- il y a 11 heures
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h.
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00:00Voilà pour le documentaire Meurtre de l'Iana, les faillites de l'État.
00:04Et nous allons en parler de ces faillites pendant l'heure qui vient avec Eric Tegner.
00:08Bonsoir Eric. Maître Najwa et Laïté. Bonsoir Maître.
00:11Johan Uzaï, l'ancienne ministre Marlène Chappat et nouvelle conseillère de Paris.
00:15Bonsoir Madame la Ministre. Et Jules Thores de la rédaction du journal du dimanche.
00:18On va donc évidemment revenir sur cette faillite à tous les niveaux.
00:22Et on voit que la colère est en train de monter avec cette manifestation,
00:26notamment devant le ministère de la Justice.
00:27Mais il y avait des manifestations partout en France.
00:30Plus de 100 manifestations, 150 pour être tout à fait exact.
00:34Donc on voit, Marlène Chappat, que ce meurtre profondément barbare choque les Français.
00:39Et au-delà de ce meurtre, tous les dysfonctionnements qui ont mené au meurtre de Liana.
00:44Mais bien sûr, et c'est plus qu'un choc, je vais vous dire.
00:46Moi, je fais partie de celles et ceux qui alertent sur ce sujet de longue date.
00:49Il y avait quasiment une dizaine d'années, vous vous souvenez,
00:51j'avais mené le combat pour qu'on puisse passer une loi,
00:53pour allonger notamment les délais de prescription sur les crimes sexuels
00:56commis sur des mineurs.
00:58Et là, j'ai l'impression qu'on est à une bascule, un basculement.
01:01C'est-à-dire que c'est vraiment le crime de trop.
01:04Et là, je sens un profond rejet.
01:07Les familles en ont marre qu'on leur répète l'état de droit,
01:10ayez confiance dans la justice, portez plainte,
01:12parce qu'elles voient que ça ne sert à rien.
01:13Et moi, je vais vous dire, je suis extrêmement inquiète,
01:16non seulement pour ce sujet, mais pour l'ensemble de la cohésion de la société.
01:19Parce que je pressens que nous sommes à un moment
01:21où il y a un des parents qui va vouloir se faire justice lui-même
01:24et on aura beau lui dire, c'est l'état de droit,
01:27vous devez avoir conscience dans la justice,
01:29l'opinion publique, la population soutiendraient alors ce parent
01:32et ce serait un point de bascule pour la cohésion de notre société.
01:36Donc cette confiance dans la justice,
01:38au-delà de l'effroi qu'on a pour cette petite Liana,
01:40pour ses parents et pour toutes les victimes de violences sexuelles,
01:43il y a vraiment un enjeu de société.
01:45Et là, je pense qu'il est urgent de comprendre qu'on est vraiment à ce point de bascule.
01:48Et je suis aussi frappé, Éric Tegner, par les manifestations.
01:52C'est transpartisan, si vous voulez.
01:55Tout le monde dit la même chose.
01:56C'est assez rare dans ce pays pour voir des fémens
01:59dans la même manifestation que le collectif Némésis d'Alice Cordier.
02:03Donc, si vous voulez, le spectre est extrêmement large
02:06et tout le monde dit à peu près la même chose
02:08et pointe la responsabilité de la justice.
02:11Il y avait une manifestation devant le fameux tribunal de Hoche
02:13où on pointe du doigt la responsabilité de la procureure.
02:16L'enquête le dira.
02:17On a baïonné une statue représentant la justice.
02:20C'est vraiment transpartisan.
02:22Oui, je suis parfaitement d'accord avec vous.
02:23Et je rejoins ce qu'a dit Marlène Chapa sur la colère.
02:26C'est-à-dire, à un moment, la rupture, en effet, avec une partie du peuple.
02:29En règle générale, lorsqu'il y a une polémique,
02:32quelque chose qui peut sidérer ou choquer les Français,
02:34au bout de 48 à 72 heures, la politique reprend son cours.
02:37On se retrouve avec des clivages,
02:39avec des débats entre responsables politiques.
02:42Et en effet, depuis plusieurs jours, on n'assiste absolument pas à cela.
02:44On ne voit aucun politique essayer de tenter cela.
02:47Et en effet, on a la sensation même que la critique de la justice, aujourd'hui, est acceptée par tous.
02:53À une certaine époque, finalement, c'était la droite qui allait critiquer la justice.
02:57Et à ce moment-là, on avait tout de suite un article de Mediapart ou de Libération
03:00qui disait qu'ils sont contre l'État de droit.
03:02Critiquer les juges, finalement, c'est être crypto-fasciste.
03:05Et là, en fait, c'est tellement fort que la justice n'a pas fonctionné.
03:10Et Gérald Darmanin, même ce midi, c'est-à-dire, il nous a presque avoué
03:13qu'en tant que garde des Sceaux, même s'il était volontaire, il ne pouvait rien faire.
03:16Et donc, c'est un état de sidération.
03:17En effet, il y a la sensation qu'on peut faire justice que soi-même
03:21ou trouver, s'occuper de nos enfants nous-mêmes,
03:23créer notre propre contre-société.
03:24C'est ça qui est grave.
03:25Alors, vous voyez cette séquence devant le ministère de la Justice.
03:28Je le dis, la manifestation a été interdite quelques heures avant.
03:31C'est d'ailleurs sans doute pas une très bonne décision
03:32puisqu'il y a eu des grilles qui ont été mises autour de la place Vendôme
03:35et ces grilles ont été forcées, montrant bien qu'il fallait sans doute
03:37laisser faire la manifestation dans un cadre plus ou moins serein
03:41que de l'interdire au dernier moment.
03:44L'interdiction est vraiment synonyme de fébrilité.
03:47On peut l'analyser comme ça.
03:48Donc, vous voyez cette séquence, place Vendôme.
03:56Plus jamais ça !
04:05On t'a la justice !
04:10Darmanin, on est là !
04:12Darmanin, on est là !
04:18Démission !
04:19Darmanin, démission !
04:22Alors, la démission est réclamée par ces manifestantes.
04:25Il y avait des fémens, donc plutôt à gauche.
04:28Et ce matin, la démission a été réclamée par Marion Maréchal.
04:30Donc là aussi, on voit que le spectre est extrêmement large.
04:33Même si ce n'est pas Gérald Darmanin lui-même qui est responsable,
04:36évidemment, de cette affaire.
04:38Et d'ailleurs, je note ce que disait Éric Tegner.
04:39Il a fait une conférence de presse pour expliquer
04:41que le ministre de la Justice n'avait pas assez de pouvoir,
04:44en réalité, d'une torresse.
04:46C'est ce que Gérald Darmanin dit depuis qu'il est arrivé
04:48au ministère de la Justice.
04:49Donc, ce n'est évidemment pas une nouveauté.
04:52Moi, je trouve ça vraiment très dommage,
04:54ce qu'on est en train de voir, parce que que de temps perdu.
04:57Oui, il faut se féliciter qu'aujourd'hui,
04:59des fémens, au collectif Némésis,
05:01on dénonce le laxisme judiciaire.
05:03Mais ça fait combien d'années que des personnes
05:05dénoncent ce laxisme judiciaire ?
05:07Ça fait combien d'années que des Français
05:09dénoncent ce laxisme judiciaire ?
05:10On avait fait un sondage, il y a à peu près un an,
05:12qui disait que 80% des Français
05:14estimait qu'il y avait un laxisme judiciaire.
05:16Ce qu'il ne faut pas entendre quand on vous dit
05:19qu'il y a un laxisme judiciaire.
05:20Alors, en effet, on va vous dire qu'il y a l'État de droit,
05:23qu'il y a les grandes libertés fondamentales,
05:25que la Constitution est la Constitution
05:26et qu'on n'a pas l'honneur de la toucher.
05:27Mais alors là, ça ne fonctionne pas.
05:29Donc, on a des personnes qui se réveillent,
05:31c'est très bien.
05:31Alors, c'est super.
05:32En revanche, aller manifester devant la place Vendôme,
05:37c'est extrêmement courageux.
05:38Aller manifester devant l'hôtel de ville de Paris
05:40parce qu'il y a un scandale du périscolaire,
05:43là, il n'y a plus personne pour faire cela.
05:45Donc, j'ai envie de vous dire qu'il y a un peu
05:47une dénonciation de la justice à deux vitesses
05:49par une partie de la gauche,
05:51par peut-être même une partie de la droite.
