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Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Jean-Philippe Tanguy.
00:03Bonjour à vous.
00:04Bonjour madame.
00:05Les RN de la Somme, des milliers de Français ont manifesté hier devant les palais de justice, devant les tribunaux,
00:10pour dire leur colère face au dysfonctionnement de la justice qui ont mené à la mort tragique de Liana.
00:1611 ans, est-ce que vous étiez dans ces cortèges ? Est-ce que vous avez manifesté ?
00:18Non, nous ne souhaitions pas manifester, je pense que c'est une manifestation.
00:22C'est une cause importante ?
00:22Oui, bien sûr, mais c'était un émoi populaire.
00:24Moi, je peux témoigner dans ma circonscription de l'immense chagrin des Français qui soutiennent la famille,
00:29à qui on pense encore, aux proches, aux habitants, qui sont légitimement en colère, effectivement,
00:36face à cette tragédie qui aurait pu et qui aurait dû être évitée.
00:40C'est-à-dire que chaque jour qu'il passe, les révélations qui sont faites démontrent que ce monsieur n
00:45'aurait jamais dû être dans la nature
00:46et il aurait dû être interpellé depuis longtemps.
00:48Est-ce qu'il y a un terme différent, Jean-Philippe Tanguy ?
00:49Et qu'est-ce que le RN propose dans son programme ?
00:52Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose sur ce qui concerne la justice.
00:55Qu'est-ce que vous proposez pour que plus jamais ça ?
00:57Mais contrairement à ce qu'a dit M. Macron, avec des déclarations qui m'ont beaucoup choqué,
01:02il y a un problème énorme de moyens.
01:04La justice française est pauvre.
01:07On reviendra sur la responsabilité des magistes.
01:09Depuis 20 ans ou 30 ans, on est d'accord.
01:10Absolument, mais c'est pour ça.
01:11Que la responsabilité d'Emmanuel Macron ?
01:13Oui, mais enfin, c'est quand même 10 ans, madame, presque, de pouvoir.
01:165 ans avec aussi des responsabilités au ministère de l'économie et du budget.
01:20Puis c'est une philosophie générale, on y reviendra.
01:22Mais les moyens, il faut quand même en avoir conscience.
01:24Parce que j'ai vu beaucoup d'hommes et de femmes politiques se défausser sur les magistrats.
01:28Ils ont une part de responsabilité.
01:30On pourra y revenir.
01:31Vous n'accablez pas les magistrats dans leur entreprise.
01:33Non, parce que c'est trop facile, si vous voulez.
01:34C'est trop facile.
01:35La justice française est pauvre.
01:36Notre voisin, l'Allemagne, consacre encore quasiment le double.
01:39140 euros par habitant.
01:40Nous, 80 euros par habitant à la justice.
01:43On a trois fois moins de procureurs que la moyenne européenne.
01:46Deux fois moins de juges que la moyenne européenne.
01:49Et les moyens d'investigation sont très faibles.
01:51Hier, un rapport a été rendu public de l'été 2022,
01:56commandé par la CIVIS, qui est la commission spécialisée
01:59sur les violences sexuelles et les incestes.
02:02Et ce rapport est très clair.
02:03Les enquêteurs n'ont pas de moyens.
02:05Vous avez un classement des dossiers qui peut varier de 50 à 84 %.
02:10Je ne sais pas si on se rend compte.
02:1084 % des dossiers, vous emmenez votre enfant qui a subi
02:14et qui veut témoigner, qu'elle a le courage de témoigner
02:16des violences qu'il a subies.
02:17Il témoigne.
02:18Et la parole de cet enfant n'est pas crue ou est classée sans suite.
02:21Dans 84 % des cas, on a appris qu'à Valenciennes...
02:24Évidemment, par manque de moyens.
02:26On a appris par exemple qu'à Valenciennes,
02:28vous avez 900...
02:29Pour la seule juridiction de Valenciennes,
02:31vous avez 900 plaintes sur violences sexuelles contre les enfants
02:34qui sont en attente de traitement.
02:36Comment voulez-vous que les policiers le fassent ?
02:38Dans ce rapport, c'est très important, il y a de l'humain.
02:40Ça parle de la condition, des conditions de travail
02:43et des ressources des enquêteurs.
02:44Vous êtes policier, vous êtes gendarme.
02:46Mettez-nous à leur place.
02:47Vous devez traiter toute la journée des violences contre les enfants.
02:50Vous devez vérifier le contenu d'ordinateur
02:53avec des contenus pédocriminels épouvantables.
02:56Imaginez les conséquences sur la vie.
02:57Pareil pour les magistrats.
02:59Comme les magistrats, s'ils sont débordés,
03:01comment voulez-vous supporter une telle charge,
03:03une telle responsabilité ?
