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  • il y a 9 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Et l'autre actualité ce soir, c'est évidemment Patrick Bruel, avec l'événement ce soir, c'est que nous
00:04avons reçu l'avocate de Patrick Bruel, maître Fanny Collin.
00:08Vous allez entendre de larges extraits dans un instant, notamment le soulagement, dit-elle, de Patrick Bruel.
00:13On le rappelle, Patrick Bruel, mis en examen hier, avec des charges lourdes, mis en examen pour viol, notamment les
00:18tentatives de viol, mais laissé libre la nuit dernière.
00:21Surtout, d'autres plaintes arrivent. Patrick Bruel pourra-t-il remonter sur scène ?
00:26On en parlera dans un instant, mais ça n'est sans doute ce soir que le début des ennuis judiciaires
00:30du chanteur.
00:31J'ai demandé à nos invités de venir et de me rejoindre sur ce plateau.
00:35Je vous les présente, maître Patrick Klugman, avocat au barreau de Paris et proche de Patrick Bruel, Raphaël Rémi-Ludeau,
00:40militante écoféministe,
00:41Séverine Servat, grand reporter pour Gala, Paul Conge, journaliste police-justice, ici à BFM TV,
00:47et Lisa Hadev qui est restée avec moi. Bonsoir à toutes et à tous.
00:51Un extrait à vous montrer, je le disais tout à l'heure, c'était l'événement sur ce plateau.
00:55L'avocate de Patrick Bruel qui a pris la parole, qui a accepté de prendre la parole face à moi
00:59tout à l'heure.
01:00D'abord pour dire le soulagement de Patrick Bruel.
01:03Je relève que depuis que cette affaire est née médiatiquement, la voix, la parole de Patrick Bruel est absolument inaudible.
01:13Et là, on lui a posé des questions, les policiers lui ont posé des questions pendant 48 heures.
01:19Après eux, les juges d'instruction, M. Bruel a pleinement coopéré et apporté toutes les réponses.
01:24Qu'est-ce qu'il vous dit hier soir ?
01:26Il nous dit qu'il est heureux d'avoir pu s'exprimer.
01:30Maître Klugman, Patrick Bruel, inaudible, nous dit votre consoeur Maître Collin.
01:37Patrick Bruel peut prendre la parole, rien ne l'empêche, médiatiquement parlant.
01:40Non, c'est vrai qu'il y a eu dans cette affaire ce qu'on pourrait appeler un emballement médiatique
01:47tel qu'on a entendu tout et n'importe quoi.
01:52On a entendu beaucoup aussi les victimes, je ne confonds pas les deux.
01:56Et on n'a pas du tout, même à un moment donné, on avait chassé de notre esprit que, bien
02:03sûr, légalement, il est présumé innocent et qu'il pouvait être innocent.
02:07Et à un moment donné, j'ai eu le sentiment vraiment d'un emballement médiatique, comme notre société en connaît
02:12parfois.
02:14Et on oubliait tout.
02:15Et tout devenait possible dès lors que c'était Patrick Bruel.
02:19J'ai même lu, tout à l'heure sur les réseaux sociaux, quelqu'un qui disait, publie une femme, publie
02:24une photo avec Patrick Bruel, en marge d'un concert.
02:28Et elle dit, ah, je me souviens de ce souvenir, il avait été adorable avec moi, etc.
02:33Je me dis qu'au même moment, dans le même concert, il a pu commettre des choses abominables.
02:38Vous avez quelqu'un qui a vu Bruel, qui a chanté avec lui, elle dit, il a été adorable.
02:43Mais ça, je viens s'imaginer tout ce qui a pu se passer.
02:46– Pardon, j'entends ce que vous dites, Maître.
02:47On va juste faire la séparation entre ce tweet posté par cette dame qui allait à un concert de Patrick
02:53Bruel
02:54et les enquêtes qui ont été menées par Mediapart et les enquêtes qui ont été menées par les magazines Elle,
02:59qui font état de 30 témoignages contre Patrick Bruel.
03:03Et je mets encore là-dedans, dans ces 30 témoignages, les…
03:07Alors, je ne sais pas combien de plaintes on en est, parce que le parquet, effectivement, a fait le tri.
03:12Et les juges d'instruction ont fait le tri hier.
03:14Mais au moins là, 4 mises en examen pour Patrick Bruel.
03:16Donc, vous pouvez dire, il y a un emballement médiatique.
03:19Les juges, ils retiennent quand même ces 4 mises en examen à la fin hier soir.
03:23– Mais Maxime Soulitec, ne comptez pas sur moi pour vous dire qu'il ne faut pas écouter les victimes.
03:28Ce n'est pas du tout ce que je pense.
03:30Et ce serait honteux de ma part de vous le dire.
03:33Je vous dis que chacun a sa place, chacun a un rôle, que notre société, elle doit être capable de
03:38recueillir des gens qui se peinent,
03:39que la justice, elle doit savoir accueillir cela et après, elle doit faire son travail.
03:44C'est quoi le travail ? Il ne doit pas y avoir de barrière à l'entrée.
03:47Donc, n'importe qui peut entrer dans un commissariat pour dire n'importe quoi.
03:50Et notre société ne serait pas libre si elle ne permettait pas cela.
03:54La justice, son travail, c'est de prendre une accusation et de la vérifier.
03:59Et vous voyez bien que la justice est à l'œuvre.
04:02Et qu'on en est au stade où déjà, elle a commencé son premier tamisage.
04:07Et vous me parlez des enquêtes journalistiques, elles ont été faites.
04:12Les journalistes ne sont pas tenus à la même rigueur, notamment dans le respect du contradictoire,
04:17notamment dans la vérification des faits.
04:18D'ailleurs, ils n'ont pas les mêmes moyens que la justice.
04:21Je vois réagir Séverine Servais et Raphaël Rémi-Delleux.
04:23Qui commence ?
04:24Donc moi, je vous dis, emballement médiatique, oui.
04:26La justice fait son travail.
04:28Et dans ce cadre-là, Patrick Bruel, excusez-moi de vous le dire,
04:32il n'a pas été traité mieux qu'un autre,
04:34puisqu'à l'époque, il avait déjà fait une garde à vue.
04:36Il avait été confronté à certaines plaignantes.
04:38Et là, garde à vue, garde à vue prolongée, défermant.
04:43Ça veut dire aussi, sans doute, le dépôt.
04:46Et puis, un long interrogatoire avec des juges.
04:49Et puis, une saisine du juge de la liberté et de la détention.
04:52Et puis, une communication effrénée du parquet que tous les médias ont repris.
04:56Ils ne se sont peut-être pas demandé, si ça intéressait à ce moment-là,
04:59le ministère de la Justice d'avoir une communication pour ne pas qu'on parle d'autre chose.