05:53Mais donc, je trouve que ce n'est pas très courageux
05:55aujourd'hui de dénoncer les faillites de l'État,
05:58sachant qu'il y a des personnes qui les dénoncent
05:59depuis 20 ans.
06:00Et pendant 20 ans, ils ont soit été amenés
06:03devant les tribunaux,
06:04ils ont été diabolisés médiatiquement
06:06et on les a traînés dans la boue pendant des années.
06:08Donc, j'ai envie de vous dire,
06:09je ne les trouve pas extrêmement courageux.
06:11C'est vrai que les mêmes images
06:12devant l'hôtel de ville,
06:14puisque c'est quand même Emmanuel Grégoire
06:15qui était en charge pendant un temps des recrutements,
06:18auraient été bienvenus.
06:20Mais ça ne se limite pas à la place Vendôme, Jules.
06:23200 rassemblements, vous voyez même notre titre,
06:25partout en France.
06:26Une France populaire.
06:27Je l'ai dit très différent.
06:28Rale-bol.
06:30Les sondages, pardon,
06:32les manifestations dans les zones rurales,
06:34dans les zones périurbaines,
06:35elles ne ressemblent pas à ça.
06:36Je vous donne juste une information
06:37qui vient de tomber.
06:38Le Premier ministre Sébastien Lecornu
06:39va réunir des ministres demain
06:41pour prendre de nouvelles mesures législatives
06:43alors qu'il a écrit justement
06:44à plusieurs de ses ministres ce soir
06:46pour dénoncer non pas un fait divers,
06:48mais un fait de société.
06:49Alors ça aussi,
06:50depuis un certain nombre de temps,
06:52quand il y a des dysfonctionnements
06:53à la chaîne,
06:54certains parlent de faits de société
06:55et se sont vus attaqués,
06:57extrême-droitisés, etc.
06:58Oui, Johan ?
06:58Non, mais le gouvernement
06:59et le président de la République,
07:01Gérald Darmanin,
07:02le président de la République,
07:03le Premier ministre,
07:04ont rapidement pris conscience
07:06de ce qui allait se passer dans le pays.
07:08Il y a une émotion populaire,
07:10une colère des Français
07:11que nous n'avons pas connue
07:12depuis longtemps.
07:13Et ça, je crois que Gérald Darmanin
07:15a été le premier à le saisir.
07:16Il a très très vite réagi,
07:17plutôt bien réagi d'ailleurs,
07:19à mon sens,
07:20mais il se passe quelque chose
07:21dans le pays.
07:23Moi, je suis surpris ce soir
07:24du nombre de manifestants
07:25dans 200 villes de France.
07:27Un lundi à 19h
07:28qui n'est pas un horaire idéal
07:29pour manifester.
07:31Donc oui, il y a une colère
07:32qui est là,
07:32qui est bien réelle.
07:33Demain, le ministre de la Justice
07:35va passer une journée difficile.
07:36Je rappelle qu'il y a des questions
07:37au gouvernement
07:37à l'Assemblée nationale,
07:38qu'il sera auditionné au Sénat
07:40par la Commission des lois.
07:41Donc ça va être
07:41une nouvelle épreuve
07:42pour lui demain.
07:43Quand on a dit cela,
07:45on doit dire aussi
07:46qu'il y a une forme
07:47de récupération politique,
07:48notamment de la part des Femen
07:49qui veulent régler un compte
07:50avec Gérald Darmanin.
07:52Alors à moi,
07:53le terme récupération politique,
07:54on en a tellement soupé
07:56que je ne l'utiliserai plus.
07:57Mais on a accusé Marine Le Pen
07:58de faire de la récupération politique
08:00quand elle posait une question
08:01sur Lola.
08:02Il y a des faits de société
08:03qui ébranlent.
08:06Qui ébranlent la société
08:07et chacun a le droit
08:08de se positionner en chasse.
08:10Le procès en récupération politique,
08:12on l'a trop subi.
08:13Oui, mais je le fais quand même
08:15notamment aux Femen
08:16qui veulent régler
08:16un compte politique
08:17avec Gérald Darmanin.
08:18Je le fais pour la raison
08:19que Jules a évoquée
08:20et que j'allais dire à l'instant.
08:22Les Femen sont aujourd'hui
08:23devant la chancellerie.
08:24Elles n'étaient pas devant
08:24l'hôtel de ville
08:25pour le périscolaire.
08:27Oui, Eric.
08:27Oui, mais là,
08:28elles sont là.
08:28C'est-à-dire que je pense
08:29que les enfants dont on parle
08:31sont les enfants de tout le monde.
08:32Et vous savez
08:33pourquoi il y a
08:34200 manifestations aujourd'hui ?
08:35Parce que la pédocriminalité,
08:37ce n'est pas uniquement à Paris,
08:38ce n'est pas uniquement à Hoche,
08:39c'est sur l'ensemble du territoire.
08:4170 000 plaintes.
08:4270 000 plaintes.
08:43Et vous savez
08:44que le sujet de la pédocriminalité,
08:45c'est vraiment un sujet,
08:46c'est pour ça que pour moi,
08:46le gouvernement,
08:47le président de la République
08:48qui s'y était engagé
08:48doivent s'inquiéter
08:49qu'ils fracturent tout le monde.
08:51Deux exemples pour ça.
08:52D'abord, le premier,
08:53c'est même aux Etats-Unis,
08:54ça a fracturé la gauche
08:55et le camp de Donald Trump
08:56au moment de l'affaire Epstein.
08:57Et le deuxième élément,
08:58c'est par exemple
08:59Viktor Orban en Hongrie.
09:00Vous savez,
09:00Viktor Orban,
09:01il a perdu d'abord
09:02sur une affaire de pédocriminalité
09:04où son ministre de la Justice
09:05a gracié un pédocriminel
09:08de telle sorte
09:08que même sa base
09:09et son camp
09:10a fait finalement
09:12proposer un autre candidat
09:14contre Viktor Orban.
09:15Donc d'une certaine façon,
09:16les clivages,
09:17y compris internes,
09:17sont fracturés.
09:18Et la prochaine élection présidentielle,
09:20il va falloir que tous les candidats
09:21se prononcent
09:22avec des mesures fortes.
09:23Alors maître,
09:23je vais vous donner la parole,
09:24Najwaïlaïté,
09:25mais voyez donc cet extrait
09:26sur toutes les failles
09:27de cette affaire.
09:27C'est-à-dire qu'on a un homme
09:28pédocriminel multirécidiviste,
09:31Jérôme Barrella,
09:32qui s'en était pris
09:33à une jeune fille
09:35qu'il avait violée
09:36et sur laquelle
09:37des constatations ont été faites,
09:39des lésions vaginales et anales.
09:41Et malgré ces constatations médicales,
09:44cet homme, Jérôme Barrella,
09:46n'a jamais été entendu
09:47par un enquêteur,
09:48n'a jamais été placé en garde à vue
09:49et encore moins
09:50en détention provisoire.
09:51Et il a donc ensuite croisé
09:52la route de Liana.
09:53Voyez cet extrait.
09:54Nous vous révélons
09:56les coulisses de ce scandale.
10:00Un des premiers graves manquements
10:02de l'État remonte à 2021,
10:04lorsque Jérôme Barrella
10:05est renvoyé du lycée
10:06où il travaille
10:07pour avoir adopté
10:08un comportement déplacé
10:09avec de jeunes femmes mineures.
10:12Selon nos informations,
10:14une enquête administrative
10:15visant l'éducation nationale
10:17a été lancée,
10:18car l'établissement en question
10:19aurait dû saisir la justice
10:21au moment des faits.
10:22Mais le principal loupé
10:24concerne la plainte
10:25de la petite Rosa
10:26en 2025.
10:28Elle est déposée par sa mère
10:29au mois d'août dernier.
10:31En septembre,
10:32des expertises médico-légales
10:33mettent en évidence
10:34des lésions anales
10:35et vaginales.
10:36Et contre toute attente,
10:37le principal suspect,
10:39clairement désigné
10:40par la petite fille,
10:41n'est pas convoqué
10:42par la gendarmerie.
10:47Pendant neuf mois
10:49de procédure,
10:50il n'est pas entendu
10:51une seule fois.
10:54Comment est-ce possible
10:56que pour des faits
10:57aussi graves
10:58que des viols commis
10:59sur mineurs,
11:00le principal mis au cause
11:02qui a été pointé du doigt
11:04n'a jamais été entendu
11:05en neuf mois ?
11:07Il n'a pas été entendu
11:08ni par les enquêteurs,
11:09ni par la justice.