03:04Donc pas de bouc émissaire aujourd'hui.
03:05Vous ne cherchez pas de bouc émissaire du côté des magistrats.
03:09Non, mais c'est qu'on ne peut pas ne pas donner les moyens
03:11et après accabler quelqu'un
03:14qui n'a pas eu les moyens de l'enquête.
03:17Même si la responsabilité des magistrats,
03:18aucune profession ne doit être surprotégée.
03:21L'indépendance de la justice est tellement précieuse
03:23qu'elle doit donner lieu à un grand sens des responsabilités.
03:26Mais c'est trop facile de venir dire
03:27qu'on a tout bien fait
03:29et il y a des moyens qui vont avec.
03:32Depuis MeToo,
03:33moi j'étais un des rares hommes politiques à droite
03:35parce que malheureusement on n'a pas été nombreux,
03:37à soutenir, en tout cas entendre le mouvement MeToo
03:40parce que moi dans ma vie,
03:41j'ai assisté à des choses absolument épouvantables.
03:43Et effectivement, il y avait une minimisation de la parole
03:45des victimes de violences sexuelles,
03:47aussi bien des femmes que des enfants.
03:49Donc les plaintes ont considérablement augmenté
03:52de plus de 130% sur 10 ans.
03:55Les moyens n'ont pas suivi.
03:56Alors on ne peut pas appeler publiquement
03:57sur tous les plateaux télé les victimes
03:59à se faire connaître
04:00et ensuite ne pas donner les moyens
04:01pour que cette parole non seulement soit entendue, respectée,
04:04mais surtout qu'elle donne lieu
04:05évidemment à un traitement pénal.
04:07Ma question était, Jean-Philippe Tanguy,
04:09que propose le RN ?
04:10Combien de magistrats voulez-vous en plus ?
04:12Il y en a environ 8 000 aujourd'hui dans notre pays.
04:15Combien de plus en faut-il ?
04:16Combien de procureurs ?
04:18Quels moyens comptez-vous allumer à la justice
04:20pour éviter ces dysfonctionnements ?
04:22Marine Le Pen s'est engagée sur une hausse
04:23de 50% sur un mandat.
04:25Nous en avons discuté hier
04:26et je pense que nous continuerons sur ce mouvement.
04:284 000 magistrats de plus ?
04:30Mais nous voulions doubler,
04:31notamment les juges par exemple,
04:32pour revenir sur la moyenne européenne.
04:34Je pense que cette promesse tient toujours.
04:36Mais il y a aussi un...
04:37Il faut 5-6 ans pour former un maillot.
04:38Absolument.
04:39Mais c'est pour ça qu'on n'avait pas dit
04:41qu'on venait des promesses irréalistes.
04:42Nous n'avons pas dit, par exemple,
04:44nous pouvions tripler le nombre de procureurs
04:45comme il faudrait le faire pour être dans la moyenne européenne.
04:48Évidemment, Marine Le Pen est avocate,
04:49elle connaît bien les temps de formation,
04:51les réalités de la justice.
04:53Mais il faut tenir,
04:53dans les économies qu'il faut faire sur tant de secteurs,
04:55il faut tenir sur le secteur de la justice
04:58et puis aussi hors inflation.
05:00Parce que, Madame Ferreira,
05:01vous suivez ici l'actualité,
05:02vous connaissez à quel point l'inflation
05:03a dévoré nombre de budgets.
05:05Il faut tenir ça hors inflation.
05:07Sinon, ce sont des promesses en l'air.
05:08Oui, sinon, ce sont des promesses en l'air.
05:10Si vous dites qu'on augmente de 200 le budget
05:13et que vous avez 30 qui est pris sur l'inflation,
05:16ce sont des promesses en l'air.
05:17Donc, il faut aussi être de bonne foi sur ce sujet-là,
05:20car c'est la vie des gens, évidemment.
05:22C'est la sécurité de nos enfants,
05:23c'est la sécurité des familles
05:25et c'est insupportable.
05:26Permettez-moi, par exemple, d'avoir un mot
05:29contre toute cette logique de déresponsabilisation
05:31qui vient souvent d'idéologie de gauche,
05:33qui explique que c'est le patriarcat,
05:35notamment le terme systémique qu'on entoie partout,
05:37comme si la société française,
05:38la civilisation française, toléraient ces violences.
05:40Ce n'est pas le cas.
05:42Les familles françaises, les pères de famille,
05:44puisqu'on parle d'eux avec le patriarcat,
05:46n'ont pas démissionné,
05:46surtout n'acceptent absolument pas ces violences,
05:48sont révoltés, sont écoeurés.
