- il y a 11 heures
Thomas Gomart, historien et directeur de l'Ifri, Amy Greene, politiste et spécialiste des États-Unis, experte associée à l'Institut Montaigne, décryptent l'évolution de la guerre au Moyen-Orient avec, notamment, la reprise des frappes entre Israël et l'Iran dimanche dernier. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-09-juin-2026-3069408
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00:00Un grand entretien pour comprendre ce matin ce qui se joue entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis après
00:06les frappes d'hier.
00:08Rupture du cessez-le-feu suivie d'un retour au calme.
00:11La guerre n'est toujours pas terminée et l'équation se complique pour Donald Trump.
00:15Arrivera-t-il à conclure un accord pour mettre fin aux hostilités ?
00:19La riposte israélienne marque-t-elle la perte d'influence des Etats-Unis ?
00:24Deux invités pour nous aider à y voir clair ce matin, Benjamin.
00:28Bonjour Emigrine, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:31Vous êtes politiste, spécialiste des Etats-Unis, experte associée à l'Institut Montaigne.
00:35A vos côtés Thomas Gomart, bonjour.
00:37Merci d'être avec nous, directeur de l'IFRI, l'Institut français des relations internationales.
00:42Votre ouvrage, je le signale avec un titre évidemment d'actualité.
00:46Qui contrôle qui ? Les nouveaux rapports de force mondiaux.
00:49C'est aux éditions Talendier.
00:50Alors commençons par rappeler rapidement ce qui s'est passé au cours des dernières 24 heures.
00:54Une trentaine de missiles iraniens tirés sur Israël en réponse à des frappes israéliennes sur un quartier général du Hezbollah
01:01au Liban.
01:02Réplique d'Israël sur l'Iran, quelques heures de fièvre avant un retour au calme.
01:07Comment analyser cette séquence après deux mois de cesser le feu en pleine négociation pour un accord entre les Etats
01:15-Unis et l'Iran ?
01:16Est-ce que c'est un baroud d'honneur ou est-ce que c'est le début d'une reprise
01:21du conflit ?
01:22Thomas Gomart.
01:24Je crois qu'il faut essayer de remettre les choses un peu dans un cadre chronologique.
01:27Parce qu'on est effectivement dans un commentaire au jour le jour par rapport à une situation qui se dégrade
01:33fondamentalement depuis le 7 octobre 2023.
01:36Alors je ne vais pas énumérer toutes les étapes.
01:39Mais peut-être rappeler néanmoins qu'il y a un an, nous avons eu la guerre de 12 jours et
01:44qui a marqué une rupture dans la mesure où Israël a convaincu Donald Trump de frapper l'Iran.
01:50Et ça je pense que c'est un point très important puisque l'Iran et Israël étaient en conflit ouvert
01:56depuis le printemps 2024.
01:57Mais ça c'est la première rupture.
01:58La deuxième rupture, c'est la répression extrêmement virulente à laquelle on a assisté en Iran au mois de janvier.
02:05Vous vous en souvenez, Donald Trump s'était exprimé en disant nous allons apporter notre soutien aux manifestants.
02:12Ça a été une répression extrêmement féroce.
02:14Et ensuite qui a donné lieu à l'intervention du 28 février où le premier jour, Israélien et Américain tue
02:20le guide suprême et son entourage.
02:23Et depuis lors, en fait, il y a eu un pari raté qui était de dire en décapitant le régime
02:29iranien, en fond il va s'effondrer.
02:31Et ce n'est pas du tout ce qui s'est passé, c'est que le régime iranien résiste, non
02:35seulement résiste, mais en plus s'est régénéré dans ses cadres et montre sa capacité à tenir en échec les
02:41Etats-Unis.
02:41Donc c'est une démonstration de force à laquelle on a assisté hier avec l'Iran qui attaque Israël avec
02:47ce prétexte libanais d'aider son allié du Hezbollah ?
02:52Ça montre qu'effectivement le régime iranien continue d'exister.
