00:00Rudy, votre fille qui a 12 ans, a été victime deux fois en quelques mois.
00:08En quelques mois, en fait, a été détruite deux fois par deux monstres, par deux prédateurs.
00:14En fait, monsieur le ministre, je vous explique, il y a un an environ de ça,
00:19il y a un papa d'une ex-copine, parce que ma fille, elle avait rencontré une copine
00:24et elle lui avait demandé son numéro de téléphone.
00:28Cette copine n'avait pas de téléphone, du coup, c'est le papa qui l'a appelé,
00:31qui a dit « c'est bon, maintenant j'ai ton numéro de téléphone, tu peux appeler ma fille,
00:35il n'y a pas de souci, quoi que ce soit. »
00:36Au bout de deux jours, on le sait, que ce soit tout ce qui est prédateur,
00:41tout ce qui est prédateur pédophile, ils manipulent vraiment bien l'enfant.
00:47Et petit à petit, il a dit qu'elle était belle, qu'elle était mignonne, qu'elle était quoi que
00:52ce soit.
00:52Et au bout d'une semaine, il lui a envoyé des photos de lui à poil, nu, de son sexe,
00:58de tout ça, quoi.
00:59Ça a été assez difficile.
01:02Et ma fille a tout caché.
01:03Ce n'est pas sur les réseaux, ce n'est pas quoi que ce soit, c'était le parent d
01:06'une ex-copine, en fait.
01:08Et nous, on l'a remarqué.
01:11Et heureusement, parce qu'à ce moment-là, il était parti devant le collège,
01:15il lui avait dit qu'il allait faire une soirée pyjama, comme la petite Liana,
01:18c'est pour ça que ça marque énormément, et il lui a dit, il a dit, il faut trouver un
01:22subterfuge par rapport à tes parents,
01:23faire une soirée pyjama, et comme ça, je couche avec toi.
01:27Cet homme-là, cet homme-là a des enfants, cet homme-là a une femme qui est psychologue,
01:32anciennement à la police judiciaire, quand l'affaire s'est passée.
01:35Il a été condamné, lui ?
01:36Du coup, il a été condamné, il a été condamné à du sursis.
01:40Il a été condamné à du sursis, il n'a rien eu.
01:43Ce n'est pas fini, il y a quatre mois, il y a quatre mois de ça.
01:47Ma fille, elle sort du collège à 10 heures, donc je me demande s'il y a un réseau ou
01:52quoi que ce soit derrière.
01:53Quelqu'un qui le pousse dans la voiture, il a 38 ans.
01:59Ma fille a 12 ans, mais elle a 13 ans.
02:03J'habite Gap, il a ramené en montagne, et elle s'est faite cette fois-ci violée,
02:08il y a eu pénétration vaginale.
02:10Moi, malheureusement, j'étais à Paris, j'étais en convention séminaire avec mon travail ici.
02:13Ma femme qui m'appelle, qui me dit que ma fille a été violée, je ne croyais pas une seconde.
02:20Ma femme l'a vu par rapport à Family Link, c'est une application esprit pour contrôler les enfants où
02:26ils sont.
02:27On a remarqué qu'elle était bizarre, qu'elle était montée et descendue.
02:30Du coup, elle a interpellé le collège, le collège qui ne savait pas trop ce qui s'était passé.
02:35Du coup, ma fille, elle est sortie du collège, ma femme l'a ramenée directement à l'hôpital.
02:39Elle avait des bleus, des bleus de partout.
02:42Une constatation à l'hôpital, comme quoi il y avait eu des chures vaginales,
02:45comme quoi il y avait énormément de problèmes sur son corps.
02:51Et ils ont appelé directement à la police.
02:53La police l'ont fait savoir qu'ils ne pouvaient rien faire,
02:57sachant qu'il n'y avait pas de nom, qu'il n'y avait pas de prénom ou quoi que
02:59ce soit.
02:59Moi, le lendemain, je suis rentré, j'ai vu qui c'était.
03:04Et du coup, cette personne-là avait trois plaintes contre lui et n'avait pas été encore jugée.
03:11Et là, il n'a pas été jugé, évidemment, pas encore.
03:13Donc, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu une garde à vue.
03:16La police l'a mis en garde à vue.
03:19La police nous a fait savoir qu'un moment, il n'allait pas sortir, qu'il était en détention provisoire.
03:24Le procureur a demandé sa détention provisoire.
03:28Le président a demandé sa détention provisoire.
03:30Et qui c'est qui décide derrière ? C'est le JLD.
03:32Le JLD, c'est le juge des libertés de détention,
03:35qui a jugé comme quoi il n'était pas dangereux.