11:14Plus choquant encore,
11:16la mère de la victime présumée
11:18aurait contacté
11:19à dix reprises
11:19la gendarmerie
11:20pour faire avancer
11:21les choses.
11:22Excédé,
11:23les gendarmes
11:23l'auraient menacé
11:24de porter plainte
11:25contre elle
11:25si elle ne cessait pas
11:26de les contacter.
11:28Votre enfant se fait violer,
11:29des constatations sont faites
11:31sur elle
11:31avec des lésions vaginales
11:33et anales.
11:33On n'entend pas
11:34le principal suspect,
11:35on ne le met pas
11:35en garde à vue,
11:36mais c'est la mère
11:37qui est menacée
11:38d'avoir une main courante
11:38contre elle
11:39parce qu'elle appelle
11:39trop la gendarmerie.
11:41On est chez les fous.
11:42Oui, c'est incompréhensible
11:44mais je vais vous dire
11:45que ce n'est pas nouveau.
11:46Ce n'est pas nouveau
11:47parce que l'affaire Liana
11:49c'est une affaire
11:50en trop
11:51et qui s'additionne
11:53à d'autres.
11:54Pourquoi je vous dis
11:55que ce n'est pas étonnant ?
11:56Je précise que c'est
11:57le portrait de Jérôme Barrella
11:58que vous voyez
11:58actuellement à l'antenne,
12:00donc le principal suspect,
12:01suspect d'être
12:02un pédocriminel
12:03multirécidiviste.
12:04Je dis pourquoi
12:05ce n'est pas nouveau.
12:06C'est que moi-même
12:07j'ai une affaire
12:08où vraisemblablement
12:11j'ai la fille
12:12d'un client
12:13qui s'est faite
12:14agresser sexuellement.
12:15À l'époque,
12:16des fées,
12:16elle devait avoir
12:175-6 ans.
12:19Mon client se rend aussi,
12:20c'est la même chose,
12:22c'est un copier-coller,
12:23mon client se rend
12:24à la gendarmerie,
12:25il dépose plainte
12:26naturellement
12:26pour ses faits
12:27d'agression sexuelle
12:28sur sa petite.
12:29et la première chose
12:31qu'on lui dit,
12:31c'est monsieur,
12:33cessez de nous harceler
12:34sinon la plainte,
12:35elle va vous concerner
12:37vous parce que
12:38vous n'arrêtez pas
12:39de venir à la gendarmerie
12:41donc nous faisons
12:42notre travail.
12:43Sauf qu'à ce jour,
12:44ça, ça va faire
12:45maintenant 3 ans,
12:46à ce jour,
12:47nous sommes toujours
12:48en attente
12:49des suites données
12:50à cette plainte
12:51concernant
12:51l'agression sexuelle
12:53sur la fille
12:55de mon client.
12:56Et vous savez,
12:56aujourd'hui,
12:57avant d'arriver
12:58à l'émission,
12:59j'ai la grand-mère
13:00de cette petite
13:01qui m'a envoyé
13:02un texto
13:02et qui me dit
13:03au regard de l'actualité,
13:05maître,
13:06est-ce que vous ne pourriez pas
13:06de nouveau relancer
13:09pour savoir
13:10où est cette plainte
13:11d'agression sexuelle
13:13sur ma petite fille ?
13:13Et peut-être qu'elle fera partie
13:14des 70 000 plaintes
13:15réétudiées.
13:16Elle en fait partie,
13:17naturellement.
13:18Donc tout ça pour vous dire
13:19que cette colère là
13:20qui émerge
13:22en tant qu'avocat
13:23et je ne suis pas
13:24la seule à le dire
13:25en tant que conseil
13:27de victimes,
13:28c'est que ce n'est pas
13:29la première fois
13:30qu'on entend.
13:31Et quand je dis
13:32c'est l'affaire de trop,
13:33c'est l'affaire de trop.
13:34Même vous vous dites
13:35à quel moment
13:36les choses ne vont pas
13:38exploser,
13:39hélas,
13:39parce que vous avez
13:40des familles
13:41qui sont en attente.
13:42Je rappelle quand même
13:43que la France
13:43a été condamnée
13:44pour manquement
13:46au délai raisonnable
13:47de traitement
13:48d'affaires judiciaires.
13:49Donc là aussi
13:50par la Cour européenne
13:51des droits de l'homme.
13:52Donc tout ça pour vous dire
13:53que ce qui arrive là,
13:56c'est la cocotte minute
13:57qui explose en réalité.
13:59Voilà,
13:59parce que ce n'est pas
14:01hélas
14:01la seule affaire.
14:03Alors attention,
14:04je en termine par là,
14:05je ne souhaite pas
14:06jeter l'opprobre
14:07sur l'ensemble
14:09des magistrats
14:10naturellement.
14:10Pourquoi ?
14:11Parce que...
14:12C'est des situations complexes.
14:12Personne ne peut nier
14:13qu'il n'y a pas assez
14:15de magistrats dans ce pays
14:16et qu'il y a des dossiers
14:18qui s'accumulent
14:19les uns sur les autres.
14:21Personne ne peut dire
14:21qu'il y a des magistrats
14:22relaxistes aussi.
14:23Bien sûr,
14:24évidemment.
14:24Il a suffi de voir
14:25les réquisitions
14:26contre les deux pédocriminels
14:27dans le périscolaire.
14:2818 mois de prison
14:29avec sursis pour l'un,
14:30un an de prison ferme
14:32aménageable
14:32sous bracelet électronique.
14:33On aurait pu accélérer
14:33les formations des gendarmes
14:35et des policiers
14:35pour recueillir
14:36la parole de l'enfant.
14:37C'est-à-dire que les policiers
14:38et les gendarmes,
14:38j'ai envie de dire
14:39que ce n'est pas de leur faute
14:39s'ils n'ont pas été formés,
14:40mais mettre en place
14:41des programmes de formation,
14:42il y en a très peu
14:43aujourd'hui qu'ils sont,
14:44et recueillir la parole
14:52que ça ne soit pas
14:52une histoire de plus
14:53jusqu'à la prochaine,
14:54mais qu'il se passe
14:55réellement quelque chose.
14:57Moi, je vais vous dire,
14:57d'abord, je suis ravie
14:58que le Premier ministre
14:59prenne la mesure des choses
15:00et convoque cette réunion.
15:01Ceci étant,
15:02je veux souligner ici
15:03qu'il y a des lois
15:03qui existent
15:04et qui ne sont pas appliquées.
15:05Moi, j'avais dit
15:06quand j'ai été chargée
15:07de l'égalité femmes-hommes,
15:08j'avais clamé,
15:08j'avais dit que 1% seulement
15:10des violeurs étaient en prison.
15:11Ceci avait été contesté
15:12et je l'avais démontré.
15:14J'ai aggravé les peines,
15:15notamment pour les viols
15:16sur les mineurs,
15:17je le disais précédemment.
15:18Vous savez,
15:19normalement,
15:19la peine prévue par la loi,
15:21par le législateur,
15:22quand il y a un viol commis
15:23de surcroît
15:23avec des circonstances aggravantes,
15:24on est autour de 30 ans de prison.
15:26Eh bien, en réalité,
15:27la moyenne des condamnations,
15:28elle tourne autour
15:29de 7-8 ans.
15:31Donc moi,
15:31je veux bien entendre
15:32qu'il n'y a pas de moyens,
15:33que c'est difficile,
15:34qu'on est surchargés.
15:34Peut-être, sans doute,
15:35je ne sais pas.
15:36Mais ce que je sais,
15:37en tout cas,
15:38c'est que moi,
15:38j'ai beaucoup de gens
15:39qui ont déposé plainte,
15:41qui jouent le jeu de la justice,
15:42qui disent
15:43on est des parents,
15:44on ne se fera pas justice nous-mêmes,
15:45on croit dans l'état de droit.
15:46Et l'état de droit leur dit
15:47la personne qui a violé
15:48votre petite fille,
15:49elle est avec un bracelet
15:50électronique chez elle.
15:51Donc comment voulez-vous
15:52que collectivement,
15:53nous ayons foi
15:54dans cet état de droit ?
15:55Ce ne sont pas les victimes
15:56qui remettent en cause
15:57l'état de droit,
15:58c'est l'état de droit
15:59qui a tourné le dos aux victimes
16:00en n'appliquant pas
16:01la loi démocratiquement
16:03votée par le législateur.