02:57Il se renouvelle avec le nouveau guide suprême.
03:01Il n'est pas du tout accablé militairement.
03:04Donc effectivement, je pense que là on voit à la fois l'échec stratégique des Etats-Unis, le manque d
03:10'objectifs clairs,
03:11et le fait qu'ils avaient peut-être sous-estimé la capacité du régime iranien à résister,
03:17y compris cette question que posait Thomas Goma, le sujet qu'il posait à l'instant.
03:21C'est-à-dire qu'il pensait qu'en décapitant le régime, que tout allait s'effondre.
03:25Donc finalement, que ce soit sur le plan nucléaire, sur le plan de la chute du régime,
03:30aucun des objectifs stratégiques présumés des Etats-Unis n'est réuni aujourd'hui.
03:34Et on va revenir bien sûr sur les conséquences de ce conflit qui dure sur Donald Trump,
03:39mais pour bien comprendre ce qui se joue en ce moment,
03:41et la façon dont le Liban est au fond le point central,
03:45puisque l'Iran lie directement les pourparlers à la situation libanaise,
03:51puisque les gardiens de la Révolution ont estimé, je cite,
03:53que les lignes rouges franchies à Gaza et au Liban équivalaient à une guerre directe,
03:56d'où cette reprise des frappes.
03:59Cette défense de l'allié libanais, c'est vraiment sincère.
04:02Comment est-ce qu'on explique que les gardiens de la Révolution lient autant que cela,
04:06le sort des pourparlers, à ce qui se joue à Beyrouth ?
04:09Il faut bien comprendre que fondamentalement,
04:11les objectifs d'Israël et des Etats-Unis sont en train de diverger.
04:16C'est-à-dire qu'Israël est dans une logique, avec Benyamin Netanyahou,
04:21de constituer un glacis et d'essayer d'étendre son influence militaire au sud de Liban,
04:27en réagissant au fond, là aussi je me réfère au 7 octobre,
04:31puisque après le 7 octobre, le Hezbollah avait frappé Israël à la suite des attaques du Hamas.
04:37Et donc pour Israël, il y a cette idée au fond d'élargir le glacis
04:41et de profiter de cette situation pour traiter le maximum de cibles militaires
04:45sans jamais se soucier de la dimension politique.
04:48Ça c'est tout à fait clair.
04:51En ce qui concerne les Etats-Unis,
04:53il y a désormais la question pour Donald Trump,
04:55comment il sort de cet impasse dans laquelle il s'est à la fois mis lui-même
05:00et probablement sous l'influence de Benyamin Netanyahou,
05:02avec des élections de mi-terme qui approchent,
05:05et avec des effets macro-économiques qui le dépassent très largement désormais.
05:09Nous avions il y a 50 jours la possibilité de passer le détroit d'Ormuz sans difficulté.
05:15Aujourd'hui il est bloqué, avec les conséquences que l'on sait sur l'économie mondiale.
05:20Alors là vous nous devancez dans l'analyse.
05:22Si on s'arrête quand même un instant sur le Liban,
05:25où les frappes israéliennes n'ont jamais cessé,
05:28on se demande pourquoi hier l'Iran intervient.
05:31Est-ce que c'est un prétexte ?
05:33Est-ce que le Liban est en train de devenir la poudrière de la région ?
05:38On voit que l'Iran ne renonce pas du tout à une projection de sa puissance dans la région.
05:43Il profite effectivement d'une dégradation générale.
05:46Chaque côté est fondamentalement opposé.
05:48C'est-à-dire qu'en effet Israël cherche à s'occuper du problème de Hezbollah.
05:53Mais l'Iran, aujourd'hui qui n'est pas suffisamment affaibli militairement,
05:57et d'ailleurs ni politiquement,
05:58c'est-à-dire que le régime se maintient,
06:00il y a un climat de peur dans la société iranienne,
06:03donc il n'y a pas du tout de perspective de renversement de régime aujourd'hui.
