Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
https://www.canalplus.com/cinema/
Facebook : https://www.facebook.com/canalpluscinema/
Twitter : https://twitter.com/Canalplus
Instagram : https://www.instagram.com/canalplus/

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Jérémy, en fait c'est la disparition brutale de Gaspar Huliel, qui était votre meilleur ami,
00:05et aussi votre partenaire de jeu, on s'en souvient dans le Saint-Laurent de Bonello,
00:09qui, ça vous est tombé dessus et ça vous a littéralement paralysé.
00:13Et du coup, vous avez décidé de mettre le métier de côté et de partir traverser l'Arctique, dans des
00:18conditions...
00:19Alors ça n'a pas été aussi rapide que ça, mais c'est sûr que c'était un moment dans
00:23ma vie,
00:24comme on l'a tous, où je remettais beaucoup de choses en question.
00:27Et cette mort, la mort d'un... plus qu'un ami, un frère, m'a totalement terrassé et ralenti.
00:35Et après, j'ai fait une rencontre improbable, j'ai rencontré un explorateur à travers ses...
00:41En fait, on s'est échangé des messages et puis il m'a envoyé son livre.
00:44Et j'ai été touché par le personnage, un peu ébahi par ce qu'il faisait, en même temps une
00:49forme de sensibilité quand même.
00:50Et on a décidé de se rencontrer.
00:52Et en fait, lors de cette première rencontre, moi j'avais révélé un peu ce que je traversais, justement ce
00:56deuil.
00:57Et ainsi de suite.
00:58Et il m'a fait cette proposition folle.
01:00Il m'a dit, écoute, si tu veux, où est-ce que tu en es dans ta vie ?
01:03Si tu pars avec moi, je pense, en Arctique, peut-être que ça va t'aider à traverser ça.
01:07On peut en dire deux mots d'ailleurs tout de suite de ce fameux Lory Lague, puisque c'est son
01:10nom, cet explorateur.
01:11Avant de le présenter, j'aimerais qu'on regarde ces images.
01:13Le pire ennemi dans ce genre de moment, c'est pas les crocos, c'est ta peur.
01:18Elle te paralyse, te fait douter.
01:21Alors, quand l'occasion se présente, il faut direct se lancer.
01:34L'homme qui attrape le crocodile à main nue, c'est lui, Lory Lague, votre partenaire à l'écran.
01:38Jérémy est votre partenaire d'expédition dans ce film.
01:41Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est un explorateur professionnel, aventurier de l'extrême.
01:45On compte parmi ces expéditions, par exemple, la traversée du passage du Nord-Ouest sur la banquise de l'océan
01:50Arctique.
01:5277 jours et 3 000 kilomètres en solitaire, comme moi je peine à faire mes 10 000 pas par jour.
01:57Bref, les aventures de Lory Lague, finalement, ça ressemble un peu aux aventures de Tintin.
02:01Lory Lague dans le désert du Sahara à sous 50 degrés.
02:04Lory se fait piquer par un scorpion vénimeux.
02:06Lory se bat contre un ours polaire, autrement dit le genre de copain dont on a tous besoin.
02:11Alors justement, Jérémy, moi je le connais un peu, Lory,
02:13et je lui ai demandé qu'il vous laisse un petit message.
02:17J'aimerais te poser une petite question.
02:19J'aimerais savoir ce que ça fait d'avoir fait un film réalisé par Jérémy Régnier,
02:25avec Jérémy Régnier, financé par Jérémy Régnier, écrit par Jérémy Régnier,
02:29sur une idée originale de Jérémy Régnier.
02:31Parce que je sais que toi, tu n'aimes pas trop la lumière.
02:34Et surtout, tu es quand même une forme d'antistar.
02:36Et que pour toi, ça a été un très très gros effort.
02:38Notamment, je sais que sur ce plateau, ça ne doit pas être simple du tout.
02:41Voilà, donc je voulais savoir comment tu prenais toute cette célébrité.
02:44Voilà, je te fais des gros bisous mon lapin.
02:47Je t'aime très fort et à très vite.
02:51Ouais, euh...
02:52Non, il me charriait souvent avec ça,
02:53parce que c'est vrai que je me suis retrouvé à faire un peu tout sur ce film,
02:57parce que c'était la demande du film, c'était compliqué à financer.
