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Les ministres ont répondu aux députés à l’Assemblée nationale, lors de la séance des Questions au gouvernement, ce mardi 9 juin.
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00:00:00Trois militaires se trouvaient à bord. L'un d'entre eux, l'adjudant Dorian Larigauderie de la brigade de Châteauneuf
00:00:09-sur-Loire, a perdu la vie.
00:00:12Il avait 27 ans. Ses deux camarades gendarmes ont été quant à eux hospitalisés en urgence absolue.
00:00:20Aujourd'hui, nos pensées attristées vont à la famille de l'adjudant Larigauderie.
00:00:25Elles accompagnent les deux militaires blessés dans leur combat pour la vie.
00:00:30Et elles embrassent plus largement tous ceux qui risquent leur existence pour protéger les nôtres.
00:00:37Protéger, tel est le devoir premier de la République.
00:00:42Pourtant, mes chers collègues, ces derniers jours, la République a cruellement et collectivement failli à ce devoir.
00:00:51Elle n'a pas su protéger celles et ceux qui devaient l'être.
00:00:55La mort tragique de Liana, 11 ans, a bouleversé, meurtri la nation.
00:01:03Chaque mère, chaque père, chaque enfant s'est senti horrifié et révulsé par ce crime d'une horreur absolue.
00:01:14Nos pensées accompagnent en cette heure la famille, les proches et les amis de Liana.
00:01:21Qu'ils sachent que la représentation nationale partage leur affliction.
00:01:27Ce drame vient à la suite de beaucoup d'autres.
00:01:31Et chacun était le drame de trop.
00:01:36L'émotion de la nation est également très vive après le meurtre de Noam, victime d'un véritable lynchage dans
00:01:42les rues de Metz.
00:01:45Noam avait 19 ans.
00:01:47Il rentrait simplement d'une soirée entre amis.
00:01:50Dans notre République, personne, absolument personne, ne devrait être insulté, harcelé, tué, pour être qui il est, pour simplement aimer.
00:02:00La représentation nationale adresse ces pensées émues et endeuillées à la famille, aux proches et amis de Noam.
00:02:09Alors, mes chers collègues, mesdames et messieurs les membres du gouvernement,
00:02:12on signe d'hommage et en la mémoire de ces vies tragiquement brisées.
00:02:18Je vous invite à observer une minute de silence.
00:02:21Merci.
00:02:29Merci.
00:03:19L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
00:03:24La première va être posée par madame Gabrielle Catala pour le groupe La France Insoumise.
00:03:34Merci, Présidente.
00:03:35Messieurs les ministres, nous pensons à Liana, à celles et ceux qui l'ont aimée,
00:03:40à tous les enfants victimes de ces violences insupportables.
00:03:43Mais au-delà de la peine, nous sommes en colère.
00:03:45Les hommes violent des femmes, des petites filles, des petits garçons,
00:03:49non par pulsions sexuelles mais pour dominer les corps,
00:03:51le plus souvent dans la famille, parfois ils tuent.
00:03:54Monsieur Darmanin, cette affaire n'a rien d'un dysfonctionnement.
00:03:5773% des plaintes pour violences sexuelles faites aux enfants sont classées sans suite.
00:04:0170% ne génèrent aucun acte d'investigation.
00:04:04Cette affaire reflète le fonctionnement tristement ordinaire de la justice française.
00:04:08Et vous feignez de le découvrir et de découvrir que ces violences sont systémiques,
00:04:13que les corps des femmes et des enfants sont des objets dont les hommes peuvent disposer dans notre société,
00:04:18que les enfants parlent mais ne sont pas protégés.
00:04:20Il faut qu'ils meurent pour qu'enfin on les croit,
00:04:22alors que les militantes féministes et enfantistes alertent depuis des années,
00:04:26alors que la civise a listé 82 préconisations que vous avez enterrées,
00:04:31alors que vous êtes en responsabilité depuis 9 ans.
00:04:34Et depuis 9 ans, vos gouvernements ont démantelé les services publics
00:04:38et mis en œuvre des politiques patriarcales,
00:04:40soit des coups de menton sécuritaires au détriment de la sécurité des femmes et des enfants.
00:04:44A présent, vous jetez en pâture les magistrats que vous avez noyés sous des dizaines de priorités
00:04:50pour vous défausser après avoir refusé d'entendre leurs alertes sur les moyens insuffisants de la justice.
00:04:56Pire, vous lancez une enquête sur les responsabilités qui ont conduit au drame.
00:04:59Ne craignez-vous pas qu'elles remontent jusqu'à vous, monsieur Darmanin ?
00:05:04Mediapart nous apprend même qu'un rapport accablant vous a été remis il y a 4 ans
00:05:08sur les défaillances en matière de lutte contre la pédocriminalité.
00:05:11L'avez-vous seulement lu, il est dans votre tiroir.
00:05:15La question n'est pas que faire, nous avons la réponse.
00:05:18Nous n'avons pas besoin d'une énième loi d'affichage,
00:05:20mais d'une loi cadre pour lutter contre toutes les violences faites aux femmes et aux enfants.
00:05:24Un budget de 3 milliards et la prise en charge intégrale par la Sécurité sociale d'un parcours de soins
00:05:30pour toutes les victimes.
00:05:31La question est plutôt, pourquoi avez-vous décidé de ne rien faire ?
00:05:36Et quand assumerez-vous votre part de responsabilité en présentant votre démission ?
00:05:41Merci, madame la députée.
00:05:45La parole est à monsieur Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice.
00:05:52Merci, madame la présidente, mesdames et messieurs les ministres, madame la députée.
00:06:00Je suis persuadé que sur tous ces bancs, nous sommes profondément traumatisés, choqués par la mort de l'INA.
00:06:06Et comme vous l'avez dit, madame la présidente, de tous les drames qui ont pu toucher les familles de
00:06:12France.
00:06:14Chacun ici est père ou mère de famille et bien sûr que notre cœur, comme ceux des magistrats, comme ceux
00:06:19des enquêteurs, bat de tristesse parce que nous n'avons pas su protéger une enfant de la République.
00:06:26Un rapport d'inspection a été commandé à la demande de monsieur le président de la République et de monsieur
00:06:29le Premier ministre par le ministre de l'Education nationale, par monsieur le ministre de l'Intérieur et de moi
00:06:32-même.
00:06:33De me remonter des procureurs généraux qui sont sous mon autorité, j'ai pu dire, et je le dis, cela
00:06:38fait 20 ans que ça n'avait pas été dit aux Français par un garde des Sceaux,
00:06:41que l'institution judiciaire que je représente devait présenter ses excuses, pas seulement à la famille mais aux Français,
00:06:47que nous avons failli, comme l'a très bien dit également le procureur général près de la Cour de cassation
00:06:50hier soir, à une heure de grande écoute,
00:06:53et que nous tirons toutes les conclusions des défaillances. S'il y en a des systémiques, nous les changerons, mais
00:06:59également particulières.
00:07:01J'ai regretté la politisation et, il faut bien le dire, le manque de respect, sans doute, puisque dès ce
00:07:10week-end, votre président de groupe politique a appelé à la démission de membres du gouvernement.
00:07:14Et si vous pensez à ce l'instant, madame, que vous allez refaire protéger, donner du courage aux enquêteurs, aux
00:07:21magistrats, à toute la société,
00:07:24si vous allez protéger les enfants en faisant de la politique politicienne, je pense que vous vous trompez frontalement.
00:07:32Je vous demande de ne pas renverser le gouvernement comme l'année dernière pour pouvoir augmenter ses budgets, en effet,
00:07:37mais aussi de voir que quand il y a des responsabilités, quand il y a des responsabilités, laisser les ministres
00:07:46prendre les sanctions qui vont avec ces responsabilités.
00:07:50Merci beaucoup, monsieur le ministre. Vous n'avez plus de temps, madame la députée, vous aviez d'ores et déjà
00:07:56dépassé.
00:07:58La parole est à présent à monsieur Jean-René Cazeneuve pour le groupe Ensemble pour la République.
00:08:07Merci, madame la présidente. Monsieur le garde des Sceaux, pardon pour ce que tu as vécu.
00:08:14Ce sont les mots des parents de Liana dont je veux souligner la grande dignité et à qui je veux
00:08:19exprimer toute notre compassion et notre soutien.
00:08:22Je pense aussi aux habitants de Florence, Montestruc, Pucasquier de Toulogère, territoire endeuillé, territoire en colère.
00:08:32Dimanche, nous étions 6 000 pour la marche blanche. Mais ne vous y trompez pas, monsieur le ministre.
00:08:38Ce sont 68 millions de Français qui, aujourd'hui, attendent des réponses.
00:08:44Les inspections en cours en apparteront. Si les procédures ont été respectées, il faudra les changer.
00:08:51Si elles n'ont pas été respectées, il faudra aussi les changer pour éviter qu'on puisse y déroger.
00:08:58Pardon pour ce que tu as vécu. Ce sont aussi des mots que nous devrions tous prononcer ici.
00:09:05Le problème est systémique, sociétal, pour reprendre les mots du maire de Florence.
00:09:11Les prédateurs sexuels et les pédocriminels rôdent autour de nos écoles ou sur les réseaux sociaux.
00:09:17Il faut que cesse ce déni collectif face à 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année.
00:09:24Qu'aucun dossier de viol sur enfants ne soit abandonné.
00:09:27Que nos principes fondamentaux soient revus à l'aune de ces crimes odieux.
00:09:32Que l'horreur de ces actes appelle des réponses exceptionnelles.
00:09:38Certes, les moyens ont progressé ces dernières années dans le Gers avec la création d'une maison des familles, d
00:09:43'un pôle d'accueil des victimes, d'une unité d'accueil pédiatrique d'enfants sans danger, d'une unité médico
00:09:47-judiciaire de proximité,
00:09:49des structures portées par des hommes et des femmes remarquables et que je veux aussi remercier.
00:09:53Mais il faut aller beaucoup plus loin, continuer à agir.
00:09:58Il y en a et le drame de trop.
00:10:01Quand, monsieur le ministre, la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes soutenue par notre groupe et les galeries
00:10:07latales sera-t-elle examinée ?
00:10:08Quelles réformes structurelles comptez-vous porter ? Merci.
00:10:12Merci beaucoup, monsieur le député.
00:10:14La parole est à monsieur Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice.
00:10:19Merci, madame la présidente.
00:10:20Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Cazeneuve, je sais qu'en tant que député de ce département, à
00:10:26plusieurs reprises,
00:10:27vous vous êtes intéressé, comme votre autre collègue député, aux moyens de la justice dans votre département
00:10:32et c'est entendu que nous avons en effet créé l'unité que vous avez souhaitée, médico-judiciaire,
00:10:40mais aussi que nous avons renforcé les moyens du parquet d'Oche.
00:10:43D'ailleurs, dans votre cours d'appel, vous connaissez les renforts extrêmement importants en magistrats, en greffier, en assistance de
00:10:50justice
00:10:50et en service enquêteur du ministère intérieur, vous avez accompagné toutes ces augmentations d'effectifs
00:10:55et nous devons continuer à le faire.
00:10:57Le tribunal d'Oche était en procédure pénale numérique.
00:10:59Le tribunal d'Oche connaît, avec les services enquêteurs, une activité soutenue,
00:11:05mais qui n'explique pas, monsieur le député, vous le savez, les dysfonctionnements qu'il peut exister dans cette affaire,
00:11:11entre ce qui s'est passé à Toulouse et ce qui s'est passé à Hoche.
00:11:14Les inspections le diront, on en tirera toute conclusion, qu'il s'agisse en effet de sujets structurels, s'ils
00:11:20devaient y en avoir,
00:11:21et de sujets individuels, s'ils devaient y en avoir.
00:11:23La loi intégrale que vous évoquez a été présentée par monsieur le Premier ministre au Conseil d'Etat
00:11:29pour nous donner le conseil juridique sur une grande loi, sans doute, que nous devons accompagner.
00:11:34Je me suis exprimé à plusieurs reprises sur des sujets de cette loi intégrale.
00:11:39L'imprescriptibilité des crimes pour mineurs, voilà plusieurs mois que je souhaite que nous inscrivions dans la loi.
00:11:44Je constate malheureusement que ce n'est pas partagé sur tous les bancs de l'hémicycle.
00:11:49Tant mieux si nous pouvons le porter, prendre à un enfant sans prendre à l'humanité toute entière.
00:11:53La perpétuité pour les viols syriels sur les enfants, une proposition qui a été faite à monsieur le Premier ministre.
00:11:59L'encadrement dans la loi pour trois mois, puisque les circonstances politiques générales ne sont pas appliquées,
00:12:05puisque vous savez que je ne peux pas légalement intervenir dans les affaires individuelles depuis 2013.
00:12:11Encadrer en trois mois pour qu'il y ait des gardes à vue, des mises en cause,
00:12:14c'est également un sujet extrêmement important pour que nous puissions lever le doute
00:12:18et poursuivre les auteurs de crimes contre les enfants.
00:12:21Voilà monsieur le député, nous avons fait beaucoup et nous ferons encore beaucoup avec vous.
00:12:25Merci beaucoup monsieur le garde de Sceau.
00:12:28Je précise à la représentation nationale que j'ai saisie dès hier le Conseil d'Etat
00:12:32sur la proposition de loi intégrale transpartisane signée par 116 députés de cet hémicycle.
00:12:40Et je donne la parole à sa première auteure, madame Céline Thiebaud-Martinez pour le groupe socialiste.
00:12:57Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les membres du gouvernement,
00:13:01car je m'adresse à vous toutes sur ces bancs, mesdames et messieurs les ministres.
00:13:04Avant toute chose, je voudrais adresser mes pensées les plus sincères à la famille et aux proches de Liana.
00:13:10Le meurtre de Liana, ce n'est pas un simple drame.
00:13:12Liana, c'est le visage d'une réalité que notre pays ne peut plus ignorer.
00:13:17Cette réalité nous concerne toutes et tous.
00:13:20Elle concerne Liana, Gisèle, Chahina, Yanis.
00:13:24Elle concerne nos enfants, nos soeurs, nos mères, nos proches.
00:13:28Elle concerne notre société toute entière.
00:13:32Mais cette fois, monsieur le Premier ministre, plus jamais ça.
00:13:36Plus jamais ça parce que vous devez agir.
00:13:38Agir avec détermination et avec ambition.
00:13:41Le 25 novembre dernier, avec plus de 110 députés, nous avons déposé une proposition de loi intégrale.
00:13:47Depuis huit mois, je vous interpelle.
00:13:49Depuis huit mois, nous demandons à avancer.
00:13:51Jusqu'alors, ce sujet n'a pas été votre priorité.
00:13:55Et malheureusement, une fois de plus, c'est l'horreur qui nous oblige à regarder la réalité en face.
00:14:00Cette réalité, nous devons l'affronter en travaillant enfin sur une proposition de loi intégrale.
00:14:05L'examen du texte est demandé dès le mois de septembre en session extraordinaire.
00:14:09Qui le demande ?
00:14:10Nous, les députés, mais aussi les sénateurs et les sénatrices qui ont travaillé sur le texte.
00:14:15La coalition de plus 150 associations et syndicats a l'initiative d'une plateforme inédite de proposition.
00:14:23Les prêts de 200 000 signataires de la pétition pour une loi intégrale.
00:14:27A nos voix se sont ajoutées hier celles de milliers de citoyens et de citoyennes mobilisés partout en France.
00:14:33Monsieur le Premier ministre, cette mobilisation appelle désormais une réponse politique.
00:14:38J'ai bien entendu vos annonces faites ce midi et qui seront examinées dans le texte sur la protection de
00:14:43l'enfance.
00:14:44Mais soyons clairs, nous ne nous contenterons pas de cela.
00:14:46Ce ne sera pas suffisant.
00:14:49Monsieur le Premier ministre, au nom de toutes celles et de tous ceux qui veulent être écoutés, protégés et défendus,
00:14:54je vous demande d'inscrire à l'ordre du jour la proposition de loi intégrale visant à lutter contre les
00:14:58violences faites aux femmes et aux enfants.
00:15:01Merci beaucoup, madame la députée.
00:15:07La parole est à monsieur Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice.
00:15:14Madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, madame la députée Thiebaud-Martinez,
00:15:19nous nous sommes vus à plusieurs reprises et nous connaissons tous ici votre engagement sur la lutte contre les violences
00:15:27sexuelles.
00:15:30Chacun des ministres ici, je pense à madame Berger, je pense à monsieur Dunez, a eu l'occasion d'évoquer
00:15:34avec vous vos propositions.
00:15:35Comme vous l'a dit monsieur le Premier ministre, comme l'a dit la présidente de l'Assemblée nationale, le
00:15:38texte s'est transmis au Conseil d'Etat.
00:15:40Personnellement, je me suis déjà exprimé favorablement, y compris devant vous en commission parlementaire,
00:15:45y compris encore ce matin en Sénat avec le ministre de l'Intérieur pour dire bien sûr à quel point
00:15:49les dispositions de la loi intégrale
00:15:51pouvaient nous aider pour lutter contre les crimes sexuels contre les femmes et les enfants.
00:15:57Mais puis je peux vous permettre madame la députée, aucune des dispositions de la loi intégrale n'aurait répondu dans
00:16:04le cas précis
00:16:05au drame de la petite Yana.
00:16:11Nous n'avons pas besoin de nouvelles lois pour ce cas très précis.