05:49Et on ne comprend pas,
05:51c'est aussi ce qui vient du terrain, évidemment,
05:53et je pense que vous le sentez bien faire,
05:54parce que je sais que vous êtes aussi sensibilisés,
05:55à juste titre, sur ces questions
05:56et que vous alertez depuis longtemps,
05:58sont écoeurés par la banalisation
06:00des violences contre les enfants.
06:01Il n'y a pas de patriarcat.
06:03Les pères de famille en France
06:04ne tolèrent pas,
06:05n'acceptent pas ces violences
06:06et c'est inadmissible de dire
06:07que c'est la faute à tout le monde.
06:09Parce que quand c'est la faute à tout le monde,
06:10Madame Ferrari, vous savez très bien
06:11que c'est le début de dire
06:12que c'est la faute de personne.
06:13Mais Jean-Philippe Tanguy,
06:14ce que disent les Français,
06:15c'est qu'il faut renverser la table.
06:16Absolument.
06:16C'est qu'il faut que le système
06:17soit refondé de A à Z.
06:19Est-ce que vous avez cette volonté ?
06:20Là, pour l'instant,
06:21dans ce que vous me dites,
06:22je ne le sens pas.
06:23Ah bon ?
06:23Écoutez, moi, j'essaie de ne pas être
06:25notamment, de rester calme.
06:27Mais comment on évite
06:27les dysfonctionnements ?
06:28Ce n'est pas une question de moyens.
06:29C'est uniquement de moyens.
06:30Je pense que c'est...
06:31La volonté politique.
06:32Oui, mais je pense que c'est avant tout
06:34quand même une question de moyens,
06:35Madame Ferrari.
06:35Et que si vous dites
06:36dans une circulaire
06:37comme l'a fait M. Darmanin,
06:38le narcotrafic est prioritaire,
06:40les violences contre les personnes
06:41sont prioritaires
06:42au sein de ces violences,
06:43les violences contre les enfants,
06:44tout est prioritaire.
06:45Donc plus rien ne l'est.
06:46Et évidemment qu'on a la volonté,
06:47Madame Ferrari.
06:48C'est juste que j'essaie,
06:49peut-être me suis mal exprimé,
06:50de ne pas faire de récupération
06:52sur un sujet aussi grave
06:54et de ne pas dire
06:55qu'il y a de formule magique.
06:55Voilà, faire des choix budgétaires,
06:57c'est peut-être moins impressionnant
06:58que de réclamer,
06:59comment dire,
07:00des mesures punitives,
07:01sauf que c'est la seule mesure
07:02de responsabilité
07:03et c'est la seule façon
07:04dans la durée
07:05de résoudre les problèmes.
07:07Et puis aussi, évidemment,
07:07ce que nous disons depuis longtemps
07:08avec Marine Le Pen
07:09et Jean-Tan Bardella,
07:10c'est évidemment aussi
07:11le fait de construire en urgence
07:13des places de prison
07:15qui permettent de mettre
07:16une politique pénale en lien
07:17parce que si les prisons
07:18sont pleines de crapules,
07:20eh bien vous ne pouvez pas,
07:21comment dire,
07:21les juges sont limités
07:22dans leur capacité
07:23à mettre en prison
07:24des gens dangereux
07:25sur les violences sexuelles et familiales.
07:26Charles Darmanin annonce
07:26qu'il a compté
07:274 000 places de prison en un an.
07:28C'est pas vrai, voilà.
07:294 000 places de prison en un an.
07:30Vous contestez le chiffre ?
07:31Oui, je conteste le chiffre.
07:33Je ne conteste pas ses déclarations,
07:34mais je conteste le chiffre.
07:35Monsieur Darmanin
07:35est dans une opération
07:37de déminage
07:37et de protection de sa personne
07:40depuis une semaine,
07:41jetant à pâture
07:41les uns et les autres.
07:42Il est au gouvernement
07:43avec d'autres depuis...
07:44Les ministres de la justice,
07:45peut-être.
07:46Il sait de quoi il parle, non ?
07:47Je ne dis pas
07:47qu'il ne sait pas
07:48de quoi il parle.
07:48Je dis que, par exemple,
07:49le rapport qui a été publié hier
07:51par vos confrères
07:52et vos consoeurs journalistes,
07:53il a été caché
07:55par Monsieur Darmanin
07:56et Monsieur Dupond-Moretti
07:57depuis 2022.
07:58Donc pourquoi ils ont caché
07:59ce rapport ?
07:59C'est comme sur le narcotrafic,
08:01d'ailleurs.
08:01Quand un certain nombre
08:02de magistrats prenaient la parole
08:03pour alerter sur les moyens aussi,
08:05pas en adéquation
08:06avec les promesses,
08:07qu'est-ce qui s'est passé ?