03:02J'ai eu des amis producteurs qui m'ont accompagné,
03:04mais il a fallu trouver de l'argent qui était leur propre argent.
03:08Puis sur place, à un moment donné, j'ai perdu mon équipe,
03:10donc c'est moi qui tourne.
03:12Puis après, j'ai dû défendre le film auprès des distributeurs,
03:16et ainsi de suite.
03:17Et c'est vrai que c'est un film que j'accompagne dans toute sa traversée.
03:21Que ce soit ce voyage, je me suis la sortie, l'accomplissement,
03:24c'est moi qui distribue le film en Belgique.
03:26Voilà, donc c'est vrai qu'il se fout un peu de ma gueule en disant ça.
03:28Et j'imagine qu'on se pose la question de savoir
03:29comment on va transformer une histoire aussi intime en quelque chose d'universel.
03:33Mais justement, je pense en pensant plus large.
03:35Moi, j'ai voulu sortir un peu, alors la forme du film, le vœu aussi.
03:39J'ai voulu créer un peu un compte initiatique avec justement la forme du film,
03:45d'être sur quelque chose de plus cinématographique, que très réaliste.
03:48Et donc, ça m'a permis d'avoir un objet qui peut circuler, qui peut…
03:53Je l'ai vu dernièrement, on a accompagné le film dans différentes villes de France
03:57pour faire les avant-premières.
04:00Et on a eu des retours sublimes, un petit garçon qui était là au premier rang avec ses parents
04:05et qui est venu à la fin de la projection, me glisser un mot dans l'oreille.
04:08Et il m'a dit, je comprends la douleur que t'as eue en perdant ton ami
04:12parce que moi aussi, j'ai perdu mon chien et mon petit frère.
04:16Et j'ai vu ses parents à côté de lui, les larmes aux yeux.
04:19Et je me suis dit, ok, ce film est là aussi pour ça.
04:21Il a touché, oui, à ce point-là.
04:24C'était un film extrêmement dangereux aussi.
04:26Vous aviez 50% de chance de ne pas y survivre, d'y rester.
04:30Vous vous êtes posé à un moment la question de la dangerosité du projet
04:33parce que vous n'étiez pas seul.
04:34– J'étais pas seul.
04:36Non, en fait, quand il m'a fait cette proposition,
04:38je dois dire que c'était totalement inconscient de ma part,
04:40mais j'ai foncé sur l'occasion comme si c'était une main tendue
04:43à un moment précis de ma vie où je l'ai vue comme un signe des étoiles.
04:48Et j'ai foncé, mais c'est qu'au fur et à mesure,
04:50en fait, de la progression, de la pré-production
04:55pour chercher en fait des techniciens qui veulent bien aller là-bas.
04:59Tous nous disaient, mais c'est impossible de ramener des images.
05:01Je me disais, ok, ça va être un peu plus compliqué.
05:03Et puis Loury, aussi à un moment donné, pour vous donner un peu une anecdote,
05:07Loury a voulu très vite, comme il avait un peu ma vie entre ses mains,
05:10et que lui savait la gravité dans laquelle il allait me mettre,
05:12ou la dangerosité, il a voulu rencontrer ma femme, mes enfants,
05:17pour leur demander s'ils étaient d'accord que je parte.
05:19Parce que oui, il y avait des chances, des possibilités que je ne rentre pas.
05:23Comment on arrive à fabriquer quand même du cinéma quand on se met en danger ?
05:26Parce que les images sont sublimes, mais des fois on se dit,
05:28mais en fait, là, ils sont en train peut-être de mourir, en fait, ce genre d'écran.
05:31Ça a été toujours le...
05:33Et puis en plus de ça, c'est que je devais vivre aussi une expérience personnelle.
05:36C'était la proposition de mourir au départ.
05:38Le film n'est arrivé que dans un deuxième souffle.
05:43Mais j'avais un serpent à deux têtes, il y avait une partie qui devait vivre,
05:46une autre qui devait faire une histoire, raconter une histoire.
05:49J'ai eu des producteurs, des amis, on s'est tapés dans la main.
