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Du lundi au vendredi à 22h, Mickael Dorian revient sur la journée d'infos et de débats traités sur l'antenne de CNEWS dans #LeMeilleurdelInfo
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00:00:01Le meilleur de l'info sur CNews avec ce soir Karim Abrik, Johan Uzaï, Benjamin Kombouliv du syndicat de police
00:00:07alternative.
00:00:08On est avec Maître Olivier Pardot, Stéphane Abloh député de la deuxième circonscription de Meurthe et Moselle
00:00:14et puis Christophe Ehoche Duval aux fonctionnaires, juristes et auteurs de le prix de l'insécurité aux éditions Erol.
00:00:21On va bien sûr revenir ensemble avec vous sur l'affaire Liana.
00:00:25Bonsoir à tous les six et bonsoir à tous. Journée de colère à Paris et dans toute la France.
00:00:31Des milliers de Français se sont rassemblés aujourd'hui pour demander la démission du garde des Sceaux.
00:00:35Une manifestation d'abord autorisée puis interdite avait lieu devant le ministère de la Justice, place Vendôme.
00:00:42Interdiction qui n'a pas été respectée. Beaucoup de monde était donc réuni ce soir. Regardez.
00:00:47Passons les carnets de François.
00:00:49P foods et h Mole fameux.
00:00:51P creatures et n'étrangères xD
00:00:55N'étrangères xD
00:01:02N'étrangères xD
00:01:19Voilà, plus jamais ça, honte à la justice, Darmanin démission.
00:01:23Yohann Uzaï, cette colère, elle est évidemment légitime.
00:01:26Oui, il y a une colère que nous n'avons pas connue en France depuis longtemps.
00:01:30Une colère et une émotion que nous n'avons pas connue depuis longtemps.
00:01:33Je crois que le gouvernement, le président de la République ont compris très vite ce qui allait se passer.
00:01:37Gérald Darmanin le premier, d'ailleurs, il a très vite réagi, plutôt bien réagi d'ailleurs, à mon sens, mais
00:01:41on pourra en débattre.
00:01:43Mais ils ont compris très vite ce qui allait se passer.
00:01:44La pression politique qui allait être exercée sur eux, sur le garde des Sceaux particulièrement, demain journée importante pour Gérald
00:01:50Darmanin.
00:01:51Première question au gouvernement depuis la mort de Liana.
00:01:53Il sera auditionné au Sénat devant la commission des lois.
00:01:57Donc oui, il y a une pression naturellement et une opposition politique qui en partie, notamment à l'extrême gauche,
00:02:02mais je vois que Marion Maréchal également a demandé la démission de Gérald Darmanin, qui pour l'instant résiste.
00:02:07Je pense qu'il va résister et qu'il ne sera pas contraint à la démission.
00:02:10Je pense d'ailleurs que ça n'est même pas souhaitable, si vous voulez mon avis.
00:02:13Mais en tout cas, il y a une position et en tout cas, il y a une pression politique qui
00:02:16est exercée sur lui et qui ne va pas s'arrêter demain.
00:02:18Vous dites que le gouvernement l'a bien compris.
00:02:20Est-ce que vous pensez que le gouvernement, et Gérald Darmanin d'ailleurs, a vraiment pris la mesure de ce
00:02:26qui est en train de se passer,
00:02:27de ce qui s'est passé aujourd'hui, de ce qui va se passer demain, notamment lorsque ce drame a
00:02:33commencé,
00:02:34notamment vendredi lorsqu'on a appris évidemment la mort de Liana.
00:02:38Et là, est-ce que vous pensez que le gouvernement avait en tête que ça allait prendre des proportions comme
00:02:42celles d'aujourd'hui ?
00:02:43Gérald Darmanin l'a compris et senti tout de suite.
00:02:45D'ailleurs, ce qui s'est passé ce week-end l'a montré, le nombre de réunions qu'il a
00:02:48convoquées,
00:02:49la conférence de presse, il était aux 20h le soir même.
00:02:51Emmanuel Macron a réagi dès le vendredi soir alors qu'il était en déplacement.
00:02:55Il a tenu à s'exprimer et à prendre la parole.
00:02:57Donc, je crois que très vite, ils ont bien senti effectivement que nous pouvions être à quelque sorte d'un
00:03:02point de bascule vis-à-vis de l'opinion publique
00:03:04et que la pression politique, encore une fois, et la pression populaire qui allaient être exercée sur le gouvernement et
00:03:09sur le garde des Sceaux allaient être importantes.
00:03:11Karim Abrik ?
00:03:12Oui, en fait, je pensais à toutes ces mobilisations.
00:03:15Je pensais évidemment, on en a parlé ce week-end parce qu'on sentait la tension qui est extrêmement forte.
00:03:20Moi, quand je vois ces images, ça m'a fait penser, il y a eu le mouvement, moi aussi, le
00:03:24mouvement MeToo sur la parole qui se libérait sur les violences sexuelles.
00:03:29C'était les femmes surtout qui prenaient la parole.
00:03:32Et dans ce cas-ci, on a l'impression qu'il y a aussi cette libération de la parole, mais
00:03:36aussi de la colère de dire « c'est assez ».
00:03:39Et d'ailleurs, le slogan « plus jamais ça », c'est aussi une façon de montrer qu'il y
00:03:43a le système judiciaire, les lacunes, les dysfonctionnements.
00:03:47Il y a aussi le fait qu'il y a ce ras-le-bol. Ce n'est pas la première
00:03:51fois qu'on parle de ce type de drame.
00:03:54Il y a une accumulation de drame et c'était probablement, comme on dit, l'événement de trop. Ça n
00:04:02'aurait jamais dû arriver.
00:04:03La colère et l'incompréhension aussi, je pense, pour beaucoup de Français, compte tenu du fait de ce drame.
00:04:09On va évidemment y revenir en détail dans un instant avec d'autres images de la soirée, d'autres témoignages,
00:04:15des dernières informations autour de l'enquête et des investigations qui se poursuivent dans le Gers.
00:04:20Mais d'abord, un tout autre sujet. Près de 26 000 personnes, selon LFI, étaient présents en place Victor Hugo
00:04:26à Saint-Denis
00:04:26pour assister ce week-end au premier meeting de la quatrième campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.
00:04:32Le leader de la France insoumise est revenu sur sa notion de nouvelle France.
00:04:36Et puis, il en a aussi profité pour viser son principal adversaire, un certain Jordan Bardella.
00:04:43Nous parlons de la Nouvelle-France pour obliger à parler de la vie concrète et réelle
00:04:52et pour vous permettre toutes et tous la fierté de vous dire « Nous sommes la Nouvelle-France ».
00:05:12Que faut-il, Johan, retenir de ce premier grand meeting du candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon ?
00:05:18Eh bien, il faut retenir que Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat qui soit prêt, qui ait un programme,
00:05:23qui ait des équipes et qui ait travaillé.
00:05:25Voilà, la réalité est celle-ci.
00:05:26Vous êtes très dur vis-à-vis des autres, à l'égard des autres.
00:05:29Excusez-moi, le Parti Socialiste, oui, aujourd'hui, n'est plus que l'ombre de lui-même.
00:05:34Il ne sait même pas comment définir un candidat. Alors, vous imaginez bien qu'il soit encore très très loin
00:05:38de partir en campagne.
00:05:39Alors que Jean-Luc Mélenchon, lui, ça y est, il trace sa route.
00:05:42Et il dit aux électeurs de gauche, Jean-Luc Mélenchon, « Moi, je suis prêt. Moi, j'ai une équipe.
00:05:46Il n'y a pas de débat au sein de la France Insoumise.
00:05:48On a un projet, on a un candidat et les militants qui sont prêts à partir au combat. »
00:05:53Effectivement, si c'est un électeur de gauche un peu hésitant, que vous faites fi de l'antisémitisme et de
00:05:57leur collaboration avec l'islamisme,
00:05:59eh bien, naturellement, vous avez plutôt tendance à vous dire « Oui, c'est vrai, au Parti Socialiste, dis donc,
00:06:04ils ne seront pas au combat sans doute le mois de janvier.
00:06:07Donc, oui, si je dois voter utile, encore une fois, en faisant abstraction du danger immense que Jean-Luc Mélenchon
00:06:13représente pour notre pays,
00:06:15on aura peut-être l'occasion d'y revenir. »
00:06:17Mais, en tout cas, à gauche, ils sont les seuls à avoir travaillé. On pense qu'on veut de leur
00:06:20projet.
00:06:21Ils sont les seuls à être prêts, alors que partout ailleurs, au Parti Socialiste, les écolos, les communistes, enfin, ça
00:06:26tourne au ridicule.
00:06:28C'est même affligeant de voir l'état dans lequel ils sont, parce que moi, je fais partie de ceux
00:06:32qui pensent qu'on a besoin en France d'une gauche républicaine avec laquelle il faut débattre.
00:06:36Nous avons des questions fondamentales à trancher. L'élection présidentielle de 2027, ce sera la plus importante que nous ayons
00:06:42eue depuis très très longtemps.
00:06:43Eh bien, si nous n'avons pas une gauche républicaine avec laquelle débattre, je considère que ce sera un problème
00:06:47et que Jean-Luc Mélenchon ne peut pas incarner la gauche,
00:06:50compte tenu précisément de tous les dangers qu'il représente.
00:06:53Elle est là, la gauche républicaine avec laquelle il faudrait débattre. Stéphane Abelot, est-ce que, selon vous, comme semble
00:07:00le dire Yohann Uzaï,
00:07:01est-ce que, finalement, Jean-Luc Mélenchon est le seul à gauche à être prêt pour cette campagne présidentielle ?
00:07:05Et puis, est-ce que, finalement, au sein du Parti Socialiste, on n'est pas un petit peu à la
00:07:08traîne en ce qui concerne cette campagne 2027 ?
00:07:10Jean-Luc Mélenchon a le droit d'exister.
00:07:13Ce n'était pas ma question.
00:07:14Il a le droit aussi de dire des bêtises, puisque le soir des élections législatives,
00:07:21quand il disait qu'il avait gagné, que la gauche avait gagné, il a menti.
00:07:26Personne n'a gagné. Il n'y a aucune majorité à l'Assemblée nationale.
00:07:29Et il faut le dire à celles et à ceux qui nous regardent, il n'y a aucune majorité.
00:07:33Et c'est peut-être tant mieux, parce que les Français ont permis aux députés, justement, de travailler les uns
00:07:38avec les autres.
00:07:40J'ai l'exemple de la loi que j'ai proposée.
00:07:43J'ai eu des gens de droite, de gauche, des élus, qui ont travaillé pour que les parkings des hôpitaux
00:07:48soient gratuits.
00:07:48Je trouve que c'est bien.
00:07:49Et je crois qu'il ne faut pas rester dans un clan, il ne faut pas être sectaire, il ne
00:07:52faut pas être dogmatique.
00:07:54Jean-Luc Mélenchon ne l'a pas compris.
00:07:56Lui, il fracture, il oppose, il instrumentalise les quartiers.
00:08:01Moi, je sais, j'étais maire longtemps.
00:08:03J'ai regagné d'ailleurs mon élection au premier tour.
00:08:04Il y avait une liste LFI.
00:08:06Il y avait cinq listes, dont quatre de gauche.
00:08:07J'ai fait 56%. Pourquoi ?
00:08:09Parce que quand on est maire, on travaille avec tout le monde.
00:08:12On est élu de tout le monde.
00:08:13On n'est pas élu d'un camp politique.
00:08:15Lui, il est dogmatique.
00:08:16Il n'a pas cette expérience de terrain de maire.
00:08:18Donc, c'est facile de manipuler.
00:08:20Moi, je ne suis pas là pour l'attaquer.
00:08:21Je suis là pour dire que la vraie victoire, c'est celle de travailler dans l'intérêt général,
00:08:25de travailler pour les Françaises et les Français.
00:08:27Et c'est possible.
00:08:28On n'est pas encore prêts.
00:08:29Vous avez raison de le dire.
00:08:31Et il faut qu'effectivement, la démocratie nous permet en France.
00:08:34On a cette chance, pas comme dans d'autres pays, comme dans des dictatures.
00:08:36On le voit en Iran.
00:08:38Nous, on ne massacre pas nos étudiants, nos jeunes dans la rue.
00:08:40On a cette chance de pouvoir nous exprimer.
00:08:43Donc, à partir de là, je crois qu'il faut essayer d'écouter.
00:08:46Mais comme pour cette affaire dont on parle avec l'Aïana, c'est terrible.
00:08:50C'est insupportable.
00:08:51C'est inadmissible.
00:08:52Quand des populations se mobilisent, il faut les écouter.
00:08:55Vous savez, quand j'étais maire, que des faits divers arrivaient.