05:03Mais bon, communication que tout le monde relaie.
05:05C'est pas si atypique que ça, maître.
05:07C'est assez atypique.
05:09Enballement médiatique, travail judiciaire.
05:10Séverine Servard.
05:11Bon, écoutez, maître, vous défendez votre profession, mais je suis journaliste.
05:14Je défend la justice, là.
05:15Oui, mais là, il y a quand même, nous, dans notre métier de journaliste,
05:18on essaie de ne pas avoir de diffamation.
05:21Vous savez qu'on peut être attaqué, donc on fait attention à ce qu'on dit, au contraire.
05:24Et moi, j'ai un sentiment un peu différent.
05:27C'est une affaire qui, certes, a été médiatisée, mais par des moyens qu'il a été un peu poussivement,
05:34quand même, malgré tout.
05:36Et on a l'impression qu'il y a eu, quand même, une certaine capacité de résistance.
05:39Et notamment par le fait que Patrick Bruel a continué à se produire au théâtre,
05:44qu'il a continué à se produire en concert, etc.
05:47Et que ça n'a pas tellement freiné son activité professionnelle.
05:50Et qu'il avait un...
05:51Il n'a pas été condamné, Patrick Bruel.
05:53Bien entendu.
05:53Je ne comprends pas votre propos.
05:54Bien entendu.
05:54Ce que je veux dire, c'est que ce que vous entendez, on a l'impression qu'il y a
05:59un acharnement.
06:01Emballement médiatique.
06:02Oui, un emballement médiatique.
06:03Alors, sans doute pas tant que ça, quand même, puisqu'il a quand même poursuivi ses activités.
06:07Mais vous auriez aimé qu'il les cesse.
06:10Moi, je constate, c'est tout.
06:11Non, non, non.
06:12Vous auriez aimé qu'il les cesse et les aurait-il cessés au nom de quoi ?
06:16Raphaël Rémi-leuleux.
06:18L'orateur fait...
06:20Merci.
06:22En fait, il y a déjà un changement.
06:24Dans la défense médiatique de Patrick Bruel.
06:27Parce que là, on est en train de nous dire qu'il était inaudible auparavant.
06:30Pardon, moi, sur ce même plateau.
06:32Alors, ce n'était pas avec vous, mais c'était sur ce plateau quand même.
06:34J'ai eu le droit à la première sortie média de l'avocat précédent de Patrick Bruel.
06:39Mettre un grain.
06:40Mais c'est toujours son avocat.
06:41Il est toujours là, magnifique, formidable.
06:43Parce que là, pour le coup, c'était une communication publique.
06:47Personne ne le forçait à avoir une communication publique.
06:49Et elle était sacrément chargée.
06:51Y compris contre les victimes.
06:53Donc là, on sent que...
06:54Et notamment contre Flavie Flamand.
06:55Absolument.
06:56Et donc, là, on voit quand même qu'il y a une forme de recalibrage de la défense.
06:59Y compris vis-à-vis de l'écho qu'ont eu les différentes affaires Patrick Bruel dans l'ensemble de
07:05la société.
07:05L'écho qu'ont eu les différents témoignages.
07:07Et donc, il y a à la fois un recalibrage sur le discours médiatique.
07:11Et maintenant, la justice qui en effet fait son travail.
07:14Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un emballement.
07:16Parce que l'exemple que vous preniez tout à l'heure.
07:18D'une femme qui se dit, ok, moi je suis allée à un concert de Patrick Bruel en telle année.
07:23Je l'ai vu, il a été adorable avec moi.
07:26Voilà.
07:26Ils ont chanté ensemble.
07:27C'est quelqu'un qui dit, j'ai chanté avec lui.
07:29Ok, très bien.
07:30Mais en fait, c'est une question que peuvent se poser partout dans ce pays des dizaines de milliers de
07:35femmes.
07:35quand elles apprennent, et là je prends le cas avéré,
07:39quand elles apprennent qu'a été condamnée pour violence conjugale ou pour viol,
07:43un homme qu'elles ont connu toute leur vie,
07:45qui pouvait être leur collègue, qui pouvait être leur frère, leur oncle, leur père.
07:48Et ça, c'est un choc qui traverse la société également.
07:51Et c'est normal de s'interroger à ce sujet.
07:54Non mais, on peut tous et on doit tous probablement s'interroger.
07:57Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a quand même...
08:01Soit on a quelque chose à dire, parce qu'on a été témoin d'une situation.
08:05Soit on n'est pas...
08:06Elle, elle est témoin d'une situation où vraiment, il est adorable, il a chanté avec elle.
08:11Et elle dit...
08:11Et elle témoigne de son interrogation, c'est sa liberté d'expression aussi.
08:15Donc ça veut dire qu'on ne peut pas être innocent.
08:18On est forcément coupable.
08:20Et si on n'est pas coupable de ce qu'on a vu, on est coupable de ce qu'on
08:22n'a pas vu.
08:23Mais c'est un système maléfique.
08:25Excusez-moi Raphaël.
08:26C'est un système maléfique.
08:27Je pense que vous lisez trop de choses dans un seul tweet.
08:31Bon alors, pour remettre les choses en place au niveau des faits,
08:34et de ce que la justice a décidé jusqu'à maintenant, Paul Conges,
08:38mise en examen de Patrick Bruel dans quatre affaires différentes, dans quatre dossiers différents.
08:42Oui, hier soir, sur les coups de 21 ans à peu près, donc quatre juges d'instruction.
08:45Et vous y étiez ?
08:45Enfin, pas dans le bureau des juges, mais au tribunal.
08:48Mais au tribunal.
08:48Après trois heures d'interrogatoire, effectivement, il a été mis en examen pour quatre faits,
08:52une tentative de viol, donc sur l'attaché de presse Karine Wieser, en Belgique, à Bruxelles, en 2010,
08:57pour un viol suspecté d'avoir été commis en 2008 à Neuilly-sur-Seine.
09:02Là, c'est une plainte d'une ex-miss Alsace.
09:05Et aussi des faits d'agression sexuelle qui ont été commis à Perpignan en 2019,
09:09et un fait de harcèlement sexuel la même année à Ajaccio,
09:12sachant qu'il a également été placé sous un statut intermédiaire, moins lourd, plus léger,
09:17de témoins assistés pour quatre autres faits.
09:19Et une dernière accusation a été jugée prescrite.
09:23C'était une affaire d'agression sexuelle à Grenoble en 2000.
09:27J'ai demandé tout à l'heure à Maître Collin, avocat de Patrick Bruel,
09:31une question très simple.
09:32Est-ce que toutes ces femmes mentent ?
