00:00Et là, on a M. Darmanin qui dit, mais il ne peut pas faire autrement,
00:03la loi de 2013 m'interdit, monsieur, et il faut tous qu'on l'entende,
00:08d'approcher un procureur, d'appeler un procureur,
00:11de téléphoner un procureur, sous-entendu pour qu'il intervienne,
00:15de convoquer un procureur.
00:17Donc ça veut dire que ces magistrats sont...
00:21Qui est-ce qui a accès à eux ?
00:23Moi, je pose la question.
00:24Qui est-ce qui a accès à un procureur ?
00:26Alors, le ministre, le garde des Sceaux donne des indications à la politique pénale.
00:31Donc en ce moment, c'est beaucoup le narcotrafic,
00:33beaucoup les violences intrafamiliales.
00:35Ça va devenir maintenant les violences faites aux enfants.
00:37J'aimerais pas être à sa place, parce que c'est compliqué de gérer une société comme la nôtre.
00:42Mais à part cette politique, cette ligne de politique pénale,
00:46quand il a envie de parler à un proc pour lui dire,
00:49monsieur, est-ce que vous pourriez regarder le dossier de Rudy ?
00:52Il peut pas le faire.
00:52Il peut pas le faire, monsieur le porte-parole.
00:54Non, il peut pas le faire.
00:55Comment allez-vous faire alors ?
00:56Depuis la loi Taubira, le principe d'indépendance fait que le ministre
00:59ne peut pas donner d'instructions individuelles dans des dossiers.
01:02Pardon, c'est pas une instruction.
01:04Monsieur le porte-parole, c'est juste un coup de fil.
01:06Est-ce que c'est pas une instruction ?
01:08Oui, mais il ne peut pas le faire.
01:08Il ne peut pas le faire.
01:09Il peut demander des remontées d'informations.
01:11C'est-à-dire qu'il peut demander qu'on lui fournisse de l'information,
01:13mais il ne peut pas lui exiger un comportement dans un dossier.
01:16Et pour le coup, si je peux me permettre,
01:18la question que vous posez est très intéressante.
01:20Et c'est la question que vous posiez vous aussi, monsieur.
01:21C'est qu'en fait, la perception qu'ont nos concitoyens,
01:24et que j'accepte, et qui, à mon sens, pose une difficulté,
01:27c'est qu'on est tombé dans un système
01:29où les gens ont l'impression que les magistrats ont un pouvoir,
01:31c'est-à-dire concrètement, ont le pouvoir de juger les autres,
01:34mais sans la responsabilité qui va avec.
01:36C'est-à-dire que les gens estiment
01:37qu'on ne peut pas les tenir comptables
01:38de ce qu'ils font, bien, mal.
01:41Je vous rassure, il y a la majorité de mes collègues
01:43qui, tous les matins, se lèvent
01:45et ont choisi cette fonction en se disant
01:46qu'ils allaient aider et protéger les autres.
01:49Heureusement qu'on ne choisit pas la magistrature
01:51comme on ne choisit pas la gendarmerie nationale,
01:53la police nationale, pour se dire
01:54qu'on va laisser des dangereux pédéos criminels dans la nature.
01:57Évidemment, j'espère que personne ne pense ça.
02:00Mais par contre, la question que ça pose,
02:02c'est qu'aujourd'hui, les gens ont le sentiment
02:03qu'on peut, par exemple, condamner quelqu'un
02:06à 20 ans de prison,
02:07qu'on peut prendre des décisions extrêmement importantes
02:09dans la vie des gens, placer leurs enfants,
02:12décider des conditions d'un divorce,
02:13parce qu'on parle beaucoup des choses criminelles,
02:15mais la vérité, c'est que la justice du quotidien,
02:17c'est les enfants, le divorce,
02:19le problème de copropriété, etc.
02:21Et tout ça est très lent, par ailleurs.
02:23Mais ce que ça dit, c'est surtout que les gens
02:25ont l'impression qu'en gros,
02:26il y a une forme d'impunité des magistrats.
02:29Je ne dis pas que c'est le cas,
02:30je dis que les gens le ressentent comme ça.
02:31Et à partir du moment où les gens le ressentent comme ça,
02:33à mon sens, c'est une problématique.
02:35Et donc, il faut qu'on s'interroge
02:37sur comment est-ce qu'on recrée un lien
02:40pour que les gens aient l'impression
02:41que s'ils ne sont pas contents de leur juge,
02:43que s'ils ne sont pas contents de leur magistrat,
02:45ils ont un moyen d'action.
02:46Et c'est ce que vous disiez,
02:47c'est-à-dire que peu importe,
02:48je ne sais pas si l'élection a une bonne solution,
02:50je ne sais pas s'il y a d'autres solutions
02:52qui sont envisageables.
02:53Voilà, ce n'est pas moi qui vais aujourd'hui
02:55vous trouver la barracasse.
02:56Pardon, il y avait une solution
02:57qui a été mise sur la table,
02:58je reparle de lui, de Bruno Retailleau,
03:00en l'occurrence, qui disait
03:01qu'il faudrait une cour disciplinaire
03:02à laquelle des citoyens
03:03qui seraient tirés au sort
03:06puissent participer
03:07pour aller juger les juges.
03:08Non, c'est pas grave.
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