00:16:16Nous n'avions pas besoin davantage de moyens.
00:16:20Parce que personne ne comprend quand une enquête est ouverte par un parquet, que nous avons un médecin
00:16:28qui a constaté des faits de viol sur une petite fille, que nous avons un expert qui en 10 jours
00:16:33a rendu un rapport, que nous avons des auditions circonstanciées, que nous avons l'incrimination
00:16:40et que nous connaissons l'auteur et que les fichiers applicatifs fonctionnent et que nous savons
00:16:44qu'il a eu déjà deux plaintes classées pour viol. Personne ne comprend, madame la députée,
00:16:50dans cette affaire très précise, pourquoi on met neuf mois à mettre en garde à vue
00:16:55un auteur criminel syriel sur mineur.
00:16:59La loi intégrale est nécessaire pour des dizaines de milliers de cas sans aucun doute.
00:17:04Mais ne faisons pas croire aux Français que dans le cas extrêmement précis, c'est une nouvelle loi
00:17:12ou des moyens supplémentaires qui auraient empêché ce drame.
00:17:17Merci monsieur le garde des Sceaux.
00:17:19C'est ma responsabilité de chef de l'administration que de vous le dire.
00:17:22Merci monsieur le garde des Sceaux.
00:17:27Je vous remercie, vous n'avez plus de temps, madame la députée, s'il vous plaît.
00:17:33La parole est à présent à madame Marie-Charlotte Garin pour le groupe Écologiste et Social.
00:17:42Madame la présidente, parce que les mots ont leur importance, vous me permettrez de dire
00:17:45dans cet hémicycle que Noam a été tué parce que gay, à cause de l'homophobie.
00:17:58Applaudissements.
00:18:05Applaudissements.
00:18:08Applaudissements.
00:18:24Monsieur le Premier ministre, vous savez ce qu'on dit, c'est pas bien de mentir.
00:18:30Alors il faudra dire que c'est pas bien de mentir au président de la République
00:18:34qui ne veut entendre aucun argument de moyens dans cette affaire.
00:18:37Il faudra dire que c'est pas bien de mentir à votre ministre de l'Intérieur
00:18:42qui nous explique que le meurtre de l'IANA serait le fruit d'erreurs individuelles
00:18:46et non d'un système défaillant.
00:18:48Il faudra dire que c'est pas bien de mentir au ministre sans pouvoir
00:18:52que vous nous envoyez pour expliquer que tout est vraiment bien fait pour lutter contre les violences.
00:18:57Vous savez à qui on a longtemps dit c'est pas bien de mentir ?
00:19:00Aux enfants qui parlent quand ils ont été victimes.
00:19:05Aux femmes qui dénoncent leur violeur.
00:19:09Vous ne pouvez pas dire que vous ne saviez pas.
00:19:11Il y a eu le mitou des adultes et des enfants, les rapports, les commissions d'enquête,
00:19:15les questions qu'on vous pose inlassablement ici,
00:19:17les 82 mesures de la civile et la loi intégrale portées par les associations et les parlementaires.
00:19:22Vous savez exactement ce qu'il faut faire.
00:19:27Mais il a fallu qu'une enfant meure pour qu'en grand seigneur vous déniez nous dire
00:19:31« Ok, pour la loi intégrale ».
00:19:34Quand on vous pose la question des moyens,
00:19:36vous nous dites « On ne touchera pas au budget du ministère de l'Intérieur,
00:19:40de la Justice, de l'Éducation et de l'Égalité l'année prochaine ».
00:19:42Mais vous réalisez que c'est justement ce budget-là qui est insuffisant,
00:19:47qui est responsable des femmes et des enfants qui sont morts.
00:19:51Vous réalisez que c'est ce budget-là qui fait que les magistrats ne peuvent pas faire leur travail correctement.
00:19:58Alors, Monsieur le Premier ministre, une loi intégrale sans moyens supplémentaires,
00:20:02c'est encore abandonner les victimes.
00:20:05Est-ce que vous vous engagez aujourd'hui à mettre 3 milliards sur la table
00:20:10pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants ?
00:20:14Merci, Madame la députée.
00:20:16La parole est à Madame Aurore Berger,
00:20:20ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes
00:20:22et de la lutte contre les discriminations.
00:20:26Merci, Madame la Présidente.
00:20:28Mesdames et Messieurs les députés,
00:20:29permettez-moi d'abord, Madame la députée,
00:20:31de saluer aussi la mémoire de Noam,
00:20:32puisque vous l'avez fait et vous avez posé les termes qui doivent être posés.
00:20:36Il y a eu, en effet, des cris homophobes qui ont été constatés
00:20:39et personne ne doit mourir pour qui il est ou pour qui il aime dans notre pays.
00:20:50Concernant la lutte contre les violences sexuelles,
00:20:53vous êtes en colère et vous avez raison de l'être.
00:20:55Vous êtes en colère et je crois que les Français aussi sont en colère.
00:20:59Et ils ont raison de l'être.
00:21:00Et j'espère d'ailleurs que cette colère ne va pas affaiblir,
00:21:03que cette colère va rester dans la société
00:21:05et que cette colère saine et nécessaire
00:21:07va continuer à nous habiter de manière à ce que nous puissions continuer,
00:21:11continuer à agir et à prendre toutes les dispositions
00:21:14qui sont absolument nécessaires
00:21:15pour protéger les enfants
00:21:17et protéger les femmes victimes de violences sexuelles.
00:21:20Les victimes ont toujours parlé.
00:21:23Les enfants ont toujours parlé.
00:21:26Mais la justice ne les a pas toujours entendues.
00:21:28La société ne les a pas toujours entendues.
00:21:31Les femmes ont toujours parlé.
00:21:33Et les mères ont toujours protégé leurs enfants.
00:21:36Et ce que nous voulons faire, justement,
00:21:38notamment dès maintenant, dès cette semaine,
00:21:41avec une lettre rectificative dans le projet de loi
00:21:43dédiée à la protection de l'enfance,
00:21:44c'est de l'élargir à la lutte contre les violences sexuelles,
00:21:48notamment pour protéger les mères qui protègent leurs enfants
00:21:51et qui, elles, sont incriminées
00:21:53pour non-présentation d'enfants, par exemple,
00:21:55pour résoudre ce sujet qui est absolument insupportable,
00:21:59pour que le doute ne profite jamais, encore une fois,
00:22:03alors que nous avons la nécessité de mieux protéger nos enfants.
00:22:07Les enfants parlent, il faut les écouter.
00:22:10Les mères protègent, il faut les écouter
00:22:13et il faut les protéger.
00:22:14L'objectif est d'aller vite.
00:22:16L'objectif est d'aller vite et de faire bien.
00:22:19C'est exactement ce que nous allons faire
00:22:21en nous inspirant de toutes, je dis bien toutes,
00:22:24les initiatives parlementaires qui ont été prises
00:22:26sur tous les bancs et de l'Assemblée nationale et du Sénat.
00:22:30Je vous remercie.
00:22:31Merci beaucoup, Madame la Ministre.
00:22:33Madame la députée.
00:22:34Madame la Ministre, tous vos ministres qui nous parlent
00:22:36sans argent, c'est que du vent.
00:22:40Je vous remercie.
00:22:41La parole est à présent à Madame Marine Le Pen,
00:22:45présidente du groupe Rassemblement National.
00:22:48Monsieur le Premier ministre,
00:22:50le chagrin du peuple français, en écho à celui de sa famille
00:22:54et de ses proches, à l'annonce de la mort de Liana, 11 ans,
00:22:58assassinée par un homme déjà connu comme pédophile,
00:23:00un prédateur identifié, mais jamais interpellé,
00:23:03jamais neutralisé, a laissé place à la colère
00:23:07et elle est justifiée.
00:23:08Cette petite fille a été sacrifiée sur le tel de la nonchalance
00:23:11d'un État dont l'appareil judiciaire a failli.
00:23:15Un État englué dans le déni de l'explosion
00:23:17de la criminalité contre les enfants
00:23:19et la culture généralisée du pas de vagues.
00:23:22Ce drame s'inscrit dans un tableau d'ensemble
00:23:24qui s'avère révélation après révélation,
00:23:26proprement effrayant et accablant.
00:23:28Il intervient après l'affaire du périscolaire parisien
00:23:31qui a révélé une ampleur de mise en cause
00:23:34qui dépasse manifestement la faute individuelle,
00:23:36alors même que le silence a protégé les bourreaux
00:23:39et le laissé faire livrer les jeunes et malheureuses victimes
00:23:42à l'indicible et à l'irréparable.
00:23:44Et que dire de tant d'autres affaires,
00:23:47de Epstein aux enfants de l'ASE,
00:23:50captives de réseaux de prostitution,
00:23:52à pensant par l'affaire Betaram.
00:23:54Ce drame a plusieurs causes,
00:23:57mais qui relève toutes du politique.
00:23:59Sa réticence a traité avec une fermeté absolue
00:24:02les atteintes à l'intégrité physique,
00:24:04en particulier des enfants.
00:24:05Son déni face à l'explosion de la criminalité
00:24:08qui fait renoncer aux moyens supplémentaires pour y faire face.
00:24:11Son aveuglement sur la délinquance des mineurs
00:24:14qui embolise les institutions chargées aussi des mineurs victimes.
00:24:18Le manque récurrent de places de prison
00:24:20qui affaiblit toute la chaîne pénale.
00:24:23L'obsession idéologique de la réinsertion des criminels
00:24:27au détriment de la protection de la société.
00:24:29Et je ne parle pas des idées perverses sur la sexualisation des enfants
00:24:33distillées dans les années 70 dans certains milieux culturels
00:24:37et qui fut relayées par des pans entiers de la pensée dite progressiste.
00:24:41Vous n'êtes pas exclusivement responsable de tout cela
00:24:44parce que ces dérives durent depuis des décennies,
00:24:46mais vous avez préféré les camoufler.
00:24:49J'en veux pour preuve le rapport de 2022 de la Civisse
00:24:51qui a été volontairement caché.
00:24:52Monsieur le Premier ministre, une seule question.
00:24:55Comptez-vous tout remettre à plat
00:24:57pour permettre aux Français de retrouver la confiance
00:25:00aujourd'hui terriblement entamée ?
00:25:04Merci. La parole est à monsieur le Premier ministre.
00:25:07Madame la Présidente de l'Assemblée nationale,
00:25:09Mesdames et Messieurs les députés,
00:25:10Madame la Présidente Marine Le Pen,
00:25:12je vous réponds, puisque évidemment vous présidez votre groupe,
00:25:15mais j'en profite pour répondre et rendre compte
00:25:17à l'ensemble de la représentation nationale
00:25:19dans la suite des précédentes questions.
00:25:23Je ne ferai pas commerce de mots.
00:25:25Inutile de redire l'effroi, l'émotion,
00:25:27et je m'inscris dans les propos que la Présidente de l'Assemblée
00:25:29a donnés à l'ouverture de cette séance,
00:25:33et par pudeur, vous me permettrez de ne pas y revenir.
00:25:37Au fond, de là où je suis, de là où nous sommes,
00:25:39c'est aussi pour ça que je souhaitais que les ministres
00:25:40puissent s'exprimer avant moi,
00:25:43seul le résultat compte, et donc il nous faut agir vite.
00:25:46Le premier moyen d'agir vite, c'est évidemment de faire la vérité.
00:25:48Et on le voit bien, la séance de questions gouvernement,
00:25:50je vais revenir, parle à la fois du drame épouvantable
00:25:53qui touche la famille de Liana et Liana,
00:25:55et en même temps un fait de société plus large.
00:25:57Repartons quand même des faits.
00:25:59Nous devons la vérité au peuple français
00:26:01sur ce qui s'est passé dans cette affaire.
00:26:04Et donc c'est le sens de la saisine des inspections,
00:26:07éducation nationale, justice intérieure,
00:26:11qui devra, il faut bien le reconnaître,
00:26:13expliquer l'inexplicable et rendre compréhensible
00:26:15ce qui semble incompréhensible.
00:26:17Je le dis parce qu'évidemment, nous avons déjà des remontées
00:26:19par la voie hiérarchique.
00:26:21Celles et ceux qui ont été ministres ou premiers ministres
00:26:22le savent très bien.
00:26:24Et je vais y revenir dans un instant sur la question
00:26:25de la loi intégrale, puisque je pense qu'il nous faut être précis.
00:26:29J'ai bien peur, et nous le verrons peut-être,
00:26:32que la question de la loi intégrale ne couvre pas malheureusement
00:26:34le drame là auquel nous devons faire face.
00:26:38Si, c'est le sujet. Soyons rigoureux.
00:26:40Je vais y revenir, mais soyons précis.
00:26:44Je veux quand même là aussi que la vérité soit faite
00:26:46et dite devant le peuple français.
00:26:48Le 19 juin, les inspecteurs généraux rendront leur conclusion
00:26:52à moi-même, au ministre Amatignon.
00:26:55Et comme le garde des Sceaux s'y est engagé,
00:26:57le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Éducation nationale,
00:26:59nous publierons l'intégralité de leurs conclusions,
00:27:02ce qui permettra, madame la présidente de l'Assemblée,
00:27:04aux législateurs, d'examiner aussi ce qui s'est passé
00:27:08et de le traduire dans un certain nombre de propositions.
00:27:11La deuxième des choses, il faut agir vite.
00:27:14Il faut agir vite.
00:27:16Ce n'est pas très élégant, mais c'est comme ça
00:27:19que techniquement on dit sur le stock.
00:27:20C'est évidemment les 70 000 plaintes qui sont actuellement en cours.
00:27:24Le garde des Sceaux a réuni, vous le savez,
00:27:25les procureurs généraux lundi dernier.
00:27:27Une date a été donnée le 14 juillet.
00:27:29Je n'y reviens pas. Tout a été dit.
00:27:30Mais c'est une question de confiance dans l'autorité judiciaire.
00:27:34que d'être capable de dire précisément où nous en sommes.
00:27:37Cela va susciter une mobilisation importante des services d'enquête,
00:27:40police, gendarmerie, mais c'est indispensable.
00:27:43La troisième chose, c'est d'agir vite face à ce qui n'est pas un fait divers.
00:27:48J'en suis intimement persuadé.
00:27:49Vous l'avez d'ailleurs toutes et tous redit dans vos propos,
00:27:52mais qui est un véritable fait de société sur une violence qui est endémique,
00:27:56qui ne va pas en s'arrangeant.
00:27:58C'est le moins qu'on puisse dire ces dernières années.
00:28:00J'ai moi-même présidé un département.
00:28:01J'ai été maire il y a de cela quelques années.
00:28:04Force est de constater que dans mon propre département de l'heure,
00:28:06je vois les faits s'aggraver.
00:28:07Et donc, par définition, il nous faut nous adapter à cette violence dans la société.
00:28:12Cela m'amène à plusieurs types de réponses, là aussi, pour être précise.
00:28:15La première des choses, nous avons un projet de loi
00:28:17qui a déjà été discuté et validé par le Conseil d'État et le Conseil des ministres,
00:28:22visant à la protection des mineurs,
00:28:23qui emportaient déjà la plupart des réponses
00:28:26qu'un certain nombre d'entre vous, de manière transpartisane,
00:28:30avaient demandé de reprendre,
00:28:31je regarde le député Santiago et d'autres,
00:28:33que nous avons donc repris.
00:28:34Ce vecteur-là, il va être inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale,
00:28:38le 15 juillet.
00:28:40Nous allons compléter ce projet de loi pour les...
00:28:44Est-ce que je peux m'exprimer ?
00:28:47Dans le calme et dans la dignité.
00:28:50Est-ce que notre démocratie parlementaire,
00:28:53est-ce que je peux rendre compte au Parlement
00:28:56dans le calme et la dignité ?
00:28:58Ce qui, me semble-t-il, au regard de la gravité du sujet
00:29:02qui amène notre ordre du jour,
00:29:04le mérite et le nécessite.
00:29:06Allez, s'il vous plaît.
00:29:08Ce texte de loi, Madame la Présidente,
00:29:12Mesdames, Messieurs les députés,
00:29:13va être rectifié par un Conseil des ministres
00:29:16qui aura lieu dans dix jours sur au moins quatre demandes
00:29:19qui nous semblent urgentes
00:29:20et qui correspondent malheureusement,
00:29:23directement ou indirectement,
00:29:25à l'affaire de la petite Liana.
00:29:28La première question, c'est évidemment l'alourdissement des peines.
00:29:30Je l'ai dit,
00:29:32mais ce sont les associations qui le demandent.
00:29:35Vous en débattrez.
00:29:36Vous en débattrez, Mesdames et Messieurs les députés.
00:29:38Cessez de polémiquer à chaque fois
00:29:40qu'une proposition est mise sur la table.
00:29:42Nous cherchons à agir en droit
00:29:44et pas sur le terrain politicien.
00:29:46Allez, s'il vous plaît,
00:29:48on laisse le ministre terminer.
00:29:5020 ans de réclusion criminelle
00:29:52pour les viols en série.
00:29:54Il vous sera proposé de débattre.
00:29:57S'il vous plaît.
00:30:00De débattre et de porter de 20 ans
00:30:02à la perpétuité pour les crimes sexuels
00:30:04commis contre les mineurs.
00:30:06Et Madame la Présidente de l'Assemblée,
00:30:07nous ouvrons la concertation
00:30:08pour aller plus loin que la seule question
00:30:11des crimes sexuels contre les mineurs.