09:34Puisque lui, est-ce que toutes ces femmes mentent ?
09:37Bien sûr que des femmes peuvent mentir.
09:40C'est pas un gros mot que de le dire.
09:42Et ici, il faut examiner chaque dénonciation au cas, le cas.
09:47Et ne pas faire une généralité.
09:49Et donc, c'est ce à quoi vont s'attacher les juges d'instruction et les avocats.
09:52On ne peut jamais exclure des formes de contamination.
09:55Et encore une fois, je fais ici une généralité,
09:57puisqu'il faut vraiment prendre chaque dossier un à un.
10:00Chaque profil est particulier.
10:02Chaque fait dénoncé peut être vérifié d'une manière ou d'une autre.
10:06Et si vous voulez, cette manière de faire une généralité,
10:09c'est une manière, quelque part, de tromper le public.
10:12Comme si on souhaitait absolument faire dire à M. Bruel
10:15que toutes ces femmes étaient des menteuses.
10:17Les choses sont infiniment plus complexes et plus délicates que cela.
10:21On peut mentir, on peut se tromper.
10:22On peut avoir des perceptions qui évoluent au fil du temps.
10:27On peut être déçu.
10:28Tout est possible, encore une fois.
10:30On peut mentir, on peut se tromper, on peut être déçu.
10:34Et M. Colin parlait de pollution.
10:36C'est-à-dire qu'elle disait qu'à partir du moment où des témoignages se retrouvent dans la presse,
10:41alors d'autres femmes peuvent avoir leur propre récit pollué par le récit des autres d'une certaine manière
10:46et que tout finit par faire sens médiatiquement parce que les témoignages ont été pollués les uns les autres.
10:51Comment vous réagissez face à cette défense-là ?
10:53Déjà, très sincèrement, merci d'avoir posé cette question
10:56parce que je pense qu'il est important qu'elle soit posée en ces termes-là
10:59dès lors qu'on est dans le débat public, en fait, qu'on est dans l'arène médiatique.
11:04Parce que ce qu'évoque cette avocate sur la contamination,
11:07c'est justement là où la justice, dans la finesse, va aller voir quels ont été les témoignages,
11:12quand ont eu lieu les dépôts de plainte,
11:14ce qu'il peut y avoir comme preuve matérielle à la fois des agressions présumées,
11:19mais aussi des récits.
11:20Puisque c'est souvent comme cela qu'on arrive à repérer
11:24et à avoir ce faisceau d'indices graves et concordants
11:27dans des affaires de violences sexistes et sexuelles,
11:30y compris des années après les faits,
11:32c'est qu'en fait, par exemple, une femme n'en parle pas immédiatement,
11:35mais elle en parle deux semaines après à son médecin traitant
11:38parce qu'elle demande des examens.
11:39Elle en parle un an après à son compagnon ou à sa compagne.
11:43Elle en parle trois ans après à un ou une psychologue.
11:45Et ça, c'est quand même une traînée d'indices qu'on peut recomposer
11:50et c'est le travail que fait la justice.
11:51C'est pris en compte par la justice ?
11:53Évidemment, ce que dit Raphaël est tout à fait exact.
11:57C'est exactement comme ça que ça marche.
11:58Séverine Servin voulait réagir.
11:59Oui, parce que j'entends parler des médias.
12:02Moi, j'ai envie de défendre les médias.
12:03Quand même, les médias, vous savez, c'est eux qui ont créé MeToo
12:06parce que c'est parti d'un article en 2017.
12:09Ça fait presque dix ans et ça ne va pas si vite,
12:12en fait, quand même, la libération de la parole.
12:13On sait qu'un témoignage d'une personne,
12:17évidemment, incite les autres.
12:20C'est ce qu'on appelle libérer la parole.
12:23Incite d'autres à parler et c'est très important.
12:26Les médias, parfois, il faut le dire, c'est un relais.
12:29Alors, c'est vrai que c'est compliqué, c'est ténu, c'est une décrète.
12:33Ce n'est pas une vérité absolue.
12:35Mais quand même, c'est par là que passent des choses
12:37qui ne sont pas dites autrement.
12:39Et on donne la parole à des gens qui ne pourraient pas parler autrement.
12:42Mais alors, précisément, tout à l'heure, Maître Colin, Patrick Pugman disait,
12:45en fait, celle qui accuse Patrick Bruel devrait pouvoir le faire en justice,
12:51face à des enquêteurs, mais pas forcément médiatiquement.
12:54Elle ne devrait pas forcément s'exprimer médiatiquement.
12:57C'est une question qui est très compliquée.
13:02Je ne sais pas, j'étais pas là quand Fanny Colin a tenu ses propos,
13:06mais ce qui est compliqué, c'est qu'on ne sait rien faire de mieux
13:12que la confrontation en justice d'une parole contre une parole
13:15pour la vérifier, la démêler, l'étayer, etc.
13:18Et que quand vous avez...
13:19Regardez, on va dire les choses encore plus simplement.
13:22Sur ce plateau, hier, j'avais une consoeur
13:27qui représentait une des plaignantes contre Patrick Pugman.
13:31Et vous l'entendiez, c'était vraiment...
13:35La culpabilité faisait...
13:36Vous comprenez que la culpabilité de Patrick Pugman,
13:38dans son esprit, en tout cas, ou celui de sa cliente,
13:40ne faisait aucun doute.
13:41Eh bien, je constate que Patrick Pugman n'a pas été mis en examen
13:45pour ces faits-là.
13:47Pourtant, cette parole, tous les Français l'ont entendue.
13:50Tous les Français.
13:51Et parce que la parole médiatique,
13:54et peut-être que dans l'ensemble, il faut vivre avec cela.
13:57– Je vais préciser les choses.
13:58– La parole médiatique, elle a un écho qui...
14:00– Vous parlez de Maître Gatch Benahut, qui était avec vous hier soir.
14:02– Non, pas du tout.
14:03– Ah, pardon ?
14:03– Ah, je pensais.
14:04– Non.
14:04– Bon, alors je retire.
14:05– C'était une autre.
14:06– Comme quoi, tous les Français qui ont entendu cette parole,
14:08on va nuancer un peu aussi.
14:09– Non, mais ce que je veux dire par là,
14:11c'est que vous avez le poids de la parole des victimes
14:16qui envahit l'espace public et qui, dans l'esprit du public,
14:20devient des faits avérés, devient des condamnations,
14:23et alors que parfois la justice va estimer que non.
14:26On ne peut pas dire que cela ferait une accusation crédible
14:30ou une condamnation possible.
14:32– Il y a quand même un double standard là-dessus
14:34qui est très gênant à mon sens,
14:36c'est qu'il n'y a que les violences sexistes et sexuelles
14:38qui sont traitées de cette manière-là.
