00:007h50 et Benjamin Duhamel, vous recevez le maire de Saint-Ouen.
00:03Bonjour Karim Bouamran.
00:04Bonjour M. Duhamel.
00:05Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:07On va bien sûr parler de l'onde de choc après la mort de la petite Liana.
00:11Mais d'abord, à moins d'un an de l'élection présidentielle,
00:13il faut s'armer de patience et d'envie pour comprendre ce qui se passe
00:16du côté de ce qu'on appelle la gauche non-mélenchoniste,
00:18entre primaire, double primaire, multiplication des candidatures.
00:22D'où cette question, Karim Bouamran, au service de qui ou de quoi
00:25allez-vous mettre votre voix en vue de 2027 ?
00:28De moi-même.
00:30Moi, Karim Bouamran, je suis candidat pour les prochaines élections présidentielles.
00:33Je suis candidat parce que depuis que je suis en responsabilité,
00:36j'ai pris conscience de notre force.
00:38J'ai pris conscience que nous étions majoritaires.
00:40Majoritaires à vouloir une France humaine, une France forte.
00:43Une France qui protège, une France qui sécurise.
00:46Une France qui donne la possibilité à chacune et chacun de pouvoir se soigner,
00:50pouvoir se loger et surtout pouvoir bénéficier d'une éducation de qualité
00:53à pouvoir démocratiser l'excellence, à péter ce que j'appelle la reproduction systématique
00:59des inégalités sociales.
01:01D'accord, ça c'est pour des...
01:02Une France souveraine.
01:04Juste ça, Karim Bouamran, il y a des slogans et vous êtes...
01:06Ce n'est pas des slogans.
01:07Ce n'est pas des slogans, ce n'est pas des slogans.
01:09C'est des principes qui font que je suis candidat pour être le prochain président de la République.
01:15Aujourd'hui, ce ne sont pas des slogans.
01:18Lorsqu'on voit le sujet, il y en a un, le problème de la sécurité,
01:22le problème de la protection, je pense notamment aux enfants,
01:25je pense aux femmes.
01:27Lorsqu'on parle de problème de pouvoir d'achat,
01:30lorsqu'on parle de souveraineté, que ce soit sur le plan industriel,
01:33sur le plan militaire, sur le plan technologique,
01:34ce ne sont pas des slogans.
01:35Alors, on va parler du fond de votre candidature,
01:38mais simplement pour nos auditeurs, je vais rappeler ceux qui à gauche sont candidats
01:41ou quasi-candidats.
01:42Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve, Jérôme Guelch,
01:44François Ruffin, Mathieu Pigasse et encore, j'aurais pu allonger cette liste.
01:48Est-ce qu'il n'y a pas, pardon, mais quelque chose d'un peu ridicule
01:50à rajouter encore une candidature ?
01:51Ridicule ? Ridicule ?
01:54Je suis en train de vous parler d'une candidature qui est ancrée dans le réel.
01:58Moi, le matin, quand je suis à Saint-Ouen,
02:01ou quand je suis dans les Cévennes, ou quand je suis à 5A,
02:03ou quand je suis dans les territoires d'outre-mer,
02:06on ne parle pas de primaire, on ne parle pas de multitude de candidatures,
02:09on parle de capacité à pouvoir se loger, on parle de dignité,
02:12on me parle de pouvoir bénéficier d'un pouvoir qui sécurise, qui protège.
02:17Mais Karim Bovrall, je ne doute pas qu'on vous parle de ça,
02:20mais quand sur la ligne de départ, il y a autant de candidats, qu'est-ce que...
02:23Qui est candidat ?
02:23Qui est candidat ?
02:24Je viens de vous les citer.
02:27Raphaël Glucksmann n'est pas candidat.
02:28Ah bon ?
02:29Il se prépare, il s'échauffe, mais il n'est pas encore candidat.
02:32Je suis candidat.
02:33Je suis la candidature qui fédère.
02:36Je suis la candidature ancrée dans le réel.
02:39Je suis la candidature qui refuse fermement
02:44cette espèce de résignation qui consiste à nous dire
02:47« Écoutez, il y a une fatalité à accepter que lorsqu'on est musulman comme moi,
02:51ou immigré, on est automatiquement associé à l'insécurité, à l'islamisme. »
02:58Je refuse, je refuse cette offre politique qui consiste à nous monter les uns contre les autres,
03:03à faire en sorte que le juif soit le responsable des principaux mots.
