arrangé pour être dans les indices qui font que les ETF sont obligés d'acheter du
09:22SpaceX.
09:23De toute façon, c'est un peu comme ça qu'il va réussir à lever tout son argent.
09:26Et donc, pour les particuliers, qu'ils le veuillent ou non, s'ils sont exposés sur des ETF, ils auront
09:32du SpaceX.
09:33On a aussi un moyen de faire venir les particuliers dans des véhicules plus retail qu'on a créés.
09:37Par exemple, il y a un FCPI exposé spatial.
09:40Et puis, on a des véhicules aussi plus orientés retail pour les investisseurs particuliers considérés comme professionnels.
09:46C'est-à-dire plus de 100 000 euros.
09:47Alors, c'est important de rappeler, au moment où on enregistre cette émission, on est à la veille de l
09:50'IPO de SpaceX.
09:51Au moment où vous verrez, l'IPO aura eu lieu.
09:55Et vous pourrez remettre en perspective tout ça.
09:57Estelle, est-ce que vous pensez aussi que cette IPO va bénéficier à l'économie spatiale ?
10:02Oui, je pense qu'il y a deux aspects.
10:03Il y a un aspect effectivement bénéfice, où l'IPO met un petit peu un standard.
10:09Ça donne une autre valeur à rajouter au secteur spatial.
10:13Là où c'est vrai qu'il y a quelques années, quand les investisseurs ont commencé à investir dans le
10:18secteur,
10:18on y allait un petit peu en tâtonnant.
10:20On n'avait pas nécessairement des valeurs de marché qui étaient très utilisables.
10:27On n'avait pas beaucoup de comparatifs.
10:30On en avait quelques-uns.
10:31On commence à en avoir de plus en plus avec quelques IPO qui arrivent et aussi des SPAC,
10:35mais qui ont été aussi, pareil, un petit peu des débuts et des essais.
10:40Donc là, ça donne un petit peu des valeurs complémentaires,
10:44des valeurs que beaucoup d'investisseurs peuvent utiliser
10:46et peuvent comprendre un petit peu mieux le spatial et comment ça fonctionne
10:51et quels sont les différents segments, qu'est-ce qui rapporte ou non de l'argent.
10:55Parce que c'est quand même important de voir que dans SpaceX,
10:58tous les segments ne rapportent pas autant d'argent.
11:01Effectivement, il y a la partie lanceur, mais au final, ce qui rapporte le plus,
11:04c'est la télécommunication, c'est Starlink.
11:06Donc en fait, devenir un acteur, un prime, vraiment un leader mondial dans le spatial,
11:13ça ne veut pas nécessairement dire lancer des satellites,
11:15ça ne veut pas nécessairement dire avoir des satellites en télécommunication,
11:18ça veut dire contrôler une chaîne de valeurs, réussir à baisser les coûts
11:24et arriver à récupérer des clients un petit peu partout.
11:28Le spatial, ce n'est pas facile non plus, ça reste un marché très complexe.
11:35Donc je pense que c'est un effet positif sur les valeurs, sur l'intérêt au spatial.
11:40Là où j'ai un peu de doute aussi, c'est que même avant l'IPO de SpaceX,
11:47on a remarqué qu'il y avait un petit peu un FOMO qui commençait à se mettre en place
11:51au niveau d'investisseurs qui n'avaient pas nécessairement investi dans le spatial avant
11:56et qui ont commencé à regarder les entreprises investir à des valorisations
12:02pas nécessairement en ligne avec ce qu'on avait pu voir avant.
12:05Donc c'est vrai qu'il y a un petit dérèglement au niveau du marché sur les valorisations des startups
12:09où c'est vrai que le prix qui est donné n'est plus nécessairement en ligne avec ce qu'on
12:16avait vu.
12:16Donc à la hausse, à la baisse, il va falloir réguler tout ça.
12:19Il va y avoir une régulation et aussi l'IPO de SpaceX, la préparation à l'IPO en tout cas,
12:29à donner suite à des décisions en tout cas d'Elon.
12:33Par exemple, réduire le programme de Rideshare sur lequel dépendent de nombreuses startups
12:38pour lancer leurs satellites.
12:39Donc ça montre un peu vraiment la dépendance à laquelle on a SpaceX.
12:45Mais dans le positif, ça pousse les États à développer des solutions plus souveraines.
12:51Par exemple, Red River, nous on a fait la série A de The Exploration Company
12:55qui est aujourd'hui...
12:57On va parler de transport spatial, c'est aussi un sujet qu'on peut aborder.
13:01Mais Exploration Company...
13:02Avec Nix, The Exploration Company est bien avancée,
13:06travaille avec l'Agence spatiale européenne.
13:08Il y a d'autres acteurs, mais c'est vrai que c'est un acteur
13:09qui vient de faire une démonstration réussie.