14:39pour n'importe quel autre type de crime et de délit,
14:43le fait que le témoignage du crime ou du délit
14:46qu'on a subi, dont on a été victime,
14:48soit public, c'est tout à fait communément admis.
14:51Mais concernant les violences sexistes et sexuelles,
14:53il y a quelque chose de l'ordre du « hum ».
14:55C'est gênant quand même de le dire sur la place publique.
14:57– Pardonnez-moi, il n'y a pas d'autre fait
14:59qui donne lieu à une telle publicité.
15:02Et donc c'est ce qu'on commente le plus aussi.
15:07C'est peut-être l'effet positif de l'effet « me too ».
15:10Mais c'est ceux qui remplissent les plateaux
15:13et avec de très bonnes raisons.
15:15Avec de très bonnes raisons.
15:16Mais on ne peut pas dire qu'on n'en parle pas.
15:19Excusez-moi, moi j'ai des dossiers économiques très complexes
15:22qui n'intéressent absolument personne.
15:25Ni d'un côté, ni de l'autre.
15:26Des dossiers de corruption, des dossiers de corruption internationale.
15:29– Dans ces cas-là, je ne vous pardonne pas.
15:30Et je continue mon propos,
15:31puisque mon propos n'était pas de dire qu'on n'en parle pas.
15:34Mon propos est de dire qu'il n'y a que concernant les violences sexistes et sexuelles
15:38qu'on se pose la question de
15:40est-ce que ça n'aurait pas dû avoir lieu uniquement
15:42dans le cadre d'un tribunal ou dans le cadre d'un commissariat de police.
15:46Et par ailleurs, la raison pour laquelle on en parle autant,
15:48c'est parce qu'en effet ça a explosé à partir de 2017, à partir de MeToo.
15:52Mais parce que ça a été passé sous silence pendant des décennies au préalable.
15:56Et que du coup, les conditions de la parole accueillies correctement
15:59dans le cadre de procédures qui seraient protectives
16:01ne sont pas du tout réunies.
16:03Moi, je connais un paquet de commissariats,
16:05je peux vous faire la liste,
16:06où l'accueil des victimes est encore déplorable.
16:09– J'en connais un grand nombre aussi,
16:10et je suis entièrement d'accord avec vous.
16:11– C'est vrai de ça, Vincent.
16:12– Au-delà de ça, c'est une icône française, Patrick Bruel.
16:15C'est pour ça.
16:16C'est vrai que c'est compliqué,
16:18parce que ça veut dire qu'on la déboulonne,
16:20si on la met en accusation.
16:23– Merci.
16:24– Mais c'est une icône.
16:25– Merci.
16:26– Alors, effectivement, c'est une personne.
16:29– Pourquoi je vous remercie ?
16:30– Excusez-moi, je vais prendre la parole.
16:31– Mais laissez-la parler.
16:33– Mais pourquoi ?
16:34Je vous remercie parce que là,
16:36on se déplace sur le sujet.
16:37Il y a effectivement un emballement
16:39qui ne tient pas, finalement,
16:41à ce dont cette personne est accusée,
16:44mais qui est qui il est.
16:45Et c'est ça, le malheur de notre société.
16:48Et pardonnez-moi, le malheur de notre justice.
16:50Et vous venez de le dire.
16:51Eh bien là, qu'est-ce qu'on fait ?
16:53– Il y a une forme d'exemplarité
16:55qu'on demande à nos scones.
16:55– Non, il y a une forme d'excitation
16:56à déboulonner les idoles.
16:58– Et ensuite, il y a une toute puissance aussi
17:00de la notoriété.
17:01Et ça, quand même, vous le savez…
17:03– Et qui l'a créé ?
17:03– C'est les médias, voilà.
17:05Donc vous créez des idoles,
17:07et vous les déboulonnez.
17:08Et il y a une excitation qui n'a rien à voir.
17:09– Là, en l'occurrence, Patrick Blumane,
17:11on n'a rien créé du tout.
17:12Et c'est ce que je disais tout à l'heure aussi
17:13à Maître Colin.
17:14C'est-à-dire que quand vous avez,
17:16par exemple, Karine Wieser,
17:22elle l'explique sur BFM TV,
17:24qu'est-ce qu'elle a à y gagner ?
17:25Rien, elle, médiatiquement,
17:27et dans sa vie, elle n'a rien à y gagner.
17:29Bien au contraire.
17:30Je ne dis pas que ça signifie
17:32que tel ou tel est coupable.
17:33Je n'en sais rien.
17:33Mais en tout cas,
17:34elle n'a pas grand-chose à y gagner.
17:35Et juste, ce que je veux dire,
17:36c'est que quand vous arrivez
17:38au décompte fait par le magazine Elle,
17:41fait par Mediapart,
17:42à une trentaine de témoignages,
17:44il faudrait être aveugle et sourd
17:46pour que les médias ne s'en emparent pas,
17:48surtout quand il s'agit effectivement
17:50de quelqu'un d'aussi médiatique
17:50comme Patrick Bruel.
17:51Est-ce que vous m'avez entendu dire
17:53que Karine Wieser faisait ça par intérêt,
17:55elle ou aucune autre ?
17:57Ce n'est absolument pas ce que j'ai dit.
18:00Je suis entré sur ce plateau,
18:01je vous dis,
18:01on est peut-être face
18:02à un emballement médiatique.
18:04Et dans l'emballement médiatique,
18:05il ne concerne plus
18:06les violences sexistes et sexuelles.
18:09Ce n'est pas ça qui est en cause.
18:10Et on le voit dans...
18:12C'est la notoriété du mise en cause
18:14qui est en jeu.
18:15On le voit quand c'est Patrick Bruel
18:17parce que c'est Patrick Bruel.
18:18On le voit parfois
18:19quand c'est des hommes politiques
18:20et pour des faits
18:21qui n'ont rien à voir
18:22avec des violences sexistes et sexuelles
18:23et parce qu'il y a une passion française
18:26qui est terrible
18:27qui est qu'on adore
18:28déboulonner les idoles.
18:30Et ça veut dire quoi
18:30déboulonner les idoles ?
18:32Ça veut dire que
18:32parce que le type est accusé
18:34et il est vraiment accusé,
18:35il faut le déboulonner.
18:36C'est-à-dire qu'il faut le faire taire.
18:38C'est-à-dire qu'il n'a plus le droit
18:39de se produire.
18:40Et il n'y a plus rien
18:41qui existe en face.
18:42Alors attendez, justement...
18:44C'est ce que j'appelle
18:44le syndrome de la potesse.