00:08:58Il faut avoir ce que Darmanin a fait.
00:09:00Je vous rejoins tout à l'heure.
00:09:01Vous aviez raison.
00:09:02Il écoute parce qu'il a été maire de Tourcoing.
00:09:05Il sait.
00:09:06Et ensuite, il faut des propositions.
00:09:08Il faut que la justice reconnaisse ses difficultés et propose des perspectives.
00:09:13Mélenchon, lui, il fait le buzz.
00:09:15Vous dites que Jean-Luc Mélenchon ne s'ouvre pas aux autres.
00:09:17Vous avez dit qu'il était sectaire.
00:09:19Est-ce que ce serait souhaitable qu'il s'ouvre aux autres ?
00:09:22Ce serait souhaitable de s'allier à Jean-Luc Mélenchon ?
00:09:24Alors, nous, au niveau du Parti Socialiste, avec Olivier Faure et puis les écologistes, les communistes,
00:09:31on avait eu ce réflexe.
00:09:33qui, on ne peut ne pas être d'accord, vous pouvez ne pas être d'accord, on appelle ça l
00:09:36'union de la gauche.
00:09:37Moi, je suis né à Longoui, dans une ville de la sidérurgie, la capitale de la sidérurgie française.
00:09:42Je sais, je suis un enfant de l'union de la gauche.
00:09:44Et quand on disait union de la gauche, ce n'était pas une opposition forcément violente à la droite.
00:09:51C'était une possibilité d'opérer un changement.
00:09:53Maintenant, je crois que c'est dépassé.
00:09:55L'union de la gauche de Lionel Jospin, la gauche plurielle de Lionel Jospin, ce n'est pas l'union
00:09:59de la gauche de la NUPES et du Nouveau Front Populaire.
00:10:02Non, mais c'était une force.
00:10:03Il fallait faire avec et on s'est rendu compte avec le temps.
00:10:06Vous savez, on a voté un budget, on s'est fait traiter de collabo.
00:10:10Moi, je n'aime pas ces choses-là.
00:10:12Je n'aime pas parce que ce n'est pas le dialogue.
00:10:14Les Français ont besoin d'autre chose, d'un autre discours et il faut l'inventer, ce discours-là.
00:10:20Alors, c'est vrai qu'il y a le temps qui presse et c'est vrai qu'on n'est
00:10:23peut-être pas encore prêts.
00:10:24Mais les Français méritent qu'on y travaille.
00:10:27Il faut régler ça avec eux, il faut les écouter.
00:10:30Il est possible de le faire et vous avez raison de le dire.
00:10:34Et lui, c'est vrai qu'il va vite.
00:10:35Bon, après, on n'est pas là pour...
00:10:37Moi, je ne parle pas de lui, j'essaie de voir comment...
00:10:39J'ai rencontré M. Lecornu la semaine dernière.
00:10:41Un petit message était de dire qu'on a réussi des choses à l'Assemblée nationale avec toutes les tendances.
00:10:49Regardez, il y a eu une loi sur les caméras qu'on mettait dans les cellules pour les narcotrafiquants.
00:10:54Je suis de gauche, je n'ai pas suivi mon parti, j'ai voté avec ceux qui n'étaient pas
00:10:59de mon camp.
00:10:59Pourquoi ? Parce qu'il ne faut pas être sectaire.
00:11:01Je ne vais quand même pas donner les moyens à des gens qui flinguent depuis leur prison.
00:11:04Alors, pour revenir sur les propos de Jean-Luc Mélenchon.
00:11:07Jean-Luc Mélenchon accuse le Rassemblement national de diviser les peuples en ethnie et en religion.
00:11:13J'aimerais d'abord vous entendre sur ces propos.
00:11:15Alors, redit de voir exactement, Jean-Luc Mélenchon accuse...
00:11:19Le Rennes de diviser les peuples en ethnie et en religion.
00:11:24Oui, moi je ne rentrerai pas dans ce débat-là.
00:11:27Vous savez ce qu'il fait Jean-Luc Mélenchon ?
00:11:29Il cherche un match parce qu'il sait que la seule solution pour que lui réussisse,
00:11:33c'est d'avoir le Rennes et de jouer sur le vote utile et de faire ce que M. Macron
00:11:37avait fait.
00:11:38C'est un jeu dangereux.
00:11:39Je veux dire, ce n'est pas...
00:11:40Moi, mon programme ou le programme de la gauche ou le programme des démocrates,
00:11:44ce n'est pas l'attaque contre le RN.
00:11:46C'est un jeu qui pourrait être payant pour lui, selon vous ?
00:11:49C'est tout ce qu'on peut faire pour les Français.
00:11:50C'est un jeu qui pourrait être payant pour vous, selon vous,
00:11:52s'il se retrouve au deuxième tour face à Jordan Bardella ou à Marine Le Pen ?
00:11:55Il est stratégique. Le but, ce n'est pas de faire son procès.
00:11:58Moi, je préfère ne pas parler de lui.
00:11:59Pour moi, ce n'est pas qu'il n'existe pas.
00:12:01Il y a une force. Il faut savoir l'écouter aussi.
00:12:04Elle correspond, des besoins aussi, à cette jeunesse qui cherche quelque chose.
00:12:08Mais il ne faut pas la déboussoler, cette jeunesse.
00:12:10Et beaucoup de jeunes, d'ailleurs, reviennent en arrière et disent
00:12:12non, non, on ne va pas sur ce chemin-là.
00:12:14Parce qu'ils se rendent compte qu'il est catégorique, qu'il est sectaire.
00:12:18Et c'est des choses que les Français ne veulent pas.
00:12:21Vous savez, on l'a vu pendant les élections, nous.
00:12:23Les gens ont voté utile aussi contre lui.
00:12:26Mais l'extrême-gauche, je peux vous permettre,
00:12:27l'extrême-gauche a quand même cette capacité d'intimidation et d'influence aussi.
00:12:34sur la gauche dite républicaine et sur le centre aussi.
00:12:37On l'a vu à plusieurs moments, même quand ça a été lors des élections municipales ou législatives.
00:12:45Il y a aussi cette pression-là et même sur le logiciel comme tel.
00:12:48Donc, c'est sûr, la gauche, elle est fils, la gauche de Jean-Luc Mélenchon.
00:12:52Ça reste quand même, ça a quand même cette fameuse puissance, je vous dirais, en termes idéologiques.
00:12:58Vous le sentez. Et souvent, il y en a même du côté, je trouve, de la gauche dite républicaine
00:13:03qui se couchent un peu devant cette idéologie.
00:13:06Et on reste quand même devant quelque chose, une forme de populisme d'extrême-gauche.
00:13:10Et dans ce cas-ci, c'est plutôt côté LFI où on va racialiser,
00:13:15où on va, au contraire, créer des divisions.
00:13:17Et diviser, absolument. Stéphane Abreu.
00:13:19Et si vous n'êtes pas avec eux, vous êtes des ennemis.
00:13:22Et ça, c'est très, très difficile et c'est même dangereux pour une société.
00:13:26Vous savez, quand j'ai eu cet honneur de pouvoir mener une quatrième fois
00:13:30ma liste aux élections dans une ville de 30 000 habitants,
00:13:32on m'a dit qu'il faut travailler avec LFI.
00:13:34J'ai dit non. Pas avec le parti, avec des militants peut-être,
00:13:39à condition qu'ils soient ouverts, mais pas des gens qui sont comme ça formatés
00:13:44et puis qui sont dogmatiques et qui sont galvanisées.
00:13:50Moi, je ne supporte pas ça.
00:13:52Les Français méritent autre chose et les gens l'ont compris.
00:13:54Olivier Pardot.
00:13:56Pardon, M. le député. Moi, je ne suis pas du tout d'accord avec vous.
00:13:58Je vais vous le dire pourquoi.
00:14:00Moi, j'appartiens à une génération où, lorsque il y avait Jean-Marie Le Pen,
00:14:06raciste, antisémite, on ne pactissait pas avec lui d'une quelconque manière.
00:14:12Aujourd'hui, vous avez Jean-Luc Mélenchon passionnément antisémite
00:14:15et que vous ne mettiez pas une ligne rouge absolue en disant jamais avec lui
00:14:22parce que ce qu'il fait, c'est essayer de mettre des cibles dans le dos des Juifs français.
00:14:30Pour moi, ça devrait être une ligne absolue comme il y a eu une ligne absolue
00:14:35quand c'était Jean-Marie Le Pen.
00:14:36Je ne comprends pas, je ne comprends pas qu'on puisse faire des alliances
00:14:41et qu'on puisse être élu en demandant ces voix-là
00:14:46alors que vous êtes sans doute battu devant la même génération
00:14:51pour que la droite, par exemple républicaine, à l'époque du Front National,
00:14:55ne baptise jamais.
00:14:56Je n'arrive pas à comprendre comment, à un instant,
00:14:59quelqu'un qui est démocrate, quelqu'un qui est socialiste
00:15:02peut faire alliance avec un antisémite.
00:15:04Pour moi, ça dépasse l'entendement.
00:15:05Votre réponse, Stéphane Abloh.
00:15:06Alors, de ce point de vue-là, ça fait partie d'un débat,
00:15:10on n'est pas forcément d'accord sur l'idée.
00:15:13Quand on était candidat de l'Union de la Gauche aux législatives,
00:15:17tout de suite, et même sur votre plateau,
00:15:19quelques intervenants disaient les antisémites.
00:15:23Attendez, moi je veux dire, quand j'étais maire,
00:15:25j'ai vraiment une population avec 95 nationalités dans ma ville
00:15:30et j'ai baptisé la place Simone Veil et j'ai dit aux jeunes,
00:15:33mais il y a la mémoire de la Shoah.
00:15:35On a un devoir de mémoire et on ne renie pas ces choses-là
00:15:39et on ne pactise pas avec le diable.
00:15:41Et je pense que, sincèrement, parmi les militants de LFI,
00:15:46il y a des personnes qui sont sur cette ligne.
00:15:47Mais là, on parle de Jean-Luc Mélenchon qui est candidat
00:15:49à la présidence de la République.
00:15:51C'est pour ça que ce n'est pas...
00:15:53Soit c'est à votre adversaire, soit vous dites, un jour ou l'autre,
00:15:57je vais faire alliance avec nous.
00:15:59Moi, ça me pose un problème fondamental.
00:16:01Non mais, Maître Pardot a complètement raison.
00:16:04Ce qu'il dit est vrai pour la classe politique,
00:16:05c'est aussi vrai pour la classe médiatique.
00:16:07Parce que moi, je constate que la classe médiatique,
00:16:09en tout cas une partie de la classe médiatique,
00:16:10est en train, petit à petit, d'aider à être réhabilité.
00:16:15Parce qu'on a bien compris qu'il était dans une volonté de réhabilitation, désormais.
00:16:19Le meeting l'a montré.
00:16:20Il y a des drapeaux français, on a chanté la marseillaise.
00:16:21Mais absolument, on va en parler, justement.
00:16:22Il est en train de vouloir changer son image.
00:16:25Les médias devraient normalement être là
00:16:27pour rappeler qui est Jean-Luc Mélenchon.
00:16:30Moi, mon rôle de journaliste politique consiste et consistera
00:16:33à rappeler aux Français qui il est réellement.
00:16:35Je considère que ça fait partie de mon travail.
00:16:37Je regrette que ça ne soit pas le cas de l'ensemble de la presse
00:16:40qui, à l'époque de Jean-Marie Le Pen, en 2002,
00:16:43avait appelé à voter massivement pour Jacques Chirac.
00:16:46Les journalistes avaient pris personnellement position.
00:16:49Je considère, moi, que Jean-Luc Mélenchon
00:16:51représente au moins le même danger,
00:16:53si ce n'est plus que Jean-Marie Le Pen.
00:16:54On n'est pas encore au deuxième tour.
00:16:55Parce que lui est en capacité d'être élu.
00:16:58Ce n'était pas le cas de Jean-Marie Le Pen en 2002.
00:16:59Absolument, même si on n'est pas encore au deuxième tour
00:17:01de l'élection présidentielle.
00:17:02Alors, lors de ce meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis,
00:17:04il y a eu cette phrase scandée par des militants.
00:17:07« On est chez nous » et le maire de Saint-Denis,
00:17:10Balibagayoko, était justement interrogé sur cette phrase
00:17:12chez nos confrères de France 2.
00:17:14« On est chez nous » n'appartient pas à l'extrême droite.
00:17:17En revanche, ce qui est certain, c'est que tous celles et ceux
00:17:19qui considèrent qu'ils appartiennent à la République
00:17:21ont le droit de le dire.
00:17:22Et ce message est parti spontanément
00:17:25de la population qui était venue en ombre.