00:30:12Car je sais que c'est une demande
00:30:13qui émane d'un certain nombre
00:30:14de groupes transpartisans.
00:30:16La deuxième des choses,
00:30:17et ça, ça répond très directement
00:30:19à l'affaire sur laquelle le garde des Sceaux
00:30:21vous a répondu tout à l'heure,
00:30:23nous encadrerons dans un quantum
00:30:24de trois mois,
00:30:26un quantum de délai, de temps,
00:30:28qui permettra aux enquêteurs,
00:30:30qui obligera et les enquêteurs
00:30:32et les parquets,
00:30:33d'effectuer les premiers actes d'enquête
00:30:35qui permet ou non d'emmener
00:30:36un présumé coupable à la garde à vue.
00:30:39En clair, ce sont malheureusement
00:30:41les instructions du garde des Sceaux
00:30:42par circulaire que nous allons
00:30:44vous proposer de transcrire dans la loi
00:30:46pour faire en sorte que le système
00:30:48soit beaucoup plus protecteur,
00:30:49beaucoup plus rigide.
00:30:50Ça, ça répond très clairement,
00:30:53malheureusement, à notre actualité.
00:30:54La troisième chose,
00:30:56ce travail n'est pas consensuel,
00:30:58je le sais,
00:30:58mais il faut l'ouvrir,
00:30:59c'est le travail sur les prescriptions.
00:31:01Donc là, il y a un débat important,
00:31:02il faut le prendre avec beaucoup
00:31:05de précautions juridiques,
00:31:06beaucoup de précautions constitutionnelles,
00:31:08mais je ne veux pas fermer la porte
00:31:09à cette question des prescriptions.
00:31:11Et donc, j'ai demandé aux gardes des Sceaux
00:31:12et à la ministre Aurore Berger
00:31:13de vous réunir,
00:31:14de réunir les présidents de groupe,
00:31:15les responsables de texte
00:31:16qui sont engagés sur ces sujets
00:31:18pour essayer de bâtir un compromis
00:31:20qui nous permette,
00:31:21dans le cadre de la lettre rectificative,
00:31:23d'avancer.
00:31:24Puis la quatrième chose,
00:31:25et c'est une absolue nécessité,
00:31:27vous le savez toutes et tous,
00:31:28c'est la question de la transparence
00:31:29des procédures.
00:31:31C'est la question des transparences
00:31:33des procédures pour les victimes,
00:31:35parce qu'on le voit bien,
00:31:37c'est un enjeu majeur.
00:31:38Mais ça nous amène à la question
00:31:40de la loi dite intégrale.
00:31:43Il ne peut pas être seulement question
00:31:45de la mobilisation.
00:31:46Je cherche la députée Thiebaud-Martinez.
00:31:52Madame la députée,
00:31:54la loi intégrale est utile
00:31:57et donc nous allons l'utiliser.
00:31:59En cela qu'elle nous permettra
00:32:00d'aller au-delà des questions
00:32:02liées au ministère de l'Intérieur
00:32:03et de la Justice.
00:32:04Ça pose la question de la psychiatrie,
00:32:06de la mobilisation de la santé,
00:32:07de la mobilisation des collectivités locales,
00:32:09de la mobilisation de l'éducation nationale,
00:32:11de la mobilisation des collectivités locales.
00:32:14Mais des moyens,
00:32:15s'il faut en débloquer pour les enfants,
00:32:16nous le ferons.
00:32:17Mais ne mentez pas au peuple français
00:32:19en laissant à penser
00:32:20que ce n'est qu'une affaire de moyens,
00:32:22puisque malheureusement,
00:32:23vos propos, vous le verrez,
00:32:24vieilliront mal.
00:32:25En tout cas,
00:32:26Madame la députée,
00:32:27je vous recevrai,
00:32:28si vous en êtes d'accord,
00:32:29avec les collègues de votre choix
00:32:30en cette fin de semaine.
00:32:31La présente de l'Assemblée
00:32:32a saisi le Conseil d'Etat.
00:32:33Je l'ai fait aussi
00:32:34pour montrer l'engagement de l'exécutif
00:32:36à côté de la présente
00:32:37de l'Assemblée nationale.
00:32:38Beaucoup de mesures,
00:32:38mais vous le savez déjà,
00:32:39en bonne professionnelle de ce sujet,
00:32:41sont réglementaires,
00:32:42ce qui veut dire
00:32:43que nous pourrons également
00:32:43les prendre très en amont
00:32:45d'une discussion de ce texte.
00:32:46En tout cas,
00:32:46moi, je souhaite qu'on avance
00:32:48sans démagogie,
00:32:49sans instrumentalisation politicienne,
00:32:51pour apporter une réponse sociétale
00:32:53à un problème de société large.
00:32:56Dernier point,
00:32:57et pardon d'être long,
00:32:58mais je manquerai,
00:32:59Madame la Présidente Le Pen,
00:33:01Madame et Messieurs les députés,
00:33:02à mon devoir
00:33:03de chef de l'administration.
00:33:04Je veux quand même,
00:33:06parce que personne ne l'a fait,
00:33:08ou presque,
00:33:08depuis le début de cette séance,
00:33:10redire ma confiance
00:33:11dans les enquêteurs,
00:33:13les policiers,
00:33:14les gendarmes,
00:33:15les magistrats,
00:33:16l'ensemble de ces métiers de justice
00:33:19qui, bien souvent,
00:33:20se sont engagés par vocation
00:33:22pour protéger nos concitoyennes
00:33:24et nos concitoyens.
00:33:25J'ai eu l'honneur
00:33:26de porter l'uniforme
00:33:26de la gendarmerie,
00:33:27de servir dans des brigades.
00:33:29Je sais qu'il y a des gens
00:33:29qui sont engagés pour cela
00:33:31et je ne veux pas
00:33:32qu'on jette l'opprobre
00:33:33sur celles et ceux
00:33:34qui ont fait vœu
00:33:35de protéger les autres
00:33:37et de rendre le service
00:33:39indispensable
00:33:39de la protection des plus fragiles
00:33:41au nom de la République.
00:33:43Merci beaucoup,
00:33:44Monsieur le Premier ministre.
00:33:48La parole est à présent
00:33:49à Monsieur Pierre-Henri Carbonell
00:33:51pour le groupe UDR.
00:33:52Monsieur le Premier ministre,
00:33:53après les scandales
00:33:55du périscolaire,
00:33:55l'affaire Liana
00:33:56a bouleversé
00:33:57la nation entière.
00:33:59Au-delà de l'émotion,
00:34:00cette tragédie
00:34:01soulève une question fondamentale.
00:34:03Comment notre État
00:34:04a-t-il pu échouer
00:34:05à protéger une enfant
00:34:06alors que plusieurs alertes
00:34:08ont procédé
00:34:08le passage à l'acte ?
00:34:10La colère éclate
00:34:11avec la révélation
00:34:12qu'une plainte visée
00:34:13depuis neuf mois
00:34:14certificat médical
00:34:15d'une victime intérieure
00:34:16à l'appui,
00:34:17un agresseur sexuel
00:34:18d'enfants
00:34:19multisignalés
00:34:20sans que celui-ci
00:34:21ait même été entendu
00:34:22par la justice.
00:34:23Cette NICI
00:34:24folle
00:34:24a condamné Liana.
00:34:26Les signalements,
00:34:27plaintes
00:34:28et antécédents
00:34:29n'ont servi de ta rien.
00:34:30Ce drame
00:34:31interroge
00:34:31l'impuissance publique,
00:34:32les défaillances
00:34:33de la chaîne
00:34:33de protection
00:34:34de la France,
00:34:35de la justice
00:34:35et de la sécurité publique.
00:34:37Les prédacteurs sexuels
00:34:39qui s'attaquent
00:34:39à des enfants
00:34:40ne sont pas des criminels
00:34:41comme les autres.
00:34:42Ils doivent être mis
00:34:43hors d'état de nuire.
00:34:45Pouvez-vous nous indiquer
00:34:47quelles responsabilités
00:34:47ont été identifiées,
00:34:49quelles sanctions
00:34:49seront prises
00:34:50et quelles réformes
00:34:51entendez-vous
00:34:51engager
00:34:52pour qu'aucune famille
00:34:53n'ait à revivre
00:34:54un tel drame ?
00:34:55Vous avez demandé
00:34:56aux procureurs généraux
00:34:57de reprendre
00:34:58l'intégralité
00:34:59des plaintes
00:34:59qui touchent
00:35:00les enfants.
00:35:00Soit 110 000,
00:35:01soit 2 000 par jour.
00:35:03C'est impossible
00:35:04et vous le savez.
00:35:05Le nombre
00:35:05de requêteurs
00:35:06ne cesse de diminuer.
00:35:07là est le vrai problème.
00:35:09Alors,
00:35:10quelles mesures concrètes
00:35:11prendrez-vous
00:35:11pour garantir
00:35:12que les sixièmements
00:35:13soient suivis
00:35:13des faits ?
00:35:14Allez-vous soutenir
00:35:15notre proposition
00:35:16de suppression
00:35:17des aménagements
00:35:17de peine
00:35:18et la fin
00:35:19des confusions
00:35:19des peines
00:35:20pour les auteurs
00:35:20de crimes
00:35:21et délits
00:35:21sur mineurs ?
00:35:22L'Etat de droit
00:35:23doit faire en sorte
00:35:24que les citoyens
00:35:25n'aient pas à craindre
00:35:26des autres citoyens.
00:35:27Écrivez Montesquieu,
00:35:28quand allez-vous
00:35:29le rétablir ?
00:35:30Merci.
00:35:31Merci beaucoup,
00:35:32Monsieur le député.
00:35:33La parole est à
00:35:33Monsieur Gérald Darmanin,
00:35:34garde des Sceaux,
00:35:35ministre de la Justice.
00:35:39Merci,
00:35:39Madame la Présidente,
00:35:40Mesdames et Messieurs
00:35:41les députés,
00:35:41Monsieur le député.
00:35:4470 000 plaintes,
00:35:45c'est aujourd'hui
00:35:46les plaintes
00:35:47ouvertes
00:35:48par les parquets
00:35:50qui n'ont pas été classées
00:35:52et qui ne connaissent
00:35:53pas une information
00:35:54judiciaire.
00:35:55Il s'agit à la fois
00:35:56de délits
00:35:57et de crimes
00:35:58qui touchent
00:35:59des personnes mineures.
00:36:01Parmi ces délits
00:36:02et ces crimes,
00:36:03il y a des faits
00:36:03prescrits
00:36:05qui ne connaissent
00:36:05pas la même
00:36:06urgence
00:36:07que lorsque ça
00:36:08concerne des enfants
00:36:09qui sont encore
00:36:10enfants.
00:36:11Et il y a aussi
00:36:13des crimes
00:36:14qui sont commis
00:36:14sur des mineurs
00:36:15qui ne sont pas
00:36:16prescrits,
00:36:17mais dont des personnes
00:36:18qui ont 30,
00:36:1840 ou 50 ans
00:36:20disent,
00:36:21des années après,
00:36:22qu'ils ont été
00:36:22victimes de viols
00:36:23de personnes
00:36:24qui ont parfois
00:36:2470, 80 ou 90 ans.
00:36:26C'est évidemment
00:36:27important
00:36:27de les traiter.
00:36:29Elles n'ont pas
00:36:30le même caractère,
00:36:30à mon avis,
00:36:31d'urgence
00:36:32que des enfants mineurs
00:36:33qui viennent voir
00:36:34la police
00:36:34et la gendarmerie
00:36:35pour dire
00:36:35protégez-moi
00:36:36parce que
00:36:36d'autres victimes
00:36:37sont par ailleurs
00:36:38aussi possibles,
00:36:40comme c'est le cas
00:36:40de la plainte
00:36:41du mois d'août
00:36:412025
00:36:42que vous avez cité.
00:36:43Donc,
00:36:44j'ai demandé
00:36:44aux parquets généraux
00:36:45de faire
00:36:46leur travail quotidien
00:36:47puisqu'ils m'assurent
00:36:48que c'est ce qu'ils font
00:36:50et j'ai entendu
00:36:50des trois heures
00:36:51de discussion
00:36:51avec les parquets généraux
00:36:52comme toutes les réunions
00:36:53que je fais
00:36:54depuis trois mois
00:36:54depuis mes circuits
00:36:55de la politique pénale
00:36:56que dans l'immense majorité
00:36:57des cas,
00:36:58les services enquêteurs
00:36:59de M. le ministre
00:36:59de l'Intérieur
00:37:00sont particulièrement
00:37:00mobilisés
00:37:01et que les procureurs
00:37:04mettent en priorité,
00:37:05comme je l'ai demandé
00:37:06depuis maintenant
00:37:0614 mois,
00:37:07mais c'était,
00:37:08je sais,
00:37:08le cas de mes prédécesseurs,
00:37:10les crimes comme enfants
00:37:11en haut de la pile.
00:37:13La question est donc
00:37:13de savoir s'il y a
00:37:14d'autres affaires liées à la
00:37:15M. le député.
00:37:17Petit 1,
00:37:18l'inspection que nous commandons
00:37:19qui dans 13 jours
00:37:20rendra publique
00:37:21verra les défaillances
00:37:22de la chaîne des enquêteurs,
00:37:24des magistrats,
00:37:25peut-être d'autres services
00:37:26publics
00:37:26et on en tirera
00:37:27des conclusions.
00:37:28Petit 2,
00:37:29les rapports que je demande
00:37:30à des procureurs généraux
00:37:31pour savoir s'il y a d'autres
00:37:31affaires liées à l'ins
00:37:32seront rendus publics également.
00:37:33Je les transmettrai
00:37:34aux commissions des lois
00:37:35et si vous le souhaitez
00:37:35à l'ensemble des groupes politiques.
00:37:37Pas à connaître
00:37:38les affaires individuelles,
00:37:39mais le Parlement
00:37:40à connaître
00:37:40des affaires générales
00:37:41et je ferai toute la vérité
00:37:42sur cette histoire.
00:37:43Merci beaucoup,
00:37:44M. le ministre.
00:37:45M. le député.
00:37:46Mon constat,
00:37:46vous avez pris 90 heures
00:37:47pour auditionner
00:37:48les agriculteurs
00:37:53un prédateur mystique sexuel
00:37:55multirécidiviste
00:37:55dans le même parquet d'oches
00:37:57et durant la même période.
00:37:59Alors, M. le ministre,
00:38:00nous n'avons pas
00:38:00les mêmes sens de priorité
00:38:01et de l'urgence.
00:38:03Merci beaucoup,
00:38:04M. le député.
00:38:05La parole est à présent
00:38:06à Mme Muriel Levraud
00:38:09pour la France insoumise.
00:38:14Merci, Mme la présidente.
00:38:16M. le ministre,
00:38:18les femmes et les hommes
00:38:19qui accompagnent
00:38:20les élèves
00:38:20en situation de handicap
00:38:21tous les jours
00:38:22à l'école
00:38:22sont aujourd'hui
00:38:23en grève
00:38:24partout dans le pays.
00:38:26Et quand on gagne
00:38:27à peine 1 000 euros par mois,
00:38:29ce n'est pas de gaieté de cœur.
00:38:31Précarisé,
00:38:32maintenu sous le statut
00:38:33de contractuel
00:38:34de la fonction publique,
00:38:35les AESH
00:38:36mènent la lutte aujourd'hui
00:38:37pour qu'elles soient
00:38:37enfin reconnues
00:38:38comme des professionnels.
00:38:40Elles réclament
00:38:41d'intégrer
00:38:41un corps de fonctionnaires
00:38:42de catégorie B
00:38:43et donc de bénéficier
00:38:45d'une formation
00:38:46à la hauteur
00:38:46de leur mission
00:38:47afin de passer
00:38:48un concours
00:38:49qui pourrait s'organiser
00:38:50par Pial,
00:38:51ce qui réglerait
00:38:52votre problème
00:38:52de mobilité,
00:38:53d'obtenir un diplôme
00:38:55et d'être rémunérés
00:38:55dignement
00:38:56pour un temps plein
00:38:5724 heures par semaine
00:38:59car oui,
00:39:00elles font du travail
00:39:01invisible.
00:39:03Et pour comble
00:39:04de cynisme,
00:39:04vous annoncez
00:39:05que vous réfléchissez
00:39:06à accorder un statut
00:39:07à seulement 20%
00:39:08d'entre elles.
00:39:09Vous voulez les mettre
00:39:10en concurrence
00:39:11les unes contre les autres.
00:39:13et parce que vous refusez
00:39:15de mettre les moyens
00:39:16pour l'inclusion scolaire,
00:39:17vous continuez
00:39:18de généraliser
00:39:18les pôles d'appui
00:39:19à la scolarité,
00:39:20ce dispositif
00:39:21de rationalisation
00:39:22qui augmente encore
00:39:23le périmètre
00:39:24de travail des AESH
00:39:25et qui va augmenter
00:39:27de fait
00:39:27la mutualisation
00:39:28de l'accompagnement.