18:45Je donne un peu ce qui va se passer
18:46dans les minutes qui viennent.
18:47Tout à l'heure,
18:47notre document Ligne Rouge
18:49précisément sur cette affaire,
18:50document inédit,
18:52pardon, dans un instant.
18:53On verra avec Paul Conge,
18:54et j'ai commencé par là tout à l'heure,
18:55en disant que c'était peut-être
18:56que le début du processus
18:58et peut-être le début
18:59des ennuis judiciaires
19:00pour Patrick Bruel.
19:01On y viendra.
19:02Mais puisque vous parlez
19:03de la Seine,
19:04Lisa Hadef,
19:05Patrick Bruel hier soir,
19:07laissé libre
19:08mais sous contrôle judiciaire,
19:09ça veut dire
19:09qu'il a un certain nombre
19:10d'obligations,
19:11versé à une caution
19:11de 500 000 euros.
19:12Il ne peut plus aller
19:13dans les salons de massage
19:14parce qu'un certain nombre
19:14d'agressions auraient eu lieu
19:15dans les salons de massage.
19:17Il a une obligation de soins,
19:19soins psychologiques.
19:20En revanche,
19:20la justice a décidé
19:22qu'il pouvait continuer
19:22à exercer normalement
19:24son métier,
19:25c'est-à-dire qu'il peut
19:25remonter sur scène.
19:26Oui, légalement et juridiquement,
19:27il peut tout à fait
19:28remonter sur scène
19:29parce qu'effectivement,
19:29il n'a pas été placé
19:30en détention prévisoire
19:31et que parce que,
19:32vous l'avez dit Maxime,
19:33parmi les interdictions
19:34qu'il doit respecter,
19:35exercer son métier
19:36ou faire des concerts
19:37ne figure pas sur la liste
19:39et parce que les faits
19:40pour lesquels il est mis
19:41en examen
19:41ne se sont pas produits
19:42dans ce cadre.
19:43On est allé sur son site internet
19:44tout à l'heure
19:45et à ce stade,
19:45toutes les dates
19:46qui sont prévues cet été
19:48en festival sont annulées.
19:49Même chose pour les dates
19:50au Canada,
19:50il avait une grande tournée
19:51au Canada.
19:52La tournée de Bruel
19:53commencerait donc à Chartres
19:54ce vendredi de octobre,
19:56vendredi de octobre
19:57de cette année
19:57et parmi la trentaine
19:58de dates de concerts
19:59qui existent encore,
20:00il y en a certaines
20:01qui posent quelques interrogations
20:02puisque Patrick Bruel
20:04n'a pas le droit
20:04de quitter le territoire national,
20:06est-ce qu'il pourrait aller
20:07par exemple en Suisse
20:08pour donner un concert ?
20:10Il peut demander
20:11une dérogation
20:12à titre exceptionnel
20:13pour se produire
20:14ailleurs qu'en France.
20:15Alors j'ai posé la question
20:16tout à l'heure
20:16à son avocate Maître Collin,
20:17est-ce que Patrick Bruel
20:18va, veut remonter sur scène ?
20:21Alors que là,
20:22il y a une forme aussi
20:22de pression médiatique là-dessus,
20:25il n'y a pas d'interdiction
20:26pour M. Patrick Bruel
20:27d'exercer son métier.
20:28Il n'y a pas d'interdiction
20:29de M. Patrick Bruel
20:31de se produire
20:32ou de donner un concert
20:33s'il le souhaitait.
20:34Et ça, je pense
20:35que c'est important
20:36parce que ça aurait constitué
20:38une sanction
20:39avant même
20:40que l'enquête ne débute
20:42alors que Patrick Bruel
20:43est présumé innocent.
20:45Patrick Bruel
20:46peut retourner sur scène.
20:47Je prends un exemple
20:48à Félérémy Leleu.
20:50Lisa en parlait
20:50un instant.
20:51Vendredi 2 octobre,
20:53concert à Chartres,
20:54concert complet.
20:56Est-ce que vous comprenez cela ?
20:58Pas du tout.
20:59Personnellement,
21:00ça me dépasse.
21:01Après,
21:02je comprends
21:02qu'il a le droit,
21:03je le respecte,
21:04ça, ok.
21:06Mais que dans la situation,
21:08en ayant lu
21:09les témoignages,
21:10des gens décident
21:11d'aller voir Patrick Bruel
21:13en concert,
21:15personnellement,
21:15ça me dépasse.
21:17On peut en conclure
21:18qu'il n'est pas très pénalisé
21:19par le bruit médiatique,
21:20contraire de ce que vous avancez.
21:21Donc apparemment,
21:22il y a un public
21:23qui le suit.
21:23Après,
21:24toutes les dates
21:24ne sont pas complètes,
21:25en toute transparence.
21:26Le lendemain,
21:27le 3,
21:27c'est à la Val,
21:28il reste des places.
21:28Regardez tout à l'heure.
21:31Ça interpelle aussi.
21:32Bien sûr que ça interpelle,
21:33mais que Raphaël Réminolo
21:35dise,
21:36moi,
21:36je n'irai pas le voir
21:38compte tenu de ce que j'entends
21:39sur lui.
21:39Mais ça,
21:40c'est sa liberté
21:40et je la respecte
21:41et je comprends
21:42et j'imagine
21:43qu'il y a de nombreuses personnes
21:44qui vont réagir comme ça.
21:45Que d'autres disent,
21:46moi,
21:47je suis désolé,
21:48pour l'instant,
21:49en état d'accusation
21:50non vérifiée,
21:51je continuerai à aller le voir.
21:53Ne me choque pas plus
21:53et je pense qu'il faut laisser
21:55les citoyens réagir
21:56en citoyen
21:56et puisqu'on en est
21:58à ce qui nous choque
21:59et à ce qui ne nous choque pas,
22:01voir des programmateurs
22:03d'émissions musicales
22:04annuler
22:05les chansons de Bruel,
22:07ça ne vous choque pas ?
22:08Moi,
22:08ça m'a choqué.
22:09J'ai trouvé que ça,
22:10c'était un désastre
22:12intellectuel considérable.
22:13Qu'est-ce qu'elle a à voir,
22:15la chanson de Bruel ?
22:15Et puis,
22:15si on commence avec lui,
22:17qui pour le moment,
22:17d'ailleurs,
22:17est présumé innocent,
22:18on va aller jusqu'au
22:20comme cela,
22:20on va aller effacer quoi ?
22:22Qui ?
22:23Donc,
22:24ça n'a aucun sens.
22:25Donc,
22:26ça,
22:27en plus,
22:28c'est une forme,
22:29je le prends comme
22:30espèce de...
22:31Moi,
22:31ça m'a profondément heurté.