00:17:28Plus de 26 000 personnes se sont déplacées
00:17:29et ont scandé, en fait, ce message.
00:17:31Ce n'est pas le slogan de campagne
00:17:32de la grande nouvelle alliance populaire,
00:17:35mais c'est en tout cas le message
00:17:37que les personnes qui étaient présentes
00:17:39voulaient faire passer.
00:17:40Je suis très ravi, d'ailleurs, qu'ils assument
00:17:42aujourd'hui cette appartenance à la République
00:17:44en tant que telle.
00:17:45Et moi, je vais vous dire ce que je trouve plutôt ironique.
00:17:47Vous les avez vues, les images de ce meeting à Saint-Denis ?
00:17:49C'est-à-dire que là, on nous parle de cette phrase
00:17:52qu'on a souvent prêtée à des partis de droite,
00:17:54voire d'extrême droite.
00:17:55« On est chez nous », c'est ce que nous dit Balibagayoko
00:17:57à l'instant.
00:17:58Là, on l'entend scandé par des militants
00:18:00qui prônent la diversité,
00:18:01sauf que quand on regarde de plus près les images
00:18:04des personnes présentes lors de ce meeting,
00:18:07pardon, mais elle n'est pas très visible,
00:18:10justement, cette diversité.
00:18:11Je s'ajoute que quand on dit « on est chez nous »,
00:18:13ça veut dire que les hommes ne sont pas chez eux.
00:18:15Absolument.
00:18:16C'est ça que ça veut dire.
00:18:17Il faut l'entendre avec son contraire.
00:18:21Quand le Front national disait « on est chez nous »,
00:18:24c'était pour dire que les immigrés n'étaient pas chez eux.
00:18:26Et quand il dit « on est chez nous »,
00:18:29c'est la parole inversée.
00:18:30C'est-à-dire qu'eux sont chez eux
00:18:32et que les Français ne sont pas chez eux.
00:18:34Oui, mais sauf que quand vous regardez effectivement
00:18:35les personnes présentes,
00:18:36finalement, cette diversité, elle est très peu visible.
00:18:39Et Johan faisait aussi la référence à ce changement.
00:18:44On ne voyait pas souvent des drapeaux français
00:18:46comme ça lors d'un meeting de la France insoumise.
00:18:48Non, c'est vrai.
00:18:49On ne chantait pas toujours la Marseillaise non plus.
00:18:51C'est le moins que l'on puisse dire.
00:18:52Il y a toujours les drapeaux palestiniens,
00:18:53ils sont toujours là.
00:18:54Donc, on est à un an de l'élection présidentielle
00:18:56et naturellement, il va chercher à lisser son image,
00:18:59en quelque sorte, naturellement,
00:19:01à redevenir présentable et à redevenir fréquentable
00:19:03vis-à-vis de ses alliés ou de ses anciens alliés.
00:19:06Parce que la stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
00:19:07elle est claire.
00:19:08Effectivement, c'est d'affronter le Rassemblement national,
00:19:10Jean-Dame Bardella ou Marine Le Pen, au second tour.
00:19:12Et à ce moment-là, il compte sur les soi-disant
00:19:14grandes consciences, sur les hommes politiques de gauche,
00:19:17du centre, pour appeler à voter pour lui.
00:19:19Il mise là-dessus.
00:19:20Donc, pour que ce soit possible,
00:19:21il va essayer de faire oublier le diable qu'il est devenu,
00:19:24qu'il est devenu le diable de la République,
00:19:26comme Jean-Marie Le Pen l'a été autrefois.
00:19:28Il va chercher à gommer un peu cette image
00:19:31pour redevenir présentable
00:19:32et espérer l'emporter au second tour.
00:19:35Donc, je vous dis, il y a une responsabilité politique,
00:19:37mais aussi une responsabilité médiatique.
00:19:39Parce que le rôle des journalistes,
00:19:40c'est de rappeler qui il est réellement,
00:19:43le danger qu'il représente pour notre pays,
00:19:44ce qu'il a pu dire autrefois,
00:19:46et ne pas oublier ses paroles d'hier.
00:19:48Oui, vous avez raison de dire,
00:19:49hier, parce qu'autrefois,
00:19:50ce n'était pas très loin.
00:19:51Il y a eu la dernière déclaration.
00:19:52Il y a encore quelques jours seulement.
00:19:54Il y a encore quelques jours seulement, absolument.
00:19:55Stéphane Abloh.
00:19:56Vous vous faisiez allusion à Jean-Marie Le Pen.
00:20:00C'est vrai, vous avez raison de le citer.
00:20:02Moi, quand j'étais plus jeune,
00:20:04c'était lui qui avait dit
00:20:06du rafour crématoire,
00:20:09détail de l'histoire.
00:20:12Donc, c'était grave.
00:20:14Là, je reviens sur les images de la diversité.
00:20:18Epstein, ça vaut du rafour crématoire.
00:20:20Parce que ça veut dire exactement
00:20:22la même chose,
00:20:23campé à Tel Aviv,
00:20:24on en passe à des meilleurs.
00:20:25La laisse qui tient Jérôme Dèche.
00:20:27Il y en a autant.
00:20:29Malheureusement, il y a les mêmes choses.
00:20:30Des sorties comme celle-ci,
00:20:32il y en a autant.
00:20:32Ils ont plus de la part de Joël Mélenchon.
00:20:34Je ne défends pas parce qu'effectivement,
00:20:36il y a une affiche qui est sortie,
00:20:37qui faisait référence aux années 30 de LFI.
00:20:41Mais après, vous parliez tout à l'heure...
00:20:42Mais est-ce que ce n'est pas une limite pour vous ?
00:20:44Est-ce que ce n'est pas une limite absolue ?
00:20:47C'est ça la question que vous parlez ?
00:20:48Bien sûr.
00:20:49Tout à l'heure, vous faisiez allusion.
00:20:51Je me permets de vous donner un témoignage.
00:20:54Peut-être que vous allez me convaincre,
00:20:56mais j'aimerais vous convaincre.
00:20:58Je vous le dis,
00:20:58j'ai été maire d'une ville de 30 000 habitants
00:21:00où les gouvernements de droite et de gauche...
00:21:03Je ne cherche pas à vous convaincre, Stéphane Abouin.
00:21:05... ont positionné des populations étrangères.
00:21:09Vous savez comment on faisait ?
00:21:10Comment ils faisaient ?
00:21:11Il fallait les positionner
00:21:13parce qu'ils venaient de pays en difficulté.
00:21:15On en mettait dans les quartiers.
00:21:16Et résultat, ça faisait des ghettos.
00:21:19Donc, effectivement, cette diversité-là,
00:21:22ce n'est pas les gens eux-mêmes.
00:21:23Les gens nous disaient,
00:21:24mais arrêtez de nous mettre tous ensemble là
00:21:25parce qu'après, on développe des replis sur soi,
00:21:27du communautarisme.
00:21:28Mais ce n'est pas bon, ça.
00:21:29Ce n'est pas bon.
00:21:30Donc, quand vous dites ça,
00:21:31les gens qui sont venus,
00:21:33qui respectent la France,
00:21:34qui s'intègrent, etc.,
00:21:35sont chez eux.
00:21:36Donc, lui, il joue
00:21:37et c'est un peu manipulatoire, évidemment.
00:21:39Mais il ne faut pas non plus stigmatiser.
00:21:41Il faut au contraire.
00:21:42Nous, c'est ce qu'on fait.
00:21:43On démolit ces grandes tours
00:21:45et on crée une mixité géographique.
00:21:50Est-ce que vous ne croyez pas
00:21:50que la France insoumise, justement,
00:21:52a instrumentalisé, justement,
00:21:54et stigmatisé les premiers,
00:21:56cette diversité et ces différences-là,
00:21:58en les affichant, justement, régulièrement ?
00:21:59Moi, ce que je sais,
00:22:00sans parler d'eux,
00:22:01il faut absolument casser ces ghettos.
00:22:03On ne peut pas laisser le communautarisme se développer.
00:22:06Ce n'est pas bon pour la République.
00:22:07On va remercier Yohann Uzaï.
00:22:08Merci, Yohann.
00:22:09À demain.
00:22:09Bonne soirée.
00:22:10On continue, évidemment, de débattre
00:22:12et on va revenir, évidemment,
00:22:13sur le drame autour de l'affaire Liyana
00:22:15avec les toutes dernières informations,
00:22:16les dernières images de la soirée
00:22:19et les derniers éléments de l'enquête.
00:22:20Restez avec nous sur CNews.
00:22:24Le meilleur de l'info.
00:22:25Merci de nous rejoindre sur ce plateau.
00:22:28On est en direct jusqu'à minuit.
00:22:30Tout de suite, c'est le point sur l'actualité,
00:22:31le rappel des derniers titres
00:22:32avec Isabelle Piboulot.
00:22:34Bonsoir, Isabelle.
00:22:38Bonsoir, Mickaël.
00:22:39Bonsoir à tous.
00:22:39À la une, les Français mobilisés
00:22:41dans l'espoir d'un sursaut de la justice
00:22:44après l'indignation autour de l'affaire Liyana.
00:22:47Près de 200 rassemblements ont eu lieu
00:22:49devant les tribunaux de dizaines de villes du pays.
00:22:52Toulouse, Hoche, Agin, Lyon.
00:22:54Des milliers de personnes venus exprimer leur colère
00:22:56face à un système bancal à Paris.
00:22:59Selon la préfecture de police,
00:23:001 200 personnes se sont rassemblées
00:23:02devant le ministère de la Justice.
00:23:04Place Vendôme, 1 700 place Lépine.
00:23:07Patrick Bruel placé en garde à vue ce matin à Paris
00:23:10pour agression sexuelle et tentative de viol.
00:23:13Une audition sur des faits datant de 1997 à 2012
00:23:17concernant 13 victimes,
00:23:19soit une partie des accusations reprochées aux chanteurs.
00:23:22À noter que deux nouvelles plaintes pour viol
00:23:24ont été déposées contre l'artiste
00:23:26les 27 mai et 3 juin.
00:23:28Dans le Val d'Oise,
00:23:30un homme de 32 ans est décédé hier soir
00:23:32à l'hôpital de Percy Clamart.
00:23:34Il a succombé à ses blessures par balles.
00:23:36Les faits sont survenus à Cormeil, en Parisie.
00:23:39La victime était en partie connue de la justice
00:23:41pour association de malfaiteurs.
00:23:43Une enquête pour meurtre en bande organisée
00:23:45a été ouverte.
00:23:47Grève SNCF mercredi.
00:23:49Des perturbations sont attendues,
00:23:50avec en moyenne un TGV sur trois annulés,
00:23:54un intercité sur deux
00:23:55et un trafic régional fortement touché,
00:23:58notamment en Ile-de-France.
00:23:59Quatre syndicats appellent à la mobilisation
00:24:01pour réclamer un moratoire
00:24:03sur l'arrivée de la concurrence.
00:24:05Et puis, les hostilités se poursuivent
00:24:07dans le sud du Liban.
00:24:09Une frappe israélienne a fait plusieurs victimes
00:24:11dans la ville de Tir.
00:24:12Tsaal ne cesse de viser les cibles du Hezbollah
00:24:15en dépit des menaces de nouvelles représailles
00:24:17de Téhéran.
00:24:18La République islamique a lancé plusieurs missiles
00:24:21contre l'État hébreu
00:24:22entre hier et aujourd'hui.
00:24:25Merci beaucoup Isabelle.
00:24:26On vous retrouvera minuit
00:24:27pour l'édition de la nuit.
00:24:29Le meilleur de l'info avec toujours
00:24:30Karim Abrik, Benjamin Comboulivre,
00:24:32Maître Olivier Pardot,
00:24:33Stéphane Ablo, député de la deuxième circonscription
00:24:35de Meurthe et Moselle,
00:24:37et puis Christophe Héoche-Duval,
00:24:38haut fonctionnaire juriste.
00:24:40Merci d'être avec nous.
00:24:41L'information ce lundi,
00:24:42c'est avant tout la colère
00:24:44qui a gagné le pays.
00:24:45Les Français marqués par le drame
00:24:47autour du meurtre de la petite Liana.
00:24:50Un drame qui aurait pu et aurait dû être évité.
00:24:53Et des Français interdits
00:24:54de manifester aujourd'hui
00:24:56devant le ministère de la Justice,
00:24:58place Vendôme,
00:24:58par la préfecture de police de Paris
00:25:00qui a mis en avant la menace terroriste
00:25:01et le contexte particulièrement sensible.
00:25:04Interdiction qui n'a pas été respectée
00:25:06au cri de Darmanin d'émission.