08:07Monsieur Dupond-Moretti,
08:08il les a réprimandés
08:10et il a fait office
08:12de utiliser son autorité,
08:13pardon,
08:14non pas pour entendre
08:15les magistrats,
08:16mais pour cacher la misère
08:17sous le tapis.
08:18Donc voilà,
08:20les personnels politiques
08:21en cause aujourd'hui
08:23mettent tout sous le tapis,
08:24ne veulent pas voir la violence
08:25et puis il y a aussi,
08:26comment dire,
08:27un certain nombre
08:27de partis politiques
08:28qui n'ont pas pris conscience
08:28de la réalité.
08:30Moi, je dénonce régulièrement
08:31ce qui s'est passé à Paris
08:32et le fait que
08:33la municipalité de gauche
08:34a pu faire sa petite campagne
08:38sur le pays scolaire
08:39en étant très peu mis en cause,
08:40notamment dans un certain nombre
08:41de médias de gauche.
08:43Ils ont pu faire
08:43leur campagne protégée
08:44et une majorité de Parisiens
08:45a voté pour ces gens.
08:47Moi, je le dis,
08:47ce n'est pas parce qu'ils sont de gauche,
08:48mais le fait qu'une majorité
08:49de Parisiens aient voté
08:50pour une équipe sortante
08:51qui avait volontairement
08:52caché, dissimulé,
08:54protégé un certain nombre
08:55de réseaux pédocriminels
08:57et de trafic d'enfants,
08:58c'est scandaleux
08:59ce qui s'est passé.
08:59Plument scandaleux
09:00et la municipalité parisienne,
09:01encore aujourd'hui,
09:02pour moi,
09:02est gravement mise en cause
09:04et n'est pas légitime
09:05à gouverner Paris
09:06par rapport à ce qui s'est passé
09:07sur le pays scolaire.
09:08Emmanuel Grégoire
09:08était à votre place
09:09pendant la compagnie municipale
09:10et il a répondu
09:10à mes questions sur ce dossier.
09:11Il a répondu sur vos questions,
09:12mais je pense qu'il a
09:13beaucoup dissimulé
09:14et qu'il n'a pas conscience
09:15de sa responsabilité
09:16sur ce qui s'est passé
09:16ou qu'en tout cas,
09:17il la minimise.
09:18Quelques propositions
09:19qui sont faites actuellement
09:20par Bruno Retailleau,
09:21par d'autres candidats de droite,
09:23remplacer le Conseil supérieur
09:24de la magistrature
09:25à qui on doit le mur des cons
09:26par un conseil disciplinaire,
09:28favoriser la castration chimique,
09:29là encore,
09:30est-ce que ce sont des propositions
09:31qui vous vont ?
09:31Qu'est-ce que vous,
09:32vous proposez ?
09:32La remise en cause,
09:33de la politisation
09:34du syndicat de la magistrature,
09:36c'est Marine Le Pen
09:36qui l'a soulevée
09:37avec courage
09:37il y a plus de 15 ans.
09:39Donc nous,
09:40on est absolument
09:41sur cette position.
09:42Le syndicat de la magistrature
09:43est trop politisé.
09:44D'ailleurs,
09:44en tant que syndicat de magistrats,
09:46on l'entend plus
09:47faire barrage
09:47au Rassemblement National
09:48que de faire barrage
09:49aux pédocriminels.
09:50Donc vous voyez bien
09:50qu'effectivement,
09:51il y a un problème très grave
09:52dans ce syndicat
09:54de la magistrature.
09:55Donc nous,
09:55on est pour que...
09:55Pas le Conseil supérieur
09:56de la magistrature.
09:56Oui, mais c'est le mur des cons
09:58dont vous avez parlé.
09:58C'était le syndicat
09:59de la magistrature.
10:00Le Conseil supérieur
10:01de la magistrature,
10:02c'est la droite
10:02qui l'a mis en place
10:03sous sa forme aujourd'hui
10:04avec Nicolas Sarkozy,
10:05réforme constitutionnelle.
10:06Donc il faut appliquer.
10:07Il existe.
10:08C'est juste que,
10:09notamment le garde des Sceaux,
10:10parce qu'il a le pouvoir
10:11de le faire,
10:12visiblement,
10:13ne demande pas assez
10:14de mesures disciplinaires.
10:16Et c'est sauf qu'il peut aussi
10:17de la part de responsables politiques
10:18qui ont peur
10:19du syndicat de la magistrature
10:20et d'un certain nombre
10:21de magistrats
10:22parce qu'ils ont peur
10:23sans doute d'être mis en cause.
10:24Nous n'avons pas peur.
10:24Et protéger l'essentiel
10:26des magistrats
10:27qui font leur travail
10:28courageusement,
10:28oui.