06:06On voit que l'Iran ne renonce pas non plus à cette projection via ses proxys.
06:11Et d'autant plus qu'on avait des outils au Yémen
06:13qui ont eux aussi dit qu'ils allaient s'aligner à la cause iranienne.
06:17C'est-à-dire que c'est une façon pour l'Iran d'envoyer un signal consistant à dire
06:20on n'est pas affaibli et on a cette capacité de continuer de se projeter
06:23avec les outils au Yémen, avec le Hezbollah au Liban.
06:26C'est une façon de ne pas renoncer justement à cette projection de puissance
06:29avec tous les stocks de munitions aujourd'hui qui ne sont pas suffisamment affaiblis
06:34et avec les proxys qui continuent de survivre.
06:38Donc en effet, c'est une possibilité de ne pas renoncer à ce pouvoir-là.
06:41Ce qui veut dire que tant que Benyamin Netanyahou continuera son offensive au Liban
06:46la menace persistera de la part de l'Iran.
06:50Et ce qui est intéressant dans ce à quoi on assiste
06:54c'est ce qui se joue entre Benyamin Netanyahou et Donald Trump.
06:58Le Premier ministre israélien s'est affranchi des demandes du président américain
07:02il a attaqué Beyrouth, il a répliqué à l'Iran alors que Trump lui demandait publiquement
07:07de ne pas le faire. Qu'est-ce qui est en train de se passer entre les deux ?
07:10On comprend qu'ils ont une stratégie divergente
07:13mais les mots sont de plus en plus forts.
07:15Qu'est-ce qui se passe là ? On assiste à un divorce ?
07:19C'est une relation extrêmement complexe
07:21et qui remonte là aussi dans le temps
07:24puisque souvenez-vous en fait
07:26Benyamin Netanyahou avait déjà essayé
07:28de convaincre Donald Trump lors de son premier mandat
07:31entre 2016 et 2020
07:33d'intervenir contre l'Iran.
07:34En fait, le projet politique de Benyamin Netanyahou
07:38c'est la guerre contre l'Iran.
07:40C'est au fond ce qu'il anime depuis plusieurs décennies
07:43avec l'idée centrale qu'il faut à tout prix empêcher
07:46que l'Iran devienne puissance nucléaire.
07:48C'est la justification ultime en réalité.
07:51Et souvenez-vous également que pendant ce premier mandat
07:53Donald Trump avait refusé, avait rappelé une frappe américaine sur l'Iran.
07:59Et les choses ont changé
08:01probablement pour deux raisons principales.
08:03La première, c'est l'après 7 octobre
08:06et la capacité d'Israël à réagir
08:09et effectivement à frapper
08:11les proxys de l'Iran
08:13en étant sur cinq ou six fronts simultanément.
08:15Et le moment dans lequel nous sommes
08:17c'est au fond que les proxys se rappellent
08:18aux souvenirs d'Israël.
08:20C'est-à-dire que le Hezbollah est une force militaire
08:22mais aussi une force politique au Liban
08:24extrêmement enracinée dans la population
08:26du Sud-Liban.
08:28La situation à Gaza n'est absolument pas
08:31réglée.
08:31Et la deuxième raison, c'est que
08:34Donald Trump a probablement été
08:36emporté par son succès
08:38je mets des guillemets
08:39au Venezuela.
08:40C'est-à-dire que c'est une opération militaire
08:42de grand style réussi.
08:43Voilà, on prend un dirigeant
08:44qu'on n'aime pas, on le met dans une prison
08:46à New York.
08:47Et donc il a pensé, probablement,
08:50vos collègues du New York Times
08:50ont expliqué ça,
08:52c'est qu'il s'est laissé convaincre
08:54au début février
08:54que frapper l'Iran
08:56c'était la manière de faire tout un régime.
08:58Simplement, Thomas Gomart,
08:59et là encore je sollicite votre expertise
09:00dans les relations internationales.