16:04Donc si c'est pour se réunir
16:06et aggraver encore
16:06les peines théoriques
16:07dans la loi,
16:08mais que dans la réalité
16:09ce soit aux avocats
16:11comme maître LIT
16:11ou d'autres
16:12d'être démunis
16:13face à leurs clients
16:14pour dire
16:14il a un bracelet électronique
16:16alors que la loi
16:17prévoit 30 ans de prison,
16:18je pense que nous sommes
16:19dans une impasse
16:20et il y a urgence.
16:21Les manifestantes
16:22de tous bords
16:22criaient réveillez-vous,
16:24il y a urgence
16:24à ce que la société se réveille
16:26et à ce qu'effectivement
16:27le pouvoir politique
16:28prenne des décisions
16:29y compris courageuses.
16:30J'en termine en disant
16:31qu'en ce qui concerne
16:32Gérald Darmanin,
16:33je rappelle que
16:34dès lors qu'il a été nommé
16:35il a dit que pour lui
16:36il avait deux priorités
16:38la protection de l'enfance.
16:39Il a été pris d'ailleurs
16:40par certains
16:40un peu à la légère
16:42en disant que ce n'était pas
16:43un vrai sujet politique
16:44etc.
16:45On peut quand même
16:46lui donner crédit
16:46d'avoir dès le début
16:47dit que la protection
16:48de l'enfance
16:48était un sujet gravissime
16:50et qu'il fallait
16:50mettre les moyens dessus.
16:51Et votre exemple,
16:52vous êtes conseillère de Paris
16:53donc le dossier du périscolaire
16:54évidemment ébranle
16:55le conseil de Paris
16:56auquel vous faites partie
16:58dans lequel vous êtes
16:59un an de prison
17:00également là
17:01aménageable sous bracelet électronique
17:02pour le pédocriminel
17:03qui dans une école maternelle
17:04s'en est pris à neuf enfants
17:05entre trois et cinq ans.
17:06Donc c'est un jour sans fin.
17:07Moi je suis maman de trois enfants
17:08qui sont nés à Paris
17:09tous les trois
17:10à l'école pour les deux grandes
17:12et j'ai un petit garçon
17:13qui a quelques mois
17:13qui a vocation
17:14à aller à l'école à Paris.
17:15J'en suis malade
17:16très honnêtement
17:17je n'en dors pas.
17:18Moi j'ai eu affaire
17:18en tant que parent
17:19à des problèmes
17:20dans le périscolaire
17:21d'animateurs
17:22qui avaient des comportements
17:23problématiques etc.
17:25La chaîne de signalement
17:26est très difficile
17:27et moi j'ai demandé
17:28en tant que conseillère de Paris
17:29avec mon groupe
17:29nous avons demandé
17:30au maire de Paris
17:31d'avoir un audit extérieur
17:33parce que si vous voulez
17:34le contrôle
17:34il ne peut pas être fait
17:35par des fonctionnaires
17:36de la ville
17:36qui vont évidemment
17:37et c'est humain
17:38ne pas mettre en cause
17:38leur employeur.
17:39On a besoin d'avoir
17:40des contrôles extérieurs
17:41et cette affaire
17:42et d'ailleurs votre documentaire
17:43qui était très bien fait
17:44montre vraiment
17:45comment autour de l'école
17:46il y a des enfants
17:47partout il y a des enfants
17:48il y a des prédateurs
17:49il faut le savoir.
17:50Donc il y a des structures
17:51qui ont fait...
17:51Il les traque.
17:52Bien sûr.
17:53Donc on a beaucoup parlé
17:54de l'église catholique
17:55pendant un moment
17:56où l'église catholique
17:56a fait un travail sur ce sujet
17:58que toute la sphère
17:59de l'éducation nationale
18:00pardon de le dire
18:01n'a pas fait
18:01et encore une fois
18:02je le dis
18:03partout il y a des enfants
18:04il y a des prédateurs
18:05qui soient animateurs
18:06de périscolaires
18:07enseignants
18:08parents d'élèves
18:09agents d'entretien
18:09à chaque fois
18:10qu'on va le mentionner
18:11vous avez une corporation
18:12qui va dire
18:13non c'est pas vrai
18:14il ne faut pas jeter l'opprobre
18:15etc.
18:16Ils ont fait une manifestation
18:17dans les rues de Paris
18:18les agents du périscolaire
18:19non pas pour dénoncer
18:20ce qui s'était passé
18:21contre les enfants
18:21mais pour dénoncer
18:22les suspensions
18:23qu'ils jugeaient abusives.
18:25Absolument.
18:25On a reçu des tracts
18:26de syndicats
18:27disant qu'il ne fallait plus
18:28parler du sujet
18:29parce que ça a jeté l'opprobre
18:30sur les animateurs
18:31de périscolaire
18:32mais moi je vais vous dire
18:33que si j'étais animateur
18:34de périscolaire
18:34je serais mortifiée
18:35de savoir que j'ai des collègues
18:37pédocriminels
18:37et ils ne se sont pas
18:38dénoncés entre eux
18:39mais bien sûr
18:39et on parlait tout à l'heure
18:40des magistrats
18:41des gendarmes
18:41les pédocriminels
18:42il y en a beaucoup
18:43dans la société
18:44c'est une perversion
18:45mais qui est fréquente
18:46donc la probabilité
18:47qu'il y en ait
18:47partout dans toutes les professions
18:49chez les journalistes
18:50chez les politiques
18:51comme chez les magistrats
18:53comme chez les policiers
18:54comme partout
18:55quand il y a des réseaux
18:56pédocriminels
18:57et bien évidemment
18:58il y a des gens
18:58qui se protègent
18:59les uns les autres
19:00qui minimisent
19:00et j'en termine là
19:01on a ouvert les yeux
19:02sur les violences conjugales
19:04depuis quelques années
19:05j'avais porté le grenelle
19:06des violences conjugales
19:07on n'a pas encore ouvert les yeux
19:08sur la protection
19:09des enfants
19:10qui sont aux confins
19:11de toutes les formes
19:12de violences
19:12cette petite Liana
19:14s'il y a un prédateur
19:15qui a pu s'en prendre à elle
19:16c'est aussi
19:17et sa maman l'explique très bien
19:18parce qu'elle a été victime
19:19de harcèlement scolaire
19:20et que personne n'a rien fait
19:21et donc elle a été fragilisée
19:23psychologiquement
19:24et quand vous êtes
19:25un enfant fragilisé
19:26qui est habitué
19:27à être martyrisé
19:28par les autres
19:29dans l'indifférence générale
19:30et bien quand vous avez
19:31quelqu'un qui dit
19:31moi ma petite Liana
19:32je t'ai amené un goûter
19:33et je te ramène en voiture
19:34et bien vous vous jetez
19:35dans ses bras
19:36c'est ce que Flavie Flamand
19:37explique aussi très bien
19:38dans la consolation
19:39quand vous êtes victime
19:40dans l'enfance de violences
19:41vous avez davantage
19:42de probabilités
19:43d'être ensuite victime
19:44d'autres violences
19:44donc tout pédocriminel
19:46qu'on n'arrête pas
19:46c'est un crime de maintenant
19:47mais c'est aussi
19:48un crime du futur
19:48alors on disait
19:49dans le périscolaire
19:50les dénonciations
19:51sont venues des enfants
19:52d'ailleurs
19:52et de leurs parents
19:53et la brigade des mineurs
19:54a parfois eu du mal
19:55à prendre en charge
19:56la parole des enfants
19:58forcément
19:58il y a des membres
20:00du périscolaire
20:00qui n'étaient absolument pas
20:01évidemment pédocriminels
20:02à Paris
20:03mais qui ont vu
20:03ou qui ont su
20:04et qui ont fermé les yeux
20:06ils ne se sont pas dénoncés
20:07là nous avons retrouvé
20:09un ancien collègue
20:10et un ancien camarade
20:13d'un club sportif
20:14de Jérôme B
20:15alors ils ont noté
20:17ce que faisait Jérôme B
20:18son comportement
20:19plus que suspect
20:20et vous allez voir
20:21l'ancien collègue
20:21il l'a signalé oralement
20:23à cette direction
20:23parce que c'était
20:25dans un établissement scolaire
20:26puisque Jérôme B
20:28a été agent d'entretien
20:29dans des établissements
20:29scolaires du GERS
20:30donc c'est ce que vous disiez
20:31il cherchait à entrer
20:32en contact
20:33avec des élèves
20:35donc il n'était pas enseignant
20:36il n'était pas
20:37il n'est pas entré
20:38par la voie du périscolaire
20:40il a trouvé
20:40un poste d'agent d'entretien
20:42dans différents établissements
20:43scolaires du GERS
20:44pour trouver des enfants
20:45et voyez ce qu'en dit
20:47cet ancien collègue
20:48il est arrivé en janvier
20:502019
20:51en qualité de contractuel
20:52je fais connaissance
20:53avec un nouveau collègue
20:54de travail
20:55j'échange avec lui
20:56on discute
20:57machin
20:57il ne communiquait pas trop