10:30Cautionner l'irresponsabilité
10:31et l'esprit de caste
10:32d'une minorité
10:33de la magistrature,
10:34c'est évidemment hors de question.
10:35Mais aujourd'hui,
10:36on peut le faire.
10:37Et donc aussi,
10:38cette multiplication,
10:39Madame Ferrari,
10:40de positions
10:41fortes,
10:42pseudo-radicales
10:43qui n'ont pas beaucoup
10:43de liens d'ailleurs
10:44avec l'affaire en cause
10:45et le chagrin de la famille
10:47de Liana,
10:48c'est une façon
10:48pour M. Rotaio
10:49de se protéger
10:50parce qu'il n'aurait pas dû
10:51travailler avec les macronistes.
10:52Je pense qu'aujourd'hui,
10:53il le regrette
10:54et qu'il est un peu
10:55dans une surenchère
10:56pour faire oublier
10:57cette erreur politique majeure.
10:58Hier,
10:59la présidente de l'Assemblée nationale,
11:00Yael Brault-Pivet,
11:01a réclamé l'inscription
11:02à l'agenda du Parlement
11:03de la loi intégrale
11:04trans-partisane
11:05sur les violences sexistes
11:06et sexuelles.
11:07Et vous êtes d'accord
11:08qu'il faut un consensus politique
11:09pour que cette loi arrive
11:10le plus possible devant le Parlement
11:12et soit votée ?
11:13Absolument,
11:13mais nous ne sommes jamais opposés
11:15au fait que cette loi
11:15soit observée
11:16bien au contraire.
11:18Mais cette loi aussi,
11:19je vous le dis,
11:20elle aura un coût.
11:21Elle aura un coût
11:23donc il faut faire des économies
11:24ailleurs pour financer cette loi
11:25sinon ce sont des promesses
11:26qu'on fait aux familles.
11:28Et moi je pense
11:29à toutes les familles
11:30qui ont emmené leur enfant
11:31témoigner devant la police
11:32au lingeur d'armerie
11:33qui sont en souffrance
11:34et qui attendent cette loi.
11:36Mais si on vote cette loi,
11:37même consensuellement,
11:38et qu'on ne met pas
11:39de moyens en face,
11:40on aura menti aux familles.
11:41Et moi je ne veux pas mentir
11:42et Marine Le Pen
11:43et Jordan Bardella
11:43ne veulent pas mentir
11:44aux familles françaises
11:45qui sont dans l'attente de justice
11:46et dire aux gens
11:48qu'il suffit de voter des lois
11:49au Parlement sans moyens,
11:50c'est leur mentir
11:51et là c'est quand même mentir
11:52avec beaucoup de cynisme.
11:53Donc trop de lois
11:54et en fait pas d'action complète.
11:56Absolument.
11:57Et puis des procédures,
11:58beaucoup aussi,
11:59il y a des durées
12:00et des procédures absurdes.
12:01Par exemple,
12:02vous savez qu'aujourd'hui
12:03il n'y a pas d'arbitrage
12:04pour savoir est-ce qu'on doit,
12:05ça a l'air tout bête,
12:06mais est-ce qu'on doit arbitrer,
12:07est-ce qu'on doit mener l'enquête
12:08dans le lieu d'habitation
12:09de la victime
12:10ou du soupçonné
12:11de la personne mis en cause.
12:13C'est même pas arbitré
12:13quelque chose comme ça.
12:14Donc on a vu dans l'affaire Liana
12:15un dossier qui,
12:17comment dire,
12:18est brin le balai
12:18de juridiction en juridiction.
12:20Et bien déjà que le ministre
12:21donne une circulaire
12:22et arbitre ce sujet,
12:23ça évitera bien des tracas
12:25et bien des malheurs
12:26parce que quand vous êtes victime
12:26et qu'on vous dit
12:27ah bon on ne sait pas
12:28où est le dossier,
12:28il est dans la poste
12:29entre le Gers,
12:31Toulouse ou je ne sais quelle juridiction,
12:33c'est insupportable.
12:34C'est insupportable.
12:34Donc c'est même pas du courage politique là.
12:36C'est juste assumer sa responsabilité
12:38le garde des Sceaux.
12:39Ça n'a pas été fait
12:39sur quelque chose comme ça.
12:40Parait sur ces 70 000 plaintes
12:41que le garde des Sceaux
12:45qu'est-ce qu'on fait
12:46de ces 70 000 plaintes
12:48une fois qu'elles sont étudiées ?
12:49Est-ce qu'on met les gens en prison ?
12:50Qu'est-ce qu'on fait ?
12:51Quelle est la réponse ?
12:52Mais la réponse,
12:53moi on en revient,
12:54je ne vais pas me répéter,
12:56mais au moyen,
12:57vous vous rendez compte,
12:57on apprend qu'il y a 70 000 plaintes.