00:25:08« Plus jamais ça ! Plus jamais ça ! Plus jamais ça ! Plus jamais ça ! Plus jamais ça
00:25:23! Plus jamais ça ! Plus jamais ça ! On t'a la justice ! On t'a la justice
00:25:27! On t'a la justice ! On t'a la justice ! »
00:25:41Voilà pour ces images de la place Vendôme à Paris où se trouvait notre journaliste police-justice Célia Barotte.
00:25:48Des milliers de personnes se sont rassemblées place Vendôme.
00:25:51D'abord autorisé, ce rassemblement a ensuite été interdit par la préfecture de police de Paris
00:25:56qui a délocalisé ce rassemblement en face du palais de justice de Paris qui se trouve sur l'île de
00:26:02la cité.
00:26:03En tout cas ici, de nombreuses personnes ont réussi à faire céder les barrages des forces de l'ordre.
00:26:07Ils souhaitaient scander leur colère au pied du ministère de la Justice.
00:26:11C'était symbolique pour eux de montrer leur colère, de montrer leur protestation et de demander une justice qui protège
00:26:17les enfants.
00:26:18Ils ont également scandé la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin à signaler également la présence de Femen.
00:26:24En tout cas ici, ce que l'on pouvait dire sur cette mobilisation à Paris pour l'IHANA, c'est
00:26:28qu'elle était très importante, très en colère, très puissante
00:26:31et que de nombreuses personnes sont restées jusque très tard malgré la pluie.
00:26:35Voilà, Célia Barod devant le ministère de la Justice, place Vendôme à Paris.
00:26:40Et on peut d'ailleurs se poser la question, Maître Olivier Pardot, est-ce qu'il n'y a pas
00:26:44eu une faute politique, disons,
00:26:47de chercher à interdire cette manifestation ? On comprend évidemment la colère, colère symbolique, nous disait Célia Barod, colère légitime
00:26:55aussi.
00:26:55Est-ce que finalement le fait d'avoir voulu l'interdire, elle a finalement eu lieu ?
00:26:59Est-ce que c'était forcément nécessaire de la part de la préfecture ?
00:27:03Bon, il faut dire les choses comme elles sont.
00:27:05C'est-à-dire que Gérald Darmanin a fait, jusqu'à la découverte de ces événements, depuis la découverte de
00:27:12ces événements, un parcours sans faute.
00:27:14C'est-à-dire qu'au-delà de ces déclarations, il a réuni les procureurs généraux de toute la France,
00:27:21il leur a demandé de reprendre les 70 000 dossiers qui concernent les enfants,
00:27:27d'examiner où on en est face à la catastrophe, c'est ce qu'il fallait faire.
00:27:35Ensuite, la manifestation a été autorisée puis interdite.
00:27:38Je remarque que, non-obstant cette interdiction, cette manifestation a eu lieu.
00:27:42C'est-à-dire qu'il n'a pas envoyé les CRS pour disperser la foule, donc il a pris
00:27:48conscience de ces éléments.
00:27:49Il reste un élément, moi, monsieur le député, pardon de vous prendre la partie, mais qui me choque profondément.
00:27:56Il a fallu attendre ce drame horrible, la mort d'une enfant, pour que les politiques prennent conscience de l
00:28:05'urgence.
00:28:06Mais tout le monde dans le milieu professionnel sait ce qui se passe.
00:28:11Tout le monde a alerté. Faut-il la mort d'une enfant pour qu'on puisse enfin prendre des mesures
00:28:20?
00:28:20C'est cela qui me heurte.
00:28:22Vous avez raison, mais moi, j'ai même envie d'aller plus loin.
00:28:24Vous dites qu'il a fallu attendre ce drame pour que les politiques prennent conscience,
00:28:28mais est-ce que cette prise de conscience va suffire ?
00:28:31Mais attendons de voir. Moi, je suis militant de réformes radicales.
00:28:36La réforme radicale, par exemple, c'est la création d'un parquet national pour la défense des enfants et les
00:28:46féminicides et les violences sexuelles.
00:28:48Pourquoi ? Pas parce que je pense que c'est une organisation administrative qui va changer les choses.
00:28:53Parce que quand je regarde ce qui s'est passé sur l'INA, je constate deux choses.
00:28:58Un, c'est qu'il a fallu un temps fou pour que de Toulouse, à Hoche, le dossier circule.
00:29:03S'il y avait un parquet national, ça serait fait immédiatement.
00:29:07Et puis, on met où les priorités ? On met où les priorités ?
00:29:11Il y a un parquet national financier.
00:29:14Qu'est-ce qu'on veut ? Qu'est-ce qui est plus important ?
00:29:16Qu'un prédateur sexuel, comme celui qui est suspecté de l'être, présumé innocent, mais suspecté de l'être,
00:29:23soit en prison ou qu'un ancien président de la République soit en prison ?
00:29:27Ce sont des choix. Quand on dit prioriser, ça veut dire quoi ?
00:29:31À quel moment est-ce qu'on met une personne qui est un danger pour la société, qui est un
00:29:34danger pour nos enfants, hors d'état de nuire ?
00:29:36Mais Michael, quand on dit prioriser, vous avez une justice qui n'a pas beaucoup de moyens.
00:29:40Ce n'est pas une excuse.
00:29:42À ce moment-là, quand vous n'avez pas beaucoup de moyens, vous mettez les priorités là où vous voulez.
00:29:46La justice financière est une justice qui dépense énormément d'argent, sans doute à raison,
00:29:51pour faire des opérations avec des commissions rogatoires internationales, avec des centaines, des milliers d'heures.
00:29:58Et on nous parle régulièrement de surpopulation carcérale.
00:30:00Et en même temps, vous avez des dangers publics qui restent dix mois sans être entendus par la police.
00:30:09Mais vous avez raison quand vous parlez de priorité, c'est-à-dire qu'on ne cesse de nous répéter
00:30:12qu'il y a un problème de surpopulation carcérale.
00:30:16Évidemment qu'on peut l'entendre. Évidemment que c'est un fait.
00:30:19Et que même si la question des moyens, aujourd'hui, évidemment, on s'interroge, on se dit que ce n
00:30:24'est pas qu'un problème de moyens.
00:30:25Mais en ce qui concerne la surpopulation carcérale, c'est un problème de moyens.
00:30:29Toujours est-il que lorsqu'il s'agit de mettre un ancien président de la République derrière les barreaux, là,
00:30:33tout de suite, on trouve de la place.
00:30:34Avec deux places de prison.
00:30:37Absolument. Stéphane Abloh.
00:30:40Alors, ce qui vient d'être dit, personnellement, je le partage, d'autant plus que j'apporterai une petite nuance.
00:30:48Je pense qu'on peut se mettre d'accord.
00:30:50Il y a des élus qui font leur travail.
00:30:52Je tiens à rendre hommage à un élu qui n'est pas de mon bord politique.
00:30:55C'est David Topiak, c'est le député du Gers, là où ça s'est situé,
00:30:59qui avait déjà alerté depuis un an les difficultés au tribunal d'Oche.
00:31:04Moi-même, dans ma circonscription et dans mon département, au tribunal de Brier,
00:31:08je suis allé voir madame le procureur ou dans d'autres endroits.
00:31:11Il y a des tribunaux qu'il faut refaire.
00:31:14Il y a des moyens à donner.
00:31:15C'est insupportable d'avoir vécu cette situation quand on sait qu'une personne vient,
00:31:20des parents avec des radios pour dire lésion anal, lésion vaginale à un gendarme
00:31:27et qu'il n'y a pas de retour avec quelqu'un qui a été déjà repéré.
00:31:31C'est insupportable.
00:31:32Après, on ne peut pas dire que les choses ne soient pas anticipées chez certains élus.
00:31:37Les maires, notamment, secouent le cocotier, mais il n'y a pas toujours de réponse.
00:31:41Et vous le disiez, vous avez raison, on ne va pas incriminer M. Darmanin.
00:31:46Il ne faut pas le lyncher non plus.
00:31:48Il y a une population qui dit que Darmanin a démission.
00:31:51Il a interdit, mais il n'a pas non plus envoyé les CRS.
00:31:54Heureusement, il a peut-être fait une erreur parce qu'on se souvient,
00:31:58quand il y avait l'époque des Gilets jaunes, des manifestations qui étaient interdites aussi.
00:32:01Il faut laisser dans la colère s'exprimer les habitants.
00:32:06Après, il faut les écouter.
00:32:07Il faut savoir comment traduire les réponses.
00:32:09Mais vous avez raison.
00:32:11Mais ce n'est pas un problème de moyens.
00:32:12L'affaire de la petite IANA, c'est-à-dire ce qui s'est passé avec l'affaire précédente,
00:32:17ce n'est pas un problème de moyens.
00:32:18Il y a les responsabilités individuelles qui doivent être stigmatisées.
00:32:22Le tribunal de Hoche n'est pas un tribunal débordé.
00:32:26La gendarmerie n'est pas débordée.
00:32:28Ce n'est pas vrai de dire les moyens.
00:32:30Les moyens, c'est trop facile.
00:32:31Les moyens, ça reste un problème.
00:32:33Mais ça reste un problème, mais pas dans cette affaire-là.
00:32:36Benjamin Comboulivre.
00:32:36C'est intéressant justement de rebondir sur ce que vous expliquez
00:32:39parce qu'on n'est absolument pas en train de dire qu'il n'y a pas de responsabilité individuelle.
00:32:43Il y a une enquête administrative en cours.
00:32:44Et s'il y en a, elles sont confrontées, il y aura des sanctions.
00:32:48Ça ne fait pas l'ombre d'un doute vu la façon dont les choses s'organisent.
00:32:53Néanmoins, et nous on est favorable au fait qu'on puisse sanctionner dans l'absolu des magistrats
00:32:56s'il y a un manquement, s'il y a une faute professionnelle qui a des conséquences dramatiques,
00:33:00s'il y a une idéologie politique qui dicte les décisions
00:33:02plutôt que le fait de poursuivre un objectif de justice.
00:33:05C'est évident, il faut pouvoir le faire.
00:33:07Maintenant, ce qu'il ne faut pas, c'est tomber dans un autre piège
00:33:09qui serait de trop vouloir uniquement avoir l'axe de la responsabilité individuelle
00:33:15parce qu'on n'a pas les moyens, parce qu'on n'a pas le budget d'aller chercher des
00:33:18problèmes de fond.
00:33:19Et c'est vrai que dans le récit politico-médiatique ambiant,
00:33:23on est quand même beaucoup là-dessus, sur la solution un petit peu de facilité
00:33:27qui est de dire, écoutez, on va couper une tête,
00:33:29comme ça le problème c'était lui, en l'occurrence c'était elle avec la procureure de hoche,
00:33:33et comme ça le problème est réglé.
00:33:34On a agi vite, on a eu une sanction, on a circulé, il n'y a rien à voir.
00:33:37L'autre option, c'est de se confronter au dysfonctionnement structurel.
00:33:42Là, ça demande beaucoup plus de temps, ça demande beaucoup plus de budget,
00:33:45et vous remarquerez qu'on n'a pas le droit de parler de budget.
00:33:48Que ça vienne du président ou alors du ministre aujourd'hui
00:33:51qui a expliqué que M. Dupond-Moretti avait obtenu un budget faraminé pour la justice,
00:33:54il faut applaudir dès demain.
00:33:56Le résultat, en fait, c'est que ça ne tourne pas rond.
00:33:59Bien sûr, mais après, c'est peut-être aussi une façon de se dire
00:34:02qu'il y a des problèmes sur lesquels on ne s'est pas penché jusque-là,
00:34:06et sur lesquels, à un moment donné, il va falloir vraiment s'intéresser de plus près,
00:34:11et évidemment que la question du budget, elle existe aussi,
00:34:14mais qu'à un moment donné, il ne faut pas que cette question du budget
00:34:17et cette question des moyens, elles viennent finalement cacher l'arbre,
00:34:23elles viennent, l'arbre qui cache la forêt ?
00:34:25C'est ça qu'elles deviennent, l'arbre qui cache la forêt, voilà.
00:34:28Absolument.
00:34:29C'est des dysfonctionnements structurels qui engendrent les fautes individuelles.
00:34:33C'est ça qui peut apparaître.
00:34:35C'est clair qu'en termes de budget, en fait, le souci,
00:34:37ce n'est pas du tout de savoir si on a augmenté le budget.
00:34:39Tout le monde s'en fout de ça.
00:34:40Les gens, ils veulent savoir si la justice fonctionne,
00:34:42pas si le budget a été augmenté.
00:34:43Et là, ce qu'on a, c'est trois fois moins de magistrats que la moyenne européenne,
00:34:46c'est des procédures de plus en plus nombreuses
00:34:48et une justice qui ne fonctionne pas.
00:34:50C'est ça ce que les gens voient et c'est contre ça qu'ils manifestent,
00:34:53contre la justice qui ne fonctionne pas.