13:11On a absolument besoin d'une capacité d'accéder à l'orbite massive.
13:15J'ai parlé de 4 500 tonnes qui ont été envoyées, déployées en 2025,
13:21mais ça va augmenter, on va passer en dizaines de milliers de tonnes.
13:26Et l'Europe ne peut pas être complètement dépendante des Américains.
13:30Et puis en plus, les Américains ferment l'accès.
13:33Bien sûr, et puis les Américains, SpaceX, son chiffre d'affaires était positif,
13:38ses bénéfices non, il réinvestit tout en fait.
13:40C'est important de le préciser, les financements, ils s'autofinancent.
13:44Ils perdent l'argent.
13:44Donc ils perdent l'argent, mais ils réinvestissent tout.
13:46Sur la connectivité, il en gagne beaucoup, les marges sont énormes, c'est plus de 50%.
13:50Nous, on a d'ailleurs un soutien, Univiti, qui est une entreprise française qui souhaite déployer 3 400 satellites ultra
13:58-plats à 375 km d'altitude,
14:01en utilisant la 5G millimétrique des opérateurs telco.
14:05Bon ben là, et ils ont raison parce que, je vous dis, sur la connectivité, on va aller à 100
14:09milliards de chiffre d'affaires sur Starlink.
14:11Là, ils n'ont que 10 millions de clients, et ils font 10, 20 milliards.
14:16Donc c'est évident qu'il y a la place pour d'autres acteurs.
14:21Il y a aussi le projet Iris Carré, et donc il y a une place.
14:25Et donc il y aura besoin d'une capacité de transport européen.
14:30De transport, c'est le sujet, ça a été remis au bout du jour aussi.
14:33Alors là, c'est le transport spatial humain, mais la mission de Thomas Pesquet et Arnaud Pro,
14:38qui a été dévoilée avec l'entreprise Vast, elle dit beaucoup aussi de ce new space, en fait.
14:43C'est-à-dire que jusque-là, la question du vol habité était un peu épargnée, pour le grand public
14:47en tout cas, du sujet du new space.
14:50On avait du mal à voir le lien, alors qu'il y a des stations, par exemple, qui sont en
14:55préparation pour aller sur l'air post-ISS.
14:58Ça aussi, ça va être le new space de demain. Est-ce qu'il y a un marché potentiel pour
15:02ça ?
15:03Oui, alors ça, c'est quand même dans un deuxième temps.
15:06Là, on parle plus de services, de solutions de connectivité, d'observation spatiale et d'accès à l'orbite.
15:13Deuxième temps, parce que c'est plus cher et plus dur à faire.
15:15Les stations spatiales privées, moi j'y crois, ça me passionne, j'ai regardé ça et j'admire beaucoup ces
15:20acteurs.
15:21Mais le marché, la solvabilité du marché viendra un peu plus tard.
15:26Sur l'ISS, il y a eu des expérimentations très intéressantes qui ont montré que les cristaux de certaines molécules
15:32pharmaceutiques se synthétisaient beaucoup mieux en microgravité.
15:36C'est un des marchés les plus intéressés aujourd'hui.
15:38Les critiques commencent à regarder, mais j'ai rencontré quelques-uns de leurs dirigeants et c'était aussi, bon, c
15:44'est un peu de la science-fiction, ton truc, on verra plus tard.
15:46Donc, je pense que c'est plus de pour dans cinq ans.
15:49C'est ce qu'on disait à l'Université il y a quelques années.
15:49Mais bon, ça ne nous empêche pas d'accompagner Space Cargo, Atmos et d'autres exobiosphères qui se positionnent là
15:56-dessus.
15:58Vous savez, le capital risque, ce n'est pas non plus pour l'année prochaine.
16:01Donc, on prend des positions et puis en 2030, 2035, on aura des business qui sont très rentables sur ces
16:08créneaux.
16:09Olivier Dubisson.
16:10Nous, on est un peu resté à l'écart de tout ça.
16:13On est resté plutôt sur la partie digitale.
16:18On ne dit pas qu'on se fait peur, mais on hésite à mettre trop d'argent sur des choses
16:23où c'est trop long terme.
16:25Parce qu'en fait, nos fonds, ils ont une durée de vie.
16:28Et à un moment, les investisseurs, ils ont besoin de ce qu'on appelle le DPI, donc de leur envoyer
16:34l'argent.
16:35Et en venture, c'est assez difficile de pouvoir proposer une sortie tant que tout le monde n'est pas
16:39sorti.
16:40Donc, on peut se bagarrer en interne et essayer de récupérer toute partie de son argent.
16:44Mais donc, du coup, nous, on a préféré rester à l'écart de ça.
16:47On pense qu'il y a beaucoup de choses à faire sur les sujets digitaux.
16:50Nous, on aime beaucoup la partie comme cette optique.