20:58avec nous
20:59il communiquait beaucoup
21:00avec les élèves
21:01qu'avec les jeunes filles
21:02les gosses
21:02ils sortaient
21:03prendre le petit déjeuner
21:04pour 7h
21:05de 7h à 8h
21:06et ça passait
21:07à la chaîne
21:07comme ça
21:07avant que les gosses
21:09arrivent
21:09il avait un visage lambda
21:11mais dès que les gamins
21:12commençaient à passer
21:13son visage
21:14ses yeux
21:15il scintillait
21:16il était comme un gosse
21:17qui ouvre ses cadeaux de Noël
21:18il était tout excité
21:20jamais je ne l'ai entendu
21:20faire un compliment
21:21au garçon
21:22mais toujours aux jeunes filles
21:23tu as un joli maquillage
21:24tu es élégante
21:26tu es mignonne
21:26cette tenue te va bien
21:27quand il parlait aux élèves
21:29souvent il se mettait à l'écart
21:30et il leur parlait tout doucement
21:31très proche
21:32le moindre des choses
21:33tu laisses une distance raisonnable
21:34avec l'élève
21:35et tu parles à haute voix
21:36tu parles à haute voix
21:36tu ne parles pas tout doucement
21:38quand j'ai vu ça
21:38je me suis rapproché
21:39et je l'ai entendu dire
21:40à une jeune fille
21:41ma femme est enceinte
21:42nous n'avons plus de rapport sexuel
21:43et je dors sur le canapé
21:44la petite quand elle m'a vu
21:46elle est partie
21:47lui je lui dis
21:48écoute
21:48ça va trop loin
21:49c'est pas des choses
21:50qu'on dit aux élèves
21:51Jérôme arrête
21:52et là son visage de suite
21:53s'est changé
21:54il n'y avait plus
21:55le petit scintillement
21:56dans les yeux
21:56qu'il avait auparavant
21:57il est devenu très sombre
21:59je lui avais déjà dit
22:00auparavant
22:00c'est pas bien de complimenter
22:01trop les enfants
22:02sur leur tenue
22:03sur ci ou là
22:03parce que ça peut très mal
22:04être perçu
22:05quand je lui ai signalé
22:06ce fait
22:07très vite
22:08j'ai eu des problèmes après
22:09une chose est sûre
22:12voilà donc ça
22:13c'est un ancien collègue
22:14c'est le témoignage
22:15d'un ancien collègue
22:15qui a signalé oralement
22:17je dis oralement
22:17donc il n'y a pas laissé
22:18de traces écrites
22:19de son signalement
22:20mais qui a vu
22:21le comportement
22:22de Jérôme Barrella
22:23qui traquait les enfants
22:24je dis il a trouvé
22:25la porte d'entrée
22:26de certains établissements
22:27scolaires du Gers
22:27grâce donc à l'entretien
22:30il était agent d'entretien
22:31oui et ce signalement
22:32n'a pas suffi
22:33et même il explique
22:35comment dans un autre témoignage
22:36et bien Jérôme Barrella
22:37du coup
22:37a commencé finalement
22:39à le manipuler
22:39c'est à dire que c'est
22:42n'est pas juste sur l'impulsion
22:43il va organiser
22:44donc il a essayé
22:45d'organiser aussi
22:46le fait que ce témoin
22:47qui le dénonçait
22:48et bien il allait finir
22:49par le mettre de côté
22:50il a d'ailleurs fini
22:51par être exclu
22:52pour d'autres raisons aussi
22:53mais ça faisait partie
22:53un petit peu
22:54j'ai envie de dire
22:54du bagage
22:55et donc c'est l'immense problème
22:57qu'on peut avoir
22:57c'est à dire que
22:58ce sont des prédateurs
22:59c'est à dire que
23:00ces prédateurs là
23:01ils s'organisent
23:02ils sont extrêmement
23:03bien organisés
23:04et de l'autre côté donc
23:05si on n'a pas un état
23:07qui est solide
23:07qui met en place
23:08des structures
23:08notamment pour recueillir
23:09aussi la parole
23:10des témoins
23:11c'est important
23:12c'est le cas effectivement
23:12du péris scolaire
23:13moi ce qui me sidère
23:14c'est que tout le monde
23:15savait
23:16et en fait
23:16il ne se passe rien
23:17mais là en l'occurrence
23:19les enquêteurs
23:20ignoraient complètement cela
23:21parce que la direction
23:22de l'établissement scolaire
23:23avait l'obligation
23:24si ce n'est légale
23:25au moins morale
23:25de faire un signalement
23:27à la gendarmerie
23:28et aux enquêteurs
23:29pour qu'ils se saisissent
23:30de cette affaire là
23:30parce qu'au-delà
23:31de ce témoignage
23:32qui est complètement édifiant
23:33enfin ce que dit ce monsieur
23:34est tout simplement
23:35hallucinant
23:35on a su que Jérôme Barrella
23:39a apporté des goûters
23:41aux jeunes filles
23:42de ces établissements
23:42on a su par un autre témoignage
23:44que la petite Liana
23:45allait le matin
23:46dans sa voiture
23:47pendant 15 à 20 minutes
23:49tout ça
23:49les soirées pyjamas
23:51mais là tout cela
23:52aux abords
23:52de l'établissement scolaire
23:54et la direction
23:54n'a fait aucun signalement
23:56donc c'est ahurissant quand même
23:57alors deuxième témoignage
23:58celui d'un coach
24:00d'un club sportif
24:01dans lequel était également
24:01Jérôme Barrella
24:03et vous allez voir
24:04il va finir par violer
24:06une des enfants
24:07inscrite dans ce club de sport
24:08de 10 ans
24:09c'est les révélations
24:11de ce coach
24:12d'un club sportif
24:13écoutez-le
24:14à un moment donné
24:15il s'est rapproché
24:16d'une élève
24:16et voilà
24:17on sentait que
24:18là vraiment
24:20on a commencé à se dire
24:21il y a quelque chose
24:22qui ne va pas
24:23et en fait très vite
24:24je me suis dit
24:25moi dans ma tête
24:26ce n'était pas possible
24:27je me suis dit
24:27il cherche à approcher
24:28la maman
24:29à travers la fille
24:31et je me suis trompé
24:32je l'ai appris
24:33malheureusement
24:33après qu'elle ait quitté le club
24:37la maman
24:38est allée porter plainte
24:39en fait
24:39pour viol
24:40des viols
24:41qui se sont déroulés
24:42alors
24:43la mère me l'a bien précisé
24:45toujours en dehors du club
24:46etc
24:46elle me dit
24:47de ne pas m'en vouloir
24:48mais c'est compliqué quand même
24:49parce qu'ils se sont rencontrés
24:50au club
24:52et voilà
24:52en fait
24:53il y a eu
24:54plusieurs viols apparemment
24:55à son domicile à lui
24:56cette petite
24:57à l'époque
24:57si ma mémoire est bonne
24:59elle avait 10 ans
24:59et j'ai appris
25:00il n'y a pas longtemps
25:01qu'une de mes élèves
25:02de l'époque
25:02qui a arrêté maintenant
25:04est allée porter plainte
25:05voilà
25:05parce qu'une fois
25:06il l'a ramenée chez elle
25:08et elle a eu droit
25:08à des messages insistants
25:09etc
25:11voilà
25:12à l'époque
25:12elle avait 15 ou 16 ans
25:14vous voyez le modus operandi
25:15d'un pédocriminel
25:16il charge les enfants
25:17donc c'est dans un établissement scolaire
25:18c'est dans un club de sport
25:19et vous allez voir cette photo
25:20qui fait juste froid dans le dos
25:21a posteriori
25:22Marlène Schiappa
25:23où on le voit
25:23avec tous les élèves
25:24de ce club de sport
25:25derrière
25:26posant tout sourire
25:27les mains sur les épaules
25:29de ces élèves
25:31de ces enfants
25:32inscrits dans ce club sportif
25:34ils traquaient les enfants
25:36mais effectivement
25:36ce qui est assez insupportable
25:37aujourd'hui
25:38c'est le tout le monde savait
25:39et moi je vais vous dire
25:40parfois on a peur
25:41parce qu'en France
25:42on a ce rapport particulier
25:43avec notre histoire
25:43avec la délation
25:44etc
25:45c'est pas de la délation
25:46de dire
25:47quand vous avez connaissance
25:48d'un pédocriminel
25:49c'est sauver des vies
25:50donc moi je vais vous le dire
25:51aussi solennellement
25:52à tous les gens
25:52qui regardent votre émission
25:53il y a une plateforme
25:54qui s'appelle
25:55arrêtonslesviolences.gouv.fr
25:56et sur cette plateforme
25:5824h sur 24
25:587 jours sur 7
25:59vous avez des policiers
26:00des gendarmes
26:01qui sont formés
26:01à ces sujets
26:02et des psychologues
26:03et qui peuvent écouter
26:05et recueillir
26:06les témoignages
26:07les plaintes
26:07les mains courantes
26:08et je veux rappeler
26:09qu'on a changé la loi
26:10sur la prescription
26:11ça veut dire que
26:12des gens
26:12des femmes
26:13ou des hommes
26:14d'ailleurs
