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Dans son édito du 11/06/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur le projet de loi contre l’antisémitisme et le racisme.
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00:00Oui, je crois que je voulais en parler. Je crois que nous devons tous en parler parce qu'il s
00:04'agit d'un des projets de loi les plus liberticides qui a été présenté depuis plusieurs années par les forces
00:11politiques que l'on dit du Bloc central.
00:14Un projet de loi particulièrement inquiétant. Alors, on s'en souvient, le point de départ, oui, c'est la loi
00:18Yadant qui voulait rendre plus aisément condamnable les formes nouvelles d'antisémitisme.
00:24On a tout de suite vu que ce projet de loi était porteur de nombreuses dérives, ce qui fait qu
00:29'on a retrouvé contre ce projet de loi à la fois des libéraux, des insoumis, des conservateurs,
00:34des gens qui globalement n'avaient rien en commun, sinon qui ne reconnaissent pas à je ne sais quelle autorité
00:39supérieure le droit de frapper arbitrairement leurs opposants sous prétexte d'antisémitisme au sens large ici.
00:46Donc, c'est un projet de loi qui causait problème et qui ne permettait même pas vraiment de lutter contre
00:49l'antisémitisme. C'est ce qui était au cœur des reproches qu'on lui faisait.
00:54Aurore Berger a décidé, cela dit, de prendre le relais avec une nouvelle proposition qu'elle veut plus large et
01:00prétend-elle plus consensuelle.
01:02C'était présenté dans la tribune du dimanche il y a quelques jours et elle nous dit que c'est
01:06un projet de loi contre le racisme, contre les propos haineux, les propos racistes, qu'elle présente, je cite, comme
01:12un projet sous le signe d'un signal républicain de concorde républicaine.
01:16Donc, c'est un projet de signal républicain. Quel signal veut-elle envoyer?
01:20Elle nous dit, le racisme est le pire des péchés idéologiques de notre temps. Il ne faut d'aucune manière
01:27tolérer ceux qui s'en rendraient coupables.
01:30Il faut faciliter l'expulsion de la vie politique en les rendant inéligibles. Ceux qui seront condamnés pour propos haineux,
01:37pour propos racistes.
01:38Mais tout cela, tout cela nous ramène à une question fondamentale, la plus importante de toutes les questions en ces
01:43matières, qui définit le sens du mot racisme.
01:48Sachant que le racisme aujourd'hui est vu comme le péché idéologique premier, celui qui dépasse tous les autres, celui
01:54qui maîtrise la définition du mot racisme, a une emprise immense sur la vie publique.
02:00Et nous le savons, depuis longtemps, depuis 40 ans, toute critique sérieuse de l'immigration massive a été assimilée au
02:07racisme.
02:08Et je veux voir quelle serait la portée d'un tel projet de loi dans le contexte qui est le
02:12nôtre aujourd'hui.
02:13Partout en Europe, nous connaissons la... Enfin, partout en Occident, soyons honnêtes, la submersion migratoire.
02:18Et partout, on cherche à interdire la possibilité de nommer cette submersion migratoire.
02:24Donc, je vais vous donner quelques exemples.
02:27Celui qui critique l'immigration massive en disant « nous sommes submergés », tout simplement, il se fait accuser de
02:33racisme souvent.
02:33Est-ce qu'il tombera sous le coup de la loi ?
02:36Celui qui affirme qu'il y a un grand remplacement, je ne dis pas que c'est le cas, je
02:40dis que certains l'affirment.
02:41Ils seront accusés de racisme. Est-ce que ces gens-là ont encore le droit de se présenter aux élections
02:46?
02:46Ceux qui plaident aujourd'hui pour la remigration, il ne s'agit pas d'être pour ou contre.
02:50Je note que des gens, aujourd'hui, dans la vie publique, plaident pour cela.
02:53Est-ce qu'ils seront, eux aussi, condamnés pour inélégibilité une fois que les juges auront réglé leur cas ?
03:00Ceux qui soutiennent qu'il y a des cultures ou des civilisations qui sont incompatibles entre elles.
03:05Est-ce qu'ils seront, demain, condamnés pour inélégibilité ?
03:08Est-ce qu'ils n'auront pas le droit de se présenter aux élections ?
03:10Ceux qui soutiennent qu'il y a des différences significatives, dis-je, entre les différents groupes humains, quelle que soit
03:16leur explication.
03:17Est-ce qu'ils seront, demain, condamnés à ne pas pouvoir se présenter aux élections ?
03:20Ceux qui soutiennent qu'il y a un lien entre l'immigration et l'insécurité.
03:23Alors, on comprend ce qui s'opère à travers ça.