00:39:29Alors que l'Assemblée nationale
00:39:31et la commission
00:39:32mixte paritaire
00:39:33ont par trois fois
00:39:34voté contre,
00:39:36les AESH reçoivent
00:39:38en ce moment même
00:39:40des avenants
00:39:41à leur contrat
00:39:41pour changer
00:39:42leur cadre de travail
00:39:43dès la rentrée scolaire
00:39:44sur lequel est indiqué
00:39:46qu'en cas de refus
00:39:47de signer,
00:39:48une procédure
00:39:49de licenciement
00:39:49sera alors engagée
00:39:51à l'initiative
00:39:52de l'employeur.
00:39:54Monsieur le ministre,
00:39:55c'est vous l'employeur.
00:39:57Alors qu'il manque
00:39:58déjà 50 000 AESH,
00:40:00allez-vous licencier
00:40:01toutes celles
00:40:01qui refusent
00:40:02les pôles d'appui
00:40:03à la scolarité
00:40:03que vous voulez imposer
00:40:05contre l'avis
00:40:05de la représentation nationale,
00:40:07des syndicats
00:40:08et de nombreux
00:40:08professionnels de terrain.
00:40:12Je vous remercie,
00:40:13Madame la députée.
00:40:14La parole est à
00:40:16Monsieur Edouard Geffray,
00:40:17ministre de l'Éducation nationale.
00:40:20Merci,
00:40:21Madame la Présidente,
00:40:22Mesdames et Messieurs
00:40:23les députés,
00:40:24Madame la députée.
00:40:25Vous savez effectivement
00:40:27que la question des...
00:40:28Enfin,
00:40:28le rôle des AESH,
00:40:30vous l'avez dit,
00:40:30est assez central
00:40:31en matière d'école inclusive
00:40:33et on ne peut pas ignorer
00:40:34les efforts qui ont été faits
00:40:35depuis 2017
00:40:36pour construire
00:40:36un véritable service public
00:40:38de l'école inclusive.
00:40:39Pardon d'y revenir,
00:40:40non c'est vrai Madame,
00:40:41pardonnez-moi.
00:40:42Mais on va essayer
00:40:43de faire commis
00:40:44à le Parlement des enfants
00:40:44et de s'écouter,
00:40:45vous auriez vu,
00:40:46c'était formidable.
00:40:47Alors,
00:40:48premier élément,
00:40:50premier élément,
00:40:51il y avait plus 68...
00:40:53Nous avons créé
00:40:53plus 68% de postes
00:40:55d'AESH,
00:40:56plus 68% de postes
00:40:58d'AESH
00:40:58depuis 2017.
00:41:00Deuxièmement,
00:41:01nous avons ouvert
00:41:02par dérogation,
00:41:03et c'est la loi
00:41:03qui l'a fait,
00:41:04par dérogation
00:41:05aux règles applicables
00:41:05à la fonction publique,
00:41:06la possibilité
00:41:07de s'édeiser
00:41:08dès 3 ans.
00:41:09Deux tiers des AESH
00:41:10sont aujourd'hui s'édeisés.
00:41:12Et on a également
00:41:13révisé à cette occasion
00:41:14leur grille
00:41:15qui n'a pas une augmentation
00:41:16dont j'ai conscience
00:41:17qu'elle est modeste,
00:41:18je ne le nie pas,
00:41:18mais néanmoins
00:41:19de 13% de leur rémunération
00:41:20au cours des deux dernières années.
00:41:22Maintenant,
00:41:23il y a deux questions
00:41:24qui se posent
00:41:24derrière votre question.
00:41:26La première question,
00:41:26c'est celle des passes.
00:41:28il est dans mon esprit
00:41:29hors de question
00:41:30de licencier
00:41:31qui que ce soit
00:41:31au motif
00:41:32que certains AESH
00:41:33relèvent de passes.
00:41:34Simplement,
00:41:35il s'agit d'une clause,
00:41:36pardonnez-moi,
00:41:37comme on change
00:41:38dès lors que vous modifiez
00:41:39le périmètre d'affectation,
00:41:41il s'agit d'une clause
00:41:42substantielle du contrat
00:41:43que vous êtes tenu
00:41:44par conséquent
00:41:46de faire valider
00:41:48par l'agent
00:41:49et si l'agent refuse,
00:41:50effectivement,
00:41:51vous avez à ce moment-là
00:41:52un risque,
00:41:53mais qui est un risque
00:41:54et que je ne souhaite pas
00:41:55voir se réaliser.
00:41:56Et j'ai moi-même
00:41:57passé des consignes
00:41:58d'ailleurs au recteur
00:41:59pour que les aires
00:42:00d'intervention
00:42:02des AESH
00:42:03ne soient pas modifiées
00:42:04dans le cadre des passes
00:42:05et qu'elles restent
00:42:05raisonnables
00:42:06territorialement.
00:42:07Quant au deuxième sujet
00:42:08que vous avez posé,
00:42:09la question
00:42:09d'une éventuelle fonctionnalisation
00:42:11d'une partie des AESH,
00:42:12nous avons aussi une consultation
00:42:13avec les organisations syndicales
00:42:15le fin mai.
00:42:17Il y aura une nouvelle réunion
00:42:18le 15 juin.
00:42:20Les travaux continueront.
00:42:21Ça pose des questions
00:42:21de temps de travail
00:42:22et de mobilité.
00:42:23Merci beaucoup,
00:42:24monsieur le ministre.
00:42:25Madame la députée.
00:42:26Monsieur le ministre,
00:42:28il y a déjà eu
00:42:28des licenciements
00:42:30parce qu'elles n'avaient pas
00:42:31signé leur avenant.
00:42:32Donc vous mentez.
00:42:37La parole est à présent
00:42:38madame Colin Austerlet
00:42:41pour le groupe
00:42:41Horizon Indépendant.
00:42:44Merci, madame la présidente.
00:42:46Monsieur le garde des Sceaux,
00:42:48dimanche à Florence,
00:42:496 000 personnes ont marché
00:42:50en silence pour dire
00:42:51la douleur d'une famille
00:42:52et l'effroi d'un pays
00:42:53tout entier.
00:42:54Notre groupe partage
00:42:56cette blessure
00:42:56et cette colère nationale.
00:42:59Yana n'est pas morte
00:43:00seulement sous les coups
00:43:00d'un homme.
00:43:01Elle est morte
00:43:01dans les lenteurs
00:43:02de nos enquêtes,
00:43:03dans les silences
00:43:04de nos institutions,
00:43:05dans cette chaîne
00:43:06où chacun pense
00:43:07peut-être avoir fait
00:43:08son travail,
00:43:09mais où personne
00:43:10n'a empêché
00:43:11l'irréparable.
00:43:12Cet homme avait été
00:43:13écarté d'un collège,
00:43:14avait été signalé
00:43:15et visé par plusieurs plaintes.
00:43:17Jamais avant ce drame,
00:43:18il n'a été placé
00:43:19en garde à vue.
00:43:21Combien de Jérôme
00:43:22Barrella sont à cette heure
00:43:23libres dans nos écoles,
00:43:24dans nos foyers
00:43:25de l'aide sociale
00:43:25à l'enfance,
00:43:26dans nos services publics ?
00:43:29Votre circulaire
00:43:29faisant des enfants victimes
00:43:30une priorité
00:43:31n'a pas été respectée,
00:43:32vous l'avez dit.
00:43:33Mais quand la parole
00:43:34du garde des Sceaux
00:43:35n'est pas entendue,
00:43:36c'est l'autorité
00:43:36de l'Etat
00:43:37tout entière
00:43:38qui est bafouée.
00:43:39Dans cet hémicycle,
00:43:40nous sommes nombreux
00:43:41à être avant tout
00:43:42des parents.
00:43:44Lorsqu'un enfant parle,
00:43:45lorsqu'une mère supplie
00:43:46qu'on l'entende,
00:43:47lorsqu'une éducatrice
00:43:48fait un signalement
00:43:49pour viol sur un enfant
00:43:50de l'aide sociale
00:43:51à l'enfance,
00:43:52l'Etat n'a pas le droit
00:43:53d'être lent,
00:43:54l'Etat n'a pas le droit
00:43:55d'être vague,
00:43:57l'Etat n'a pas le droit
00:43:58d'attendre la prochaine victime
00:43:59pour mettre un prédateur
00:44:01hors d'état de nuire.
00:44:03L'heure est venue
00:44:03de retrouver
00:44:04l'intransigeance régalienne
00:44:05de l'Etat,
00:44:06placer l'agresseur présumé
00:44:08en garde à vue
00:44:08sous 48 heures
00:44:10et mettre la victime
00:44:11à l'abri,
00:44:12contrôler l'honorabilité
00:44:13partout où l'on approche
00:44:15des enfants,
00:44:16garder à vie
00:44:17la trace des crimes sexuels
00:44:18dans les antécédents judiciaires.
00:44:21Monsieur le Premier ministre
00:44:22a formulé des propositions
00:44:23qui seront ajoutées
00:44:24au projet de loi
00:44:25relatif à la protection
00:44:26des enfants,
00:44:27nous sommes prêts
00:44:27à les accompagner.
00:44:29Mais au-delà des lois,
00:44:30la nation tout entière
00:44:31doit faire bloc.
00:44:32Unie,
00:44:33elle viendra
00:44:34à bout de ces défaillances.
00:44:36Monsieur le garde des Sceaux,
00:44:38êtes-vous prêt
00:44:38à engager l'Etat
00:44:39dans cet exercice
00:44:40de lucidité
00:44:40et de transformation profonde
00:44:42pour que de tels dysfonctionnements
00:44:44aux conséquences
00:44:45si dramatiques
00:44:46ne se reproduisent jamais ?
00:44:48Je vous remercie.
00:44:49Merci, madame la députée.
00:44:50La parole est à Gérald Darmanin,
00:44:52garde des Sceaux,
00:44:52ministre de la Justice.
00:44:56Merci, madame la présidente.
00:44:57Mesdames et messieurs les députés,
00:44:58madame la députée,
00:44:59merci pour votre question
00:45:00pleine d'émotions
00:45:01qui me permet de répondre
00:45:02peut-être sur le fonctionnement
00:45:03de la justice
00:45:04et de l'autorité du ministre
00:45:05sur un ministère particulier,
00:45:07le seul cité par Michel Lebray,
00:45:09le général de Gaulle
00:45:09dans la Constitution
00:45:10et qui gère parmi ses agents,
00:45:13agents de la PJJ
00:45:14et agents de l'administration pénitentiaire,
00:45:16un corps indépendant
00:45:17qui s'appelle les magistrats.
00:45:20Je parle devant l'Assemblée nationale
00:45:22qui fait la loi.
00:45:23Depuis 2013,
00:45:24madame la députée,
00:45:25l'Assemblée nationale,
00:45:25le Sénat,
00:45:26ont retiré au garde des Sceaux
00:45:28les instructions individuelles.
00:45:30C'est l'article 30
00:45:31du Code de procédure pénale.
00:45:33Les Français doivent savoir
00:45:33que,
00:45:34alors que vous m'interrogez parfois
00:45:35personnellement
00:45:36parce que vous recevez
00:45:37des familles
00:45:37et pleurez dans votre permanence,
00:45:39que je croise des gens
00:45:40chez moi
00:45:40à Tourcoing,
00:45:41que sur les réseaux sociaux,
00:45:42on m'envoie des affaires
00:45:43parfois incompréhensibles.
00:45:45Je suis le seul,
00:45:46en France,
00:45:47à ne pas pouvoir faire
00:45:48un article 40
00:45:49qui serait vu,
00:45:50et on a vu à quel point
00:45:51cela pouvait être difficile
00:45:52pour certains de mes prédécesseurs,
00:45:53comme une injonction
00:45:54dans le fonctionnement
00:45:55de la justice.
00:45:56Je suis celui
00:45:57qui ne peut pas donner
00:45:58d'instructions individuelles
00:45:59au procureur de la République.
00:46:00Et je ne sais pas
00:46:01si les Français,
00:46:01si même les parlementaires le savent,
00:46:02le garde des Sceaux
00:46:03ne peut pas appeler
00:46:04un procureur de la République
00:46:05pour une affaire,
00:46:06ne peut pas le recevoir
00:46:07pour une affaire.
00:46:08Alors, il y a deux solutions.
00:46:10Soit on part du principe
00:46:11que l'indépendance
00:46:13qui garantit la démocratie
00:46:14permet en revanche
00:46:15la responsabilité
00:46:16quand il y a des fautes professionnelles.
00:46:18Soit on redonne au garde des Sceaux
00:46:20les moyens d'intervenir
00:46:21sur les instructions individuelles.
00:46:23Alors, mesdames,
00:46:24la députée,
00:46:24c'est un débat parlementaire
00:46:25extrêmement important
00:46:26pour notre démocratie.
00:46:28La seule chose que je puisse faire
00:46:30c'est demander
00:46:31par des circulaires
00:46:32de politique générale
00:46:33et je n'ai même pas le droit
00:46:34de dire systématiquement
00:46:35cela m'a été interdit
00:46:37par le Conseil d'État.
00:46:39Je ne peux que demander
00:46:40par des circulaires
00:46:41de politique générale
00:46:41de dire
00:46:42quelles sont les priorités
00:46:43de politique pénale.
00:46:44Et comme elles n'ont manifestement
00:46:45pas été respectées partout
00:46:46et incontestablement
00:46:48dans cette affaire,
00:46:49j'ai proposé à M. le Premier ministre
00:46:50que dans la loi,
00:46:51les parlementaires disent
00:46:52qu'en moins de trois mois,
00:46:54on doit faire sur les crimes
00:46:55pour enfants
00:46:55les minimums d'actes d'enquête
00:46:58qui permettent
00:46:58la garde à vue
00:46:59et parfois,
00:47:00peut-être même,
00:47:01je l'espère,
00:47:01la détention provisoire
00:47:02de personnes
00:47:03qui sont des criminels.
00:47:04Merci beaucoup,
00:47:05M. le ministre.
00:47:07Je suis heureuse
00:47:08de donner la parole
00:47:09pour sa première question
00:47:10au gouvernement
00:47:11à Mme Catherine Delon-Ming,
00:47:13devenue députée
00:47:13de la troisième circonscription
00:47:15du Gard
00:47:16en remplacement
00:47:17de Mme Pascale Borde.
00:47:18Mme la députée,
00:47:20vous avez la parole
00:47:20pour le groupe
00:47:21Rassemblement National.
00:47:23Merci, Mme la Présidente.
00:47:24M. le Premier ministre,
00:47:26les chiffres du baromètre
00:47:28du Secours populaire
00:47:29sont alarmants.
00:47:3031% des Français
00:47:32peinent à se procurer
00:47:33une alimentation saine
00:47:34pour trois repas par jour
00:47:36et 59% craignent
00:47:38de ne pas pouvoir
00:47:38faire face
00:47:39à un imprévu.
00:47:40La précarité
00:47:41ne frappe plus seulement
00:47:42aux portes
00:47:43des plus démunis.
00:47:44Elle s'installe
00:47:45dans le quotidien
00:47:46des millions de foyers.
00:47:48Entre l'explosion
00:47:48des prix
00:47:49et la stagnation
00:47:50des revenus,
00:47:51les Français
00:47:52sont contraints
00:47:52de choisir
00:47:53entre bien manger
00:47:54et payer leurs factures.
00:47:55Un dilemme inacceptable
00:47:57dans un pays
00:47:58comme le nôtre.
00:47:59Ce n'est pas seulement
00:48:00une question
00:48:00de pouvoir d'achat,
00:48:01c'est une urgence
00:48:02de santé publique.
00:48:04Les jeunes,
00:48:04les seniors,
00:48:05les familles modestes,
00:48:06tous sont épuisés
00:48:07par cette course
00:48:08à l'économie
00:48:08où il faut acheter
00:48:09des légumes moches,
00:48:10chasser les promotions
00:48:11ou recourir
00:48:13à la seconde main
00:48:13pour s'en sortir.
00:48:15Préserver son niveau
00:48:16de vie
00:48:16est devenu une obsession
00:48:17au détriment
00:48:18de la qualité de vie
00:48:19et de l'avenir.
00:48:20Pourtant,
00:48:21où sont les mesures concrètes ?
00:48:23Votre politique
00:48:24se résume
00:48:24à des chèques complexes,
00:48:26illisibles
00:48:26pour les professionnels
00:48:28comme pour les consommateurs,
00:48:29tandis que l'inflation
00:48:31continue de ronger
00:48:32le budget des ménages.
00:48:33Aucune anticipation,
00:48:34aucune relance économique,
00:48:36aucune solution structurelle
00:48:37pour résorber la dette
00:48:38ou redonner du souffle
00:48:40aux Français.
00:48:41Résultat,
00:48:42une société
00:48:42de la débrouille
00:48:43où chacun doit se battre
00:48:44pour survivre.
00:48:45Pourtant,
00:48:46des solutions existent.
00:48:47Nous,
00:48:47au Rassemblement national,
00:48:49nous proposons
00:48:49de baisser la TVA
00:48:50de 20%
00:48:51à 5,5%
00:48:52sur toutes les énergies,
00:48:54électricité,
00:48:55gaz,
00:48:55fuel et carburant.
00:48:56Baisser la TVA à zéro
00:48:58sur les 100 premiers produits
00:48:59de première nécessité
00:49:00alimentaire et hygiénique
00:49:01en cas d'inflation
00:49:02supérieure à 3%.
00:49:04Agir sur les prix
00:49:05en luttant
00:49:06contre les marges abusives
00:49:07et en soutenant
00:49:08la production locale.