22:33Voilà,
22:33je pense qu'on a le droit
22:34et il faut qu'on apprenne
22:36à vivre avec des principes.
22:37Et évidemment,
22:39le recueil de la parole
22:40des victimes
22:41est essentiel.
22:42C'est un principe
22:42démocratique fondamental.
22:44Et en même temps,
22:45il faut assumer
22:46que tant qu'une personne
22:47n'est pas condamnée,
22:48elle est présumée innocente.
22:49Ça veut dire quoi ?
22:49C'est-à-dire qu'elle est
22:51innocente.
22:52Jusqu'à ce qu'elle soit
22:53déclarée coupable.
22:53Vous savez d'où ça vient,
22:54ça ?
22:54La déclaration des droits
22:55de l'homme et du citoyen.
22:57Je ne vais pas aller chercher
22:57très loin.
22:58Donc,
22:58soyons fiers du pays
22:59dans lequel nous vivons,
23:00soyons fiers de cette
23:01organisation démocratique.
23:02La justice est au travail
23:03sur Patrick Broel.
23:04Si elle ne l'était pas,
23:05ça serait un scandale.
23:06Elle l'est.
23:07Il faut la respecter.
23:09En fait,
23:10c'est aussi la règle du jeu
23:12qui est imposée aux personnes
23:14qui sont des personnalités publiques.
23:15Je suis désolée,
23:16je vais prendre un exemple trivial,
23:18mais comme ça,
23:18je suis certaine
23:19que ça n'en fera
23:20aucune règle,
23:21aucune loi,
23:22aucune réglementation
23:22dans aucun pays,
23:23du moins je l'espère.
23:24Vous êtes chanteur,
23:25vous êtes célèbre,
23:26vous êtes admiré,
23:27vous êtes sexy,
23:28tout le monde a envie de vous,
23:29d'aller vous voir en concert,
23:30etc.
23:31En direct à la télé,
23:32vous vous décrottez le nez.
23:33Bon,
23:34ben voilà,
23:34ça va faire du mal
23:35à votre image publique.
23:36Il y a peut-être des gens
23:37qui vont se dire
23:37« Ah mais vraiment,
23:38ça n'est pas l'homme
23:39que je pensais qu'il était. »
23:40Et puis vraiment,
23:41il va être tourné en dérision
23:42pendant des mois et des mois.
23:43Et puis il y en a qui vont se dire
23:44« Ah mais non,
23:45tu vois,
23:45on avait prévu de le faire venir
23:46pour animer une cérémonie
23:47super sérieuse. »
23:48Il y a des mèmes de lui
23:49en train de se décroter le nez
23:50partout sur Internet,
23:51ça ne va pas être possible.
23:52Eh ben oui,
23:53en fait,
23:53c'est aussi ça
23:54l'économie du spectacle
23:55et que donc dans l'économie
23:56du spectacle,
23:57des chaînes,
23:58des radios,
23:59des programmateurs
24:00et des programmatrices
24:00se disent
24:01« En fait,
24:02moi,
24:02je ne prends pas ce risque
24:03réputationnel-là.
24:04Je ne prends pas le risque
24:05d'avoir des femmes
24:06qui peuvent se dire
24:07que « Pourquoi mon festival
24:09programme Patrick Bruel ? »
24:11Je ne prends pas le risque
24:12parce que aussi,
24:13on peut se poser la question
24:13en termes de droit du travail.
24:15Il y a des témoignages.
24:16Je parle de la diffusion
24:16des chansons.
24:17On est sur un risque
24:18modéré en termes de droit du travail.
24:20J'élargis le scope.
24:22Sur la question des tournées,
24:23il y a aussi
24:24des choses
24:24qui relèvent
24:25du droit du travail.
24:26Quand on lit
24:27des témoignages
24:27qui ont lieu
24:28dans des coulisses,
24:29dans des loges...
24:30Sauf que la justice
24:30ne le retient pas, ça.
24:32La justice,
24:32aujourd'hui,
24:33dit « Non,
24:33il peut continuer
24:34à se produire
24:35à la personne. »
24:35En termes du droit du travail,
24:36avant même
24:37une condamnation pénale,
24:38vous êtes en responsabilité
24:39en tant qu'employeur
24:40de protéger vos salariés.
24:41Donc en fait,
24:42ces questions-là,
24:43elles se posent
24:43et ça fait aussi partie
24:44des appréciations
24:45que les gens
24:45sont libres de prendre.
24:47Je voudrais qu'on réentende
24:48Maître Colin
24:49à nouveau ce soir
24:50sur ce qui a été central
24:52hier soir dans la décision,
24:54c'est-à-dire que oui,
24:54Patrick Bruel
24:55l'a mis en examen,
24:55mais qu'il n'y a pas
24:57de détention provisoire.
24:58Il est libre,
24:58Patrick Bruel,
24:59aujourd'hui,
25:00et pour Maître Colin,
25:02c'est une décision
25:03qui était évidente
25:04à prendre.
25:06Nous avons considéré,
25:07nous,
25:08sa défense,
25:09Christophe Ingrain,
25:10Céline Lassec
25:10et moi-même,
25:12que cette demande
25:13de placement
25:15en détention provisoire,
25:16elle ne répondait pas
25:18aux critères légaux.
25:19Donc nous ne l'avons pas
25:20comprise.
25:21Et donc effectivement,
25:22nous n'avons pas
25:22particulièrement préparé
25:24M. Bruel
25:25parce que nous considérions
25:26que nous avions
25:27le droit avec nous
25:28et que les critères
25:29de la détention
25:30n'étant pas remplis,
25:32seul un contrôle judiciaire
25:33pouvait être prononcé.
25:34Alors là,
25:34Maître Klugman,
25:36j'étais assez interrogatif
25:38face à Maître Colin
25:39qui dit
25:40qu'on n'a pas préparé
25:41plus que ça,
25:42Patrick Bruel,
25:44quand même
25:45ce qui aurait été
25:46assez terrible pour lui,
25:47c'est-à-dire
25:47de passer une nuit
25:48en prison
25:49ce soir
25:50ou demain.
25:52On ne prépare pas
25:53un client à ça,
25:54à cet éventuel été-là ?
25:55Au risque de vous décevoir,
25:56Maxime,
25:58Patrick Bruel,
25:59il a préparé
25:59cette épreuve
26:01avec ses avocats.
26:02Moi,
26:02je n'y étais pas.
26:03Et ce qui se dit
26:04dans ces moments-là
26:05fait partie
26:06d'un endroit
26:07très protégé.
26:08Je sais bien,
26:09mais pardon,
26:10quand vous avez...
26:11Je ne procède pas
26:11par imagination.