03:25On veut créer un dispositif juridique, une épée de Damoclès juridique,
03:30qui fait en sorte que, dès qu'on s'avance sur le terrain de l'immigration,
03:33cette épée peut vous tomber sur la tête à n'importe quel moment.
03:36Donc, vous voulez vous avancer sur ces questions, mais tout de suite, vous intégrer les interdits.
03:41Je n'irai pas trop loin.
03:42Je ne vais pas dire cela.
03:43Parce qu'il suffirait de peu, avec ce nouveau projet de loi, pour que je sois traîné devant les tribunaux
03:48et, demain, sois frappé d'une éligibilité.
03:50Je note, soit dit, en pensant que ce n'est pas la première fois qu'en Macronie on pense à
03:52ça.
03:52La loi Avia, il y a quelques années déjà, cherchait déjà à produire le même résultat.
03:58Concrètement, dans ce projet de loi-là, qu'est-ce que ça voudrait dire?
04:01On étendrait les possibilités des associations militantes qui se disent antiracistes de se porter partie civile pour délit d'opinion.
04:09Donc, globalement, SOS Racisme, la LICRA, la Ligue des droits de l'homme,
04:12tous ces gens-là qui ont une définition du racisme particulièrement étendue
04:15auraient un pouvoir plus grand de délation pour pouvoir traîner les gens devant les tribunaux.
04:21Soit dit en passant, Mme Berger avait écrit, on en avait parlé dans le passé,
04:25favoriser le financement de milices numériques pour dénoncer justement les propos haineux.
04:29Je crois qu'il y avait notamment là-dedans SOS Homophobie.
04:31Quand vous voyez la définition de l'homophobie qu'il y a SOS Homophobie,
04:35franchement, il y a beaucoup de gens qui pouvaient s'y retrouver.
04:38Il faut étendre et agrandir le pouvoir des juges pour rendre inéligibles des hommes politiques
04:43qui s'engageraient clairement sur le terrain de la lutte contre l'immigration massive.
04:46Il faut se donner les moyens d'exécuter politiquement les opposants.
04:49Il faut favoriser les gardes à vue d'une manière ou d'autre
04:52pour ceux qui se rendent coupables de délits d'opinion
04:55parce que c'est le délit d'opinion dont on parle ici.
04:57Il ne faut pas se tromper.
04:58Tous ceux qui nous disent cette espèce de phrase d'une sottise insupportable
05:01« Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit »,
05:03dès lors qu'on voit ce que recouvre le mot racisme aujourd'hui,
05:07on comprend à quel point c'est une phrase liberticide.
05:10Par ailleurs, on est dans une séquence, vous l'aurez noté,
05:12où on se dit mais où vont les ressources de l'État
05:14quand les ressources des juges, des magistrats,
05:16toutes les ressources judiciaires de l'État.
05:18Est-ce qu'on doit vraiment les prendre pour lutter contre ceux
05:21qui tiennent des propos hétérodoxes en matière de diversité ?
05:25Puis encore plus loin, alors ça c'est intéressant,
05:28Mme Berger nous dit ce que pourra son projet de loi,
05:31ce qu'il permettra de faire, ça permettra d'étendre
05:33normalement la condamnation de certains propos.
05:36Elle dit « Des contenus racistes, antisémites
05:39et des appels à la haine à l'encontre d'une religion ».
05:42Des appels à la haine à l'encontre d'une religion.
05:44Si je dis, par exemple, « Je n'ai aucune sympathie pour le christianisme »,
05:48franchement, Jésus ne m'inspire aucune sympathie,
05:50son père encore moins.
05:51Si je dis ça, est-ce que c'est un appel à la haine
05:52contre une religion ? Probablement pas, c'est le christianisme.
05:55Mais si je dis la même chose à propos de l'islam,
05:57un propos très sévère à l'endroit de l'islam,
05:58si je n'aime pas, non pas seulement l'islamisme,
06:00mais l'islam comme religion, est-ce que j'ai le droit
06:02de ne pas aimer une religion et du bouddhisme
06:04et de l'orthodoxie et du protestantisme ?
06:06Est-ce que j'ai le droit de ne pas aimer une religion
06:07en disant que cette religion, elle est mauvaise ?
06:09Est-ce que j'ai le droit de le penser ou non ?
06:11Si on n'a plus le droit de le penser,
06:12quoi qu'il en soit, il y a une forme d'orthodoxie,
06:15d'idéologie obligatoire qui sera imposée à tous.
06:17Est-ce qu'on cherche à bannir ici ?
06:18Il faut y revenir, c'est bannir juridiquement
06:21l'opposition et créer un contexte de censure
06:24pour pousser chacun à s'auto-censurer
06:25sur les questions liées à l'immigration ?