09:01Ces dernières décennies,
09:03un des fondamentaux
09:04de la politique
09:06internationale,
09:06c'était non seulement l'alliance
09:07entre les Etats-Unis
09:08et Israël
09:09et le fait que,
09:10en toute logique,
09:11Israël ne pouvait pas dévier
09:13de ce que lui demandaient
09:14les Etats-Unis.
09:14On l'a vu autour
09:15au moment des conflits
09:16à la fin du XXe siècle.
09:18Là, cette règle-là,
09:19elle est en train
09:19de s'effacer.
09:22Oui, ce qui est intéressant,
09:24c'est effectivement
09:25les deux pressions
09:26assez parallèles
09:28auxquelles font face
09:29les deux dirigeants.
09:30C'est-à-dire que,
09:30dans un côté,
09:31Benjamin Netanyahou,
09:33il tient beaucoup de crédibilité
09:35à sa capacité
09:36à influer
09:36sur le président américain.
09:38C'est une façon
09:38de montrer sa force politique,
09:40sa crédibilité,
09:41donc sa réputation
09:42en quelque sorte se joue
09:43sur cette capacité
09:44d'influence-là.
09:45Et de l'autre côté,
09:46en effet,
09:47on voit un Donald Trump
09:48également
09:48qui aujourd'hui
09:49est questionné
09:50sur sa capacité
09:51à tenir son allié israélien.
09:53C'est une faiblesse pour lui.
09:54C'est une faiblesse.
09:55Et en fait,
09:56ce qui est très intéressant,
09:56c'est que chacun est face
09:57à ses propres enjeux
09:58électoraux internes
10:00avec des pressions
10:01pour Netanyahou
10:02qui viennent de la droite
10:03qui lui dit
10:04qu'il faut quand même
10:04raisonner le président
10:05des États-Unis,
10:06il faut montrer sa force.
10:07Et puis aux États-Unis,
10:09même de la droite
10:09de Donald Trump
10:10qui résistent à cette guerre.
10:12Et ce qui est très intéressant,
10:13ce qui est en train
10:14de se passer aux États-Unis
10:15démographiquement,
10:16je trouve que c'est
10:16absolument passionnant
10:17parce que vraiment,
10:18c'est un effet générationnel.
10:20C'est-à-dire qu'on est en train
10:21d'enregistrer pour la première fois
10:23une majorité
10:23de l'opinion publique américaine
10:25qui soutiennent moins Israël
10:26et d'ailleurs peut-être plus
10:27les palestiniennes
10:28pour des raisons morales.
10:29Donc en fait,
10:30on voit qu'il y a
10:31des impatiences électorales
10:34des deux côtés
10:34qui mettent les deux dirigeants
10:36dans des circonstances
10:38parallèles
10:39mais en même temps
10:40divergents.
10:40Est-ce que c'est comme ça
10:41qu'il faut lire
10:42les propos que Trump
10:44lui-même
10:44a laissés fuiter
10:46d'une discussion
10:48orageuse
10:48avec Netanyahou ?
10:49Il lui dit
10:50t'es un putain de cinglé
10:51sans moi
10:51tu seras en prison
10:52je te sauve les fesses
10:53tout le monde te déteste
10:54tout le monde déteste Israël
10:55à cause de ça ?
10:57Vous avez effectivement
10:58une évolution
10:59de la base politique
11:01de Donald Trump
11:02dans le sens
11:02d'une hostilité à Israël
11:04parce qu'en fait
11:05la base MAGA
11:06a élu
11:07Donald Trump
11:08pour qu'il cesse
11:09ses interventions militaires.
11:10En réalité,
11:11son deuxième mandat
11:12est une succession
11:13d'interventions militaires
11:14et de plus en plus
11:15les jours passants
11:16d'impasses
11:17pour les Etats-Unis.
11:18Ensuite,
11:19il y a une deuxième dimension
11:19c'est aussi la compréhension
11:20très fine
11:21que Benjamin Netanyahou
11:23a du système américain.