26:14qui regarderaient ça
26:15à qui ça rappellerait
26:16quelque chose
26:17soit en ce qui concerne
26:18cette personne-là
26:19soit en ce qui concerne
26:20d'autres faits
26:21qu'ils ont vécu
26:21avec d'autres personnes
26:22sont tout à fait fondés
26:24à aller déposer des plaintes
26:26et à saisir la justice
26:27pour aller soutenir
26:29d'autres dossiers
26:30qui existent
26:30et qui sont en cours
26:31et je le dis vraiment
26:32aux témoins
26:33c'est difficile
26:33quand vous êtes un enfant
26:34vous n'avez pas toujours
26:35les mots
26:36là on part d'une petite fille
26:37de 10 ans
26:37parce que plein de gens
26:38dans les témoignages
26:39disent la jeune fille
26:39Liana
26:40c'est pas une jeune fille
26:41elle a 11 ans je crois
26:42donc 11 ans
26:43on est une petite fille
26:44on est prépubère
26:45on n'est pas une jeune fille
26:45on n'est pas une jeune femme
26:47on se figure tout ce que c'est
26:48une petite fille de 11 ans
26:49elle n'est pas adolescente
26:50exactement
26:50c'est pas une adolescente
26:52et donc quand on a 11 ans
26:53c'est super difficile
26:54d'avoir les mots
26:55de comprendre ce qui se passe
26:56et de mettre les mots
26:56les parents ne croient pas toujours
26:58et quand les parents croient
26:59eux-mêmes
26:59ils sont parfois démunis
27:00on a terriblement besoin
27:02des témoins
27:03les gens qui aujourd'hui
27:04voient des comportements ambigus
27:06qui entendent des faits
27:07il faut sauver des vies
27:09il faut vraiment intervenir
27:10je les implore
27:10les témoins
27:11qui auraient connaissance
27:12de ces faits aujourd'hui
27:13de vraiment eux
27:14pouvoir prendre la parole
27:15et dénoncer ces faits
27:16Et pour terminer
27:17le portrait absolument glaçant
27:19de Jérôme Barrella
27:20dans une autre de ses fonctions
27:22puisque visiblement
27:23il a fait plein de jobs différents
27:25et il était chômeur
27:26au moment où il a été arrêté
27:28quand il était dans un de ses jobs
27:31il appelait sa femme
27:32qui elle-même était nue
27:33en visio
27:34et il le montrait
27:35à ses collègues
27:36c'est le témoignage
27:37qu'on a recueilli
27:37dans le long format
27:38que vous avez vu ce soir
27:39vous voyez cet extrait
27:42il faut dire que Jérôme Barrella
27:43passe beaucoup de temps
27:44chez lui
27:45chômeur au moment
27:46de son arrestation
27:47il ne travaille que très rarement
27:49un monsieur un peu
27:50tir en flamme
27:51comme on dit
27:51il n'aimait pas trop
27:52trop le travail
27:52il travaillait quand même
27:54de temps en temps
27:55mais il se faisait
27:57l'envoyer de partout
27:57pour les mêmes raisons
27:59et à chaque fois
28:00qu'il retrouve un emploi
28:01son comportement
28:02pose problème
28:02il se pointait par
28:03des trucs comme ça
28:05pas fiable
28:06pas fiable
28:06voilà c'était un monsieur
28:07pas fiable
28:11Josiane l'une de ses voisines
28:13a eu vent de ce manque
28:14total de professionnalisme
28:16de Jérôme Barrella
28:16mon fils à l'époque
28:18il travaillait avec lui
28:20il avait remarqué
28:21qu'il n'était pas
28:22pas tout à fait normal
28:23il recevait des appels
28:27de sa femme
28:27elle était nue
28:28sur le portable
28:31et en vidéo
28:32au travail
28:33il ne se cachait pas
28:35de montrer
28:35enfin à un moment donné
28:37non mais c'est une idée
28:38donc vous voyez
28:39le nombre de témoins
28:40c'est-à-dire qu'on a
28:40le coach de sport
28:41on a l'ancien collègue
28:42de l'établissement scolaire
28:44on a le fils de cette dame
28:46qui voit qu'il appelle
28:46sa femme
28:47qui est elle-même nue
28:48sur l'écran
28:49de téléphone portable
28:50on a évidemment
28:52les plaintes
28:53les familles
28:54qui essayent
28:54d'avoir des suites judiciaires
28:56et malgré tous les gens
28:57qui étaient au courant
28:58le fameux
28:59effectivement
28:59tout le monde savait
29:00dont vous avez parlé
29:01et bien il ne s'est rien passé
29:02jusqu'ici
29:03il ne s'est rien passé
29:04ça ne m'étonne pas
29:05parce qu'on vit dans un pays
29:06où il y a beaucoup de fractures
29:07où il y a beaucoup de problèmes
29:08on est le pays
29:09de la zone euro
29:10et de l'OCDE
29:11où il y a le moins
29:12de confiance interpersonnelle
29:13entre les personnes
29:14donc il ne faut pas s'étonner ensuite
29:15bien que les gens ne disent rien
29:16parce que oui
29:17il y a des tarés en France
29:18oui il y a des pédocriminels
29:20oui il y a des prédateurs
29:21oui il y a des psychopathes
29:21mais c'est vrai que
29:23tout le monde savait
29:23on l'entend beaucoup trop souvent
29:24et la société de vigilance
29:26dans laquelle on est
29:26et bien aujourd'hui
29:27elle n'est pas à un niveau
29:28assez élevé
29:28c'est-à-dire qu'il y a
29:29beaucoup de gens aujourd'hui
29:30qui en effet
29:31quand ils voient des choses
29:32qui ne sont pas normales
29:34se taisent
29:34le disent dans leur cercle restreint
29:36mais ça ne sort jamais
29:37du cercle restreint
29:38ils ne vont pas faire un signalement
29:39en effet sur les plateformes
29:41gouvernementales
29:41ils ne vont pas à la police
29:42ou à la gendarmerie
29:43mais parce que
29:44on sait aussi qu'en effet
29:45il y a cette justice
29:46qui ne marche pas
29:46donc de toute manière
29:47même si on fait ce signalement
29:48cette main courante
29:49ou cette plainte
29:50bon de toute manière
29:51elle n'amènera rien
29:52par ailleurs
29:53dans des petits villages
29:54et c'est le cas notamment
29:55à Florence-Dalgères
29:56c'est des petits villages
29:57tout le monde se connaît
29:58quand vous êtes en effet
29:59dans la délation
30:00quand vous dites
30:01ah un tel a fait quelque chose
30:03et bien très vite
30:03ça peut se retourner contre vous
30:05il peut y avoir de la violence
30:06donc c'est une société
30:07qui est extrêmement
30:08parfois c'est celui qui signale
30:09qui est vu comme le problème
30:10bien sûr
30:10pas celui qui est signalé
30:11je vais vous dire
30:11mais c'est l'état de la société
30:12et depuis le début
30:14on parle de ça
30:14donc ça c'est la confiance
30:15entre les citoyens
30:16mais la confiance entre
30:17le citoyen et l'état
30:18elle est complètement rompue
30:19et ça ça date pas
30:20de l'affaire Liana
30:21ça date depuis des années
30:22est-ce que vous pensez
30:23avec cette affaire
30:23avec le coup d'autorité
30:26de Gérald Darmanin
30:27c'est-à-dire
30:28vous allez réexaminer
30:29messieurs les procureurs
30:30mesdames messieurs les procureurs
30:30les 70 000 plaintes
30:31il n'y en a pas un
30:32qui va partir en vacances
30:33tant que les 70 000 plaintes
30:34ne sont pas réexaminées
30:35et je vais vous voir un par un
30:36d'ici le 31 juillet
30:37est-ce que vous pensez
30:38que cela
30:39Najwa et la IT
30:39ça peut mener
30:40à un électrochoc
30:42chez les magistrats
30:42on ne va pas se retrouver
30:44avec des réquisitions
30:45à un an de prison ferme
30:46aménageable sous brassée électronique
30:47pour des pédocriminels
30:48qui s'en sont pris
30:49à 9 enfants
30:50entre 3 et 5 ans
30:51parce qu'on a l'impression
30:51que c'est en fait
30:52un scandale gigantesque
30:54il y a l'affaire Liana
30:55il y a le périscolaire
30:56et attendons de voir
30:57ce que vont donner
30:57le réexamen de ces 70 000 plaintes
30:59on n'est peut-être
31:00qu'au début
31:01d'un scandale gigantesque
31:02qui va avoir plusieurs visages
31:03non mais en France
31:05il y a une nécessité
31:06d'en venir à l'autorité
31:08pourquoi je dis ça
31:09parce qu'en effet
31:10vous avez un ministre
31:11de la justice
31:11qui a tapé du poing
31:12sur la table
31:13tellement
31:14il considère
31:15et on le considère tous
31:16que cette affaire
31:17elle est en soi
31:19scandaleuse
31:19et pourquoi elle est scandaleuse
31:21parce qu'on est dans une
31:23négligence institutionnelle
31:24alors on parlait de la justice