03:08Faire en sorte que lorsqu'on est français d'origine musulmane, soit on est antisémite,
03:15soit on est dans une logique de se dire « Écoutez, si jamais on est républicain,
03:20on est forcément pro Netanyahou et islamophobe. »
03:25Je parle de deux offres politiques qui actuellement font fleurès,
03:29et on nous considère comme une fatalité.
03:31Celle de Bardella et celle de Jean-Luc Mélenchon.
03:33Parce que, voyez-vous, monsieur Duhamel, pour moi c'est pareil.
03:37C'est pareil.
03:37Ah c'est pareil, vous voulez renvoyer dos à dos ?
03:39Dos à dos.
03:39Et je ne renoncerai pas.
03:41Et je refuse cette espèce de doxa qui consiste à nous faire croire qu'il y a une fatalité.
03:47Moi, je pars du principe qu'il y a une France humaine, il y a une France forte,
03:51qui est majoritaire, et nous sommes forts.
03:54Et nous sommes prêts.
03:55Pour ceux qui nous écoutent ce matin, ils se disent peut-être que Karim Bouamran,
03:58qui n'a pas une notoriété, sait pas vous faire offense immense,
04:00il fait ça pour un tour de piste, pour être invité dans les médias.
04:04Vous êtes vraiment candidat pour être président d'Apuy ?
04:07Vous vous imaginez dans le bureau ovale face à Donald Trump
04:09pour discuter avec Vladimir Poutine ?
04:11Pour paraphraser Marlo Brando, qu'est-ce que j'ai fait pour qu'on manque autant de respect ?
04:15Mais qui manque de respect à qui ?
04:17Quand M. Castex arrive, il est maire, il est Premier ministre,
04:20on ne lui dit pas vous n'êtes pas connus.
04:22Quand Édouard Philippe, qui est maire du Havre, il arrive, il est Premier ministre,
04:25on ne lui dit pas t'es pas connu.
04:26J'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné,
04:30j'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné, j'ai gagné.
04:33Alors donc, ça aussi, c'est typique franco-français.
04:37Il faut avoir fait pour pouvoir exercer la fonction.
04:40Dans ce cas-là, M. Hollande n'aurait jamais pu être président.
04:43Dans ce cas-là, M. Macron n'aurait jamais pu être président.
04:45J'ai gagné sur une ligne claire, j'ai démantelé le trafic de drogue dans ma commune.
04:51Je sais ce que c'est la réalité.
04:52J'ai lutté, je lutte chaque jour contre le logement insalubre.
04:56Je sais ce que c'est le logement.
04:57Donc vous vous imaginez dans le bureau ovale face à Donald Trump ?
04:59Je m'imagine, dans le bureau ovale face à Donald Trump, je m'imagine répondre aux enjeux de notre pays,
05:07sur le plan de la souveraineté, que ce soit militaire, l'investissement au niveau de l'État.
05:11Dominique Seul a évoqué les sujets de démographie qui sont un gros problème.
05:15Travailler avec les États africains qui concentrent plus de 50% de notre jeunesse.
05:20Faire en sorte qu'on réponde aux enjeux environnementaux, lutter contre le réchauffement de la planète.
05:26Très concrètement, quand vous voyez nos enfants qui subissent le réchauffement de la planète,
05:30pas plus tard qu'hier, j'étais avec des parents d'élèves, parce que oui, il y a des pics
05:33de chaleur.
05:33C'est ça la réalité.
05:35Je suis ancré dans le réel.
05:36Je suis ancré dans la vraie vie.
05:37Pour parler de la vraie vie, on va dire...
05:39Et ce n'est pas du tout une déclaration de témoignage.
05:42C'est une déclaration qui fédère et qui rassemble.
05:44Donc ça veut dire, très rapidement, vous ne passez pas par une primaire,
05:47il y aura un bulletin, quoi qu'il arrive, Karim Bouamran, en avril 2027.
05:51Vous êtes ancré dans le réel, M. Duhamel.
05:53Quand vous êtes au marché ou quand vous vous promenez, on ne vous parle pas de primaire.
05:58On vous parle de quoi ? On vous parle de place en crèche.
06:00Moi, je ne suis pas candidat à grand-chose, mais je...
06:02Non, mais je suis en train de parler du réel.
06:03On vous parle de sécurité, on vous parle de protéger nos enfants.
06:06Donc il y aura un bulletin Karim Bouamran, quoi qu'il arrive ?
06:08Je ferai tout en sorte pour qu'il y ait un bulletin Karim Bouamran
06:11et que le bulletin Karim Bouamran gagne et qu'on ne soit pas résolu à cette espèce de dilemme.