11:24C'est-à-dire qu'il faut rappeler
11:25qu'il a renoncé
11:28Il a fait ses études
11:29mais il a renoncé
11:30à sa citoyenneté américaine
11:31lorsqu'il a rejoint
11:32le service diplomatique israélien.
11:34Il a été ambassadeur
11:35aux Nations Unies
11:36et donc il a une compréhension
11:39du fonctionnement
11:40des Etats-Unis
11:40extrêmement intime.
11:41Et de la psyché
11:42de Donald Trump.
11:42Et probablement
11:43de la psyché
11:44de Donald Trump.
11:45Alors ce sont
11:45des échanges
11:47effectivement
11:48extrêmement virils
11:51tels qu'ils nous sont rapportés.
11:52Et cette nuit encore
11:54Trump confie
11:54au site d'information
11:56Axios
11:57qu'il a dit
11:57à Netanyahou
11:58là dans les heures
11:59qu'on vient de vivre
12:00Bibi tu devrais faire attention
12:02tu vas très bientôt
12:02te retrouver tout seul.
12:04C'est-à-dire que
12:05effectivement
12:05l'impression
12:07d'isolement d'Israël
12:09sur la scène internationale
12:09n'a jamais été aussi fort.
12:11C'est-à-dire qu'on a
12:12un soutien
12:13vous le rappeliez
12:14Benjamin Duhamel
12:15traditionnel
12:16des Etats-Unis à Israël
12:17mais qui est en train
12:18à me le rappeler
12:19de s'effriter
12:19je dirais presque sociologiquement
12:21et en même temps
12:22encore une fois
12:23des intérêts immédiats
12:25qui divergent.
12:25Mais est-ce que Netanyahou
12:27peut perdre
12:28le soutien
12:29de son allié américain ?
12:31Oui alors
12:31vous avez des cordes de rappel
12:32une des grandes questions
12:34ça va être l'accord
12:35à venir
12:35qui doit être voté
12:36à la fin de l'année
12:37pour la coopération militaire
12:39entre les Etats-Unis
12:40et Israël
12:41qui pourrait être
12:41remis en cause
12:42et qui est évidemment
12:44extrêmement important
12:45pour Israël
12:45parce qu'Israël
12:46bénéficie toujours
12:48de la technologie
12:49la plus avancée
12:50des systèmes d'armes
12:51qu'il parvient
12:52à importer
12:53et donc ça
12:54c'est peut-être
12:54le sujet à observer
12:56sur la réalité
12:57et la profondeur
12:58de cette divergence.
12:59Et Miguel
12:59ce serait un tournant ?
13:02Potentiellement
13:02en tout cas
13:03ce qui est le tournant
13:04c'est le constat
13:04par Israël
13:05en effet
13:06qui se retrouve
13:06de plus en plus en dehors
13:08c'est-à-dire que
13:08les Etats-Unis
13:09aujourd'hui
13:09excluent les Israéliens
13:10des négociations
13:12avec l'Iran
13:12ils comprennent
13:13que le sens des vagues
13:14est en train de changer
13:15politiquement aux Etats-Unis
13:16je ne crois pas
13:17tout à fait
13:18à l'idée du divorce
13:19mais à cette réalisation
13:21de la part des Israéliens
13:23qu'il faut commencer
13:23à faire
13:24ce que font
13:25d'autres alliés
13:25d'ailleurs des Etats-Unis
13:26du hedging
13:27mitiger le risque
13:28et commencer à se préparer
13:29à s'autonomiser davantage
13:31face à la perte.
13:33Est-ce que cette autonomisation
13:34elle est possible
13:35du point de vue militaire ?
13:36Parce qu'on sait
13:36que dans l'alliance
13:37qu'il y a entre les deux pays
13:37il y a aussi
13:38une très grande dépendance
13:40de l'Etat d'Israël
13:41aux ventes d'armes américaines
13:44est-ce que c'est imaginable
13:45qu'Israël se passe
13:47de ce soutien américain
13:49Thomas Gomart ?