00:34:55J'ai entendu personne dire démission pour la procureure de Hoche.
00:34:57Non, mais en tous les cas, les gens veulent comprendre ce qui s'est passé.
00:35:00C'est sûr parce qu'il y a un vrai souci d'incompréhension.
00:35:02Ils veulent évidemment une justice qui fonctionne.
00:35:05Et sur la question justement des responsabilités,
00:35:07il y a celle évidemment dont on parle beaucoup, celle des magistrats.
00:35:11En tous les cas, c'est la question qui se pose autour de la responsabilité des magistrats
00:35:15car c'est vraisemblablement tout un système aujourd'hui qu'il faudrait revoir.
00:35:18Écoutez ce que disait Pierre Maricev.
00:35:20Il est directeur de l'Institut de la Justice.
00:35:21Il était dans Punchline aujourd'hui sur CNews.
00:35:24Cette affaire-là, quoi qu'en disent les conclusions de l'inspection générale,
00:35:29remettent la lumière sur certains sujets.
00:35:31Je pense au sujet de la responsabilisation des magistrats
00:35:34qui est difficile à mettre en œuvre actuellement.
00:35:36Je pense que le juge des juges,
00:35:39qui est le conseil supérieur de la magistrature,
00:35:41pose des problèmes dans sa composition.
00:35:43C'est mon avis.
00:35:44Le fait que la moitié de sa composition soit des magistrats élus sur des listes syndicales,
00:35:49ça c'est une réforme des années 90.
00:35:52Pour moi, ça pose problème puisque ça peut poser,
00:35:55au moins ça prête le flanc à la critique sur le corporatisme.
00:35:58Et peut-être même que quand on voit la légèreté de certaines sanctions,
00:36:01on peut penser que ça a un effet concret.
00:36:05Christophe et Hoche Duval,
00:36:06les magistrats ont-ils des comptes à rendre aux Français ?
00:36:09Il me semble que oui.
00:36:10Ne devraient-ils pas donc faire preuve de davantage de transparence concernant leurs décisions ?
00:36:17Merci de m'interroger.
00:36:18D'abord, je voudrais bien sûr m'incliner devant les parents de cette petite Liana.
00:36:24Il faut toujours penser à ça.
00:36:25C'est la première fois que j'ai vu que la victime a rapidement eu son prénom dévoilé.
00:36:31Alors qu'en général, je me plains du fait que la presse ne donne jamais de prénom aux victimes.
00:36:36Donc là, ça a été fait et tant mieux.
00:36:38Et d'ailleurs, je vois que les Français se sont appropriés ce prénom, c'est important.
00:36:43Alors, sur la question de la responsabilité des magistrats,
00:36:46bien sûr, d'abord c'est l'article 15 de la Déclaration des reloignes du citoyen.
00:36:53Tout agent public doit rendre compte de son activité, de son emploi public.
00:36:59Donc ça ne s'échappe pas du tout aux magistrats eux-mêmes, qu'ils soient d'ailleurs administrat judiciaire ou
00:37:03magistrats administratifs.
00:37:05Après, effectivement, c'est vrai qu'une réforme par Sarkozy a été faite de l'article 165 de la Constitution.
00:37:10Et il faut dire les choses qu'elles sont, c'est une mauvaise réforme qui a été faite.
00:37:15Presque une technocratisation d'ailleurs de la Constitution, puisque cet article bavard nous laisse aujourd'hui dans aucune situation de
00:37:22pouvoir,
00:37:22par la loi organique d'application des magistrats, l'ordonnance de 1958, pouvoir bouger les curseurs.
00:37:29Il faudrait faire simplement une réforme constitutionnelle rien que pour ce sujet.
00:37:34C'est absolument aberrant.
00:37:35On voit d'ailleurs, je suis par ailleurs un spécialiste de l'inflation des normes,
00:37:39où nous mène cette folie normative qui fait écrire des choses qu'après on regrette parce qu'elle nous en
00:37:44sert.
00:37:45Alors j'ai regardé les statistiques effectivement, puisque quand même en 2008 aussi, malgré tout,
00:37:49a été permis de permettre des particuliers, donc des justiciables, de se plaindre de leur magistrat.
00:37:57Et ce n'est pas anormal en soi.
00:37:59Il y a eu 391 affaires portées par des particuliers justiciables.
00:38:05Et il y a eu un renvoi en conseil de discipline.
00:38:08Un seul renvoi sur 391 ?
00:38:10C'est-à-dire que c'était un alambic.
00:38:12Des dizaines de tonnes de pommes à faire macérer pour avoir une goutte de cavados ou de...
00:38:20Ça veut dire quoi ?
00:38:21Ça veut dire que pour le moment, les juges, les magistrats, on les laisse tranquilles ?
00:38:24Ça veut dire forcément que déjà en lui-même, c'est en soi un dysfonctionnement.
00:38:27Je connais bien par exemple la justice disciplinaire des professions médicales,
00:38:34où d'ailleurs au passage, la loi Kouchner en 2002 a permis que n'importe qui puisse accéder au prétoire
00:38:39des ordres de santé.
00:38:42Le corporatisme a été cassé en quelque sorte par le fait que toute victime peut demander des comptes.
00:38:48Il n'y a que 43%.
00:38:49Je vais vous redonner la parole.
00:38:51Écoutez justement notre journaliste Valentin Rouillon.
00:38:53Un magistrat peut-il être sanctionné ?
00:38:55La réponse est oui, vous nous le dites, sur le principe.
00:38:58Comment ça fonctionne ?
00:39:00Pourquoi ?
00:39:00Valentin Rouillon nous explique comment se déroulent les saisines justement de la magistrature.
00:39:06Écoutez.
00:39:07C'est le Conseil supérieur de la magistrature, le CSM,
00:39:10qui est chargé d'examiner et de sanctionner les éventuelles fautes disciplinaires des juges et des procureurs.
00:39:14On parle de saisines.
00:39:16Cela correspond à l'ouverture d'une procédure disciplinaire à l'encontre d'un magistrat.
00:39:20C'est toujours à l'initiative du ministre de la Justice, d'un chef de cour ou dans certains cas
00:39:25d'un justiciable.
00:39:26Et ces saisines, elles sont en nette hausse depuis 2021.
00:39:29Cette année-là, le CSM a enregistré 20 procédures disciplinaires, un record sur la période.
00:39:35Après 11 saisines en 2022, 7 ans en 2023.
00:39:38Le chiffre est remonté à 11 en 2024, puis à 13 en 2025.
00:39:43À titre de comparaison, entre 2016 et 2020, le nombre de saisines aussi entre 3 et 6 par an.
00:39:50Mais alors, pour quel genre d'affaires ?
00:39:52C'est pour des infractions pénales et des comportements délictuels que les magistrats ont le plus été poursuivis.
00:39:57On en compte 24 depuis 2016.
00:40:01Juste en dessous, 19 saisines pour notamment atteinte à l'image de l'institution.
00:40:06En revanche, les sanctions, elles restent relativement rares.
00:40:10En 10 ans, le CSM a prononcé 53 sanctions disciplinaires.
00:40:14On vous en a pris quelques extraits.
00:40:16Les mesures les moins sévères sont le blâme prononcé à 9 reprises, le déplacement d'office 8 fois,
00:40:21et l'abaissement d'échelon accompagné d'un déplacement d'office 7 fois.
00:40:25À l'inverse, les sanctions les plus lourdes sont beaucoup plus exceptionnelles.
00:40:28La révocation n'a été prononcée que 2 fois en 10 ans.
00:40:31L'admission a cessé ces fonctions qui entraînent également un départ forcé.
00:40:35N'a concerné que 2 magistrats.
00:40:37Et enfin, la suspension de l'exercice des fonctions n'a été prononcée qu'une seule fois.
00:40:42Et les plaintes des justiciables, elles aboutissent encore plus rarement.
00:40:45En 2025, sur 391 décisions rendues, 303 ont été jugées irrecevables, 87 rejetées,
00:40:53et une seule, seulement, a conduit au renvoi d'un magistrat devant une audience disciplinaire.
00:40:58Des chiffres qui alimentent donc aujourd'hui ce débat sur l'efficacité des contrôles exercés sur la magistrature
00:41:03et sur l'adéquation entre les fautes commises et les sanctions prononcées.
00:41:07C'est en tout cas ce que veut réviser Gérald Darmanin.
00:41:10C'est vrai que, Maître Olivier Pardot, que ces chiffres paraissent invraisemblables.
00:41:15Alors, la question de la responsabilité des magistrats, c'est une question complexe.
00:41:19Pourquoi ? D'abord, beaucoup de décisions sont rendues collégialement.
00:41:24Ça, c'est le premier point.
00:41:26Deuxième point, quand vous êtes mécontent de la décision d'un juge,
00:41:30vous avez généralement une voie qui s'appelle l'appel.
00:41:33Si chaque fois qu'il y avait une réformation par la Cour d'appel,
00:41:37on considérait que le juge a commis une faute en condamnant, en libérant,
00:41:42ça serait un sujet parce qu'à ce moment-là, il y aurait des centaines et des centaines de procédures.
00:41:49Donc, ça, c'est un point qu'il faut comprendre en soi.
00:41:54Collégialité, voie de recours.
00:41:56Maintenant, les cas, moi je les connais, ces cas.
00:41:59Si vous voyez la dimension des fautes qui ont été faites,
00:42:02alcoolisme, prévarication, atteinte sexuelle,
00:42:08il faut y aller pour passer en disciplinaire.
00:42:11En réalité, qu'est-ce que veulent les gens ?
00:42:14Ils veulent se dire deux choses.
00:42:16Vous prenez l'affaire Doutreau et vous prenez l'affaire Liana,
00:42:20qui sont les deux opposés.
00:42:22L'affaire Doutreau, c'était, je crois la parole des enfants et des adultes,
00:42:26je suis manipulé, je mets des innocents en prison,
00:42:29je brise leur vie.
00:42:30L'affaire du juge Lambert, sanctions, je l'ai retrouvée comme procureur à Paris.
00:42:34Vous voyez que, et l'affaire Liana,
00:42:38Haro sur le procureur Doche, on verra ce que ça donnera.
00:42:41Ce sont deux extraits.
00:42:43Les gens disent, quand un juge met en liberté une personne,
00:42:48que cette personne commet un crime,
00:42:50le juge a une responsabilité.
00:42:53Ça, c'est compréhensible.
00:42:55Pour qu'on comprenne bien, parce qu'on parle ici de fonctionnaires,
00:42:59la responsabilité des fonctionnaires, on est tous des magistrats.
00:43:02Les magistrats, pas tout à fait des fonctionnaires, mais peu importe.
00:43:04On parle de magistrats, on parle de personnes qui sont payées par l'argent des Français.
00:43:10Oui.
00:43:12Et dont on estime qu'ils sont censés être des justiciables, évidemment, comme les autres.
00:43:17Lorsqu'il y a des procédures, au sein, par exemple, de la police, aujourd'hui,
00:43:21Benjamin Comboulive,
00:43:22est-ce qu'on observe des chiffres similaires à ceux qu'on vient de voir
00:43:26sur le nombre de procédures qu'il peut y avoir au sein de la police
00:43:32qui vont aboutir sur des cas,
00:43:36sur des vraies sanctions de ces policiers ?
00:43:39Vous allez me dire que non ?
00:43:40Non, bien entendu.
00:43:41Maintenant, ça dépend aussi des faits dont on parle.
00:43:44Les faits dont vous parlez, c'est par exemple des faits d'alcoolisme ou autre.
00:43:47Ce sont des choses, entre guillemets,
00:43:49qui sont hors service.
00:43:51Donc, je ne sais pas combien accueil que ce soit comparable,
00:43:53réellement, le policier va être sanctionné pour ce qu'il a fait concrètement sur le terrain.
00:43:58Et là où ça se rejoint, c'est que c'est dans le cadre de son travail
00:44:02que le policier fait un acte parce qu'il réagit à une situation professionnelle
00:44:07qui s'impose à lui.
00:44:08Il essaye soit de se protéger lui-même, soit de protéger les autres.
00:44:11Et puis après, on vient dire qu'il y a un souci.
00:44:13Et effectivement, lui, il ne manquera pas d'être sanctionné.
00:44:15Vous avez l'enquête administrative, l'enquête de l'IGPN,
00:44:18les sanctions potentielles de la justice.
00:44:20Sur les magistrats, c'est évident, à nos yeux en tout cas,
00:44:23c'est évident qu'il faut une responsabilisation,
00:44:24une possibilité de sanctions plus ferme.
00:44:27Mais en cas de manquement, en cas de manquement grave.