16:55On pense qu'il va y avoir plein de choses à faire autour de ça.
17:00Et juste pour revenir tout à l'heure sur SpaceX, je crois que SpaceX, enfin Starlink,
17:05ils ont vraiment pour objectif de concurrencer les opérateurs télécoms mondiaux.
17:12Et moi, je m'attends à un bouleversement du marché des télécoms à cause de ça.
17:20Ils ont racheté toutes les fréquences aux Etats-Unis de Dish Network.
17:25Enfin, ils ont fait un espèce d'accord avec la bénédiction de Trump.
17:29Si je peux me permettre, effectivement, la V3 de Starlink, c'est 1000 gigabits par seconde.
17:36Et c'est des énormes satellites et ils veulent en déployer 100 000.
17:40Donc, la surface du globe qui entoure la Terre, c'est 200 millions de kilomètres carrés.
17:46Vous divisez par 100 000, vous arrivez à...
17:49Un maillage très restreint.
17:50Vous voyez qu'il y aura un maillage avec des cellules de 40 grammes de côté avec du 1000 gigabits
17:55par seconde.
17:56Donc, c'est le direct-to-device.
17:58Il n'y a plus besoin des réseaux terrestres.
18:00Et donc, pour moi, nous, on vise ça.
18:03Enfin, on se dit que c'est là que l'innovation va arriver.
18:05Ça va arriver, en tout cas.
18:07Et voilà, on parle du transport spatial.
18:09Évidemment, il faut qu'il y ait des gens qui investissent là-dedans.
18:12Je ne dis pas le contraire.
18:13Mais nous, compte tenu de la taille de nos fonds, compte tenu de la temporalité aussi,
18:18on pense que c'est plutôt là qu'il faut aller.
18:21Enfin, si on essaye de réfléchir, vous, parce qu'il y a tellement de choses à faire.
18:25Oui, concentrez vos forces.
18:26On a préféré se concentrer là-dessus.
18:29Et je pense qu'on n'est vraiment qu'au début.
18:31Et les opérateurs télécoms qui pensent que le direct-to-device ne va pas exister,
18:36je pense qu'il faut qu'ils restent vraiment très attention parce que ça va arriver.
18:40Votre avis, Estelle, sur ce positionnement-là ?
18:43C'est marché annexe, transport spatial, station privée, ou plutôt rester sur le device ?
18:51Non, je suis globalement entièrement d'accord avec ce qui est dit.
18:54Je pense qu'il y a un gros changement qui est en train d'être fait par toutes ces nouvelles
19:00capacités.
19:01Et qu'il va y avoir un changement qui va être forcé sur Terre.
19:04Mais oui, entièrement d'accord là-dessus.
19:07Est-ce que ces stations-là, tous ces sujets-là, on doit les mettre...
19:15Alors vous dites qu'on ne doit pas les mettre de côté aujourd'hui.
19:18Mais technologiquement, on a des entreprises qui sont là.
19:21Vous en avez cité quelques-unes.
19:22Et on en a aussi en Europe.
19:24Donc ma question, ça va être plutôt, est-ce qu'il y a des endroits en Europe
19:27qui ont tendance à avoir un autre discours que le vôtre
19:29et à privilégier ces investissements-là ?
19:32Ou est-ce que globalement, tout le monde est harmonisé en Europe pour dire
19:34« bon, là, l'avenir numéro un, ça va être le nano-sat ? »
19:38En Allemagne, il y a des montants considérables qui sont investis,
19:41notamment sur les aspects dual use, spatial et défense.
19:46Et donc, nous, on a investi dans une boîte qui s'appelle Constellar,
19:50qui fait une constellation de satellites au départ
19:54pour détecter l'eau dans les chambres
19:56et définir s'il y a suffisamment d'eau pour l'agriculture.
19:59Et en fait, leur techno permet aussi d'analyser s'il y a des champs de mines, etc.
20:04Donc ils ont vraiment un modèle dual use.
20:06Et on est passé d'un chiffre d'affaires 100% agriculture
20:09à un chiffre d'affaires 80% défense, 20% agriculture.
20:13Ce qui est étonnant parce que souvent, on a l'effet inverse.
20:15C'est-à-dire que les entreprises vont chercher les financements côté défense,
20:19mettent au point leur techno et ensuite vont chercher les nouveaux investissements.
20:21Là, c'est l'inverse. C'est-à-dire qu'avec ce qui s'est passé en Ukraine
20:24et puis surtout les montants considérables investis en Allemagne
20:27sur la défense et sur tout ce qui est périmétrique à la défense,
20:32une boîte allemande est bien positionnée pour récupérer,
20:35avec les Rheinmetall et compagnie, faire des partenariats
20:37et récupérer un peu tout ce business.
20:40Et donc, moi, je pense que l'Allemagne, c'est un cas à part.