06:16On a accepté cette fatalité, Bardella, Mélenchon.
06:20Alors, il nous fait une espèce de démonstration de force.
06:24Comme je dis souvent, c'est l'Atletico de Madrid.
06:26À chaque fois, il est en...
06:27Il n'y a pas grand monde à gauche qui est capable de rassembler autant de gens
06:29que lui ne l'a fait dimanche à Saint-Denis.
06:31D'accord. Est-ce que vous avez des candidatures à gauche qui expriment une détermination,
06:35qui expriment une volonté ?
06:36On s'échauffe, on dit, on parle de primaire, de la primaire, de la primaire.
06:39Je suis prêt, nous sommes prêts.
06:41Bien. Et on vous entend. Parlons du réel, puisque c'est ce que vous évoquez.
06:45On a vu hier soir, Karim Bouamran, des manifestations un peu partout en France,
06:48notamment devant le ministère de la Justice, Place Vendôme,
06:50pour dénoncer les dysfonctionnements qui ont conduit à la mort de la petite Liana.
06:54Très concrètement, au-delà, là encore, des pétitions de principe,
06:58vous, candidat, qu'est-ce que vous proposez pour que ce genre de dysfonctionnement ne se reproduise plus ?
07:03Vous avez reçu hier le juge Durand.
07:05Ça fait depuis trois ans qu'on travaille avec lui à Saint-Ouen.
07:08160 000 enfants.
07:09C'est trop. Trois enfants par classe.
07:1180% des violences sexuelles, sexistes, incestueuses, sont dans la sphère familiale.
07:16Il faut chasser tous les prédateurs.
07:19Et comment faire ?
07:20A Saint-Ouen, déjà, j'ai mis en place un principe,
07:22qui est le principe de précaution.
07:24Dès qu'il y a un doute, un doute,
07:27la personne concernée, lorsqu'elle est un agent, elle est suspendue.
07:31Ça va à l'encontre de la présomption d'innocence,
07:33qui est un de mes principes cardinaux.
07:38Sanctuariser la voix de l'enfant.
07:41Sanctuariser.
07:43Sanctuariser systématiquement la voix de l'enfant lorsqu'il parle.
07:47Lorsqu'un enfant parle, ce n'est pas innocent.
07:48Ensuite, former les éducatrices et les éducateurs.
07:51Pas uniquement sur le périscolaire,
07:53aussi sur la sphère culturelle, la sphère sportive.
07:56Former les parents.
07:57Et les parents, moi qui suis parent de trois enfants,
08:02on n'a pas été formés.
08:04Mais là, dans le cas d'espèce de la petite Liana,
08:05c'est un problème.
08:06Attendez, attendez, attendez,
08:07jusqu'à un moment si je peux juste poser une question.
08:09Dans le cadre de l'affaire Liana,
08:10c'est un problème de magistrat,
08:12c'est un problème de justice.
08:13Qu'on pose la question soit des moyens,
08:14soit de la célérité, de la façon dont elle a agi.
08:17Il y a évidemment aussi un sujet de recueil de la parole de l'enfant.
08:20Mais pour ce qui est de la réforme de la justice,
08:23plus de moyens au niveau des magistrats.
08:25On est l'un des pays d'Europe
08:28qui a le nombre de magistrats le plus faible.
08:32Est-ce qu'aujourd'hui,
08:33on peut se dire qu'une France est humaine
08:36si elle ne protège pas les plus faibles,
08:37à savoir les enfants et les mères ?
08:40Est-ce qu'aujourd'hui,
08:42on peut accepter qu'il y ait des dysfonctionnements systémiques ?
08:45Est-ce qu'aujourd'hui,
08:46on peut accepter qu'on ait un nombre de greffiers,
08:49de magistrats aussi faibles ?
08:51Aujourd'hui, on mesure la hauteur d'une civilisation,
08:54d'un pays, d'une république,
08:55avec la façon et l'investissement
08:58qu'on porte pour ceux qui sont plus fragiles
09:00et le plus exposés à la violence.
09:01Ce sont les enfants et les femmes.
09:03D'un mot, Karim Bouamane,
09:04il peut rester garde des sceaux, Gérald Darmanin ?
09:06Écoutez, ça sera à lui d'en juger.
09:09Il va y avoir une enquête administrative.
09:10Et ça sera à nous tous de regarder
09:12quelles étaient les responsabilités respectives.
09:14Merci beaucoup, Karim Bouamane,
09:16qui est donc candidat pour gagner.
09:18Merci.
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