26:12Non,
26:12mais pas par imagination,
26:14par expérience.
26:14Par expérience,
26:15je peux vous dire
26:15qu'il a trois
26:16très bons avocats
26:17qui ont obtenu
26:18un résultat...
26:19Vous vous défilez
26:20par expérience,
26:21quand on a un client
26:21qui vient de passer 24
26:22puis 48 heures
26:23en garde à vue,
26:24un client qui va ensuite
26:24passer devant
26:25quatre juges d'instruction
26:26et le juge de liberté
26:27et de la détention
26:28où il y a cette menace
26:29d'aller en prison,
26:30on ne prépare pas son client,
26:32on ne lui dit pas
26:32écoute,
26:34je vais aller jusqu'au bout.
26:35On a préparé un petit sac.
26:37Il y a tes affaires.
26:38Si jamais ça se passe très mal.
26:39Je ne vous dis pas
26:40que ça ne nous arrive pas
26:41dans ces cas-là
26:42de préparer...
26:43Mais ça nous arrive très souvent...
26:45Pardon,
26:45on parle d'expérience,
26:46voilà,
26:46on parle d'expérience.
26:47Quand vous voyez
26:48des réquisitions
26:49de mandats de dépôt arriver,
26:51il y a des dossiers
26:52que vous n'attendez pas du tout
26:53et ça nous arrive
26:54d'être surpris par cela.
26:55En l'occurrence,
26:56ce qui nous a tous surpris,
26:57et je vais vous dire tous,
26:58je parle notamment
26:59des avocats
27:00des partis civils,
27:01quand ils ont vu
27:02cette communication du parquet
27:04sur ces réquisitions
27:06de placement
27:07en détention polisoire,
27:08tout le monde était surpris.
27:09Les avocats des victimes
27:11étaient vraiment très surpris.
27:14Donc je comprends
27:14dans ces conditions-là,
27:15avec cette pression,
27:17je pense,
27:17qui était dictée
27:18par d'autres considérations
27:19que simplement
27:19l'affaire de Patrick Brouel
27:21et peut-être des considérations
27:22de communication publique
27:23du ministère de la Justice,
27:25pour le dire poliment,
27:26je comprends que tout le monde...
27:27C'est parce qu'en gros,
27:28la justice a été sous pression
27:29ces derniers jours
27:29dans d'autres affaires
27:31sur la manière
27:31dont elle peut traiter
27:32les violences sexuelles,
27:33par exemple,
27:34qui auraient fait
27:34qu'on aurait une position
27:36très ferme
27:36dans la part du parquet ?
27:37Je pense que c'est une question
27:38qui peut se poser.
27:39C'est une opération
27:40de communication
27:41d'une ampleur
27:42que j'ai rarement vu.
27:43Même Paul Conch
27:44dans des affaires de terrorisme,
27:45par exemple.
27:45Oui, vous êtes habitué
27:47quand même des tribunaux,
27:48vous savez très bien
27:48qu'il y a fréquemment
27:49des réquisitions
27:51de placement
27:51de détention provisoire,
27:52surtout pour des personnes
27:53à qui on reproche
27:54des faits criminels.
27:55En l'occurrence,
27:55il y avait trois viols
27:56à l'origine
27:57dans la saisine du parquet
27:58qui étaient concernés,
28:00même s'il a été mis
28:00en examen que pour l'un d'eux.
28:02Néanmoins,
28:03des réquisitions
28:03de placement
28:03de détention provisoire,
28:04ce n'est pas spécifique
28:05à Patrick Bruel.
28:06Absolument.
28:07Ce qui est spécifique
28:08à Patrick Bruel,
28:09c'est le fait
28:10que ces réquisitions
28:11soient avant tout
28:11données publiquement
28:13par un communiqué.
28:14Ça, je vais vous dire,
28:16Vous ne recevez pas assez
28:17les communiqués des parquets.
28:18En réalité,
28:18on reçoit systématiquement
28:20des communiqués
28:20des parquets de toute la France.
28:22Absolument.
28:22Et les communiqués des parquets,
28:23ils disent quoi ?
28:24Ils disent,
28:24nous avons demandé
28:25l'ouverture
28:26d'une information judiciaire.
28:27On vous résume
28:28l'état de la procédure.
28:29Des réquisitions communiquées
28:31de cette manière-là,
28:32je n'en avais jamais vu.
28:33Après, il y avait
28:33une très forte attention
28:34mététique aussi sur ces sujets.
28:35Le parquet de Nanterre
28:36a été sursollicité
28:37par les journalistes,
28:38c'est aussi pour ça
28:38qu'il a prépéré.
28:39Non, mais une communication
28:40du parquet,
28:41c'était inévitable.
28:41Une communication de cette nature,
28:43c'est très étonnant.
28:44C'est très étonnant.
28:45Et on a été bastonnés
28:47par la communication
28:47du parquet
28:48toute la journée
28:49sur ce point-là.
28:50Et je vais vous dire autre chose.
28:51C'est ça, peut-être,
28:52le prix à payer,
28:53j'en sais rien.
28:54Moi, demain,
28:55si je suis mis en examen,
28:57j'espère
28:58qu'on respectera
28:59un droit fondamental
29:00qui est, par exemple,
29:02le secret de l'instruction
29:03et le fait que mon dossier
29:04ne s'étalerait pas
29:05dans la presse.
29:06Et là, en l'occurrence,
29:07vous donnez lecture
29:08du contrôle judiciaire.
29:10Vous savez que c'est une pièce
29:10qui, normalement,
29:11est couverte par le secret.
29:14Normalement,
29:14vous savez que
29:15même les partis
29:16n'ont pas le droit de l'avoir.
29:17C'est les avocats
29:18qui l'ont
29:18et qui la retranscrivent.
29:20Alors,
29:20l'ordonnance de placement sous CIG,
29:22elle est signée
29:22par le justicien,
29:23en l'occurrence.
29:24Mais vous donnez, là,
29:25des lectures de pièces
29:26qui sont couvertes
29:28par le secret.
29:28Et parce que c'est
29:29Patrick Bruel,
29:30on va décider
29:31qu'effectivement,
29:32le salon de massage
29:33y est
29:33et le montant de sa caution.
29:35– Pardon, pardon.
29:36– Dans ce cas-là,
29:37il faut arrêter
29:37tout le journalisme
29:39poli-justice.
29:39– C'est ça,
29:40c'est-à-dire qu'on ne parle
29:40de rien.
29:41Et puis, pardon,
29:42je parle là aussi
29:43par expérience.
29:44Ça fait un peu plus
29:44d'une vingtaine d'années
29:45que je suis journaliste.