12:59Bon, s'il a fallu la tragédie de Liana
13:01pour se rendre compte
13:02que c'était scandaleux,
13:03mais excusez-moi Madame Ferrari,
13:04qui peut croire qu'aujourd'hui
13:06les magistrats,
13:07les gendarmes et les policiers
13:08vont avoir le temps
13:09de revoir 70 000 plaintes
13:11avant l'été ?
13:12Pourquoi faire cette annonce
13:13qui va encore décevoir
13:14beaucoup de gens ?
13:14C'est-à-dire,
13:15aujourd'hui,
13:16vous êtes un père de famille,
13:17vous savez que vous avez
13:18une plainte en cours,
13:18vous avez entendu
13:19M. Darmanin dire
13:20votre plainte va être examinée,
13:21vous reprenez espoir
13:22dans la justice
13:23et vous savez très bien
13:24que les moyens ne vont pas suivre.
13:25Mais c'est scandaleux,
13:26c'est un deuxième coup de poignard
13:28qu'on met dans le cœur
13:29de ces familles
13:30qui attendent la justice
13:32pour leur enfant.
13:33Moi je trouve ça insupportable,
13:34je vais vous dire vraiment,
13:34cette déclaration
13:35racontant n'importe quoi,
13:37faire croire qu'en un mois
13:39on va avoir 70 000 plaintes,
13:40mais c'est vraiment prendre
13:41les Français pour les imbéciles
13:42qu'ils ne sont pas
13:43et M. Darmanin,
13:44à force de se croire
13:44plus malin que tout le monde,
13:45il va finir par payer
13:46très durement ce cynisme
13:47parce que c'est du cynisme.
13:49Jean-Philippe Tanguy,
13:50vous avez évoqué évidemment
13:51ces grands sujets sociétaux,
13:53il y aura la même ligne,
13:53j'imagine que ce soit
13:54Marine Le Pen
13:54ou Jordan Bernela
13:55qui les porte,
13:56quelle que soit la justice,
13:57il n'y aura pas deux lignes
13:58au RN ?
13:59Non mais vous savez,
14:00la grande force
14:01du Rassemblement National
14:01c'est d'avoir une seule ligne
14:03avec deux incarnations
14:04fortes sur tous les sujets.
14:05Même sur les sujets
14:06alors pas économiques,
14:07que je pense notamment
14:08à la retraite,
14:10je pense au salaire
14:11rapproché le brut du net,
14:13on n'a pas du tout
14:13la même musique
14:14si on écoute
14:14Marine Le Pen
14:15ou Jordan Bernela
14:15aujourd'hui.
14:16Écoutez, moi,
14:17sincèrement,
14:17j'ai beaucoup de mal
14:18à comprendre
14:19ce commentaire
14:20sur les deux lignes,
14:21connaissant bien
14:22Jordan Bernela
14:23et Marine Le Pen
14:23c'est la même ligne,
14:24c'est la même ambition
14:25sur la défense du travail
14:27et la justice sociale
14:29et je pense que
14:30les mois à venir
14:31prouveront
14:31que ceux qui pensaient
14:32qu'il y avait un coin
14:33entre les deux
14:34se tromperont lourdement
14:36et je suis assez impatient
14:37pour tout vous dire
14:37de leur montrer
14:38qu'ils se sont trompés
14:39et qu'on a une seule ambition
14:40pour la justice.
14:41Et un programme clair
14:41un programme très clair
14:42comme nous l'avons toujours eu
14:44d'ailleurs
14:44on nous a plutôt reproché
14:45l'inverse
14:45d'ailleurs c'est assez intéressant
14:46Madame Ferrari
14:47puisque la réforme des retraites
14:48de Marine Le Pen
14:49qui était tant critiquée partout
14:50parce qu'on n'était pas compréhensible
14:51depuis qu'ils veulent opposer
14:53depuis que nos adversaires
14:54veulent opposer
14:54Jordan Bernela
14:55et Marine Le Pen
14:55ah bah c'est bizarre
14:56ils ont du jour au lendemain
14:57ils ont tout compris
14:58dans la réforme de Marine Le Pen
15:00comme quoi il y a
15:00beaucoup de mauvaise foi
15:01mais nos électeurs
15:02le comprennent bien
15:03et comprennent bien
15:04nos ambitions.
15:04Jean-Philippe Tanguy
15:05un mot de Jean-Luc Mélenchon
15:06qui tenait son premier
15:07meeting de campagne
15:08dimanche dernier
15:09à Saint-Denis
15:10où il a célébré
15:11les rois morts
15:12c'est la nécropole
15:14des rois de France
15:14face au peuple vivant
15:16il estime que le suprémacisme
15:17les obsédés de la race
15:18c'est vous
15:18qu'est-ce que vous lui dites ?