00:44:29Là, le risque, encore une fois, il y a une enquête administrative
00:44:31qui est en cours et on pourra parler de façon éclairée
00:44:33quand on en aura les conclusions.
00:44:35Mais le risque, ce serait de sanctionner quelqu'un
00:44:37parce qu'il est saturé de dossiers.
00:44:39Et là, pour le coup, ça ne tient pas.
00:44:41Parce que c'est ça, la toile de fond, j'en viens là-dessus,
00:44:43mais c'est le fait qu'il y a le feu à tous les étages
00:44:46et qu'on le savait malheureusement bien avant
00:44:48le drame de la petite Lilliana.
00:44:50Je veux dire, on n'avait pas besoin de ce drame
00:44:52pour savoir que les magistrats sont débordés,
00:44:55ça tuerait de dossiers,
00:44:56qu'ils se plaignent de complexification de procédures.
00:44:58Même les avocats se plaignent parce qu'il y a des dossiers perdus,
00:45:01il y a des manques.
00:45:02Et puis alors, les enquêteurs de la brigade des mineurs,
00:45:04pour vous faire un retour,
00:45:06vous avez des collègues qui sont complètement noyés
00:45:09également sous des procédures,
00:45:10avec parfois 60, 100, 150 procédures par tête
00:45:12et qui ne peuvent pas tout maîtriser.
00:45:14Mais Benjamin, on se rejoint dans ce que vous dites.
00:45:17C'est-à-dire, ce que veulent les gens,
00:45:20c'est qu'il y ait une responsabilité des magistrats
00:45:24lorsque ceux-ci prennent une mauvaise décision.
00:45:27C'est une chose.
00:45:29Et que cette mauvaise décision
00:45:30entraîne un préjudice lourd pour la société.
00:45:33C'est ça.
00:45:34C'est-à-dire, vous remettez en liberté quelqu'un
00:45:38et ce quelqu'un-là va récidiver,
00:45:41tuer une enfant ou autre chose.
00:45:43Ou, pire encore, vous ne faites rien.
00:45:45Et comme c'était le cas, c'est ça qui est scandaleux.
00:45:48Dans l'affaire Liana, ce qui est scandaleux,
00:45:50ce n'est pas ce qui s'est passé.
00:45:52Ce qui est scandaleux, c'est que quelqu'un,
00:45:55en 2025, il y a une plainte déposée par les parents
00:45:57d'une autre petite fille
00:45:59qui amène des éléments médicaux légaux
00:46:02qui montrent qu'il y a eu pénétration anale et vaginale
00:46:05d'une enfant de 11 ans.
00:46:07Donc, en aucun cas, ça ne peut être autre chose.
00:46:09Et que rien ne se passe jusqu'à ça.
00:46:12Ça, c'est insupportable.
00:46:13Comment vous allez expliquer ça aux enfants ?
00:46:15Il n'y a pas que ça qui est scandaleux.
00:46:17Les témoignages continuent de s'accumuler
00:46:19et continuent d'accabler le principal suspect.
00:46:23On va en écouter un dans un instant,
00:46:24le témoignage d'un des collègues de Jérôme Barrella.
00:46:28Juste avant l'information,
00:46:30c'est évidemment l'enquête qui se poursuit
00:46:32autour du meurtre de cette petite fille.
00:46:34à Hoche ce lundi,
00:46:35c'est le frère de Jérôme Barrella cette fois-ci.
00:46:37Le frère du principal suspect
00:46:39qui a également été interpellé,
00:46:40comme nous l'explique Pauline Trevzer.
00:46:44Oui, le frère de Jérôme Barrella
00:46:46a été interpellé ce lundi matin
00:46:48à 10h25.
00:46:50Précisément, une interpellation
00:46:52faite par le commissariat d'Hoche
00:46:54qui se situe juste derrière moi.
00:46:56Là où le frère de Jérôme Barrella,
00:46:58le principal suspect,
00:47:00dans le meurtre de la petite Liana
00:47:02est désormais en garde à vue.
00:47:04Il est placé en garde à vue
00:47:06suite à une enquête
00:47:07pour viols sur mineurs
00:47:09de plus de 15 ans,
00:47:11viols sur conjoints
00:47:12et séquestration sur conjoints.
00:47:15Les faits remontent à 2007.
00:47:17Ils auraient été copiés
00:47:18entre 2007 et 2017.
00:47:21C'est ce que l'on sait.
00:47:22Ils pourraient rester en garde à vue
00:47:23pendant 24 heures maximum.
00:47:25Et cette garde à vue
00:47:26pourrait être prolongée
00:47:27encore de 24 heures.
00:47:29Ce que l'on voit ici,
00:47:30c'est que le profil
00:47:32de cette famille du Gers,
00:47:33de la famille Barrella,
00:47:35devient de plus en plus sombre,
00:47:37de plus en plus inquiétante
00:47:38depuis l'interpellation
00:47:40de Jérôme Barrella,
00:47:42celui qui est le suspect numéro 1
00:47:44dans cette affaire
00:47:45de la petite Liana.
00:47:47Et vraisemblablement,
00:47:48le profil du frère
00:47:49n'est pas clair non plus,
00:47:50Benjamin Camboulivre.
00:47:51Oui, alors là,
00:47:51c'est une enquête
00:47:52qui commence à peine
00:47:53sur des faits qu'une dizaine d'années,
00:47:55si j'ai bien noté.
00:47:57L'enquête,
00:47:59j'estime qu'on doit parler
00:48:00prioritairement là tout de suite,
00:48:01c'est celle sur la petite Liana
00:48:03qui est encore en cours
00:48:05et sur laquelle
00:48:07il y a énormément de travail à faire.
00:48:08C'est-à-dire qu'il reste toujours
00:48:09à raccrocher le principal suspect
00:48:11au meurtre de l'enfant.
00:48:13Et là, vous avez tous les enquêteurs
00:48:15qui travaillent à la fois
00:48:16sur l'ADN,
00:48:18sur la localisation,
00:48:21sur les éléments
00:48:22pour pouvoir matérialiser
00:48:23pour la temporalité
00:48:25l'effet.
00:48:26Et si jamais
00:48:26on arrive à cela,
00:48:27si jamais on arrive
00:48:28à établir
00:48:28que Jérôme Barrella
00:48:29est bien l'auteur,
00:48:31il restera encore deux questions.
00:48:32Il restera à savoir
00:48:33ce qui a précédé
00:48:34la mort de Liana,
00:48:35c'est-à-dire s'il y a eu viol,
00:48:36s'il y a eu des violences sexuelles,
00:48:37qu'elles soient hontées
00:48:38ou post-mortem.
00:48:39Et puis, il y a le fait
00:48:40de savoir de quoi on parle
00:48:41aussi comme qualification,
00:48:42c'est-à-dire
00:48:42est-ce qu'on est sur un meurtre
00:48:43ou il a encore 20 ans
00:48:44ou un assassinat
00:48:45ou il en a encore 30.
00:48:46Et sur ce point-là,
00:48:47aussi sur les qualifications,
00:48:49vous avez le travail
00:48:49de la police technique
00:48:50et scientifique,
00:48:50le travail des enquêteurs,
00:48:51le travail de la médecine légale
00:48:52qui vont pouvoir orienter.
00:48:54Je donne un exemple,
00:48:55mais si l'appareil
00:48:55qu'on lui a donné
00:48:56par exemple des somnifères
00:48:57et que c'est proche du décès,
00:48:58là on peut
00:48:59axer sur la préméditation,
00:49:01on peut s'orienter
00:49:01vers l'assassinat.
00:49:02Donc ce travail d'enquête
00:49:04ne fait malheureusement
00:49:04que commencer,
00:49:05sera long
00:49:05et va permettre réellement
00:49:07de A à Z d'éclairer.
00:49:08Et puis à côté de ça,
00:49:09je vous le disais,
00:49:10il y a les témoignages
00:49:10qui s'accumulent
00:49:11et qui non seulement
00:49:12accablent un peu plus
00:49:13Jérôme Barrella,
00:49:14mais accablent aussi
00:49:15tout un système,
00:49:17disons-le,
00:49:17qui semble d'une certaine façon
00:49:19avoir fermé les yeux
00:49:20sur le comportement
00:49:21de cet individu.
00:49:22Écoutez cet ancien collègue
00:49:24de Jérôme Barrella.
00:49:25Il est arrivé en janvier 2019
00:49:28en qualité de contractuel.
00:49:30Je fais connaissance
00:49:30avec un nouveau collègue
00:49:31de travail,
00:49:32j'échange avec lui,
00:49:33on discute, machin.
00:49:34Il ne communiquait pas trop
00:49:35avec nous,
00:49:36il communiquait beaucoup
00:49:37avec les élèves
00:49:38qu'avec les jeunes filles.
00:49:39Les gosses,
00:49:39ils sortaient
00:49:40prendre le petit déjeuner
00:49:41pour 7h,
00:49:42de 7h à 8h
00:49:42et ça passait
00:49:44à l'achète comme ça.
00:49:45Avant que les gosses arrivent,
00:49:46il avait un visage lambda
00:49:48mais dès que les gamins
00:49:49commençaient à passer,
00:49:50son visage,
00:49:51ses yeux,
00:49:52il scintillait,
00:49:53il était comme un gosse
00:49:54qui ouvre ses cadeaux de Noël.
00:49:55Il était tout excité.
00:49:57Jamais je ne l'ai entendu
00:49:57faire un compliment
00:49:58aux garçons
00:49:59mais toujours aux jeunes filles.
00:50:00Tu as un joli maquillage,
00:50:02tu es élégante,
00:50:03tu es mignonne,
00:50:04cette tenue te va bien.
00:50:05Quand ils parlaient aux élèves,
00:50:06souvent ils se mettaient
00:50:07à l'écart
00:50:07et ils leur parlaient tout doucement.
00:50:08Très proche.
00:50:09Le moindre des choses,
00:50:10tu laisses une distance raisonnable
00:50:11avec l'élève
00:50:12et tu parles à haute voix.
00:50:13Tu parles à haute voix,
00:50:13tu ne parles pas tout doucement.
00:50:15Quand j'ai vu ça,
00:50:15je me suis rapproché
00:50:16et je l'ai entendu dire
00:50:17à une jeune fille,
00:50:18ma femme est enceinte,
00:50:19nous n'avons plus de rapport sexuel
00:50:20et je dors sur le canapé.
00:50:21La petite,
00:50:22quand elle m'a vu,
00:50:23elle est partie.
00:50:24Lui, je lui dis,
00:50:25écoute, ça va trop loin.
00:50:26Ce ne sont pas des choses
00:50:27qu'on dit aux élèves.
00:50:28Jérôme arrête.
00:50:29Et là,
00:50:29son visage de suite
00:50:30s'est changé.
00:50:31Il n'y avait plus
00:50:32le petit scintillement
00:50:33dans les yeux
00:50:33qu'il avait auparavant.
00:50:34Il est devenu très sombre.
00:50:36Je lui avais déjà dit auparavant
00:50:37que ce n'est pas bien
00:50:38de complimenter trop
00:50:39les enfants sur leur tenue,
00:50:40sur ci ou là,
00:50:40parce que ça peut très mal
00:50:41être perçu.
00:50:42Quand je lui ai signalé
00:50:43ce fait,
00:50:44très vite,
00:50:45j'ai eu des problèmes après.
00:50:46Une chose est sûre,
00:50:47c'est qu'il s'est senti
00:50:48démosqué à ce moment-là.
00:50:49Je rappelle
00:50:50qu'il était agent intérimaire,
00:50:53qu'il a travaillé
00:50:54dans des établissements scolaires
00:50:55et ça aussi,
00:50:56Karim Habrik,
00:50:56s'interroge énormément
00:50:57et ça ramène
00:50:58à un autre scandale,
00:51:00celui du périscolaire
00:51:00avec, là aussi,
00:51:02la question du recrutement,
00:51:03en fait.
00:51:03Oui,
00:51:04et la question aussi
00:51:05de savoir comment
00:51:06on accueille la parole
00:51:08ou les victimes
00:51:09de violences sexuelles
00:51:11que sont les enfants.
00:51:12Je trouve qu'il y a
00:51:12ce fameux sujet tabou.
00:51:14Est-ce qu'on prend
00:51:15véritablement en compte
00:51:16ce fléau?
00:51:18C'est comme s'il y a
00:51:18un retard à l'allumage.
00:51:20Il y a ce tabou
00:51:20qui est encore présent.
00:51:22Vous avez parlé
00:51:22du scandale du périscolaire.
00:51:24On regarde maintenant
00:51:25dans l'affaire
00:51:26Liana,
00:51:27les signalements.
00:51:28On parle quand même
00:51:28de signalements
00:51:29qui datent de près
00:51:30de 10 ans
00:51:31dans le cas du suspect.