06:27On est devant un projet de loi qui vise à bannir,
06:29dans l'effet de l'expression politique,
06:32du sentiment d'une majorité de Français
06:34en le requalifiant de racisme.
06:36Nous sommes devant un projet de censure juridique
06:38et de bannissement juridique de l'opposition.
06:41Aurore Berger, pourtant, nous dit
06:43que c'est un projet de loi de concorde républicaine
06:45et c'est un projet de loi qui est consensuel,
06:49en quelque sorte.
06:49Donc, sous l'appellation concorde républicaine,
06:52on vous censure.
06:53C'est exactement ça.
06:55Alors, moi, j'ai deux possibilités
06:56devant cette proposition de Mme Berger,
06:58parce qu'elle dit que c'est consensuel.
07:01Soit elle y croit vraiment.
07:02C'est tout à fait possible.
07:03Mais dans ce cas-là, et je ne le crois pas,
07:05Mme Berger bascule dans une forme de fanatisme inquiétant,
07:08c'est-à-dire une forme de fanatisme progressiste
07:11propre à l'extrême centre,
07:12le bloc central dans son expression fanatisée.
07:14Je pense que Mme Berger est une femme de qualité,
07:16donc je ne veux pas la croire fanatique.
07:18Dès lors, il y a une autre hypothèse
07:20qui nous dirait que Mme Berger est une bonne politique,
07:22c'est de l'intimidation.
07:23Ça consiste à dire, si vous êtes contre ce projet de loi,
07:26vous êtes vous-même complice du racisme.
07:28Dès lors, c'est une ruse utilisée.
07:31Donc, on prétend,
07:31si vous êtes dans la concorde nationale et républicaine,
07:34ou alors vous êtes hors concorde républicaine,
07:36vous êtes probablement raciste,
07:38vous êtes à tout le moins sympathique au racisme,
07:40vous êtes complice du racisme,
07:42s'opposer à cette loi, c'est être pour le racisme.
07:44C'est ce qu'elle nous dit en quelque sorte.
07:46Et moi, devant cela,
07:47la seule question qui m'intéresse,
07:49c'est moi, le bloc central.
07:49On le sait que le bloc central veut censurer.
07:51Ce qui m'inquiète, moi, c'est la réaction du camp national.
07:54Est-ce que le camp national, au sens large,
07:55va devant cette proposition se coucher
07:57parce qu'il aura peur de se faire traiter de racisme,
07:59et dès lors, il refusera de dénoncer ça
08:02pour des raisons pourtant libérales.
08:04Libéral, c'est-à-dire qu'on ne censure pas,
08:06on ne judiciarise pas à outrance
08:08le propos des uns et des autres.
08:10En démocratie, on débat dans l'espace public
08:12et pas devant les tribunaux.
08:13Je crains que, devant cela,
08:14le camp national, finalement,
08:16se couchera de peur de se faire insulter.
08:19Et je note une chose, soit dit en passant,
08:21on a cette formule qui revient souvent,
08:23oui, on croit à la liberté d'expression,
08:24mais dans le respect de la loi.
08:25Mais est-ce qu'on se rend compte
08:26à quel point cette formule est soviétique?
08:27Parce que la loi ne cesse de se resserrer.
08:30Elle se resserre.
08:30La loi permet de moins en moins de choses.
08:33Donc, ceux qui disent cette phrase
08:34reconnaissent aux législateurs
08:35la possibilité de définir un arbitraire,
08:38un mécanisme de contrôle arbitraire
08:39de la parole publique,
08:40puis ils acceptent de se mouvoir
08:42dans ce petit espace qui leur est laissé.
08:44Quant au camp national,
08:45j'espère qu'ils comprennent
08:46que cette loi est destinée contre lui.
08:48C'est une loi qui est faite
08:50pour inhiber, étouffer,
08:51bannir le camp national.
08:52Est-ce que, finalement,
08:54pareil, il sacrifiera son instinct de survie
08:56pour avoir plutôt le réflexe
08:58du tapis devant le pouvoir
08:59en disant, marchez-moi dessus,
09:01ainsi vous me respecterez.
09:02Je suis curieux de savoir
09:03comment les nationaux réagiront.
09:05Vous assimilez cette loi,
09:06donc je disais,
09:07un projet de censure.
09:09Elle, elle y voit un projet
09:10donc au code républicain.
09:11Est-ce que peut-être la vérité
09:12ne se trouve pas entre les deux?
09:13Non, non, je ne crois pas,
09:14pas sur ce coup-là.
09:15Vous avez raison d'évoquer cette hypothèse,
09:17mais je ne crois pas.
09:18Dans ce cas précis,
09:20on est dans une logique de censure
09:21où les propositions de censure
09:22se multiplient
09:23en l'espace de quelques années.