15:19Ecoutez visiblement
15:20il avait installé
15:21un miroir géant
15:22à Saint-Denis
15:23il s'est regardé
15:23déblatéré
15:24pendant de longues minutes
15:26son propre racisme
15:27son propre antisémitisme
15:29la gauche
15:30Mélenchoniste se trouve
15:31aujourd'hui dans une situation
15:31historique absolument
15:33épouvantable
15:33qui fait qu'ils incarnent
15:35tout ce qu'ils ont
15:35prétendu dénoncer
15:36aujourd'hui qui regarde
15:37la couleur de peau
15:38des françaises
15:39et des français
15:39c'est monsieur Mélenchon
15:40qui regarde leur religion
15:42réelle ou prétendue
15:42c'est monsieur Mélenchon
15:44qui regarde leur sexualité
15:45c'est monsieur Mélenchon
15:45il ne réduit les gens
15:47qu'à leur
15:48comment dire
15:49il essentialise
15:50les gens
15:50et aujourd'hui
15:51le raciste c'est lui
15:52l'antisémite c'est lui
15:54c'est un peu triste quand même
15:55pour ne pas dire autre chose
15:56pour monsieur Mélenchon
15:57d'en finir là
15:58vouloir absolument être élu président
16:00y compris s'il doit utiliser
16:01les pires slogans
16:02et les pires manœuvres
16:03parce qu'au fond lui
16:03est-ce qu'il croit
16:05à toutes les horreurs
16:06qu'il dit
16:06je n'en sais rien
16:07mais les conséquences
16:08sont les mêmes
16:08en particulier sur la jeunesse
16:09où il met beaucoup d'huile
16:11sur le feu
16:11sur les divisions
16:12quand on est jeune
16:13on peut douter de soi-même
16:14on peut en vouloir parfois
16:16au monde entier
16:17par rapport à des difficultés
16:18et ce qui fait très grave
16:19parce qu'au lieu
16:19de rassembler
16:20comme le fait Marine Le Pen
16:21Jordan Bardella
16:22la jeunesse de France
16:23dans un destin commun
16:25lui il ne met que de la division
16:26et que de la haine
16:27et ça devient très préoccupant
16:29Pour autant
16:29il pourrait être l'adversaire
16:31du Rassemblement National
16:32au second tour
16:33c'est ce que nous disait hier
16:35Marion Maréchal
16:35vous partagez son avis ?
16:37Oui et puis Marion Maréchal
16:38je l'ai écouté
16:39a raison aussi
16:40d'appeler effectivement
16:40au rassemblement
16:41le plus tôt possible
16:42pour proposer
16:43une alternative
16:44un destin commun
16:45et un projet de rassemblement
16:46aux françaises et aux français
16:47sur les valeurs du travail
16:49sur les valeurs de la république
16:50sur le fait qu'on fait
16:51destin ensemble
16:53et que les valeurs françaises
16:54elles transcendent
16:54les identités
16:55dont on a parlé
16:56et nous rassemblent
16:57plus fort
16:57et plus loin
16:59et d'ailleurs
16:59j'ai entendu aussi
17:00monsieur Mélenchon
17:01insulter
17:02la mémoire de Jeanne d'Arc
17:04c'est pas anecdotique
17:04si vous voulez
17:05que monsieur Mélenchon
17:05envoie cette sainte femme
17:07comment dire
17:08la critique
17:09comment dire
17:10elle insulte
17:11publiquement
17:12c'est en fait
17:12insulter la France
17:14la France éternelle
17:15et la France républicaine
17:16reprendre vos slogans
17:17et deux fois sainte
17:18sainte pour la république
17:20et sainte pour la chrétienté
17:21il a repris
17:21les slogans du front national
17:22à l'époque
17:23on est chez nous
17:23Tildi
17:24qu'est-ce que ça vous évoque ?