29:46Je pense que,
29:48systématiquement,
29:48on a les détails
29:50du contrôle judiciaire
29:51pour telle ou telle
29:53personne mise en examen.
29:54Systématiquement.
29:55– Je ne vous dis pas que c'est…
29:56Alors là, pour le coup,
29:57ce n'est pas inventé
29:58par et pour Patrick Bruel.
29:59Je vous dis que c'est
30:01quand même
30:01le symptôme
30:02d'un dysfonctionnement
30:03parce que normalement,
30:04ça ne devrait pas
30:05se passer comme ça.
30:05– Les journalistes
30:07font leur boulot,
30:07ils essaient d'avoir les infos
30:08et ils les donnent.
30:09– Et l'avocate vient
30:10et elle tue le plateau.
30:11Il ne faut pas
30:12d'hypocrisie vis-à-vis de…
30:13– Et pardon,
30:14quand j'ai interrogé
30:14tout à l'heure
30:15Maître Colin
30:15sur les différents détails
30:18du contrôle judiciaire,
30:20il n'y a pas eu
30:21l'ombre d'un souci.
30:22– Si une avocate,
30:23par exemple des partis civils,
30:25citait ce que vous venez de citer,
30:26elle pourrait être poursuivie
30:27et condamnée.
30:27Les journalistes
30:28ont un autre traitement.
30:29Mais je rappelle ça,
30:30ça a l'air d'être des gros mots.
30:32C'est comme,
30:32ce sont les principes
30:33du code de procédure pénale.
30:34– Mais s'il y a un autre traitement
30:35pour les journalistes,
30:36c'est bien qu'il y a une raison en fait.
30:37Et si l'avocate de Patrick Bruel
30:39peut venir en plateau
30:40et en parler,
30:41c'est parce que ça fait partie
30:42également de sa stratégie de défense.
30:44Là où je vous rejoins,
30:45je vais finir mes pages,
30:46je vais finir mon propos.
30:47Là où je vous rejoins,
30:48là où on a des problèmes,
30:49y compris dans le secret de l'instruction,
30:51est-ce que moi j'ai vécu,
30:53ce dont j'ai été victime
30:54et qui me choque immensément plus ?
30:56Alors désolé,
30:57parce que là pour le coup,
30:58petit taquet à la profession,
30:59c'est ce qu'on appelle
31:00le journalisme de préfecture.
31:01Quand vous allez faire
31:02un dépôt de plainte
31:03et que moins de dix heures après,
31:05alors que vous avez accompagné
31:06une victime de violences sexistes
31:07et sexuelles,
31:08les détails de son dépôt de plainte
31:10se retrouvent par écrit
31:11dans la presse,
31:12ça c'est particulièrement dégueulasse.
31:14Une fois que tu en es au stade
31:16où les choses sont en cours d'instruction,
31:18que les avocats et les avocates
31:21de la défense sont eux-mêmes
31:22et elles-mêmes
31:23dans une stratégie médiatique,
31:24on est quand même très très loin
31:26d'avoir rompu le secret de l'instruction.
31:28Ce que je veux dire par là,
31:29c'est que normalement,
31:30le traitement ordinaire de la justice,
31:32c'est qu'on a le droit
31:33à ce que sa cause soit
31:34à un moment donné,
31:36pas publique,
31:37c'est l'instruction,
31:38et à un moment donné,
31:39quand ça arrive en audience,
31:40dans certaines affaires,
31:40la justice doit être rendue en public.
31:42Et qu'en l'occurrence,
31:43parce qu'on parle de Patrick Bruel,
31:45il ne bénéficie pas de cela,
31:47c'est pas le seul,
31:48c'est le lot, on va dire,
31:50mais c'est pas la condition ordinaire
31:51de la justice,
31:52c'est simplement ce que j'essaie de dire.
31:53Dans une seconde,
31:54notre document en ligne rouge,
31:55Paul, je le disais,
31:55c'est peut-être que le début
31:56des ennuis judiciaires
31:57pour Patrick Bruel.
31:58Le début des ennuis judiciaires,
31:59oui, en tout cas,
31:59c'est le début d'une information judiciaire
32:01qui va sans doute durer dans le temps,
32:02au moins deux ans,
32:04et encore,
32:04la moyenne est quand même
32:05beaucoup plus élue avec cela,
32:05même s'il y a quatre juges d'instruction,
32:07donc on peut s'attendre quand même
32:08à ce que ça avance.
32:09Cela étant,
32:10il y a encore beaucoup de faits
32:11qui doivent être examinés,
32:12il y a encore des plaintes,
32:12nous disent les avocates,
32:13en tout cas,
32:14qui vont être déposées,
32:15qui vont s'ajouter à ce dossier,
32:17et ça étendra peut-être,
32:18ça étendra peut-être ce dossier,
32:20ça rajoutera peut-être
32:21des modalités de contrôle judiciaire,
32:23ça rajoutera peut-être
32:24effectivement des contraintes
32:24à Patrick Bruel,
32:25et ça ajoutera aussi
32:26beaucoup d'interrogatoires,
32:27de confrontations,
32:28sans doute,
32:28dans les prochains mois,
32:29la confrontation,
32:30c'est intéressant,
32:30Patrick Bruel,
32:31par le biais de son avocate
32:37qui pourraient être confrontées
32:38à celles qui l'accusent.
32:39Comment ça marche ?
32:40C'est une obligation
32:41dans ces cas-là,
32:42ou est-ce que les femmes
32:44qui l'accusent peuvent dire
32:44non, non, moi,
32:45je refuse d'être confrontées ?
32:46Ce n'est pas obligatoire,
32:47ça peut être demandé
32:48par les partis,
32:49ça peut être demandé
32:49par les juges d'instruction,
32:51et voilà,
32:52et ce n'est pas automatique
32:53dans une information judiciaire.
32:55Ça veut dire que les prochains mois
32:56pour Patrick Bruel
32:57vont être rythmés
32:59par de nouveaux interrogatoires
33:00dans le bureau du juge d'instruction,
33:01par des confrontations,
33:03par ce genre de choses.
33:03Oui, parce qu'hier,
33:04il a pu être interrogé
33:05seulement pendant trois heures
33:06pendant les juges d'instruction.
33:07Ce n'était absolument pas suffisant
33:09pour traiter un dossier
33:10aussi volumineux
33:11sur tous les aspects de fond,
33:12tous les actes de procédure
33:13qui ont déjà été faits.
33:15Donc, il sera très probablement
33:16reconvoqué dans les prochains mois,
33:17petit à petit,
33:18sur plusieurs jours,
33:19certainement,
33:20pour discuter du fond
33:21de chacun de ces dossiers
33:22les uns après les autres.
33:23Et je vous remercie
33:23toutes et tous.
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