00:49:10Monsieur le Premier ministre,
00:49:11quand allez-vous
00:49:12enfin écouter les Français,
00:49:14quand allez-vous
00:49:14prendre les mesures
00:49:15fortes et immédiates
00:49:17pour redonner
00:49:17du pouvoir d'achat
00:49:18et protéger
00:49:19leur santé ?
00:49:20Les Français
00:49:21n'ont plus
00:49:21le temps
00:49:22d'atteindre.
00:49:24Merci,
00:49:25madame la députée.
00:49:26La parole est à
00:49:26monsieur Roland Lescure,
00:49:28ministre de l'Economie
00:49:29et des Finances.
00:49:31Merci,
00:49:32madame la présidente,
00:49:33mesdames,
00:49:33messieurs les députés,
00:49:34madame la députée
00:49:35de l'OMG,
00:49:35bienvenue à l'Assemblée nationale.
00:49:37Je suis un peu surpris
00:49:38de la teneur
00:49:39de votre question
00:49:40qui donne l'image
00:49:41d'une France misérable,
00:49:43d'une France pauvre,
00:49:44d'une France
00:49:48qui n'est pas capable
00:49:49aujourd'hui
00:49:50de se projeter.
00:49:53Je vais répondre
00:49:54à madame la députée,
00:49:54monsieur O'Doul,
00:49:55si vous pouviez
00:49:55me laisser tranquille.
00:49:57Alors qu'aujourd'hui,
00:49:58la France fait face
00:49:58à des défis énormes,
00:49:59évidemment,
00:50:00et nous souhaitons
00:50:01pouvoir continuer
00:50:01à accompagner
00:50:02celles et ceux
00:50:02qui souffrent.
00:50:03Mais cette image
00:50:04de la France
00:50:06qui n'a aucun espoir,
00:50:08cette image
00:50:08de la France
00:50:09qui est un continent
00:50:11de pauvreté,
00:50:11cette image
00:50:12de la France
00:50:13qui aujourd'hui
00:50:15est malade endémiquement,
00:50:16ce n'est pas la France
00:50:17que je connais
00:50:17et ce n'est pas la France
00:50:18que je veux construire.
00:50:20Alors,
00:50:21vous nous tracez
00:50:21le portrait
00:50:22d'une France
00:50:23qui n'est pas la mienne
00:50:25et vous y répondez.
00:50:27Alors ça,
00:50:27ce n'est rien de nouveau.
00:50:29Ça fait maintenant
00:50:29trois mois
00:50:30qu'on l'entend
00:50:30en disant
00:50:31baisser la TVA
00:50:31sur l'essence.
00:50:32Excusez-moi,
00:50:33ce n'est pas au niveau.
00:50:34Ce n'est pas un niveau.
00:50:35Et alors,
00:50:36si vous passez
00:50:36effectivement
00:50:37à celles et ceux
00:50:38qui souffrent aujourd'hui,
00:50:39qu'allez-vous dire
00:50:40à celles et ceux
00:50:41pour qui vous allez
00:50:42baisser le prix de l'essence
00:50:43alors qu'ils n'en ont
00:50:44aucun besoin ?
00:50:45Celles qui aujourd'hui
00:50:46et ceux qui aujourd'hui
00:50:48conduisent des véhicules
00:50:49de société,
00:50:50celles et ceux
00:50:50qui conduisent
00:50:51des véhicules énormes,
00:50:53celles et ceux
00:50:53qui aujourd'hui
00:50:54n'ont pas besoin,
00:50:55celles et ceux
00:50:56qui vont s'enrichir
00:50:57au passage vers des marges
00:50:58qui seront évidemment accrues.
00:51:00Madame la députée,
00:51:01cette mesure
00:51:02n'est en aucun cas opérante.
00:51:04Elle n'est en aucun cas efficace.
00:51:05Elle creusera un trou
00:51:07dans les finances publiques
00:51:08que vous n'aurez
00:51:09aucun moyen de boucher.
00:51:11Franchement,
00:51:12j'ai déjà eu l'occasion
00:51:13de le dire
00:51:14à un de vos collègues.
00:51:15Vous venez d'arriver.
00:51:16Choisissez des mesures
00:51:18un peu plus innovantes
00:51:19que celles de vos collègues
00:51:20et je vous écouterai.
00:51:22Merci beaucoup,
00:51:23monsieur le ministre.
00:51:25Chut !
00:51:26S'il vous plaît,
00:51:27la parole est à présent
00:51:28à monsieur Emmanuel Duplessis
00:51:30pour le groupe
00:51:31écologiste et social.
00:51:34Madame la Présidente,
00:51:35ma question s'adresse
00:51:36à madame la ministre des Sports.
00:51:38Dans deux jours,
00:51:39s'ouvre la Coupe du monde
00:51:40de football
00:51:41et des millions de familles
00:51:43seront devant leur télévision
00:51:44pour supporter les Bleus.
00:51:46Mais pendant ce temps,
00:51:47une autre compétition
00:51:48se prépare,
00:51:48celle des opérateurs
00:51:50de Paris sportifs
00:51:51qui ont prévu
00:51:52d'investir près de 800 millions
00:51:54d'euros
00:51:54en publicité cette année,
00:51:56soit une hausse
00:51:57de 25%.
00:51:58Les bookmakers pratiquent
00:52:00une politique mbappesque.
00:52:02Moi, tu ne me parles pas d'âge
00:52:04en ciblant directement
00:52:05les plus jeunes.
00:52:06Résultat,
00:52:07près de 8 adolescents sur 10
00:52:08ont déjà été exposés
00:52:10à des publicités
00:52:11pour les jeux d'argent.
00:52:13Alors que les mises
00:52:14dans les paris sportifs
00:52:15ont été multipliées
00:52:16par 3 en seulement 5 ans
00:52:18et vont dépasser cette année
00:52:20le milliard d'euros,
00:52:21il est urgent d'agir
00:52:22contre le matraquage publicitaire.
00:52:24Pour cela,
00:52:25j'ai déposé une proposition de loi
00:52:27déjà co-signée
00:52:28par une quarantaine de députés
00:52:29allant du groupe communiste
00:52:31jusqu'au groupe Horizon.
00:52:33Nos propositions sont simples,
00:52:35inspirées de la loi Evin
00:52:36et soutenues par l'ANJ
00:52:38elle-même.
00:52:39Empêcher la publicité
00:52:40pour les paris sportifs
00:52:41pendant les matchs
00:52:42et sur les réseaux sociaux,
00:52:44mieux encadrer les contenus
00:52:45pour que les bookmakers
00:52:46arrêtent de faire croire
00:52:47qu'on peut mettre
00:52:48la daronne à l'abri
00:52:49en misant sur le prochain buteur,
00:52:51combattre l'association
00:52:53systématique
00:52:54entre le sport
00:52:55et les jeux d'argent,
00:52:56en empêchant le naming
00:52:57des stades,
00:52:58des compétitions
00:52:59et l'utilisation
00:53:00de l'image des joueurs
00:53:02comme l'ont récemment réclamé
00:53:03plusieurs membres
00:53:05de l'équipe de France.
00:53:06Le coût pour la société
00:53:07des jeux d'argent
00:53:08est de 15 milliards d'euros par an,
00:53:10soit près de trois fois
00:53:11les recettes fiscales du secteur.
00:53:14Si nous voulons
00:53:15tous et toutes
00:53:15ramener la coupe à la maison,
00:53:17il va aussi falloir
00:53:19ramener les publicitaires
00:53:20à la raison.
00:53:21madame la ministre,
00:53:23êtes-vous prête
00:53:23à agir rapidement
00:53:25sur cette question ?
00:53:27Merci beaucoup,
00:53:28monsieur le député.
00:53:29La parole est à madame Marina Ferrari,
00:53:30ministre de la Jeunesse et des Sports.
00:53:33Merci beaucoup,
00:53:33madame la présidente,
00:53:34mesdames et messieurs les députés,
00:53:36monsieur le député du Plessis.
00:53:38D'abord,
00:53:38vous dire, monsieur le député,
00:53:39que le gouvernement
00:53:39est extrêmement attentif
00:53:41à cette question
00:53:41des paris sportifs en ligne
00:53:43parce que pour nous,
00:53:44notre responsabilité,
00:53:45elle est claire.
00:53:46C'est de lutter,
00:53:46bien évidemment,
00:53:47contre les addictions,
00:53:48mais également,
00:53:48de protéger les jeunes publics
00:53:50et vous avez raison
00:53:51de le rappeler,
00:53:51ils sont particulièrement exposés
00:53:53en cette période
00:53:54de coupe du monde.
00:53:55Vous dire que des travaux
00:53:57sont en cours,
00:53:57parlementaires,
00:53:58vous avez évoqué
00:53:58votre proposition de loi,
00:54:00vous avez eu l'amabilité
00:54:01de me la transmettre
00:54:01et j'espère que nous aurons
00:54:02le plaisir d'en débattre,
00:54:04mais également,
00:54:05vous le savez,
00:54:05dans le cadre
00:54:06de la proposition de loi
00:54:07pour le sport professionnel,
00:54:09il y a des éléments
00:54:10qui luttent
00:54:10contre le piratage
00:54:11et vous savez que par l'IPTV,
00:54:12il y a beaucoup également
00:54:13de sites de paris sportifs
00:54:14illégaux en ligne
00:54:15contre lesquels
00:54:16nous pourrons lutter,
00:54:17mais également des propositions
00:54:18qui ont été introduites
00:54:19par voie d'amendement,
00:54:20notamment du député Béladat,
00:54:22pour limiter justement
00:54:23le montant des mises
00:54:24pour les jeunes
00:54:25entre 18 et 25 ans.
00:54:27Donc,
00:54:27la représentation nationale
00:54:28avec le gouvernement,
00:54:29nous travaillons sur ce sujet.
00:54:30Vous dire que vous le savez,
00:54:31la lutte contre les abus
00:54:33des paris sportifs
00:54:34est encadrée
00:54:34par une direction bicéphale,
00:54:36l'ANJ d'un côté
00:54:37et l'ARCOM de l'autre
00:54:38et dans le cadre
00:54:39de la préparation
00:54:39de cette coupe du monde,
00:54:40il y a des dispositifs
00:54:41très importants
00:54:42qui ont été mis en oeuvre.
00:54:43Vous l'avez rappelé,
00:54:43plus de 25%
00:54:44d'augmentation publicitaire
00:54:46des sites de paris sportifs
00:54:48en revanche,
00:54:48tout cela est très encadré
00:54:51et bien évidemment,
00:54:52l'ANJ va être très attentive
00:54:53à ce que non seulement
00:54:55ces budgets soient strictement respectés,
00:54:57mais également
00:54:58comment vont être ciblés
00:54:59ces publicités.
00:55:00Alors, l'ANJ d'ailleurs vient de faire,
00:55:01vous l'avez vu,
00:55:01une opération de communication
00:55:02et de sensibilisation
00:55:03zone à risque
00:55:04une semaine avant le début
00:55:06de la coupe du monde.
00:55:07Et puis,
00:55:07dans ces nouvelles pauses fraîcheurs
00:55:08qui s'ouvrent
00:55:08et qui créent potentiellement
00:55:10des nouveaux temps
00:55:10auxquels pourraient être exposés
00:55:12à la publicité
00:55:13sur les paris sportifs,
00:55:14vous l'avez vu
00:55:14et je tiens à remercier
00:55:15pour cela les diffuseurs,
00:55:17ils se sont engagés
00:55:18à refuser toute publicité
00:55:20qui aurait attrait
00:55:21à la promotion
00:55:22des paris sportifs.
00:55:23Mais vous le savez,
00:55:24c'est également
00:55:24au niveau international
00:55:25que nous devons agir
00:55:26pour lutter également
00:55:27contre les paris illégaux
00:55:28qui sont un risque
00:55:29très important.
00:55:31Et donc,
00:55:31vous savez que nous sommes associés
00:55:33notamment au travers
00:55:34des actions avec Interpol
00:55:36sur des actions
00:55:36que vous connaissez,
00:55:37comme Soga par exemple,
00:55:39qui vont justement
00:55:40nous permettre
00:55:40pendant la coupe du monde
00:55:41d'avoir une vigilance
00:55:42plus particulière.
00:55:43Je vous remercie
00:55:44pour votre engagement
00:55:44sur le sujet.
00:55:45Merci Madame la Ministre.
00:55:47Merci Monsieur le député.
00:55:49J'aimerais avoir
00:55:50votre enthousiasme
00:55:51Madame la Ministre.
00:55:52Malheureusement,
00:55:52dans le projet de loi
00:55:53sur le financement du sport,
00:55:54il n'y a pour le moment
00:55:55rien ou si peu
00:55:57pour bien mieux
00:55:58encadrer les paris sportifs
00:55:59qui sont très largement
00:56:00en dynamique
00:56:01comme je vous l'ai démontré
00:56:02et il est urgent
00:56:03à mettre un coup d'arrêt
00:56:04à ce secteur d'activité
00:56:05qui...
00:56:06Merci Monsieur le député.
00:56:08Merci beaucoup.
00:56:09La parole est à présent
00:56:10Madame Émilie Bonivard
00:56:11pour le groupe
00:56:12Droit Républicaine.
00:56:15Ma question s'adresse
00:56:17à Monsieur le garde des Sceaux.
00:56:19Effroi, colère, dégoût
00:56:22et douleur.
00:56:23Voilà ce que nous ressentons
00:56:25tous en pensant
00:56:26à Lyanna et à sa famille.
00:56:29Au-delà de toute la lumière
00:56:30qu'il faut faire
00:56:31sur les causes de ce drame,
00:56:32j'ai une conviction profonde.
00:56:34Notre système judiciaire
00:56:36peine à prendre pleinement
00:56:38et a priori en compte
00:56:39la parole des enfants.
00:56:41Quand un enfant parle
00:56:43et c'est déjà très difficile
00:56:44pour lui,
00:56:45ce devrait être
00:56:46code rouge
00:56:46de tous les côtés.
00:56:47Dans l'entourage,
00:56:48dans notre système judiciaire,
00:56:50on arrête tout
00:56:51et on le met à l'abri.
00:56:52Ainsi que tous les enfants
00:56:54susceptibles d'être menacés.
00:56:56Monsieur le ministre,
00:56:57comment comptez-vous
00:56:57améliorer concrètement
00:56:58la prise en compte immédiale
00:57:00de cette parole
00:57:01et la protection de l'enfant ?
00:57:03Le principe de précaution
00:57:04doit impérativement s'appliquer.
00:57:06Cela demande
00:57:07d'une vraie révolution
00:57:08dans la manière
00:57:09d'aborder ces crimes,
00:57:10souvent confrontés
00:57:11à la difficulté
00:57:11de la preuve matérielle.
00:57:13Mais la difficulté
00:57:15ne peut signifier
00:57:16l'abandon de nos enfants
00:57:17ou l'impossibilité à juger.
00:57:19Il faut se donner
00:57:20de nouveaux moyens
00:57:21d'instruire ces plaintes.
00:57:23Monsieur le ministre,
00:57:24vous aviez initié
00:57:25avant ce drame
00:57:25d'importants chantiers
00:57:26pour mieux protéger
00:57:27les enfants,
00:57:28je veux le préciser,
00:57:29souvent contre l'avis général
00:57:31de l'institution judiciaire
00:57:32comme sur l'imprescriptibilité.
00:57:34Pouvez-vous nous dire
00:57:35quelles sont vos priorités
00:57:36sur lesquelles nous devons
00:57:37être collectivement mobilisés ?
00:57:39Et puis je crois
00:57:40que dans les moments
00:57:41de douleur
00:57:41que nous vivons,
00:57:42on a besoin collectivement
00:57:44d'humilité et d'unité.
00:57:46Assez de jeter
00:57:47l'anathème
00:57:48sur les uns
00:57:48et sur les autres.
00:57:49Je rappelle
00:57:50qu'il y a un an et demi
00:57:51dans cette même assemblée,
00:57:52on a eu l'occasion
00:57:53de se prononcer
00:57:54pour l'imprescriptibilité
00:57:56des crimes sexuels
00:57:56sur les enfants.
00:57:57Et qu'en raison
00:57:58de l'opposition
00:58:00du Rassemblement national,
00:58:02de l'UDR,
00:58:02mais aussi de la gauche,
00:58:04nous nous n'y sommes parvenus.
00:58:06Nous avons perdu
00:58:07un an et demi.
00:58:09Chacun doit balayer
00:58:10devant sa porte.
00:58:11Humilité,
00:58:13unité,
00:58:14travaillons ensemble
00:58:15avec respect
00:58:16pour protéger
00:58:17nos enfants.
00:58:18Je vous remercie.
00:58:19Merci beaucoup,
00:58:20madame la députée.
00:58:21La parole est
00:58:22à madame Aurore Berger,
00:58:24ministre en charge
00:58:24de l'égalité
00:58:25entre les femmes
00:58:25et les hommes.
00:58:28Merci,
00:58:28madame la présidente,
00:58:29mesdames et messieurs
00:58:30les députés,
00:58:31madame la députée
00:58:31Émilie Bonivard,
00:58:32et permettez-moi
00:58:33de saluer
00:58:33votre engagement personnel
00:58:35dans la cause
00:58:36des enfants
00:58:36est de très longue date.