31:25mais on peut parler
31:26comme le disait Marlène Schiappa
31:27de l'éducation nationale
31:29là aussi
31:30enfin je veux dire
31:30on peut en faire une émission
31:32aussi sur l'éducation nationale
31:33en matière d'agression sexuelle
31:35où là
31:35c'est circulé
31:37pas de vagues
31:37le harcèlement scolaire
31:38là je peux vous en parler
31:39j'ai aussi un certain nombre
31:40de dossiers
31:40où là
31:41l'éducation nationale
31:42est totalement absente
31:44et dans le déni
31:45donc là aussi
31:47voilà
31:47et à côté de ça
31:48on parlait des témoins
31:49moi je le vois aussi
31:50dans différentes procédures
31:51quand vous demandez
31:52aux personnes
31:53de témoigner
31:53pas moi directement
31:54mais mes clients
31:56les témoins ont peur
31:58ils ont peur des représailles
31:59c'est pas nos affaires
32:01et puis d'un côté
32:02la justice
32:03elle a qu'à faire son boulot
32:04elle a qu'à mener l'enquête
32:05on est vraiment
32:06dans une société
32:07aussi individualiste
32:08où c'est un peu
32:10chacun pour soi
32:11et puis bon
32:12la justice
32:13elle a qu'à faire son travail
32:14mais est-ce que
32:14au moment où on a
32:15beaucoup dit
32:16beaucoup l'ont dit
32:17et aujourd'hui
32:17il y a une forme de consensus
32:18pour dire qu'il y avait
32:19un trop grand laxisme judiciaire
32:21là
32:22à droite comme à gauche
32:23les gens qui étaient là
32:23ils étaient d'accord
32:24pour dire qu'il y avait
32:25un trop grand laxisme judiciaire
32:26est-ce que cette affaire
32:27va servir d'électrochoc
32:28aux magistrats
32:29pour
32:29et je me tourne vers Eric
32:31qui veut intervenir
32:31pour
32:32et vous terminerez
32:46des enfants
32:46et qui sont des multirécidivistes
32:48qu'est-ce qu'il faut
32:49pour passer une nuit en prison
32:50dans ce pays
32:50qu'est-ce qu'il faut faire
32:52visiblement il faut être
32:52un ancien président de la république
32:53ça là on trouve de la place
32:55dans ces cas-là
32:55même quand on trouve pas
32:56de l'argent libyen
32:57on trouve de la place
32:57par contre on en trouve pas
32:58pour les pédocriminels
32:59moi je ne crois pas
33:00que ça va changer
33:01dans les semaines à venir
33:02déjà
33:03il y a un drame
33:04c'est que des victimes
33:05il va commencer
33:05à en avoir de nouvelles
33:07dans les jours
33:07dans les semaines à venir
33:08parce qu'en effet
33:09c'est un fait de société
33:10donc il va y avoir
33:11de la colère en plus
33:12et vous allez changer
33:12tout ça
33:13ça va être compliqué
33:13c'est-à-dire qu'à un moment
33:14on voit déjà
33:15Gérald Darmanin
33:16par rapport à ce week-end
33:17il est beaucoup plus magnanime
33:19à l'égard des magistrats
33:20parce qu'il comprend
33:21qu'il est obligé
33:21de faire avec eux
33:22sauf qu'à un moment
33:23pour créer un électrochoc
33:24il faut leur faire comprendre
33:25qu'il y aura véritablement
33:27une sanction
33:27et vous savez
33:28l'énorme problème qu'on a
33:29sur la question
33:30de la pédocriminalité
33:31c'est contrairement à MeToo
33:32où les femmes
33:33qui avaient 20-25 ans
33:34pouvaient témoigner
33:35sur Twitter
33:36pouvaient être reçues
33:37dans les médias
33:37etc
33:38cette fois-ci
33:39évidemment que les jeunes filles
33:40de 5 ou 6 ans
33:40elles ne vont pas à la télévision
33:42sur une heure de grande écoute
33:43pour dire qu'elles ont été
33:44agressées sexuellement
33:45et violées
33:45c'est-à-dire que ce sont
33:46les parents
33:47qui portent leur voix
33:48et donc c'est aussi
33:49quelque chose
33:50qui fait que finalement
33:51faire parler de cela
33:52et bien c'est pour ça
33:53que les mères de famille
33:54qui se mobilisent
33:55c'est absolument essentiel
33:56mais en même temps
33:57les mères, les pères
33:58je préserve aussi
34:00d'une certaine façon
34:01l'anonymat
34:02de ma fille
34:02avec une forme de sentiment
34:04de honte aussi
34:04de la part des parents
34:05c'est un sujet
34:08extrêmement difficile
34:08l'attente de Liana
34:09on a fait part
34:10bien sûr
34:10c'est difficile
34:12d'aller dire
34:13que soi-même
34:13on a été victime
34:14de violence
34:14mais on n'a pas non plus
34:15envie de stigmatiser
34:16nos enfants
34:17on n'a pas envie
34:17qu'ils soient vus
34:18comme ça
34:19donc moi j'ai beaucoup
34:20beaucoup de parents
34:21qui me disent
34:22moi j'ai pas envie
34:23qu'on sache
34:24que c'est mon enfant
34:25sur le périscolaire
34:26par exemple
34:27moi j'ai reçu
34:28énormément de parents
34:29qui avaient eu
34:30leurs enfants victimes
34:32de violences sexuelles
34:33dans le périscolaire
34:34parisien
34:34et beaucoup d'entre eux
34:35m'ont dit
34:36moi je veux pas parler
34:37je veux parler
34:38que de manière anonyme
34:39parce que je ne veux pas
34:40que le nom de mon enfant
34:42soit entaché quelque part
34:43donc on dit souvent
34:44dans un second féministe
34:45vous savez qu'il dit
34:45la honte doit changer de camp
34:46dans les violences
34:47vis-à-vis des enfants
34:48en fait la honte
34:49elle est toujours éprouvée
34:50par la personne
34:51l'enfant qui a été victime
34:52et par les parents
34:53les parents culpabilisent
34:54beaucoup
34:54c'est terrible pour eux
34:55de se dire
34:56mais qu'est-ce que
34:57j'aurais dû comprendre avant
34:58qu'est-ce que j'aurais dû voir
34:59parce que les pédocriminels
35:00sont des pervers
35:01et donc comme tous les pervers
35:02manipulateurs
35:03ils savent se déguiser
35:04ils se déguisent
35:05en personne de conscience
35:06c'est celui qui organise
35:07les pyjamas parties
35:08les barbecues dans le jardin
35:09qui ramène
35:10ceux qui n'ont pas la possibilité
35:12c'est l'animateur sportif
35:13c'est le mentor
35:14et comme il est déguisé
35:15on lui fait conscience
35:16et donc les parents
35:16ont cette double honte
35:17de se dire
35:18mon enfant est victime
35:19de violences sexuelles
35:20donc il y a ce sentiment
35:20d'iffus de honte
35:21et de surcroît
35:22est-ce que j'ai failli
35:23comme parent
35:23donc c'est important
35:24à nous en tant que société
35:25de leur dire
35:25vous n'avez pas failli
35:26comme parent
35:27et l'enfant n'est pas responsable
35:29j'ai entendu tout à l'heure
35:30l'adjointe au maire
35:32d'Emmanuel Grégoire
35:33qui disait
35:33on explique aux enfants
35:35qu'il faut dire
35:35tu n'as pas le droit
35:36de me toucher
35:36ok c'est très bien
35:38d'aller voir les enfants
35:38mais est-ce que c'est vraiment
35:39la responsabilité de l'enfant
35:41de 3 ans
35:42de 4 ans
35:42de 10 ans
35:43de 18 mois
35:44d'aller verbaliser
35:46au pédocriminel
35:47ah non je ne souhaite pas
35:48que tu me touches
35:49c'est ubuesque
35:50de faire porter
35:51cette responsabilité-là
35:52sur les enfants
35:53j'espère que le plan
35:54qu'elle va présenter
35:55ne se repose pas
35:57uniquement là-dessus
35:58vous voyez ces images
35:59là c'était à Agin
36:00dans le Lanté-Garonne
36:01une France
36:01de tous les âges
36:03une France populaire
36:05des hommes
36:06des femmes
36:06qui sont venus manifester
36:08on voit des enfants
36:08qui sont à cette manifestation
36:11parce que
36:11ça concerne tout le monde
36:13c'est-à-dire que ça concerne
36:14tout le monde
36:14tout le monde
36:15connaît une victime
36:16c'est tellement important
36:18ou a été soi-même victime
36:19c'est tellement important
36:202 adultes sur 5
36:20qui ont été exposés
36:21directement à des violences sexuelles
36:23soit comme témoins directs
36:24soit comme victimes
36:25c'est beaucoup
36:25c'est énorme
36:26et donc la question
36:27de l'électrochoc
36:28sur les magistrats
36:29est-ce que c'est
36:29est-ce que vous n'avez pas répondu
36:31à la question
36:31que vous avez posée
36:31tout à l'heure
36:33si si je vais y répondre
36:34est-ce que ça va servir
36:35d'électrochoc
36:36aux magistrats ?