13:49En termes militaires
13:50tout dépend
13:51de la tolérance aux pertes
13:54et donc
13:54vous vous battez différemment
13:56selon le niveau
13:57de technologie
13:58dont vous bénéficiez
13:59mais ce que montre
14:00Israël
14:01c'est une armée
14:01de conscription
14:02c'est sa capacité
14:03à rester mobilisée
14:04depuis octobre 2023
14:06en menant
14:08simultanément
14:09des opérations
14:10sur plusieurs fronts
14:10et la détermination
14:12à mon avis israélienne
14:13va au-delà
14:14du soutien
14:15à Benjamin Netanyahou
14:16même si son maintien
14:17au pouvoir
14:18s'explique aussi
14:19par cette aide-à-de-guerre permanente
14:20qui l'entretient
14:21mais fondamentalement
14:23Israël à mon avis
14:24comprend très bien
14:25que de plus en plus
14:26ça a toujours été au fond
14:28sa ligne depuis 1947
14:29c'est qu'il faut compter
14:31évidemment sur le soutien américain
14:32mais aussi
14:32le plus souvent
14:33sur soi-même
14:34Il faut qu'on essaie
14:35de comprendre
14:35Thomas Gomart et Migrine
14:36ce qui se joue aussi
14:37par rapport au fond
14:38de cet accord
14:40ce potentiel accord de paix
14:41puisque Donald Trump
14:42ne cesse de répéter
14:43depuis deux semaines
14:43qu'un accord est proche
14:45il l'a encore dit
14:46ce matin
14:48il dit aussi
14:49sous réserve
14:50ces négociations de paix
14:51vont se poursuivre
14:51sous réserve
14:52que l'ignorance
14:52ou la stupidité
14:53ne viennent pas
14:54s'y opposer
14:55et on voit bien
14:56qu'il y a de la fébrilité
14:57avant un certain nombre
14:58d'échéances
14:58la coupe du monde
14:59les 250 ans
15:00de l'indépendance
15:01est-ce qu'on peut croire
15:03à Migrine
15:03à la possibilité
15:04d'un accord de paix
15:05à court terme ?
15:06C'est une difficulté
15:07avec la méthode Trump
15:08c'est d'annoncer
15:10des promesses d'accord
15:12mais cette promesse
15:14en fait finalement
15:14dure 100 jours
15:15Donald Trump a indiqué
15:17que la guerre
15:18sera terminée
15:18assez rapidement
15:19au bout de quelques semaines
15:20seulement
15:21aujourd'hui
15:22il parle d'un accord
15:22sur l'uranium
15:24mais en disant aussi
15:25que les Etats-Unis
15:26sont tout à fait prêts
15:27à engager le militaire
15:28pour aller chercher
15:29l'uranium
15:29faute d'accord
15:31il parle de l'ouverture
15:33du détroit d'Hormuz
15:34qui a été effectivement
15:35ouvert et utilisable
15:36avant cette guerre
15:37donc en réalité
15:38on a très très peu
15:39de visibilité
15:39sur ce qui se passe
15:40en huis clos
15:41dans ces négociations-là
15:42et la difficulté
15:43avec le fait
15:44de ne pas avoir
15:44fixé d'objectifs
15:46ni communiquer
15:47vraiment de cap stratégique
15:49pour cette guerre
15:50pour justifier
15:50cette guerre en amont
15:51C'est qu'on a du mal
15:51à savoir
15:51quels sont les points
15:52d'achoppement
15:52de cet accord
15:53C'est très difficile
15:54de comprendre
15:55en fait
15:55qu'est-ce qui constitue
15:56une victoire
15:57Aujourd'hui
15:57Donald Trump
15:58est dans une impasse stratégique
15:59il est face
16:00aux contraintes
16:01et à la reconnaissance
16:02que la puissance militaire
16:03américaine
16:04ne suffit pas
16:06pour éliminer
16:06la menace iranienne
16:08et comme est l'habitude
16:09de Donald Trump
16:10il dit
16:10si ça marche pas
16:11c'est pas à cause de moi
16:12c'est à cause de la stupidité
16:13des autres
16:14donc on a beaucoup
16:15de difficultés
16:16à avoir de la lisibilité
16:17et la visibilité
16:18au-delà de ce que fait fuir
16:19la mise en blanche
16:21Mais Thomas Gomart
16:21ça va se jouer sur quoi alors ?