00:58:38Et en effet,
00:58:39quand il s'était agi
00:58:40de travailler ensemble
00:58:41sur la question
00:58:42de l'imprescriptibilité,
00:58:43vous avez été
00:58:44au nom de votre groupe
00:58:45au rendez-vous
00:58:46et au premier rang
00:58:47pour porter ce combat
00:58:48qui est, je crois,
00:58:49nécessaire.
00:58:49J'espère que le moment
00:58:51est venu,
00:58:52j'espère que l'heure
00:58:53est venue,
00:58:53que nous soyons
00:58:54en capacité
00:58:55d'entendre les enfants,
00:58:57d'entendre leurs paroles,
00:58:58d'entendre les révélations
00:59:00qu'ils sont prêts
00:59:00à nous faire aujourd'hui
00:59:02et dire aussi
00:59:03à ceux qui,
00:59:05ayant vécu cela enfant
00:59:06et qui sont devenus adultes,
00:59:07qu'il ne sera jamais
00:59:09trop tard
00:59:09pour que leurs paroles
00:59:11puissent être entendues,
00:59:12pour qu'ils aient
00:59:13toujours la possibilité
00:59:14d'avoir dans leur vie
00:59:16accès
00:59:17à la justice.
00:59:17Parce qu'aujourd'hui,
00:59:18la prescription,
00:59:19elle protège les bourreaux
00:59:22et elle condamne
00:59:23les victimes.
00:59:24C'est ça qui se passe
00:59:25dans notre société.
00:59:26Et je crois
00:59:27que c'est cela aujourd'hui
00:59:28que nous pouvons
00:59:29et même que nous devons
00:59:31collectivement changer.
00:59:32Nous sommes prononcés,
00:59:33vous le savez,
00:59:33avec le garde des Sceaux
00:59:34de manière
00:59:35à ce que l'imprescriptibilité,
00:59:37conformément d'ailleurs
00:59:38aux recommandations
00:59:39qui étaient celles
00:59:39de la civise,
00:59:40puissent devenir la règle
00:59:42dans notre pays.
00:59:43Nous recevons
00:59:43à la demande
00:59:44du Premier ministre
00:59:45l'ensemble des parlementaires
00:59:46engagés sur cette question
00:59:47dès cette fin de semaine
00:59:49pour y travailler
00:59:49et pour,
00:59:50je l'espère,
00:59:51permettre que,
00:59:52dès le texte sur la protection
00:59:53de l'enfance,
00:59:54cela puisse être inclus.
00:59:55Et puis,
00:59:55vous l'avez dit,
00:59:56il y a aussi la question
00:59:57de la détection.
00:59:58Comment détecter ?
00:59:59Comment entendre
01:00:00ce qui n'est pas forcément
01:00:01formulé par une parole,
01:00:03mais qui peut être
01:00:03un trouble du comportement,
01:00:05un trouble alimentaire,
01:00:06une régression des apprentissages,
01:00:08parce que nos enfants
01:00:08parlent de mille et une manières
01:00:10pour nous livrer
01:00:11les mots qui sont les leurs.
01:00:13Et cela,
01:00:13c'est l'enjeu
01:00:14de la formation systématique
01:00:15de l'ensemble des professionnels
01:00:17au contact des enfants,
01:00:18du contrôle d'honorabilité
01:00:19aux ensembles des professionnels
01:00:20au contact des enfants
01:00:22et de la liste noire aussi
01:00:23qui va enfin pouvoir exister
01:00:24entre périscolaire,
01:00:26scolaire
01:00:27et monde sportif
01:00:28et associatif notamment.
01:00:29Merci à vous
01:00:29et nous allons réussir ensemble.
01:00:31Merci beaucoup Madame la Ministre.
01:00:34La parole est à présent
01:00:35à Monsieur David Topiak
01:00:37pour le groupe Lyot.
01:00:40Merci Madame la Présidente.
01:00:44Ma question s'adresse
01:00:45à Monsieur le Premier Ministre.
01:00:47Je suis aujourd'hui
01:00:47le représentant
01:00:48de départements traumatisés
01:00:49et en colère.
01:00:50Dimanche,
01:00:51lors de la marche blanche
01:00:52pour l'Aïana,
01:00:53une phrase était omniprésente.
01:00:55Plus jamais ça.
01:00:56Cette colère
01:00:56ne pourra pas trouver
01:00:57d'apaisement
01:00:58qu'au travers d'une action
01:01:00résolue et concrète.
01:01:01La semaine dernière,
01:01:02j'interrogeais le ministre
01:01:03de l'Intérieur
01:01:04afin d'obtenir des réponses
01:01:05sur des manquements
01:01:06qui ne font aujourd'hui
01:01:07plus guère de doutes.
01:01:08Une enquête administrative
01:01:09a été diligentée.
01:01:10Or, je constate avec effarement
01:01:12qu'avant même
01:01:12ces conclusions,
01:01:13le président de la République
01:01:15et le garde des Sceaux
01:01:16valaient de manière
01:01:16bien désinvolte
01:01:17la question des moyens
01:01:18de justice.
01:01:19Malgré une augmentation
01:01:20du budget de la justice,
01:01:23je rappelle que la France
01:01:24ne dispose pour 5 000 habitants
01:01:25que de 3 procureurs
01:01:26contre 12 pour ses voisins européens,
01:01:28alors que les violences sexuelles
01:01:30ont augmenté de 282%
01:01:31entre 2017 et 2023.
01:01:34Ni ce constat est irresponsable.
01:01:36Je crains que le gouvernement
01:01:38se défausse d'un enjeu systémique
01:01:40au travers d'une recherche
01:01:41de responsabilité individuelle.
01:01:43La lutte contre les violences
01:01:45faites aux femmes
01:01:46et la protection des enfants
01:01:47a pourtant été érigée
01:01:48en grande cause
01:01:49du quinquennat d'Emmanuel Macron
01:01:50à deux reprises
01:01:51en 2017 puis 2022.
01:01:54Et pourtant,
01:01:54en décembre 2023,
01:01:55le rapport de la civise
01:01:56est enterré
01:01:57à l'exception
01:01:57de 23 mesures
01:01:58sur 82.
01:01:59En novembre 2025,
01:02:01le dépôt d'une proposition
01:02:02de loi intégrale
01:02:02contre les violences sexistes
01:02:04et sexuelles
01:02:04est resté sans suite.
01:02:05A partir de janvier 2026,
01:02:08malgré plusieurs échanges
01:02:09entre la coalition parlementaire
01:02:10et certains membres
01:02:11du gouvernement,
01:02:12le Premier ministre
01:02:12n'a jamais répondu
01:02:13à nos demandes
01:02:14de rendez-vous.
01:02:15Depuis une semaine,
01:02:16je ne compte plus
01:02:17les témoignages
01:02:17qui me parviennent
01:02:18à ma permanence.
01:02:19Les mobilisations citoyennes
01:02:21d'hier à travers tout le pays
01:02:22illustrent la montée,
01:02:23la levée du nomerta.
01:02:25Les Gersois,
01:02:25les Français ne se satisferont
01:02:26plus de demi-mesure
01:02:27et réclament des actes,
01:02:29une protection.
01:02:30Le devant à toutes les victimes,
01:02:31le devant à l'Aïana.
01:02:33Il s'agit désormais
01:02:34de choix politiques de volonté.
01:02:36Ma question est donc simple,
01:02:37Monsieur le Premier ministre.
01:02:38Êtes-vous prêt à instruire
01:02:39à l'Estat de Madame la Présidente
01:02:40de l'Assemblée
01:02:41notre proposition
01:02:42de loi intégrale
01:02:43contre les violences sexistes
01:02:45et sexuelles
01:02:46avant la fin de l'année 2026 ?
01:02:48Merci, Monsieur le député.
01:02:49La parole est à Monsieur Gérald Darmanin,
01:02:51garde d'essai au ministre de la Justice.
01:02:53Merci, Madame la Présidente,
01:02:55Mesdames et Messieurs les parlementaires.
01:02:56Monsieur le député,
01:02:57comme j'ai répondu
01:02:58à Jean-René Cazeneuve,
01:02:59notre député du Gers comme vous,
01:03:01je crois que l'on peut
01:03:02à la fois dire
01:03:03que nous devons augmenter
01:03:04les moyens pour l'ensemble
01:03:05des services qui s'occupent
01:03:06des violences faites aux enfants.
01:03:08Personne n'en dit ce qu'on vient.
01:03:09Je viens d'un département
01:03:10qui est le plus touché
01:03:11par les violences faites aux enfants
01:03:12et j'ai dirigé
01:03:14une commune extrêmement populaire
01:03:15où, comme conseil départemental
01:03:17et comme maire,
01:03:17j'ai essayé d'alerter
01:03:19et parfois d'améliorer
01:03:21les moyens donnés
01:03:22pour l'aide sociale à l'enfance
01:03:23comme pour toutes les personnes
01:03:24qui méritent protection.
01:03:26Et c'est bien sûr
01:03:26le cas de la justice,
01:03:27mais c'est bien sûr
01:03:28le cas de toute une chaîne
01:03:29des collectivités locales,
01:03:30vous le savez bien,
01:03:30jusqu'à la justice et à la police.
01:03:34Viendra aussi le moment
01:03:35où on pourra parler
01:03:36des collectivités locales,
01:03:37monsieur le député,
01:03:38et peut-être des difficultés
01:03:40que nous avons parfois
01:03:41dans le fonctionnement général
01:03:43de la protection.
01:03:44Je pense,
01:03:45vous le savez bien,
01:03:45dans votre département
01:03:46au signalement,
01:03:47que fait l'aide sociale à l'enfance
01:03:49ou les maisons de santé aussi
01:03:50qui sont parfois informées
01:03:52de solutions
01:03:52et qui ne nous aident pas toujours
01:03:54par manque d'informations collectives,
01:03:56de pouvoir repérer des auteurs
01:03:58et pouvoir les poursuivre.
01:04:00Monsieur le député,
01:04:01le premier responsable
01:04:02de cette situation,
01:04:03d'abord,
01:04:04c'est le criminel.
01:04:05Et nous pourrions ici dire
01:04:07que c'est d'abord le criminel
01:04:09et nous avons beaucoup d'auteurs
01:04:11qui sont en effet
01:04:13à poursuivre,
01:04:1410 000 personnes
01:04:15qui sont en information judiciaire,
01:04:1614 000 mis en cause par an
01:04:18pour viol sur mineurs.
01:04:19Ce sont des masses
01:04:20et on ne peut pas dire
01:04:20que la justice
01:04:21et la police,
01:04:22la gendarmerie,
01:04:22ne fait rien.
01:04:23Il se trouve qu'à Hoche,
01:04:24un magistrat de plus
01:04:25est arrivé en septembre
01:04:26à la suite de votre interpellation
01:04:28et je vous ai répondu
01:04:29à ce moment-là.
01:04:30Monsieur Cazin
01:04:31avait parlé de l'UMJ
01:04:31et je lui ai répondu
01:04:33à ce moment-là.
01:04:33Il y avait 3 enquêteurs,
01:04:353 OPJ sur les 8 gendarmes
01:04:36à la brigade
01:04:37de monsieur le ministre
01:04:37de l'Intérieur
01:04:38et il y a 180 dossiers criminels
01:04:40dans l'ensemble
01:04:40du département du Gers
01:04:41pour un tribunal
01:04:44qui compte 11 magistrats
01:04:45sur 11,
01:04:4658 greffiers sur 60
01:04:47et 4 parquetiers sur 4
01:04:50au tribunal Doche.
01:04:51Donc oui,
01:04:51il faut augmenter les moyens
01:04:52mais il faut aussi voir
01:04:53monsieur le député
01:04:54les dysfonctionnements individuels
01:04:56lorsqu'il y en a
01:04:57et c'est bien de le dire aussi.
01:04:59Merci beaucoup
01:05:00monsieur le ministre.
01:05:01La parole est à présent
01:05:02à madame Karine Lebon
01:05:03pour le groupe GDR.
01:05:05Merci madame la présidente.
01:05:06Monsieur le garde des Sceaux,
01:05:08moi aussi j'ai un coeur qui bat.
01:05:09C'est ce que vous avez déclaré
01:05:11ce matin devant
01:05:11nos collègues sénateurs.
01:05:13Mais le coeur de Liana,
01:05:14lui, s'est arrêté.
01:05:15Vous avez présenté des excuses.
01:05:17Des excuses ne protègent pas
01:05:19les enfants.
01:05:20Hier, partout dans le pays,
01:05:22des femmes, des enfants,
01:05:23des familles, des associations
01:05:24se sont rassemblées
01:05:25devant les tribunaux
01:05:26pour dire leur colère.
01:05:27Chaque année,
01:05:28ils sont 160 000
01:05:29à être victimes
01:05:30de violences sexuelles
01:05:31dans notre pays.
01:05:32Des victimes qui ne sont pas écoutées
01:05:34face à une offre
01:05:35de soins insuffisante,
01:05:36des institutions saturées,
01:05:37des procédures classées.
01:05:39Combien de temps
01:05:40allons-nous encore
01:05:41mimer la stupeur
01:05:42devant ces crimes ?
01:05:43Combien de temps
01:05:44allons-nous encore
01:05:45découvrir après coup
01:05:46que les alertes existaient,
01:05:48que les plaintes existaient,
01:05:49que les signaux existaient,
01:05:50que les institutions savaient ?
01:05:52Il faut des moyens
01:05:53pour opérer un tournant,
01:05:54mais des moyens,
01:05:55vous prétendez,
01:05:56ne pas en avoir.
01:05:57Lorsqu'on exige
01:05:58une loi intégrale
01:05:59déjà déposée
01:05:59et signée par plus
01:06:00de 100 députés,
01:06:01vous nous répondez
01:06:01que vous êtes pour,
01:06:03mais vous nous renvoyez
01:06:04vers le Premier ministre,
01:06:05car selon vous,
01:06:05elle serait trop coûteuse.
01:06:07Mais c'est une question
01:06:07de choix politique ?
01:06:09Et votre inaction
01:06:10coûte plus cher encore ?
01:06:12Liana a été tuée
01:06:13alors que l'homme
01:06:14mis en cause
01:06:15avait déjà fait l'objet
01:06:16de plusieurs plaintes
01:06:17pour violences sexuelles
01:06:18sur mineurs.
01:06:19Ce drame révèle
01:06:20une chaîne de défaillance.
01:06:21Pourtant,
01:06:22contrairement à de nombreux dossiers,
01:06:24il y avait des preuves,
01:06:24rapports médicaux et judiciaires,
01:06:26expertise,
01:06:27témoignages.
01:06:28Les magistrats
01:06:29ne sont pas les seuls responsables,
01:06:31c'est tout un système
01:06:31qui a failli,
01:06:33système dont vous êtes
01:06:34le principal moteur.
01:06:36Le problème,
01:06:36ce n'est plus
01:06:37l'absence de diagnostic,
01:06:38le problème,
01:06:39c'est l'écart
01:06:41insupportable
01:06:41entre ce que l'Etat sait
01:06:43et ce que l'Etat fait.
01:06:45Allez-vous enfin
01:06:46vous placer
01:06:47du côté des victimes
01:06:48et appuyer l'inscription
01:06:49de la proposition
01:06:49de la loi intégrale
01:06:50à l'ordre du jour ?
01:06:51Soit vous le faites,
01:06:53soit vous partez.
01:06:55Merci,
01:06:56Madame la députée.
01:06:57La parole est à Gérald Darmanin,
01:06:59garde des Sceaux
01:06:59et ministre de la Justice.
01:07:02Merci,
01:07:02Madame la Présidente.
01:07:03Mesdames et Messieurs
01:07:03les députés,
01:07:04Madame la députée,
01:07:08d'abord,
01:07:08si vous me le permettez,
01:07:10je ne vous permets pas
01:07:10à un seul instant
01:07:11d'évoquer le terme
01:07:12de complicité
01:07:12dans mon action personnelle
01:07:14ou de terre
01:07:15des violences faites aux enfants.
01:07:18Vous ne connaissez,
01:07:20Madame la députée,
01:07:21je vous ai entendu,
01:07:22vous ne connaissez rien
01:07:23de mon histoire personnelle.
01:07:25Vous ne connaissez rien,
01:07:27vous ne connaissez rien
01:07:29de mon histoire personnelle.
01:07:30S'il vous plaît,
01:07:30s'il vous plaît.
01:07:33Et si je peux me permettre
01:07:35l'OMERTA existe
01:07:36dans beaucoup de sociétés
01:07:38partout sur le territoire national
01:07:40et que nous en sommes tous,
01:07:42si c'est le cas alors,
01:07:43particulièrement responsables.
01:07:46Vous ne connaissez,
01:07:47Madame la députée,
01:07:48rien de mon histoire personnelle.
01:07:50Vous ne...
01:07:52Il vous plaît.
01:07:53Vous m'avez posé une question.
01:07:54J'y réponds
01:07:55parce que jetez l'anathème
01:07:57comme vous le faites,
01:07:59personnellement,
01:08:00alors que lorsque je vais venir
01:08:01devant vous
01:08:02et que je vais vous demander
01:08:03d'un prescriptive des crimes
01:08:04pour les mineurs,
01:08:04vous me direz sans doute non
01:08:05comme vous l'avez déjà dit.