09:24C'est une loi de persécution politique
09:26qui, dans les faits,
09:26crée des conditions,
09:27l'équivalent en démocratie libérale
09:29d'une forme de police politique
09:30de l'opinion.
09:31Donc, dans les faits,
09:32qu'est-ce qu'on voit ici?
09:33Il y a le projet de loi
09:33tout récemment sur l'entrisme,
09:35d'abord sur l'entrisme islamiste
09:36mais qui devient ensuite l'entrisme.
09:38Et quand on voit la définition
09:38du projet de loi sur l'entrisme,
09:40rappelez-vous,
09:40c'était il y a quelques semaines,
09:41si vous en prenez
09:42à la cohésion nationale,
09:43ensuite on a reformulé,
09:44vous pouvez voir
09:45vos comptes gelés, bloqués,
09:47votre accès bancaire bloqués.
09:49C'est quand même particulier.
09:50Donc, quand on voit la définition...
09:52Vous savez, de mon point de vue,
09:53il y a beaucoup de gens
09:53qui sont contre la cohésion nationale.
09:54Mais du point de vue de l'NFI,
09:55il y en a aussi.
09:56Puis du point de vue du Bloc central aussi.
09:57Est-ce qu'on va tous finir
09:58par créer des conditions
09:59pour se mettre en prison
10:00les uns les autres
10:00ou bloquer nos comptes bancaires
10:02les uns les autres?
10:03Il y avait le projet de loi
10:04de Vincent Jombrun
10:04il n'y a pas si longtemps,
10:05rappelez-vous,
10:06qui voulait interdire
10:07les discours antirépublicains
10:08dans l'espace public.
10:15C'est l'ordre public immatériel.
10:17C'est le concept
10:17sur lequel repose aujourd'hui
10:19cette logique de censure.
10:20Ça consiste à...
10:20C'est l'autre nom de l'orthodoxie.
10:22C'est l'autre nom du régime,
10:23de l'idéologie dominante.
10:24Et je terminerai
10:25avec une petite réflexion.
10:27Vous avez peut-être vu passer
10:28aujourd'hui le magazine
10:30L'Incorrect.
10:30Le magazine L'Incorrect,
10:31là, ce n'est pas une censure
10:32qui vient de l'État.
10:33C'est une censure qui vient de l'État.
10:34Le magazine,
10:34l'excellent magazine L'Incorrect,
10:36a vu son compte Instagram
10:37suspendu, sans raison,
10:39comme ça,
10:39sur le mode de l'arbitraire.
10:41Une véritable censure.
10:42Un magazine, en plus,
10:44irréprochable culturellement
10:44qui fait de la qualité,
10:45mais manifestement,
10:46puisqu'il n'est pas
10:47à l'intérieur de l'orthodoxie,
10:48on se permet de le censurer.
10:50Eh bien, l'État, lui aussi,
10:50réclame le droit de censure.
10:52Même si votre chronique est terminée,
10:53j'ai peut-être deux petites questions.
10:54N'hésitez pas.
10:55Si vous pouvez me répondre
10:56peut-être rapidement,
10:57j'ai envie de vous entendre
10:58sur que peut faire
10:59le camp national,
10:59puisque vous dites
11:00que c'est dire
11:00que je compte le camp national.
11:02Et deuxièmement,
11:02est-ce que vous n'y ayez pas
11:03un peu de censure partout ?
11:04Lorsqu'on disait, par exemple,
11:06qu'on va interdire
11:07les réseaux sociaux au moins de 15 ans,
11:08vous voyez aussi de la censure.
11:09Est-ce que vous ne voyez pas,
11:10vous, de la censure partout ?
11:11Premièrement,
11:12parce qu'il y a de la censure partout.
11:14Le fait est qu'aujourd'hui,
11:15la tentation de la censure
11:16est très forte.
11:17Donc, pour avoir l'air
11:18faussement modéré
11:19devant mes amis du Bloc central,
11:20je ne vais pas leur dire
11:21« Ah, je ne veux pas de censure
11:22aujourd'hui pour être gentil ».
11:23Non.
11:23À un moment donné,
11:24je vois qu'on est dans une époque
11:25qui ne veut plus convaincre,
11:26mais qui veut contraindre.
11:27Un.
11:27Pour le camp national,
11:29ce n'est pas compliqué.
11:29Je lui demanderais,
11:30si j'étais dans une position
11:31de conseiller,
11:32de s'opposer à cette loi
11:33en disant ce qu'elle est.
11:34Ce n'est pas une loi
11:35de concorde républicaine,
11:36c'est une loi de bannissement
11:37juridique de l'opposition
11:38en assimilant au racisme
11:39toute critique de l'immigration.
11:41Je parlerais franchement,
11:42ça ferait changement.