36:37non mais
36:39déjà concernant
36:40enfin je veux dire
36:41je me répète
36:42mais vous avez des magistrats
36:44qui font leur travail
36:46là où je voulais en venir
36:48avant que Eric Tegner
36:49me coupe
36:50c'est que
36:50je parle d'une crise
36:52de l'autorité
36:52pourquoi ?
36:53parce que dans l'affaire
36:55Liana
36:56vous avez un gendarme
36:58qui est appelé
36:59par un procureur
37:00de Hoche
37:00et ce procureur
37:02lui dit
37:02on a tout
37:03on a l'auteur
37:04on a l'épreuve
37:06du viol
37:07maintenant il faut le mettre
37:08en garde à vue
37:09et pourquoi je parle
37:10de crise de l'autorité ?
37:11vous avez un procureur
37:12qui n'est même pas suivi
37:15qui n'est même pas suivi
37:16dans l'ordre qu'il donne
37:18aux gendarmes
37:19pour qu'il puisse être
37:21enfin pour qu'il puisse
37:22y avoir une garde à vue
37:23il y a neuf mois
37:24je crois
37:25qui s'écoule
37:26sans qu'il se passe rien
37:28et c'est pour ça
37:29que je parle de crise
37:30de l'autorité
37:30est-ce que ça va servir
37:31d'électrochoc ?
37:31et bien moi j'espère
37:32que ça va servir
37:33d'électrochoc
37:33mais je l'espère
37:34parce que je vais vous dire
37:35ou est-ce qu'on va avoir
37:37une autre affaire Liana
37:37dans six mois ?
37:38c'est ça la question
37:39en deux mois
37:40hélas
37:40hélas
37:41vous ne pouvez pas empêcher
37:42un crime
37:43et il n'y a pas que des crimes
37:44non mais pas empêché
37:45il y a toujours eu des crimes
37:46contre les enfants malheureusement
37:47mais hélas
37:48pourquoi c'est un fait société ?
37:49parce que c'est un crime évitable
37:51c'est comme Lola
37:52c'est comme Philippine
37:53c'était évitable
37:54là Liana c'était évitable
37:56pour d'autres raisons
37:56mais c'était évitable
37:57et c'est pour ça
37:57que l'évolution est là
37:58Jules vous vous dites
37:59ça ne change rien
38:00c'est vrai qu'il y a
38:01une grosse charge
38:03qui est aujourd'hui
38:03faite contre la magistrature
38:04avec des prises d'opposition
38:05enfin on n'entend pas souvent
38:07le procureur près de la cour
38:07de cassation
38:08remette prendre la parole
38:09on ne voit pas dans
38:10toutes les matinales de France
38:11les syndicalistes
38:14que ce soit de l'USM
38:15ou du syndicat de la magistrature
38:16même si eux
38:17ils sont un petit peu
38:17plus bruyants que les autres
38:18donc en effet
38:19il y a
38:20comment dire
38:21une réponse qui est attendue
38:22de leur part
38:22mais moi
38:23pardonnez-moi
38:23quand je vois
38:24la procureure
38:25de la République de Hoche
38:26qui vous dit
38:26que le sujet
38:27c'est les moyens
38:28quand je vois
38:28que le secrétaire adjoint
38:31de l'USM
38:32vous dit
38:32que finalement
38:33la question des moyens
38:34c'est le plus important
38:34j'ai un petit peu peur
38:36j'ai des interrogations
38:37parce que je pense
38:38que ce ministère
38:39devrait enfin
38:40être un ministère politique
38:41rendez-vous compte
38:42et moi
38:42c'est ce qui m'a marqué
38:43ce matin
38:43Gérald Darmanin
38:44je pense qu'il fait des efforts
38:46je pense qu'il essaye
38:47de changer ça
38:48mais c'est tellement verrouillé
38:49il ne peut rien faire
38:50il ne peut même pas
38:51demander
38:52de demander
38:53c'est un débat présidentiel
38:54c'est est-ce que oui ou non
38:54on accepte
38:56de mettre un petit peu
38:56de politique
38:57dans ce ministère
38:57de la justice
38:58Gérald Darmanin
38:59s'il a envie
39:00de révoquer un magistrat
39:01il ne peut pas le faire
39:02tout seul
39:02s'il a envie
39:03de prendre une sanction
39:04il ne peut pas le faire
39:05tout seul
39:05il demande l'avis
39:06c'est le conseil super
39:07oui c'est le conseil super
39:09de la magistrature
39:09qui décide
39:10donc à un moment donné
39:11est-ce qu'on est dans un pays
39:12où c'est le politique
39:13qui décide
39:13ou est-ce que ce sont
39:14les juges
39:15les procureurs
39:16qui décident
39:16bon je pense que les français
39:17veulent que ce soit peut-être
39:23d'avoir été là ce soir
39:23pour débriefer
39:24ce long format
39:25je vous propose
39:26qu'on se quitte
39:26et vous allez retrouver
39:27Mickaël Dorian
39:28dans un instant
39:28par ce chauffeur de bus
39:30qui termine en larmes
39:32en parlant de la
39:33toute jeune Liana
39:34qui montait
39:35souvent dans son bus
39:36et qui donc évoquait
39:37pour ces news
39:39pour les équipes
39:39de Guillaume Janton
39:40dans ce long format
39:41la mémoire de Liana
39:42bonne soirée
39:42avec Mickaël Dorian
39:46vendredi matin
39:46à 7h05
39:47elle est montée dans le bus
39:48et comme tous les matins
39:49c'est la plus gentille
39:50des filles
39:50la plus polie
39:51elle me dit
39:51bonjour Gérald
39:52ça va
39:52et elle se met assise
39:54ici à ma droite
39:55voilà
39:55ici
39:56le siège de Liana
39:58où elle se mettait
39:59tous les matins
39:59et tous les soirs
40:01elle se mettait assise
40:02comme ça
40:03s'attachait
40:04et on discutait
40:07je pense tous les jours
40:08à elle
40:08quand je m'arrête
40:09le matin à 7h05
40:10et qu'elle n'est pas là
40:11je regarde le siège
40:12et j'imagine
40:13qu'elle est encore là
40:15et je ne l'oublierai jamais
40:16cette gentille petite fille
40:17hein ?
40:18hein ?
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