01:08:07Lorsque je vous demanderai
01:08:08que les gardes des sceaux
01:08:09puissent donner des instructions
01:08:11individuelles
01:08:12aux procureurs,
01:08:13vous me direz non
01:08:13parce que je vous rappelle
01:08:14que c'est vos groupes politiques
01:08:15qui ont voté cette loi en 2013
01:08:17et après,
01:08:18dans l'hémicycle,
01:08:19vous me dites
01:08:19il y a une loi qui a été classée,
01:08:21il y a une plainte
01:08:21qui a été classée
01:08:22en 2020
01:08:23et une autre en 2023
01:08:24et vous me dites
01:08:24monsieur le gardes des sceaux,
01:08:25qu'est-ce que vous faites ?
01:08:26Quand les magistrats
01:08:27sont indépendants,
01:08:28Madame,
01:08:29et c'est heureux sans doute
01:08:30qu'ils le soient
01:08:30dans un grand pays démocratique,
01:08:32on accepte leurs décisions
01:08:34et quand ils font
01:08:35des fautes professionnelles,
01:08:36s'ils en ont fait,
01:08:38Madame la députée,
01:08:39les magistrats sont indépendants,
01:08:41je ne peux pas
01:08:42leur donner
01:08:43d'instructions individuelles.
01:08:46Voulez-vous
01:08:46en redonner
01:08:47aux gardes des sceaux ?
01:08:49Quand les magistrats
01:08:51sont indépendants
01:08:51et c'est heureux
01:08:52en démocratie,
01:08:53il faut accepter
01:08:53que lorsqu'il y aura
01:08:54une inspection,
01:08:55on puisse relever,
01:08:56s'il y en a,
01:08:57de fautes professionnelles
01:08:58et les sanctionner.
01:08:59A La Réunion,
01:09:01il y a,
01:09:01comme dans mon département
01:09:02du Nord,
01:09:03énormément de violences
01:09:04faites aux enfants.
01:09:05Il y a un nombre
01:09:06de viols sur enfants
01:09:07qui est extrêmement important,
01:09:08comme dans mon département
01:09:09du Nord.
01:09:10Et il y a aussi,
01:09:11dans une société
01:09:11comme La Réunion,
01:09:12comme dans le Nord-Pas-de-Calais,
01:09:14comme dans le Nord-Pas-de-Calais,
01:09:16parfois une omerta.
01:09:17Alors tous ensemble,
01:09:18nous devons lever
01:09:19cette omerta
01:09:19en évitant de jeter
01:09:21des noms d'oiseaux
01:09:21à la tête.
01:09:22Merci,
01:09:22Monsieur le ministre.
01:09:23Madame la députée.
01:09:25Merci,
01:09:26Madame la Présidente.
01:09:26Monsieur le ministre,
01:09:27je vous ai parlé
01:09:28de la mort d'une enfant.
01:09:30Je ne vous ai pas parlé
01:09:30de votre histoire personnelle.
01:09:32Merci de ne pas confondre les deux.
01:09:34Je vous remercie.
01:09:37La parole est à présent
01:09:38à Madame...
01:09:39Allez,
01:09:40la parole est à présent
01:09:41à Madame Béatrice Bellet
01:09:43pour le groupe socialiste.
01:09:50Merci Madame la Présidente,
01:09:51Monsieur le Premier ministre.
01:09:53Mayotte est française,
01:09:54les Mahorais et les Mahoraises
01:09:56ont choisi la France,
01:09:57mais ce mariage choisi
01:09:58est une trahison.
01:10:00C'est un goût amer
01:10:01que nous,
01:10:01habitants des pays des océans,
01:10:03connaissons déjà.
01:10:04Je rentre d'une mission
01:10:05d'information parlementaire
01:10:07de la délégation aux Outre-mer.
01:10:09Là-bas,
01:10:09comme chez moi,
01:10:10en Martinique,
01:10:11ils ont le sentiment
01:10:11que la République les regarde
01:10:13de loin, de haut,
01:10:14comme si l'égalité républicaine
01:10:16s'arrêtait au rivage
01:10:17de leur île.
01:10:18A Mayotte,
01:10:19plus de 350 000 habitants
01:10:20sont recensés
01:10:21alors que tout le monde sait
01:10:22qu'il y en a bien davantage.
01:10:23Et ce faisant,
01:10:24les modalités d'accès à l'eau,
01:10:26aux soins,
01:10:27à l'école,
01:10:27au logement,
01:10:28aux services publics
01:10:29demeurent profondément difficiles
01:10:31et leur organisation
01:10:32sous-dimensionnée.
01:10:33Ainsi,
01:10:34il n'y a pas d'eau au robinet.
01:10:35Les coupures se font
01:10:36deux jours,
01:10:37deux fois par semaine,
01:10:38mais l'Etat tolère
01:10:39qu'une bouteille d'eau
01:10:39de 33 centilitres
01:10:40soit vendue 80 centimes
01:10:43et n'en fournit pas
01:10:44à ses concitoyennes
01:10:46et concitoyens.
01:10:47Les inégalités
01:10:48y atteignent un niveau
01:10:49que vous n'accepteriez
01:10:51nulle part ailleurs
01:10:52sur les territoires
01:10:53nationales,
01:10:54continentales.
01:10:55A cette crise sociale
01:10:57s'ajoute une crise
01:10:58sécuritaire majeure.
01:11:00Les habitants
01:11:00vivent sous la menace
01:11:01quotidienne des violences,
01:11:02des cambriolages,
01:11:03des bandes organisées.
01:11:05Les élus locaux
01:11:05alertent sans relâche
01:11:06sur une situation
01:11:07devenue insoutenable
01:11:09et comment parler
01:11:10de sécurité
01:11:11sans évoquer
01:11:11oui,
01:11:12la question migratoire
01:11:13ne nous cachons pas.
01:11:15Mayotte supporte
01:11:16seule une pression
01:11:16migratoire exceptionnelle
01:11:18qui résulte aussi
01:11:19de l'incapacité
01:11:20de l'Etat
01:11:21à construire
01:11:22une réponse durable
01:11:23et humaine
01:11:24dans son environnement
01:11:25régional.
01:11:26Cette situation
01:11:27nourrit les tensions,
01:11:28fragilise la cohésion sociale
01:11:30et alimente
01:11:31les discours de rejet.
01:11:32Dans le même temps,
01:11:33le gouvernement
01:11:33a décidé de maintenir
01:11:35les visas territorialisés,
01:11:36délivrés notamment
01:11:37aux ressortissants
01:11:38de la République démocratique
01:11:39du Congo
01:11:39alors même
01:11:40que ce pays
01:11:41est confronté
01:11:41à une résurgence grave
01:11:43d'Ebola.
01:11:44Cette décision
01:11:44soulève
01:11:45une interrogation
01:11:46quant à la cohérence
01:11:47de votre politique
01:11:48sanitaire,
01:11:49migratoire
01:11:50et humanitaire
01:11:50dans l'océan Indien.
01:11:52Mépris.
01:11:53Alors,
01:11:54après le drame
01:11:55du cyclone Chido,
01:11:56après les promesses
01:11:56de reconstruction,
01:11:57après l'annonce
01:11:58d'une grande loi
01:11:59de refondation,
01:12:00je vous le demande,
01:12:01où sont les moyens nouveaux,
01:12:03quel calendrier précis,
01:12:04quelles mesures concrètes
01:12:05comptez-vous engager
01:12:06pour garantir
01:12:07enfin la sécurité ?
01:12:08Madame la députée.
01:12:10Madame la ministre,
01:12:12Naïma Moutchou,
01:12:12ministre en charge
01:12:13des Outre-mer.
01:12:18Merci Madame la présidente,
01:12:20Mesdames, Messieurs les députés,
01:12:21Madame la députée Bélé,
01:12:22vous revenez de Mayotte
01:12:24et vous y avez vu
01:12:25les difficultés,
01:12:26elles sont réelles,
01:12:26je ne les conteste pas.
01:12:29Vous avez parlé
01:12:29de la pression migratoire,
01:12:31c'est une pression hors normes,
01:12:33c'est le seul territoire
01:12:34de la République
01:12:34qui effectivement
01:12:35subit cette pression
01:12:36en démographie,
01:12:36vous avez évoqué
01:12:38les difficultés
01:12:38d'accès à l'eau,
01:12:39les tensions
01:12:40sur les services publics,
01:12:41je suis consciente
01:12:42de la situation,
01:12:43mais je ne tire pas
01:12:44les mêmes conclusions
01:12:45des constats que vous faites,
01:12:46vous en tirez
01:12:46un procès en abandon
01:12:48de l'Etat,
01:12:49moi j'y vois l'obligation
01:12:50d'accélérer ce que nous faisons
01:12:51sur le terrain,
01:12:52parce que nous n'abandonnons
01:12:54pas Mayotte,
01:12:54je veux le redire,
01:12:55nous avons pour cette année
01:12:57sanctuariser 800 millions d'euros
01:12:59pour la reconstruction,
01:13:00quand je dis sanctuariser,
01:13:01c'est flécher pour Mayotte,
01:13:03de l'argent pour Mayotte
01:13:04à destination
01:13:04des projets pour Mayotte,
01:13:06nous accompagnons,
01:13:08nous accompagnons
01:13:08les collectivités,
01:13:09nous avons imaginé
01:13:10un établissement public
01:13:11qui permet d'accompagner
01:13:13les maires
01:13:14dans la création
01:13:15des écoles,
01:13:16les grands projets
01:13:17structurants
01:13:18pour le territoire,
01:13:18je pense à l'aéroport
01:13:19de Bouillouni,
01:13:21avance,
01:13:21l'usine de dessalement,
01:13:23puisqu'on a parlé
01:13:23d'accès à l'eau
01:13:24à Ironibé,
01:13:25avance,
01:13:26les calendriers
01:13:26sont tenus,
01:13:27non madame la députée,
01:13:28le calendrier est tenu,
01:13:30en revanche,
01:13:31il reste beaucoup
01:13:32à faire,
01:13:32c'est vrai,
01:13:33personne n'a dit
01:13:34que la reconstruction
01:13:34se ferait en quelques mois,
01:13:36je ne l'ai pas dit,
01:13:36pas plus que mon prédécesseur,
01:13:38nous sommes conscients
01:13:39que tout ça prend du temps,
01:13:40mais nous serons au rendez-vous,
01:13:42et la question,
01:13:42je vais vous dire,
01:13:43ce n'est pas celle de l'action,
01:13:44mais c'est celle
01:13:44de l'action collective,
01:13:45est-ce que nous serons
01:13:46tous au rendez-vous,
01:13:47l'Etat bien sûr,
01:13:48mais aussi les collectivités
01:13:49et les élus,
01:13:50au rendez-vous de la reconstruction,
01:13:52au rendez-vous des choix
01:13:52budgétaires et financiers
01:13:53à soutenir,
01:13:54au rendez-vous des réformes,
01:13:56il y aura des décisions
01:13:56à prendre difficiles
01:13:57en matière de gestion
01:13:58des flux migrateurs,
01:13:59est-ce que vous serez au rendez-vous
01:14:00madame la députée
01:14:01dans les prochaines semaines ?
01:14:02Et vous le savez,
01:14:03ça pèse sur le quotidien
01:14:05des Mahoraises
01:14:06et des Mahorais,
01:14:07et j'invite d'ailleurs
01:14:07tous les députés ici
01:14:09à l'Assemblée nationale
01:14:09à être au rendez-vous
01:14:11dans les prochaines semaines
01:14:12pour être à la hauteur
01:14:13des défis de Mayotte
01:14:14et donc assortir des constats
01:14:16et donc assortir des postures.
01:14:18Merci beaucoup,
01:14:19madame la ministre.
01:14:20La parole est à présent
01:14:21à madame Périne Boulet
01:14:22pour le groupe Démocrate.
01:14:24Merci, madame la présidente.
01:14:26Monsieur le garde des Sceaux,
01:14:27le 4 juin dernier,
01:14:29la petite Lyanna a 11 ans
01:14:30et retrouvée sans vie.
01:14:32Pourtant,
01:14:32pour appréhender l'homme
01:14:33soupçonné de l'avoir tué,
01:14:34les signaux et les outils juridiques
01:14:35existaient.
01:14:37Ce n'est pas le cadre légal
01:14:38qui a failli,
01:14:39c'est son application.
01:14:40Comme trop souvent
01:14:41quand cela concerne les enfants,
01:14:42les lois sont votées
01:14:43mais non appliquées
01:14:44sans qu'aucune sanction
01:14:45ne soit jamais prise.
01:14:46Ce sont des signalements
01:14:48qui ne remontent pas,
01:14:48des informations préoccupantes
01:14:50qui ne circulent pas
01:14:50entre les services,
01:14:52des mesures de protection
01:14:53qui arrivent trop tard
01:14:53ou qui n'arrivent pas.
01:14:55Nous le savons,
01:14:56les derniers travaux
01:14:56de la délégation
01:14:57aux droits des enfants
01:14:57et de l'Assemblée
01:14:58le prouvent.
01:14:59Il y a trop de dysfonctionnements
01:15:00entre les acteurs,
01:15:01trop de cloisonnements persistants
01:15:02en matière de protection
01:15:03de l'enfance
01:15:03et pas assez de partage
01:15:04d'informations.
01:15:06A la lumière des faits,
01:15:08nous devons aussi
01:15:09nous interroger
01:15:09sur l'efficacité
01:15:10de la justice.
01:15:11Il y a le temps
01:15:11de l'enquête
01:15:12et le temps de la justice
01:15:13mais nous devons réduire
01:15:14les délais inutiles
01:15:15et nous le pouvons.
01:15:16Comme en Espagne,
01:15:17nous pourrions mieux
01:15:17utiliser le numérique,
01:15:19supprimer les actes superflus
01:15:20ou encore éviter
01:15:21les transferts papiers
01:15:22entre juridictions.
01:15:23Il est temps
01:15:24de faire entrer
01:15:25notre justice
01:15:25dans le 21e siècle
01:15:27pour la rendre plus efficace.
01:15:29Il en va de la confiance
01:15:30de nos concitoyens
01:15:31dans leur justice.
01:15:32Mais il n'y a pas
01:15:33que l'organisation
01:15:33de notre justice
01:15:34que nous devons repenser.
01:15:35L'affaire récente
01:15:36du périscolaire
01:15:37à Paris,
01:15:37comme bien d'autres,
01:15:38démontre que malgré
01:15:39des signes manifestes
01:15:40de maltraitance,
01:15:41personne n'a rien dit,
01:15:42personne n'a signalé
01:15:42les faits,
01:15:43laissant les enfants
01:15:44seuls,
01:15:44sans protection
01:15:45face à leur bourreau.
01:15:46Alors pourquoi ?
01:15:47Parce que nous sommes
01:15:48collectivement convaincus
01:15:49que c'est l'affaire
01:15:50des magistrats,
01:15:51des policiers
01:15:51et des travailleurs sociaux
01:15:52au fond,
01:15:53l'affaire des autres.
01:15:54Parce que notre société
01:15:55ferme encore trop souvent
01:15:56les yeux sur les violences
01:15:56commises sur les enfants
01:15:57parce que l'enfant
01:15:58est encore perçu
01:15:59comme l'extension
01:16:00de ses parents.
01:16:01Mais non,
01:16:01la protection de l'enfance,
01:16:02c'est l'affaire
01:16:03de chacune et chacun.
01:16:04C'est notre affaire.
01:16:05Ce que nous devons construire,
01:16:07c'est une société
01:16:07de la vigilance,
01:16:08de la protection absolue
01:16:10des enfants,
01:16:10quitte à suspendre
01:16:12des droits d'adultes
01:16:12lorsqu'un doute survient.
01:16:14Les enfants doivent savoir
01:16:16aussi qu'en s'ouvrant
01:16:17vers les forces de l'ordre,
01:16:18ils seront protégés
01:16:19avant tout.
01:16:20Les enfants doivent être écoutés.
01:16:23Monsieur le garde des Sceaux,
01:16:24alors que nos enfants
01:16:24n'ont toujours pas
01:16:25de représentants dédiés
01:16:26au gouvernement,
01:16:27que comptez-vous mettre en place
01:16:28pour moderniser la justice
01:16:30et mieux coordonner les acteurs
01:16:31afin qu'on arrête
01:16:33le travail en silo
01:16:33et que notre pays
01:16:34entre dans une réelle
01:16:36ère de protection
01:16:37de nos enfants.
01:16:38Merci, madame la députée.
01:16:39La parole est à monsieur
01:16:40Gérald Darmanin,
01:16:41garde des Sceaux,
01:16:42ministre de la Justice.
01:16:44Merci, madame la présidente.
01:16:47Mesdames et messieurs les députés,
01:16:48madame la députée Goulet,
01:16:49moi, je voudrais vous dire
01:16:50que, comme vous le savez,
01:16:51depuis longtemps,
01:16:52j'admire votre engagement
01:16:53pour les causes des enfants
01:16:54ici, dans cet hémicycle
01:16:55et ailleurs,
01:16:56et que je me suis exprimé
01:16:57non seulement à la suite
01:16:58de vos travaux
01:16:58et de vos différentes questions,
01:16:59mais aussi dans les commissions
01:17:00d'enquête
01:17:00ou dans la dégagation
01:17:02aux droits de l'enfant
01:17:02pour lesquelles vous participez
01:17:04et que vous présidez.
01:17:06Je me suis exprimé
01:17:07à plusieurs reprises,
01:17:08bien avant ce drame,
01:17:09pour dénoncer ces silos.