16:22Est-ce que ça se joue
16:23effectivement sur la question
16:23de l'uranium
16:24sur la question
16:24du détroit d'Hormuz
16:26les points critiques
16:28de cet éventuel accord ?
16:30Le principal
16:31c'est effectivement Hormuz
16:32et Hormuz
16:33montre
16:35l'impréparation
16:37américaine
16:37c'est-à-dire que
16:38vous aviez
16:39des bibliothèques entières
16:40écrites sur
16:41déni d'accès à Hormuz
16:43ça s'est passé
16:44dans les années 80
16:45lors de la guerre
16:45en Irak
16:46sauf que visiblement
16:47la planification
16:48américaine
16:49ne s'est jamais dit
16:50que tiens
16:51peut-être que les Iraniens
16:52vont refaire
16:53ce qu'ils avaient fait
16:53dans les années 80
16:55et c'est ce qu'il y a
16:56de plus pressant
16:57parce qu'en réalité
16:57ça affecte directement
16:59la situation économique mondiale
17:01y compris aux Etats-Unis
17:02avec un retour de l'inflation
17:04très préjudiciable
17:06sur le plan électoral
17:07en ce qui concerne
17:08le nucléaire
17:09le paradoxe
17:10c'est que
17:11Donald Trump
17:11alors selon les bribes
17:13de ce qu'on commente
17:14et analyse
17:14au jour le jour
17:16est en train en fait
17:17de vouloir revenir
17:18à l'accord de Vienne
17:18à l'accord de Vienne
17:19dont il est sorti
17:20en 2015
17:22bon alors
17:23avec une différence
17:24de taille
17:25c'est que
17:25ce qui est évidemment
17:27très difficile à apprécier
17:28de l'extérieur
17:29c'est le degré
17:30de destruction
17:31ou de ralentissement
17:32du programme nucléaire
17:33iranien
17:34après les frappes
17:35de juin 2025
17:35et celles depuis
17:36février 2026
17:38mais ça fait des semaines
17:39qu'on répète
17:40que Trump
17:41a commis des erreurs
17:42stratégiques majeures
17:43qu'il est affaibli
17:44tout ça
17:45désormais
17:46éclate
17:47aux yeux du monde
17:48y compris
17:49aux yeux
17:49des adversaires
17:51ou des concurrents
17:52des Etats-Unis
17:52de la Chine
17:53de la Russie
17:54ça signe
17:55vraiment
17:56une forme de déclin
17:58de l'empire américain
18:00si je puis dire
18:01ça montre
18:02qu'il y a une érosion
18:03de la
18:04ça montre deux choses
18:04ça montre qu'il y a une érosion
18:05de la puissance américaine
18:07au sens où
18:07effectivement Hormuz
18:09c'est un peu comme Suez
18:10en 1956
18:10après l'opération de Suez
18:12en 1956
18:12vous avez eu un péage
18:13pour Suez
18:14je pense que pour Hormuz
18:16il faut se préparer
18:16à avoir au fond
18:18un détroit d'Hormuz
18:19qui va être beaucoup plus
18:19sous influence iranienne
18:20qu'il ne l'était avant
18:21mais constater que la première puissance
18:23militaire mondiale
18:25en termes de stratégie
18:27commet de telles erreurs
18:28c'est assez
18:29terrifiant
18:30en même temps
18:31si vous permettez
18:31juste le deuxième point
18:32c'est qu'en même temps
18:33c'est que c'est Donald Trump
18:34au sens où c'est la centralité
18:35des Etats-Unis
18:36et la capacité à modifier
18:37complètement les règles
18:38et à
18:39pas un comportement
18:40je dirais
18:40incohérent
18:41de bouleverser tout le monde
18:42et donc ça ça rappelle
