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Transcription
00:00Vous écoutez ici Saint-Etienne-Loire, c'est l'heure de retrouver l'invité d'ici matin.
00:04C'est la plus vieille association laïque de la ville de Saint-Etienne, l'asile de nuit, fête ses 140
00:10ans.
00:11Et on va apprendre à connaître cette association, ses missions et ses défis avec sa présidente Fabienne Perrin.
00:17Bonjour.
00:18Bonjour.
00:18Merci d'être avec nous ce matin, 140 ans, longévité hors normes donc pour une association locale, c'est peu
00:24de le dire.
00:25Qu'est-ce qui a fait durer cette certaine idée de la solidarité dans le temps chez nous à Saint
00:31-Etienne avec cet asile de nuit ?
00:32Eh bien, l'idée de départ c'était d'apporter un complément, c'est-à-dire d'aider les personnes
00:39en difficulté, d'avoir un poids à un moment précis.
00:43Asile de nuit dit bien ce que ça veut dire.
00:45Et pourquoi 140 ans plus tard ? C'est parce que le besoin existe toujours.
00:49Et qu'il y a eu un engagement sans faille aussi des bénévoles avec le temps, ça, ça ne bouge
00:57pas et c'est essentiel.
00:59Alors c'est essentiel et les bénévoles effectivement sont là quand même parmi les clés de route de cette organisation.
01:07Bien entendu, entre temps, les choses ont évolué.
01:09On est parti de deux personnes, deux, trois personnes qui prennent une initiative, qui décident à côté de la charité
01:18de créer un abri avec un poêle pour se réchauffer la nuit.
01:22Et on en est maintenant avec un nombre de personnes accueillies qui est relativement important, qui peut aller jusqu'à
01:29174 dans les moments les plus compliqués.
01:32Ce qui veut dire que, eh bien, il faut de la bonne volonté, de l'intérêt porté à l'autre.
01:39Je crois que c'est l'esprit de Saint-Etienne.
01:41Léon Portier et Jacques Barbier, ce sont les deux personnes auxquelles vous faites référence, qui ont ouvert effectivement cet asile
01:47de nuit en 1886.
01:50Vous nous donniez quelques chiffres avec ces personnes qui peuvent être accueillies aujourd'hui à l'asile de nuit à
01:56Saint-Etienne.
01:57C'est souvent complet, on imagine qu'il y a très peu de place, tout le temps complet vous dites.
02:01Tout le temps complet.
02:02Alors, on arrive quelquefois à avoir un tout petit peu moins, parce qu'il faut un peu de répit.
02:06Soyons clairs, quand on en arrive à passer à des chiffres comme 174, les choses deviennent un peu plus compliquées.
02:14Quelquefois, il faut du répit, tant pour les personnes, parce que nous avons 20 salariés,
02:18mais aussi pour les résidents, qui quelquefois se retrouvent un peu serrés.
02:25Et donner un petit peu de répit, on va le choisir.
02:28Mais ça ne dure guère longtemps, puisqu'il va falloir répondre quand même aux besoins permanents,
02:33et d'y répondre au mieux qu'on le peut.
02:35Et il faut essayer effectivement d'accueillir chacun du mieux possible, parce que les profils sont parfois lourds,
02:40des parcours de vie qui sont par moments très très difficiles.
02:45On entendait la jeune Clara, ce matin, 19 ans, qui a 19 ans a déjà vécu trois vies.
02:51Ça, c'est compliqué.
02:53Et il faut du personnel, vous faisiez référence à ces 20 salariés, il faut du personnel particulièrement qualifié.
02:57Il faut du personnel particulièrement qualifié.
03:00Et puis, vous notez que la vie ne s'arrête pas à la fin des horaires de bureau.
03:04Bien au contraire, c'est 24 heures sur 24, et c'est 365 jours par an.
03:09Donc effectivement, on a des personnes la nuit qui sont là pour veiller, mais on a aussi des personnes de
03:15jour pour répondre.
03:16Et nous avons une spécificité, c'est les lits halte-soins santé,
03:21puisque nous accueillons des résidents en sortie d'hôpital, que ce soit Sud-Saint-Étienne ou d'ailleurs.
03:28J'aimerais qu'on dise un mot de la réinsertion aussi, parce que là aussi, c'est un moment de
03:34passage.
03:34On espère à chaque fois que c'est un moment de passage pour aller mieux et trouver une place.
03:39Comment l'asile de nuit participe à cette idée de réinsertion ?
03:43Alors réinsertion, insertion et à nouveau insertion.
03:46Donc réinsertion en effet.
03:48Oui, l'asile de nuit travaille les parcours, travaille les volontiers des personnes
03:53de redevenir des personnes que je vais qualifier à part entière,
03:59dans leur autonomie, qu'elles soient physiques, psychologiques et économiques.
04:05Et nous les accompagnons dans ces projets-là pour que ce soit une réussite.
04:10Ça n'est pas toujours une réussite, mais en tous les cas, on donne les chances autant que nécessaire.
04:15Il y a des hommes, des femmes qui participent à ces accompagnements,
04:19puis il y a un lieu avec des travaux qui vont avoir lieu.
04:23Ils étaient très attendus, ces travaux.
04:25Ah oui, très très très attendus.
04:28Les choses évoluent dans le temps.
04:30Moi, j'ai connu l'asile de nuit dans sa très très vieille configuration,
04:34avec des dortoirs, et puis un seul sanitaire qui faisait office pour tout le monde.
04:39C'est terminé cette époque-là.
04:41Alors on avait cloisonné, on avait rajouté un petit peu de sanitaire,
04:45mais toujours pas suffisamment.
04:47Maintenant, on prend l'option de se dire qu'on va donner une chambre, un lieu,
04:53avec un sanitaire individuel.
04:56C'est un peu ce que tout un chacun espère obtenir,
05:00même s'il ne reste pas longtemps, en tous les cas, garder cet espace de dignité et d'intimité.
05:06Donc effectivement, nous espérons déménager d'ici à l'automne,
05:10de sorte à ce que pendant deux ans, on fassent des travaux
05:13qui vont nous conduire à rajouter un étage sur le bâtiment actuel.
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