01:17:12Je ne parle pas
01:17:12des questions pénales
01:17:13qui, bien sûr,
01:17:14nous occupent,
01:17:15mais beaucoup de questions civiles,
01:17:16parfois,
01:17:17entraînent des drames,
01:17:19des viols qui ne sont pas arrêtés,
01:17:21des agressions physiques
01:17:22ou psychologiques,
01:17:23et parfois,
01:17:24des personnes qui sont en détresse,
01:17:26pas simplement,
01:17:27malheureusement,
01:17:28les mères de famille,
01:17:29mais bien évidemment,
01:17:30les enfants.
01:17:31J'ai fait deux propositions
01:17:32fortes pour lutter
01:17:33contre ces silos.
01:17:34D'abord,
01:17:35dépénaliser
01:17:36la non-présentation
01:17:37d'enfants
01:17:37lorsqu'il y a une accusation
01:17:39d'agression sexuelle.
01:17:42Il y a,
01:17:42dans l'article 1er
01:17:44de la loi
01:17:45qui vous est présentée
01:17:46le 15 juillet
01:17:46sur la protection
01:17:47de l'enfance
01:17:47avec Stéphanie Riste,
01:17:48l'ordonnance de sûreté
01:17:49tant attendue
01:17:51et qui est parfois
01:17:51tant combattue aussi,
01:17:53au sein même
01:17:53de mon ministère,
01:17:54vous le savez bien,
01:17:55mais parfois,
01:17:56on le verra
01:17:56dans l'hémicycle,
01:17:57parce qu'il s'agit
01:17:57d'un principe
01:17:58de précaution
01:17:58qu'on appliquera
01:17:59aux enfants.
01:18:01Et puis,
01:18:02le deuxième point,
01:18:02il y a l'enfant
01:18:03balotté par les silos
01:18:04du ministère de la Justice
01:18:05et je ne parle même pas
01:18:06des autres silos
01:18:06du service public.
01:18:07Reconcentrons-nous
01:18:08sur l'autorité judiciaire.
01:18:10Un enfant
01:18:10peut connaître
01:18:11à la fois
01:18:12un juge
01:18:13des affaires familiales,
01:18:15un juge
01:18:17correctionnel
01:18:17et évidemment
01:18:19aussi
01:18:20un juge
01:18:20des enfants.
01:18:22Et on ne connaît pas
01:18:23à 360 degrés
01:18:24la composition
01:18:25d'une famille,
01:18:26l'historique,
01:18:27les plaintes
01:18:27pour viol déposées
01:18:28contre l'éventuel papa,
01:18:30les difficultés
01:18:31psychiatriques,
01:18:32les problèmes de santé,
01:18:33les difficultés
01:18:34tout simplement
01:18:34de la famille.
01:18:35J'ai proposé
01:18:36à un juge
01:18:36des familles,
01:18:38celui qui est capable
01:18:39à 360 degrés
01:18:39de pouvoir
01:18:40l'intégralité
01:18:41du dossier d'enfant
01:18:41d'une famille
01:18:42pour éviter,
01:18:42pour faire arrêter
01:18:43immédiatement
01:18:45les difficultés
01:18:45et pour qu'on puisse
01:18:46mettre les silos
01:18:48cassés
01:18:48là où il faudrait
01:18:49les mettre.
01:18:50Et je voudrais dire
01:18:51que c'est, je crois,
01:18:51une grande réforme
01:18:52que nous porterons.
01:18:53J'ai lancé cette consultation,
01:18:54je suis sûr qu'avec vous,
01:18:55on l'inscrira dans la loi.
01:18:56Merci beaucoup,
01:18:57monsieur le ministre.
01:18:58La parole est à maintenant
01:18:59à madame Katiana
01:19:02Leveuvasseur
01:19:02pour le Rassemblement National.
01:19:04Merci, madame la présidente.
01:19:08Monsieur le ministre,
01:19:09en 2025,
01:19:10selon le collectif
01:19:11Les Morts de la Rue,
01:19:12au moins 929 personnes
01:19:13sans domicile
01:19:15sont mortes
01:19:15dans notre pays.
01:19:17Près de 1000 morts
01:19:18dans les rues,
01:19:18dans une voiture,
01:19:19dans un abri de fortune,
01:19:21parfois dans l'indifférence
01:19:22la plus totale.
01:19:23Ce ne sont pas seulement
01:19:24des chiffres,
01:19:25ce sont des vies brisées,
01:19:26ce sont nos concitoyens,
01:19:27des hommes,
01:19:27des femmes
01:19:28qui ont fini
01:19:29par mourir dehors
01:19:30dans un pays
01:19:30qui dépense toujours plus
01:19:32mais qui semblent de moins en moins
01:19:33incapables de protéger les siens.
01:19:35C'est un drame national.
01:19:36En ce drame,
01:19:37dit quelque chose
01:19:37de l'état de notre pays.
01:19:39L'échec d'un état
01:19:40qui laisse très souvent
01:19:40les associations seules
01:19:41en première ligne,
01:19:42l'épuisement des travailleurs sociaux,
01:19:44l'impuissance du 115,
01:19:46saturée,
01:19:46et la solitude des mères
01:19:48confrontées à des situations
01:19:50humaines dramatiques
01:19:51sont toujours disposées
01:19:53de moyens nécessaires.
01:19:55Le plus insupportable,
01:19:56c'est que parmi ces morts
01:19:57figurent aussi des enfants,
01:19:58des enfants de moins de 4 ans,
01:20:00des adolescents.
01:20:01Comment accepter cela ?
01:20:03Depuis des années,
01:20:04le gouvernement annonce
01:20:05des plans,
01:20:05des crédits,
01:20:06des dispositifs.
01:20:07Pourtant,
01:20:08le nombre de morts
01:20:08continue d'augmenter.
01:20:10Celui de 2025
01:20:11est déjà supérieur
01:20:12à celui de 2024.
01:20:14En 2017,
01:20:15Emmanuel Macron a affirmé
01:20:16qu'il ne voulait plus
01:20:17voir de femmes
01:20:17et d'hommes
01:20:18dormir dans les rues.
01:20:19Neuf ans plus tard,
01:20:20cette promesse
01:20:21résonne comme le symbole
01:20:23d'une parole présidentielle
01:20:24déconnectée du réel.
01:20:25De grandes déclarations,
01:20:27des effets d'annonce
01:20:28et au bout du compte
01:20:28des Français
01:20:29qui meurent toujours dehors.
01:20:31Vous nous opposerez peut-être
01:20:33les 203 000 places
01:20:34d'hébergement d'urgence
01:20:35financées par l'Etat,
01:20:36mais entre la saturation
01:20:37du 115,
01:20:38la pression migratoire
01:20:39sur les dispositifs d'accueil
01:20:40et les 350 000 personnes
01:20:42sans domicile
01:20:43dans notre pays,
01:20:44le compte n'y est pas.
01:20:45Aujourd'hui,
01:20:46la rue continue de tuer.
01:20:47Elle tue par le froid,
01:20:48la chaleur,
01:20:49la maladie,
01:20:50la violence
01:20:51l'isolement,
01:20:52mais aussi par l'abandon.
01:20:54Monsieur le ministre,
01:20:55cette situation
01:20:56appelle autre chose
01:20:57que des éléments
01:20:57de langage.
01:20:58Le gouvernement
01:20:59attend-t-il enfin
01:21:00de faire de la protection
01:21:01de nos compatriotes
01:21:02sans abri
01:21:03une véritable priorité nationale ?
01:21:05Quelles mesures
01:21:06comptent-ils prendre
01:21:07pour soutenir
01:21:07les acteurs du terrain,
01:21:09garantir la mise
01:21:10à l'abri
01:21:10des plus vulnérables
01:21:12et permettre
01:21:13une sortie durable
01:21:14de la rue ?
01:21:14Merci.
01:21:15La parole est à
01:21:16M. Vincent
01:21:16Jean-Brun,
01:21:17ministre de la Ville
01:21:18et du Logement.
01:21:20Merci,
01:21:21Mme la Présidente,
01:21:22Mesdames et Messieurs
01:21:22les députés.
01:21:23Vous l'avez dit,
01:21:24Mme la députée,
01:21:25il y a des choses
01:21:26dans notre pays
01:21:27qui ne sont pas
01:21:28acceptables.
01:21:29La rue tue,
01:21:30elle tue trop
01:21:31et chacune de ses victimes
01:21:32est une victime
01:21:33de trop.
01:21:34Cela va s'en dire.
01:21:35Les gouvernements
01:21:36successifs ont,
01:21:37depuis 2017,
01:21:38augmenté les moyens,
01:21:39plus de 60%
01:21:41de budget,
01:21:41plus de 55%
01:21:42de place
01:21:43pour accueillir
01:21:44celles et ceux
01:21:44qui sont en difficulté
01:21:46pour se loger,
01:21:46pour avoir un toit
01:21:47et tout simplement
01:21:48pour être protégés.
01:21:50Alors,
01:21:51merci de poser
01:21:52cette question,
01:21:53merci de dire
01:21:54à quel point
01:21:54il faut qu'on reste
01:21:55mobilisés
01:21:55sur ces sujets majeurs
01:21:56et merci de rappeler
01:21:58qu'au fond,
01:21:59et c'est là,
01:21:59au plafond de cette coupole,
01:22:01le mot fraternité
01:22:02n'est pas un vain mot.
01:22:04Et merci par avance,
01:22:05Mme la députée,
01:22:06de le dire
01:22:07à tous vos collègues
01:22:08ici présents
01:22:08qui ont déposé
01:22:10au moment du budget
01:22:11non pas un,
01:22:12non pas deux,
01:22:13mais quatre amendements
01:22:14pour baisser le budget
01:22:15de l'hébergement
01:22:16d'urgence,
01:22:17le baisser de plus
01:22:17de 300 000 euros,
01:22:18pour baisser le nombre
01:22:19de places,
01:22:20pour baisser l'accompagnement.
01:22:21Alors,
01:22:22c'est pas parce que
01:22:22la campagne présidentielle
01:22:23arrive qu'il faudrait
01:22:24faire semblant,
01:22:26vous avez systématiquement
01:22:27défendu la baisse
01:22:28des moyens
01:22:28de l'hébergement
01:22:29d'urgence,
01:22:29alors réfléchissez bien
01:22:31avant de poser
01:22:31ce genre de questions,
01:22:32il y a ceux qui agissent,
01:22:33il y a ceux qui parlent.
01:22:36Merci monsieur le député.
01:22:39La parole est à madame
01:22:41Laure Miller
01:22:42pour le groupe
01:22:42Ensemble pour la République.
01:22:45Merci.
01:22:47Merci madame la présidente.
01:22:49Ma question s'adressait
01:22:50au Premier ministre
01:22:51et aux membres
01:22:52du gouvernement.
01:22:53Je voulais en effet
01:22:54demander au Premier ministre
01:22:56et au gouvernement
01:22:56de pouvoir rassembler
01:22:58finalement toutes les initiatives
01:22:59qui existent
01:23:00dans notre Parlement
01:23:01et beaucoup de députés
01:23:03qui sont engagés
01:23:03sur ces questions
01:23:04autour de la protection
01:23:05de l'enfance
01:23:05de manière générale.
01:23:06Et donc je voulais
01:23:07vous poser cette question
01:23:08et en fait,
01:23:09je n'ai plus du tout
01:23:09envie de suivre mon propos
01:23:11parce que je suis,
01:23:13enfin en fait,
01:23:13j'ai honte.
01:23:15Depuis qu'on a commencé
01:23:16cette séance de questions
01:23:17au gouvernement,
01:23:17j'ai honte de l'image
01:23:18qu'on donne.
01:23:20Hier, il y a des hommes,
01:23:21des femmes,
01:23:22beaucoup de femmes
01:23:22qui se sont déplacées
01:23:24probablement pour la première fois
01:23:25de leur vie
01:23:25devant un palais de justice
01:23:27pour nous demander
01:23:29d'agir en responsabilité
01:23:30et de protéger nos enfants.
01:23:32Et depuis 15 heures,
01:23:33on se renvoie la balle
01:23:34comme des gamins
01:23:35dans une cour d'école.
01:23:36On cherche des responsabilités
01:23:38individuelles.
01:23:39Et en fait,
01:23:40j'imaginais,
01:23:41mais avec beaucoup de naïveté
01:23:42sans doute,
01:23:43qu'on allait être constructifs
01:23:44enfin parce que je crois
01:23:45que c'est ce que les gens
01:23:46attendent de nous
01:23:47sur un sujet
01:23:47comme celui-ci.
01:23:48qu'on se tienne la main,
01:23:50qu'on se tende la main,
01:23:51qu'on se mette tous
01:23:52autour d'une table
01:23:53pour travailler
01:23:53pour nos enfants.
01:23:55Ce n'est pas un sujet politicien,
01:23:57c'est un sujet
01:23:58d'ampleur,
01:23:59de grande ampleur.
01:23:59Et voilà,
01:24:00j'imaginais qu'on allait avoir ça
01:24:01et en fait,
01:24:01j'ai honte
01:24:01et je voudrais m'excuser
01:24:03parce qu'on a donné
01:24:04une image déplorable.
01:24:05il n'y a déjà plus beaucoup
01:24:06de Français
01:24:07qui croient encore
01:24:07en la politique
01:24:08mais je crois
01:24:08que ce qu'on est en train
01:24:09de donner encore
01:24:11à voir
01:24:11comme image
01:24:12de la politique,
01:24:13c'est vraiment
01:24:13un désastre.
01:24:15Un désastre.
01:24:15Donc je suis désolée
01:24:16et si être député
01:24:17en mai 2026,
01:24:19c'est ça,
01:24:19eh bien je ne suis pas,
01:24:20je ne me sens pas député,
01:24:21je me sens citoyenne
01:24:22et je suis vraiment déçu.
01:24:24Donc je vous demande quand même,
01:24:25monsieur le Premier ministre,
01:24:27de mettre autour de la table,
01:24:28il y a des hommes et des femmes
01:24:29dans cet hémicycle
01:24:30qui sont de bonne volonté,
01:24:31qui mettent de côté
01:24:32leur étiquette politique
01:24:33et qui savent construire des choses
01:24:34et j'aimerais que cette année
01:24:36ne soit pas une année
01:24:36de paralysie politicienne
01:24:38mais une année vraiment
01:24:40au service de cette protection
01:24:41de l'enfance au sens large
01:24:43et je crois que c'est possible
01:24:44avec les bonnes personnes
01:24:45et je vous remercie par avance
01:24:46si vous pouvez le faire.
01:24:48Merci beaucoup,
01:24:48madame la députée.
01:24:49La parole est à madame Aurore Berger,
01:24:51ministre en charge de l'égalité
01:24:53entre les femmes et les hommes.
01:24:56Merci, madame la présidente.
01:24:58Mesdames et messieurs les députés,
01:24:59madame la députée Laure Miller,
01:25:01les membres du gouvernement
01:25:02n'ont pas le droit
01:25:02d'applaudir les députés
01:25:03mais je me serais volontiers
01:25:04associée aux applaudissements
01:25:05qui viennent de vous être adressés
01:25:07parce que je crois
01:25:08que vous avez fait honneur
01:25:09à cet hémicycle
01:25:09en rappelant la dignité nécessaire
01:25:11qui doit présider à nos débats,
01:25:13ce d'autant plus
01:25:14quand on parle de la protection
01:25:15des plus vulnérables
01:25:16dans notre société,
01:25:17c'est-à-dire de nos enfants.
01:25:18Donc merci à vous de permettre
01:25:20que nous puissions conclure
01:25:21cette séance de questions
01:25:22au gouvernement
01:25:23dans ce qui devrait être
01:25:23l'unité nationale
01:25:25et la concorde nationale
01:25:26et le sursaut national
01:25:27qui doit être le nôtre
01:25:29pour protéger nos enfants,
01:25:30protéger les femmes
01:25:31face aux violences sexuelles.
01:25:33Vous êtes au rendez-vous
01:25:34et en effet sur tous les bancs
01:25:36de cet hémicycle
01:25:36à l'Assemblée
01:25:37comme au Sénat,
01:25:38il y a des hommes et des femmes
01:25:39de bonne volonté
01:25:39qui veulent agir,
01:25:40il y a des initiatives parlementaires
01:25:42qui viennent de tous les bancs
01:25:43et nous n'avons pas le droit
01:25:44vis-à-vis des enfants,
01:25:46je vois votre émotion
01:25:47madame la députée,
01:25:48vis-à-vis de Yanis
01:25:49que vous avez souhaité,
01:25:50en honneur de qu'elle
01:25:51vous avez souhaité porter
01:25:53une proposition de loi essentielle
01:25:54adoptée ici
01:25:55à l'unanimité
01:25:56en hommage à Eliana,
01:25:57en hommage à tous les enfants
01:25:59qui malheureusement
01:26:00ne sont plus là
01:26:00et que nous aurions dû
01:26:02collectivement réussir
01:26:03à protéger.
01:26:04Nous nous devons
01:26:05d'être au rendez-vous
01:26:05et nous faisons la promesse
01:26:07au sein du gouvernement
01:26:07que nous serons au rendez-vous
01:26:08avec toutes celles
01:26:09et tous ceux
01:26:10qui veulent agir.
01:26:11Merci à vous.
01:26:12Merci beaucoup madame la ministre.
01:26:14La séance de questions
01:26:15au gouvernement est terminée.
01:26:17La séance est suspendue.
01:26:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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