18:43une forme
18:44enfin c'est pas que ça rappelle
18:45ça montre à quel point
18:46les Etats-Unis
18:47restent dans une position centrale
18:48Émigrine il nous reste peu de temps
18:50sur le plan intérieur
18:51je rappelais ces échéances
18:52la coupe du monde
18:53les 250 ans
18:54de l'indépendance
18:54des Etats-Unis
18:55à l'automne prochain
18:56les élections de mid-terme
18:57ça Donald Trump
18:58il va le payer
18:59au prix fort
19:00dans les urnes
19:02cette instabilité
19:03et ces stratégies
19:05erratiques
19:06c'est fort probable
19:07les américains
19:08ils sont sensibles
19:09à plusieurs choses
19:10évidemment
19:10c'est la promesse économique
19:11aujourd'hui
19:12ils se font
19:13ils font face
19:14à une situation
19:14d'empirement économique
19:15qui a été vraiment
19:17exacerbée
19:17par cette intervention
19:18pas du tout nécessaire
19:19en Iran
19:20ils le vivent comme ça
19:21une très grande majorité
19:23aux alentours de 70%
19:24de l'opinion publique américaine
19:25considèrent que la situation
19:27économique s'est dégradée
19:28depuis le retour
19:28au pouvoir de Donald Trump
19:29alors que c'était
19:30le principal engagement
19:31de campagne de Donald Trump
19:32effectivement
19:32c'était le principal engagement
19:34et ce mécontentement
19:36pénètre jusque dans sa base électorale
19:38qui reste quand même
19:39soudée derrière lui
19:39il y a une autre chose
19:41à laquelle les américains
19:42sont sensibles
19:43c'est la question
19:44de la perception
19:45de la compétence
19:46à l'international
19:46alors les élections
19:48de mi-mandat
19:48ne vont pas du tout
19:49se jouer sur
19:50l'image des Etats-Unis
19:52dans le monde
19:53mais en revanche
19:54l'attachement
19:55à l'excellence militaire
19:56à la figure du vétéran
19:58est quelque chose
19:59de très important
20:00dans le psyché américain
20:01et le fait
20:02de se sentir humilié
20:04déclassé
20:06relégué presque
20:07au second plan
20:07stratégiquement
20:08sur la scène internationale
20:10n'est pas
20:10un argument électoral
20:12et médian
20:12mais c'est en tout cas
20:13un sujet
20:14sur le cas
20:15des américains
20:15sont particulièrement
20:16sensibles
20:16c'est quelque chose
20:17qui va peser
20:18sur l'imaginaire
20:20collectif américain
20:21tout à fait
20:22au-delà des élections
20:23de mi-mandat
20:23tout à fait
20:24mais c'est surtout
20:24la question économique
20:25avec la hausse des prix
20:26de carburant
20:27la hausse des prix
20:28d'alimentation
20:29et tout autre
20:30qui était déjà écrasant
20:31pour une grande majorité
20:32d'américains
20:33aujourd'hui
20:33sans pire
20:34de façon nette et claire
20:35bon merci beaucoup
20:36tous les deux
20:38d'avoir fait ce point
20:39avec nous ce matin
20:40on n'en a pas terminé
20:41évidemment
20:42avec ce conflit
20:43du Moyen-Orient
20:44et toute cette
20:45cette analyse
20:47géostratégique
20:47mouvante
20:48au fil des
20:49des semaines
20:50merci d'avoir été
20:51au micro de France Inter
20:52ce matin
20:52merci d'avoir regardé
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