00:51:33Donc,
00:51:33pendant près de 10 ans,
00:51:34il y a des signalements.
00:51:35Il y a même,
00:51:36on se dit,
00:51:36que fait l'éducation nationale
00:51:38aussi?
00:51:38C'est comme si aujourd'hui,
00:51:40on se réveille,
00:51:41mais c'est tout notre rapport,
00:51:43justement,
00:51:44comme je le disais,
00:51:44par rapport à la jeunesse,
00:51:45par rapport aux mineurs.
00:51:46Quand on regarde
00:51:47le profil du suspect,
00:51:48même à l'école,
00:51:49on est vraiment face
00:51:50à quelqu'un,
00:51:51un céréal prédateur,
00:51:53un prédateur en série
00:51:54qui cherche la présence
00:51:56de mineurs,
00:51:56de mineurs dans ce cas-ci,
00:51:58c'est des petites filles,
00:51:59qui cherchent à les appâter,
00:52:01qui cherchent après,
00:52:02bon,
00:52:03l'enquête est en cours,
00:52:04on aura tous les détails,
00:52:06mais il y a quand même
00:52:06quelque chose
00:52:07de vertigineux
00:52:08de savoir
00:52:09qu'il y a des plaintes
00:52:10et finalement,
00:52:11c'est quoi?
00:52:12On préfère protéger
00:52:14l'institution,
00:52:15on a peur
00:52:15de dévoyer des choses,
00:52:16donc aujourd'hui,
00:52:17non seulement la parole
00:52:18se libère,
00:52:19mais la parole,
00:52:21je vous dirais,
00:52:22elle est davantage écoutée,
00:52:24prise en compte
00:52:24et peut-être crédibilisée.
00:52:26J'entends bien
00:52:26que la parole se libère,
00:52:27malheureusement,
00:52:28malheureusement trop tard,
00:52:29en fait,
00:52:29c'est-à-dire qu'il y a
00:52:30un moment donné,
00:52:31c'est là aussi
00:52:31où il faut,
00:52:32à un moment donné,
00:52:32s'interroger
00:52:33à quel moment,
00:52:36à quel endroit
00:52:36on met le curseur
00:52:37de la non-assistance
00:52:39à personne en danger aussi.
00:52:41Complètement, mais...
00:52:41Parce que là, pardonnez-moi,
00:52:42mais quand on entend
00:52:43ce type de témoignage
00:52:44de ce collègue,
00:52:46qui a le courage
00:52:47de parler aujourd'hui,
00:52:48bien évidemment,
00:52:48mais qui, à un moment donné,
00:52:49on se dit, mais...
00:52:49Mais que fait l'institution?
00:52:51Mais on l'a vu
00:52:52dans le périscolaire,
00:52:53on l'a vu dans nos propres réactions,
00:52:55quand on regarde
00:52:55les réactions
00:52:56de ces personnes
00:52:57qui sont en charge
00:52:58dans les écoles
00:52:59ou quoi que ce soit,
00:52:59ils font quoi?
00:53:00Ils ont fait quoi?
00:53:01Ils ont fait quoi?
00:53:02Alors là,
00:53:03vous me permettez
00:53:04une réaction
00:53:06parce que j'ai été
00:53:07personnellement confronté
00:53:08à cette situation.
00:53:09Vous savez,
00:53:09quand vous êtes maire,
00:53:09vous avez 630 agents,
00:53:11vous avez 17 écoles
00:53:13et qu'on vous dit
00:53:14il y a des réformes
00:53:15du temps périscolaire,
00:53:17il faut recruter,
00:53:18il faut recruter
00:53:19des temps partiels,
00:53:20il faut passer par un jury.
00:53:22On n'a pas...
00:53:23Franchement,
00:53:24dans beaucoup de situations,
00:53:26des mairies sont débordées
00:53:27et en plus,
00:53:28elles sont accablées
00:53:29alors qu'on est responsable
00:53:29devant la loi.
00:53:30Donc, heureusement,
00:53:31après, on s'organise,
00:53:32on hiérarchise,
00:53:33on nomme des directeurs de sites
00:53:34quand on a les moyens
00:53:35et quand il y a des suspicions,
00:53:37on travaille avec la police,
00:53:38on met à l'écart
00:53:39les personnes,
00:53:40etc.
00:53:40Mais on n'a pas
00:53:41les moyens toujours
00:53:42de vérifier à 100%
00:53:44les situations
00:53:44parce que,
00:53:46je vous l'ai dit,
00:53:48analyser cette situation,
00:53:49je vous donne l'information,
00:53:50c'est extrêmement difficile
00:53:52quand on vous dit
00:53:52qu'on a besoin
00:53:53d'un personnel
00:53:55souvent pour quelques heures,
00:53:56alors on va prendre
00:53:57des étudiants.
00:53:57Alors maintenant,
00:53:57on exige,
00:53:58on demande des BAFA,
00:53:59on demande des...
00:54:01Mais ça,
00:54:02ce n'est pas entendable
00:54:03pour les gens.
00:54:03Je suis totalement d'accord
00:54:05avec vous.
00:54:06C'est pour ça
00:54:06qu'on a fait voulu les choses.
00:54:08Mais mettez-vous
00:54:09à la place
00:54:09de toutes ces communes.
00:54:10Moi, je ne les défends pas.
00:54:11Je dis simplement
00:54:13que ce n'est pas
00:54:13une mauvaise foi
00:54:14de la part des maires.
00:54:15J'entends et je comprends,
00:54:16mais je me mets à la place.
00:54:18Devant la loi
00:54:19et devant les parents,
00:54:20on a le devoir
00:54:22d'apporter,
00:54:23de les rassurer.
00:54:24Une pause.
00:54:25L'autre information
00:54:26de la journée
00:54:27sur un tout autre sujet,
00:54:28mais une toute autre affaire
00:54:30judiciaire également.
00:54:31C'est Patrick Bruel
00:54:32qui a été placé
00:54:33en garde à vue aujourd'hui
00:54:34pour agression sexuelle
00:54:36et tentative de viol.
00:54:37Un interrogatoire
00:54:38qui s'inscrit
00:54:38dans le cadre d'investigations
00:54:40menées par le parquet
00:54:41de Nanterre.
00:54:41On va y revenir
00:54:42dans un instant.
00:54:42On sera notamment
00:54:43avec Fabien Lecovre
00:54:44qui va nous rejoindre,
00:54:45spécialiste de la chanson française
00:54:46et avec qui on va aussi
00:54:48parler de l'autre aspect
00:54:50de cette affaire Bruel.
00:54:52C'est évidemment sa carrière
00:54:53qui semble pour le moment
00:54:54aller plutôt vers la pause
00:54:56avec de nombreuses dates
00:54:57de concerts annulées.
00:54:58Une pièce de théâtre également
00:55:00qui a été,
00:55:01les dernières représentations
00:55:02n'ont pas été finalement données.
00:55:04On en parlera de tout ça
00:55:05avec lui dans un instant.
00:55:06Restez avec nous sur CNews
00:55:07pour la dernière partie
00:55:08du Meilleur de l'Info.
00:55:12La dernière partie
00:55:13du Meilleur de l'Info
00:55:14sur CNews en direct.
00:55:15On va parler de Patrick Bruel
00:55:16dans cette dernière partie
00:55:17qui a été placée
00:55:18en garde à vue aujourd'hui
00:55:19pour agression sexuelle
00:55:20et tentative de viol.
00:55:22Un interrogatoire
00:55:23qui s'inscrit
00:55:23dans le cadre d'investigations
00:55:24menées par le parquet de Nanterre.
00:55:27Sa garde à vue
00:55:27peut durer jusqu'à 48 heures
00:55:29mais sur quel dossier
00:55:29est-il interrogé ?
00:55:31On voit ça
00:55:31avec Mathilde Couvillier-Flornois.
00:55:34Depuis 8h30 ce matin,
00:55:36Patrick Bruel
00:55:36est en garde à vue.
00:55:37Il est entendu
00:55:38par les enquêteurs
00:55:39du 1er district
00:55:40de la police judiciaire
00:55:41à Paris
00:55:42pour des faits
00:55:42d'agression sexuelle
00:55:43et de tentative de viol.
00:55:45Sa garde à vue
00:55:46concerne principalement
00:55:47trois plaintes.
00:55:48Une en 1997
00:55:49de Daniela Elsner,
00:55:51directrice générale
00:55:52d'Unifrance
00:55:53qui accuse l'artiste
00:55:54de tentative de viol
00:55:55et agression sexuelle
00:55:57à Acapulco, au Mexique.
00:55:58Deux autres plaintes
00:55:59concernent des faits
00:56:00en 2000 et 2001.
00:56:02Mais le chanteur
00:56:02ne sera pas entendu
00:56:04que sur ces trois plaintes,
00:56:05il devra répondre
00:56:06aux enquêteurs
00:56:07sur des faits de viol,
00:56:08tentative de viol,
00:56:09agression sexuelle
00:56:10et harcèlement
00:56:11dénoncés par au moins
00:56:1213 autres plaignantes.
00:56:1412 plaignantes
00:56:15sont françaises
00:56:16et parmi elles,
00:56:16une femme âgée
00:56:17de 32 ans
00:56:18au moment des faits
00:56:19accuse le chanteur
00:56:20d'un viol à dinard
00:56:21en 2012.
00:56:22La 13e plaignante
00:56:23est belge.
00:56:24Elle dépose plainte
00:56:25pour viol et agression sexuelle
00:56:27en 2010 à Bruxelles.
00:56:29Elle a 40 ans
00:56:29au moment des faits.
00:56:31Deux nouveaux faits
00:56:32ont été révélés
00:56:32ce lundi
00:56:33mais ils ne font pas partie
00:56:34des investigations
00:56:35menées lors de cette garde à vue.
00:56:37Il s'agit de deux nouvelles plaintes
00:56:39pour viol
00:56:39à l'encontre de Patrick Bruel
00:56:41qui se seraient déroulées
00:56:42en 2000 et 2008.
00:56:44Le chanteur
00:56:44ne sera pas non plus entendu
00:56:46sur les dossiers
00:56:47de l'animatrice Flavie Flamand
00:56:48qui l'accuse de viol à Paris
00:56:50en 1991
00:56:51et deux autres affaires
00:56:53classées sans suite.
00:56:54Le chanteur de 67 ans
00:56:56qui reste présumé innocent
00:56:57conteste toujours
00:56:58les accusations
00:56:59qui pèsent sur lui.
00:57:00Sa garde à vue
00:57:01peut durer jusqu'à 48 heures.
00:57:04Fabien Lecoeuvre nous a rejoint
00:57:05spécialiste de la chanson française.
00:57:07Bonsoir Fabien.
00:57:07Bonsoir.
00:57:08Avec vous on va revenir
00:57:09sur les conséquences
00:57:12de ses plaintes
00:57:13sur l'artiste
00:57:13sur sa carrière
00:57:14dans un instant
00:57:15mais juste avant
00:57:16Benjamin Comboulib
00:57:17est-ce qu'on en sait plus
00:57:18concernant l'interpellation
00:57:19du chanteur ?
00:57:20Non et puis moi
00:57:21comment vous dire
00:57:21je ne vais pas vous faire
00:57:22de commentaire vraiment
00:57:23sur l'affaire en cours
00:57:24ce que je peux vous dire
00:57:25c'est ce qui s'est passé
00:57:26c'est-à-dire qu'il est convoqué
00:57:27il est venu avec ses avocats
00:57:28il va répondre
00:57:29aux questions des enquêteurs.
00:57:30Maintenant quand même
00:57:31s'attarder sur la garde à vue
00:57:33garde à vue ça ne veut pas
00:57:34dire coupable
00:57:34garde à vue ça veut dire
00:57:36qu'il y a un ou plusieurs éléments
00:57:37plusieurs indices
00:57:38qui de façon plausible
00:57:40potentielle
00:57:41peuvent indiquer
00:57:41qu'il aurait pu commettre
00:57:42l'infraction
00:57:43dont on l'accuse.
00:57:45Tout ça est au conditionnel
00:57:48et le fait que le magistrat
00:57:49ait choisi ce statut
00:57:50de garder à vue
00:57:51plutôt que l'audition libre
00:57:53là non plus
00:57:54ce n'est pas quelque chose
00:57:55qui vous montre
00:57:55que c'est plus ou moins grave.
00:57:57C'est aussi pour ouvrir
00:57:58certains droits à la défense
00:57:59comme le droit
00:58:00à l'accès au dossier
00:58:00etc.