17:27j'ai beaucoup de mal
17:28à comprendre
17:28cette stratégie
17:30mais écoutez
17:30monsieur Mélenchon
17:31visiblement
17:32vous savez
17:32il faut mieux faire
17:33envie de pitié
17:33donc monsieur Mélenchon
17:34doit envier
17:35le lien
17:36que Marine Le Pen
17:37a avec le peuple
17:38effectivement
17:38en France
17:39on est chez nous
17:40et on veut être souverains
17:41oui bien sûr
17:42mais monsieur Mélenchon
17:44il est chez lui
17:46d'une vision un peu particulière
17:47parce qu'il a aussi
17:48un peu de mythomanie
17:48monsieur Mélenchon
17:49est en train de réécrire sa vie
17:51si on l'écoute
17:52monsieur Mélenchon
17:53est d'origine
17:54d'ascendance maghrébine
17:56je veux dire
17:56bientôt
17:57il aura été
17:58de toute éternité
17:59le premier des pratiquants musulmans
18:01enfin je veux dire
18:01monsieur Mélenchon
18:02il est dans le délire total
18:03et ce qui est un peu choquant
18:04c'est qu'à gauche
18:05personne ne semble s'élever
18:07contre lui
18:07alors c'est leur problème
18:09c'est leur problème
18:09mais enfin c'est aussi
18:10un peu le autre
18:10c'est un peu un seul
18:11le nôtre maintenant
18:12parce que si
18:13la seule opposition de gauche
18:14qu'on a en France
18:15c'est monsieur Mélenchon
18:15c'est quand même
18:16une blessure
18:17pour la qualité
18:18du débat démocratique
18:19on a une nouvelle candidature
18:20celle de Karim Bouinran
18:21le maire de Saint-Ouen
18:22socialiste
18:23qui dit qu'il veut être candidat
18:24pour être le prochain
18:25président de la République
18:26vous saluez cette candidature
18:27une de plus
18:28écoutez
18:29bonne chance
18:29bon courage
18:30si monsieur Bouinran
18:31veut affronter Mélenchon
18:32moi je préfère débattre
18:33avec monsieur Bouinran
18:33qui est un républicain
18:34qui a fait des choses
18:36à Saint-Ouen
18:36c'est un adversaire politique
18:37mais au moins on peut discuter
18:40à la bouche toute la journée
18:41comme monsieur Mélenchon
18:42il ne veut pas diviser les français
18:44donc je préfère affronter
18:45monsieur Bouinran
18:46mais enfin je n'ai pas envie
18:46de lui porter malheur
18:47parce que si je dis ça
18:48évidemment tu vas être stigmatisé
18:49par la gauche
18:50par la gauche mélenchoniste
18:51de très mauvaise foi
18:53et dès qu'on fait une qualité
18:54à quelqu'un
18:55vous devenez le péniste
18:56j'aimerais
18:56parce que ça ferait
18:57beaucoup de le péniste
18:59et de gens favorables
19:00à notre parti politique
19:01Dernier mot Jean-Philippe Tanguy
19:02à propos du financement
19:03de la campagne
19:04on est pratiquement déjà
19:05dans les décomptes
19:07de campagne
19:08en termes financiers
19:08vous avez trouvé une banque
19:09pour financer la campagne du RN
19:10à ma connaissance non
19:12et c'est très grave
19:12mais ce n'est pas aux banques
19:13françaises ou autres
19:14de faire l'appui et le beau temps
19:16sur la campagne
19:17donc c'est très grave
19:17et c'est vrai que Marine Le Pen
19:18et Jordan Bardella
19:19on a eu le courage
19:20de dénoncer l'abus
19:21des frais bancaires
19:22par exemple pour ceux
19:22qui nous regardent
19:23vous avez un chacun payé
19:24on vous raquette
19:25donc c'est sûr que
19:26quand on critique
19:26un certain nombre
19:27de pratiques commerciales
19:28des banques françaises
19:30et qu'on défend
19:31la justice sociale
19:32c'est moins facile
19:33que quand on est à plat vente
19:34sur les banques françaises
19:36donc vous serez obligés
19:37ou même M. Mélenchon
19:40pourquoi il est devenu
19:42anti-républicain
19:42et qu'il parle plus
19:43de la race
19:43que la justice sociale
19:44M. Mélenchon
19:45c'est parce qu'il est devenu
19:46à plat ventre
19:47sur les banques
19:48et sur l'industrie sociale
19:49mais vous irez à l'étranger
19:50ou pas M. Tanguy
19:51la dernière fois
19:52on avait eu recours
19:53à un prêt en Hongrie
19:54d'une banque hongroise
19:56qui n'avait posé aucun problème
19:57d'ailleurs
19:57et on s'en félicite
19:59on préférait avoir
20:00une banque française
20:00on est des patriotes
20:01mais on est des patriotes
20:02malheureux
20:02puisque les banques françaises
20:03elles ne respectent pas
20:04la démocratie
20:05et la république française
20:06pour le moment
20:06donc moi je les appelle
20:07à reprendre leur esprit
20:08et que les banques françaises
20:09financent la démocratie
20:11il n'y a aucun risque
20:11de financer
20:13le Rassemblement National
20:14et les autres grands partis
20:15et tout le monde doit avoir
20:17un financement
20:17et c'est très grave
20:18parce que là
20:19la qualité de la démocratie
20:20est gravement mise en cause
20:21Merci Jean-Claude Tanguy
20:22c'était votre grande interview
20:23sur CNews et sur Europe 1
20:24Bonne journée
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