03:37Donc, ce monsieur-là, il est dehors.
03:40Ma fille, tous les soirs, elle pleure.
03:42Tous les soirs, ce matin, je suis parti à 4h du matin de GAP.
03:46Elle m'a dit, mais qu'est-ce que tu fais ?
03:47Qu'est-ce que tu fais, papa ?
03:48Elle n'arrêtait pas de pleurer.
03:50Elle dit, mais je pars, ne t'inquiète pas, je vais revenir, tout ça.
03:52Elle pleure, elle pleure tous les soirs.
03:54Ma fille, c'est pareil.
03:55Ma femme, elle pleure.
03:56Mon fils, il pleure aussi.
03:58C'est très difficile.
03:59Ces notes ont chuté à l'école.
04:00Même l'approviseur m'a demandé, mais pourquoi elles ont chuté ces notes ?
04:02Mais parce qu'elle s'est faite violer, en fait.
04:05Il va être jugé ?
04:06Du coup, il n'y a pas de mesure d'éloignement.
04:12Il est libre.
04:13Donc, ce qui se passe, c'est qu'il habite à 3 km de chez moi.
04:16Ce monsieur-là, il tourne autour du collège.
04:18Il est encore sur Snapchat.
04:19Je l'ai vu.
04:20Il est de partout.
04:21J'ai demandé à la police.
04:22La police m'a dit, mais monsieur, on ne peut rien faire.
04:24C'est le JLD qui a décidé ça.
04:26Le juge des libérataires de détention qui a décidé ça.
04:29On ne peut rien faire.
04:29J'ai demandé à mon avocate.
04:31Mon avocate, elle m'a dit, ça va être extrêmement long.
04:33Ça va prendre des années, monsieur.
04:35Qu'est-ce que je fais ?
04:36Moi, qu'est-ce que je fais ?
04:37J'y vais, je le tue ?
04:40Ce n'est pas possible.
04:42Je crois que, monsieur Darmanin, je crois que la justice est un peu molle sur ce coup-là.
04:47C'est compliqué pour moi.
04:52Parce que je me dis, c'est soit je le tue et tous ces gens-là, ils vont le faire.
04:56On vous entend.
04:57On va demander au ministre de vous répondre, évidemment.
04:59Après, moi, j'avais une autre question.
05:00On va rester d'abord là-dessus, Rudy, pour qu'en plus la parole puisse tourner.
05:04C'est arrivé quand, monsieur ?
05:07La dernière affaire au mois de janvier.
05:09Affaire du viol de votre fils, c'est le mois de janvier.
05:11Oui.
05:14Mais celui-là est toujours en liberté, il côtoie des enfants, il n'y a pas de mesure d'éloignement,
05:18il n'y a rien du tout.
05:22Moi, je ne connais pas votre affaire, mais tel que vous l'avez décrivée, évidemment que c'est tout à
05:26fait anormal et c'est le contraire de ce qu'est la loi de la République.
05:31Vous posez une question qui est importante, qui est quand est-ce qu'il sera jugé ?
05:34Parce que quand il sera jugé, il ira en prison pour des faits de viol, vous savez que c'est
05:4015-20 ans de prison.
05:41Sauf qu'il n'y a pas d'intention provisoire, ça peut faire comme un ordal lelandais qui tue entre
05:45-temps.
05:45Non mais on est bien d'accord, monsieur, on est bien d'accord.
05:51Si vous me permettez, monsieur, le délai d'audience, c'est très important.
05:55Parce qu'aujourd'hui, c'est 6 ans en moyenne pour obtenir un jugement après des faits pour viol et
06:018 ans quand il y a un meurtre.
06:04Donc on rajoute au problème des plaintes qui ne sont pas étudiées, ou parfois au dysfonctionnement très grave de la
06:12justice ou de la police ou de la gendarmerie.
06:14On rajoute quelque chose d'insupportable pour tout le monde, quels sont les délais pour avoir un jour d'audience.
06:21En ce moment même, aujourd'hui j'ai passé ma journée à l'Assemblée nationale, nous avons un texte qui
06:25j'espère sera adopté avant le 14 juillet, il a été voté par le Sénat.
06:27Donc le 14 juillet, s'il est voté, il me permet de changer radicalement les choses pour vous, pour votre
06:33fille et pour toutes les victimes.
06:35De pouvoir créer 60 cours supplémentaires et de juger bien plus vite ces délais d'audience.
06:43Pour qu'effectivement, parce que la détention provisoire c'est un juge des libertés d'adaptation qui en décide, vous
06:48avez parfaitement raison,
06:49mais pour qu'il puisse aller en prison et rester très longtemps en prison.
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