00:58:01A partir de là
00:58:02c'est comme dans chaque enquête
00:58:04c'est le travail des enquêteurs
00:58:05qui va pouvoir matérialiser
00:58:06les faits ou non
00:58:06déterminer ce qu'il en est
00:58:08ce que je veux simplement pointer
00:58:09c'est que les enquêteurs
00:58:10de la police
00:58:11ils travaillent à charge
00:58:12et à décharge
00:58:12donc ça c'est vrai
00:58:14autant pour la police
00:58:15que pour la justice.
00:58:17Alors tout à l'heure
00:58:18une des principales plaignantes
00:58:19la plus célèbre
00:58:21Flavie Flamand
00:58:22s'est exprimée
00:58:23elle manifestait
00:58:23devant le palais de justice
00:58:24de Paris
00:58:25pour la petite Liana
00:58:26et une question
00:58:27lui a été posée
00:58:27par les journalistes
00:58:28sur l'affaire Patrick Bruel.
00:58:30Avant moi
00:58:31il y a des femmes
00:58:32qui pendant des mois
00:58:33pendant des années
00:58:34ont essayé de se faire entendre
00:58:35et il a fallu
00:58:36la médiatisation
00:58:38de ma plainte
00:58:39pour que les choses avancent
00:58:40et je trouve que c'est
00:58:41particulièrement injuste
00:58:42donc c'est un soulagement
00:58:43je ne fais pas partie
00:58:44des cas qui sont étudiés
00:58:45aujourd'hui a priori
00:58:46par le parquet
00:58:48de Nanterre
00:58:48en revanche
00:58:49je suis là
00:58:50pour apporter ma voix
00:58:51parce que je sais
00:58:51que toutes les victimes
00:58:52sont derrière moi
00:58:53et qu'elles se feront
00:58:54entendre de cette façon-là.
00:58:56Il y a 13 plaignantes
00:58:58dans cette affaire
00:58:58leur parole doit être entendue
00:59:00avec toute l'attention nécessaire
00:59:01les enquêtes
00:59:01qui doivent être menées
00:59:02doivent l'être
00:59:03avec le plus grand sérieux
00:59:05dans le respect
00:59:06de ces plaignantes
00:59:07mais il y a également
00:59:09la présomption d'innocence
00:59:10qui doit l'être aussi
00:59:11et pour le moment
00:59:12Patrick Bruel
00:59:12est présumé innocent
00:59:13pourtant Fabien Lecoeuvre
00:59:15la pression médiatique
00:59:16celle des réseaux
00:59:17surtout l'ont
00:59:18d'une certaine façon
00:59:19condamné
00:59:20et poussé
00:59:21à mettre
00:59:22sa carrière
00:59:23entre parenthèses
00:59:24poussé à mettre
00:59:25une pause dans sa carrière
00:59:26aujourd'hui
00:59:26grâce au mouvement
00:59:27MeToo
00:59:28les paroles se sont libérées
00:59:30les médias s'emparent
00:59:30évidemment de ça
00:59:31à juste titre
00:59:32pour montrer du doigt
00:59:34finalement
00:59:34les gens
00:59:35qui franchissent
00:59:36la ligne rouge
00:59:37on va dire
00:59:37précisons qu'il jouait au théâtre
00:59:38lorsque ses affaires sont sorties
00:59:40qu'il s'apprêtait à débuter
00:59:41une gigantesque tournée anniversaire
00:59:42pour les 35 ans
00:59:44de son album
00:59:44Alors Regarde
00:59:45oui il y avait 48 dates
00:59:46de tournées
00:59:47qui étaient annoncées
00:59:48déjà
00:59:48pour le fameux tour
00:59:50de ce
00:59:50Alors Regarde
00:59:52organisé autour
00:59:52de cet anniversaire
00:59:53d'un album
00:59:54événement
00:59:54qui s'était vendu
00:59:55je le rappelle
00:59:55à plus de 3 millions
00:59:56d'exemplaires
00:59:57tout ça a été mis
00:59:58entre parenthèses
00:59:59c'est fini
01:00:00voilà
01:00:00il y a quelques dates
01:00:01qui ont été maintenues
01:00:02non non
01:00:03tout le monde a retiré
01:00:04finalement
01:00:04et je crois que Patrick Bruel
01:00:05lui-même aussi
01:00:05a retiré des dates
01:00:07ne voulant pas affronter
01:00:08comme ça
01:00:08sans se justifier
01:00:10avant
01:00:11mais moi je voudrais surtout
01:00:12revenir sur une chose importante
01:00:13dont on ne parle jamais
01:00:14dans tous ces dossiers
01:00:15quand j'ai entendu
01:00:15cette affaire Bruel
01:00:16qui sortait
01:00:17j'ai pas été surpris
01:00:18parce que
01:00:19moi j'ai cette légitimité
01:00:21pour parler
01:00:21j'ai vu tous ces artistes
01:00:23sur scène
01:00:24il faut bien comprendre
01:00:25ce que ça représente
01:00:26un artiste sur scène
01:00:27depuis Tino Rossi
01:00:28ça date de 1935
01:00:29ces phénomènes
01:00:30de femmes
01:00:31et de fans
01:00:33c'est-à-dire en 1935
01:00:34Tino Rossi
01:00:34c'était la première idole
01:00:35où les femmes
01:00:37couraient après sa voiture
01:00:38se jetaient sur lui
01:00:38avec des manteaux de fourrure
01:00:39à l'époque
01:00:40pour nu en dessous
01:00:41etc
01:00:41elles étaient folles
01:00:42elles voulaient coucher
01:00:43avec Tino Rossi
01:00:43il y a cette forme
01:00:44d'hystérie collective
01:00:45il y a eu Claude François aussi
01:00:46alors on a eu dans l'ordre
01:00:47Luis Mariano
01:00:48on a oublié ce phénomène aussi
01:00:49Mariano qui est un phénomène mondial aussi
01:00:50et surtout en France
01:00:51on a eu le phénomène
01:00:53Claude François
01:00:54Marie Brandt
01:00:54Marie Brandt
01:00:55Marie Brandt à partir de 1970
01:00:57on a eu Jean-Luc Léa
01:00:58et Bruel
01:00:59c'est le dernier pour moi
01:01:00alors toujours est-il Fabien
01:01:01tout ça ne vient pas
01:01:03évidemment excuser
01:01:04si derrière
01:01:05il y a eu des
01:01:06moi je raisonne en historien
01:01:07je ne veux pas rentrer
01:01:09d'abord dans le dossier
01:01:10pourquoi ?
01:01:10parce que je n'ai pas lu
01:01:11ni les plaintes
01:01:13enfin les plaignantes
01:01:14en tout cas
01:01:14les propos
01:01:15et encore moins
01:01:16je ne suis pas très brûl
01:01:16mais quel est le lien
01:01:17avec les plaintes ?
01:01:18alors je vais vous expliquer
01:01:19parce qu'il faut toujours
01:01:21recontextualiser
01:01:22les choses d'une époque
01:01:27le fanatisme
01:01:27ça a toujours existé
01:01:28sur certains chanteurs
01:01:29il y a des chanteurs
01:01:30qui n'ont pas de femmes
01:01:31de femmes
01:01:32et de femmes
01:01:32en bas de chez eux
01:01:33c'est-à-dire Alain Souchon
01:01:35Cabrel
01:01:35Michel Jonas
01:01:37Michel Delpech
01:01:37il n'avait personne
01:01:38en bas de chez lui
01:01:39en bas de son immeuble
01:01:39oui mais toujours est-il
01:01:40le lien avec les plaintes
01:01:42oui parce que les personnes
01:01:43qui portent aux femmes
01:01:43ne sont pas les femmes
01:01:44si vous n'êtes pas
01:01:44et que c'est consentant
01:01:45il n'y a aucun souci
01:01:46le problème
01:01:47c'est s'il y a des plaintes
01:01:47et que ce n'est pas consentant
01:01:50évidemment il y a
01:01:50la présomption d'innocence
01:01:51mais vous voyez
01:01:52laissez-moi venir
01:01:52ce sont des carrières à part
01:01:54quand on commence
01:01:55à avoir un phénomène
01:01:56de sensualité
01:01:57de sexualité auprès
01:01:58de toute une gente féminine
01:01:59quel que soit l'âge
01:02:00que ce soit des filles
01:02:01de 15 ans
01:02:0120, 30 ans
01:02:0240 ans
01:02:03et moi je me souviens
01:02:04la Bruelmania
01:02:04je ne sais pas si vous avez
01:02:05assisté au concert
01:02:06de Patrick Bruel
01:02:06à partir de 89 jusqu'en 93
01:02:08c'était une folie dans les salles
01:02:10on n'avait pas revu ça
01:02:11depuis Claude François
01:02:12les filles
01:02:13mais si on comprend
01:02:13vous parlez du phénomène
01:02:15des femmes
01:02:15on veut savoir
01:02:16quel est le rapport
01:02:17avec des plaintes de femmes
01:02:19qui aujourd'hui témoignent
01:02:21comme je dis
01:02:21il y a la présomption
01:02:22d'innocence
01:02:22mais ça n'a aucun rapport
01:02:24moi j'ai pas
01:02:24pour le moment
01:02:25si vous êtes une femme
01:02:26on dirait que ça vous dérange
01:02:27ce que j'ai dit
01:02:28mais attendez
01:02:30il y a des avocats
01:02:33qui vont mieux vous expliquer
01:02:34que moi
01:02:35déjà
01:02:36maintenant moi
01:02:37sur ma charge d'historien
01:02:38je suis souvent contacté
01:02:39d'ailleurs par des juges
01:02:40des commissions
01:02:40des choses comme ça
01:02:41je dois leur recontextualiser
01:02:42les choses
01:02:43tout ce qui s'est passé
01:02:44qu'on soit Mike Brandt
01:02:46qu'on soit Jean-Luc Lahaye
01:02:46Baruel
01:02:47mais c'est vrai que tout ça
01:02:49on connaît le phénomène
01:02:52personne n'en parle
01:02:53sur des carrières à part
01:02:55est-ce que ça donne pas
01:02:56ça donne pas le droit
01:02:57évidemment
01:02:57vous avez raison
01:02:58bien sûr
01:02:59j'entends ce que vous dites
01:03:01et je sais
01:03:02votre compétence
01:03:03dans ces matières là
01:03:04que je respecte beaucoup
01:03:05mais est-ce que ça leur donne pas
01:03:06une plus grande responsabilité
01:03:08est-ce que ça
01:03:09ne les oblige pas
01:03:10justement
01:03:11face à
01:03:12cette folie
01:03:14qui se déverse sur eux
01:03:16d'avoir
01:03:17une responsabilité
01:03:19supérieure
01:03:19ce qui est
01:03:21non ça c'est les yeux
01:03:21d'aujourd'hui
01:03:22qui regardent
01:03:22mais vous savez très bien
01:03:26qu'à un moment donné
01:03:28le consentement
01:03:29l'idée
01:03:30de se dire
01:03:31moi je dis à mes clients
01:03:33qui sont dans cette situation
01:03:34quand il y a trop de distance
01:03:36quand j'entends de distance
01:03:38parce que
01:03:39il y a l'âge
01:03:40d'une grande différence d'âge
01:03:41quand il y a une grande différence
01:03:43de statut social
01:03:44l'amour
01:03:45il n'est pas interdit
01:03:46il nous reste en seconde
01:03:47la prédation
01:03:48elle intervient
01:03:49à ce moment là
01:03:50la prédation
01:03:51elle intervient
01:03:52rarement
01:03:52rarement
01:03:53sur des personnes
01:03:54qui sont
01:03:55extrêmement structurées
01:03:57sur des femmes
01:03:57qui sont extrêmement
01:03:58structurées
01:03:59elle intervient
01:03:59souvent
01:04:00sur des femmes
01:04:01qui sont en fragilité
01:04:02affective
01:04:03et ce sera le mot de la fin
01:04:05ou des fans
01:04:05je suis désolé
01:04:06parce que
01:04:07c'est un phénomène
01:04:09incroyable
01:04:09qui existe
01:04:10et ce que sur certains artistes
01:04:12c'est le drame
01:04:13merci Fabien Lecoeur
01:04:14il y a le consentement
01:04:16et le non-consentement
01:04:17après ça va être à la justice
01:04:18de trancher
01:04:19je suis d'accord
01:04:20merci à Christophe et Hoche Duval
01:04:21et à Benjamin Convoulivre
01:04:23qui sont le point commun
01:04:24entre l'affaire
01:04:24évidemment
01:04:24et merci à vous Stéphane Ablo
01:04:27d'avoir été avec nous
01:04:28l'actualité continue
01:04:29l'édition de la nuit
01:04:29dans un instant
01:04:30avec Isabelle Piboulot
01:04:32on se quitte avec
01:04:32le rendez-vous humour
01:04:33de CNews
01:04:34c'est avec le sourire
01:04:35très belle nuit à vous
01:04:36et à demain
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