20:44Ils ont décidé de rattraper leur retard sur la défense.
20:47On connaît l'histoire.
20:47Ils viennent de voter 1 000 milliards d'euros sur les prochaines années dans la défense.
20:53Ils sont débarrassés du SCAF maintenant, donc ils se concentrent sur notre défense.
20:57Mais globalement, il y a un pays qui a vraiment mis le paquet,
21:04même si d'autres pays investissent massivement sur la défense.
21:07Mais celui-là, il a une petite spécificité compte tenu des montants investis
21:11et de la temporalité.
21:12C'est-à-dire qu'ils ne disent pas que c'est dans 10 ans, c'est dans 3 ans.
21:15Ils avaient un retard aussi.
21:17Ils avaient sous-investi leur défense.
21:20Donc, il y a un rattrapage.
21:23La France représentait la moitié à peu près du spatial européen.
21:26Donc là, maintenant, c'est plus 40%.
21:27Ça va peut-être se rééquilibrer un peu.
21:30Mais il y a aussi une prise de conscience en Italie.
21:33Vous savez qu'à Turin, la moitié de la station spatiale internationale
21:37a été fabriquée à Turin avec Thales Alenia Space.
21:40Également dans les pays nordiques, il y a une volonté de...
21:44Alors, tu parlais d'Isaï en Finlande.
21:48Il y a une volonté aussi des États européens en général.
21:51Alors, parfois, un peu en perso, parfois en consortium,
21:56de se doter de constellations, d'observations sous toutes les coutures.
22:00Donc, en optique, en radar, en radiofréquence, en thermique.
22:03Mais les questions de souveraineté sont venues secouer un peu ces coopérations.
22:07Donc, évidemment, il va falloir essayer de se coordonner.
22:11Mais comme c'est vrai que la France, peut-être, avait une position un peu hégémonique,
22:15il est, je trouve, légitime que les Allemands aient envie un peu d'investir...
22:20Et alors, la France, pour terminer ce talk...
22:21Dans leur propre constellation, pardon.
22:23C'est moi.
22:23La France, pour terminer ce talk, son terrain d'investissement favori, ce serait quoi ?
22:29Il n'y en a pas ? Il en manque trop ?
22:31Non, je pense que, pour le coup, il y a quand même une grosse volonté de développer le secteur spatial.
22:38Il y a un budget qui est là.
22:41Évidemment, tout ce qui est capacité de transportation dans l'espace, c'est quand même très important.
22:48Il y a un aspect qui est plus sécurité, qui se développe de plus en plus.
22:53Et ensuite, je pense, de manière générale, tout ce qui est satellite, géolocalisation, observation de la Terre,
23:01ça reste de l'importance prioritaire.
23:04Mais je pense que le transport, en tout cas, en termes d'entités souveraines, c'est ce qu'il y
23:10a de plus important,
23:10parce que ça permet d'avoir un accès autonome à l'espace.
23:13Il y a la mobilité dans l'espace aussi, on n'en a pas beaucoup parlé.
23:16Il y a des entreprises comme Exotrail, par exemple, qu'on a vues récemment en délégation avec Emmanuel Macron au
23:21Japon.
23:21Et ça, c'est un marché très prometteur.
23:24Et peut-être le marché sur lequel...
23:25Nous, on est investisseurs sur Exotrail.
23:29En fait, ils ont construit une usine assez incroyable.
23:32C'est vraiment un énorme truc.
23:35C'est une des rares boîtes industrielles qu'on a faites.
23:39Et ça se développe très bien.
23:40Et eux, ce qu'ils constatent, c'est que ce n'est pas forcément les smallsats.
23:46Ils sont plutôt sur des mini-sats.
23:48Et ce qu'ils nous disent, c'est que c'est plutôt des satellites d'environ 100 kilos
23:53qui sont en train d'être déployés,
23:56puisque des satellites type CubeSat tous les jours.
23:58Avec plusieurs capteurs.
24:01Optiques, radars, thermiques.
24:03Et des constellations qu'il faut densifier.
24:07Je crois que c'est ça aussi le challenge maintenant pour l'Europe.
24:09Parce que vous avez vu, aujourd'hui, il y a eu une annonce à Berlin
24:12de deux nouveaux satellites Sentinelle à 300 millions de pièces.
24:15C'est super.
24:16Mais il faut des constellations avec des dizaines, des centaines de satellites.
24:20Alors, Hôtel 7 a l'air déterminé à fournir ces satellites, en tout cas,
24:23avec les contrats qui ont été annoncés cette année.
24:25On va voir ce que la suite réserve à l'économie du New Space.
24:29Merci à vous trois d'avoir pris le temps de participer à ce plateau.
24:32On enchaîne, quant à nous, avec notre dernière séquence Espaces Durables sur Bsmart.
24:39Sous-titrage Société Radio-Canada
24:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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24:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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