05:52C'était un pareil fou, en fait, parce que je n'étais pas sûr de pouvoir ramener des images,
05:55pas sûr de pouvoir techniquement ramener une histoire.
05:58Donc vous ne pensiez pas au film en le faisant ?
06:00– Si, je pensais, mais en fait, j'ai vécu les choses.
06:04C'est-à-dire qu'il m'est arrivé des choses complètement fous qu'on voit dans le film
06:06que je n'aurais jamais pu anticiper.
06:08Et donc, j'étais en fait spectateur de ma propre histoire, de mon propre film.
06:13Et je devais rebondir dessus, essayer de trouver des façons de le raconter.
06:17Puis après, il y a quand même un arc narratif que j'ai trouvé avec un monteur.
06:22Parce qu'il y a une réécriture qui se fait au montage avec un documentaire,
06:25encore plus qu'avec une fiction ou un scénario.
06:27Là, en fait, avec le documentaire, j'ai pu réécrire avec Bruno Trac,
06:31qui m'a accompagné durant toute la post-production, qui était assez longue,
06:35parce que j'avais 200 heures de rush.
06:36– Oui.
06:36– J'ai tourné dans tous les sens, plein de choses que je n'ai pas utilisées dans le film.
06:40Mais donc, il a fallu trouver cet arc narratif.
06:43Et c'est là où, justement, c'était de trouver un peu le phare dans la nuit
06:47de qu'est-ce que je voulais vraiment raconter, qu'est-ce qui était au plus profond de moi.
06:50– Vous avez l'impression que ce film, cette aventure, vous a transformé de manière profonde.
06:55Comment un rôle peut vous transformer ?
06:57– Elle a considérablement changé ma vie, oui.
07:00Ma perception de la vie, ma perception de la nature,
07:03ma perception du futur, du passé, de l'autre, quoi.
07:09Qui on est pour soi, qui on est pour l'autre.
07:11Enfin, plein de thèmes qu'on traverse.
07:12– Mais ça veut dire que maintenant, quand vous partez en voyage,
07:14s'il n'y a pas de danger, ça ne vous intéresse pas ?
07:16– Absolument, je n'irai jamais, au Seychelles.
07:20Non, non, non.
07:21Après, je crois qu'on a vécu ça, on se dit qu'être sur un transat, c'est un peu
07:24compliqué, quoi.
07:24– Non, mais après, j'ai une vraie question que je pose dans la…
07:27On voit Lourila qui se retrouve toujours dans des situations assez dingues.
07:30On se dit, mais est-ce qu'on a besoin d'aller aussi loin dans ces limites
07:33pour comprendre qu'on est vivant, pour comprendre des choses ?
07:35Je n'ai pas la réponse, moi.
07:37C'était une question.
07:38Je sais qu'en tout cas, il y a le dépassement,
07:39le fait d'aller plus loin que ce que tu penses pouvoir aller,
07:43de se retrouver coincé, de pouvoir rebondir,
07:46retrouver des sources vitales pour arriver à vaincre tes peurs, etc.
07:51Il y a une forme de transformation qui s'opère.
07:54– Et de mettre sa vie entre les mains de quelqu'un aussi.
07:56– Et mettre sa vie entre les mains de quelqu'un,
07:58oui, ça a été une folie.
08:01À un moment, je me suis posé beaucoup de questions par rapport à ça,
08:04en me disant, est-ce que c'est le bon choix, la bonne personne ?
08:07Je suis en vie, je suis là.
08:09– Vous êtes là avec votre film, qui est un film très réussi,
08:12très particulier, un objet cinématographique absolument unique,
08:15parce que vous êtes le cœur, l'âme de toute cette opération.
08:19J'ai l'impression que ça va…
08:22Vous n'allez plus être le même acteur après ça.
08:24– Ah, je ne sais pas, j'ai l'impression de…
08:27– Est-ce que vous avez encore envie de jouer, d'ailleurs ?
08:29– J'ai très envie de jouer, j'ai une faculté d'appartenir à un métier
08:33qui permet de raconter des histoires et de les transmettre.
08:36Et c'est un super pouvoir, et il ne faut pas l'oublier.
08:39– Merci.
Commentaires

Recommandations

CANAL+
il y a 1 semaine