- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Nous allons revenir maintenant sur les conséquences judiciaires, bien sûr, et politiques de l'affaire du meurtre de Liana.
00:09Son meurtrier présumé est toujours en détention provisoire, mais maintenant l'onde de choc, elle est politique, avec des appels
00:16à manifester ce soir pour dire plus jamais ça.
00:19Nous allons justement voir comment ça se passe devant les palais de justice de Lyon, de Nancy, de Nice.
00:24Nous serons aussi du côté Doche dans le Gers, mais ce qui est intéressant de voir, c'est qu'au
00:30-delà de l'émotion, c'est que maintenant, il y a une envie de faire bouger les choses.
00:35C'est d'ailleurs ce qu'a dit Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, ce matin, lorsqu'il a reçu
00:39les procureurs, il s'interroge, y aura-t-il d'autres affaires Liana en France ?
00:43Et il appelle les procureurs à accélérer l'examen des dossiers, 70 000 dossiers en souffrance, mais pas question pour
00:51Gérald Darmanin de démissionner non plus.
00:52On écoute le garde des Sceaux.
00:54Y a-t-il d'autres affaires Liada en France ? C'est la question qu'on peut légitimement tous
00:59se poser et que je demande au procureur généraux, au procureur de se poser.
01:04C'est, je crois, le rôle du ministre de la Justice, lorsque ça ne va pas, de commander une inspection.
01:10J'attendrai le résultat de cette inspection dans 15 jours, qui concerne évidemment aussi la gendarmerie nationale et l'éducation
01:17nationale,
01:17pour éventuellement communiquer devant vous sur les sanctions éventuelles que je prendrai dans ce que nous pouvons considérer
01:27comme étant un terrible échec de l'action de l'État en général et de la justice, bien évidemment.
01:33Il y avait un appel à manifester devant le ministère de la Justice, justement, aujourd'hui, Place Vendôme, en plein
01:40centre de Paris.
01:41Nous allons y retrouver Mélanie Bertrand en direct pour BFM TV avec une invitée.
01:45Or, la préfecture a interdit ce rassemblement, finalement, Mélanie.
01:51Oui, exactement. L'arrêté de la préfecture de police de Paris est tombé il y a deux heures en raison
01:55du risque de trouble à l'ordre public.
01:57Ici, Place Vendôme, les policiers demandent, finalement, à ce que le rassemblement soit décalé, soit déplacé un petit peu plus
02:03loin dans Paris.
02:04Place Louis Lépine devant l'ancien palais du 6, devant la cour d'appel.
02:07Nous sommes avec Iris Anné.
02:09Vous êtes responsable pédagogique de l'association Face à l'inceste et ancienne rapporteuse de la Civise.
02:15Comment vous prenez cette interdiction ? Et est-ce que vous allez rester ici coûte que coûte ?
02:20Nous la prenons comme ce qu'elle est, c'est-à-dire une violence supplémentaire,
02:23comme la désignation du deuil d'un peuple face à la mort d'une enfant comme un trouble à l
02:27'ordre public.
02:28Les mots ont un sens. Les mots sont forts. Les mots sont violents.
02:31Nous sommes venus ici parce que nous voulions voir si le ministre de la Justice allait tenir ses promesses.
02:35Il s'était dit choqué. Il s'était dit bouleversé. Il avait présenté ses excuses.
02:40Et encore une fois, rien ne suit les paroles. Elles ne sont pas suivies d'actes.
02:44Nous irons finalement en place l'épine parce que nous ne voulions pas laisser seules les Françaises et les Français
02:48qui ont choisi, qui ont besoin de se réunir pour penser un instant, pour faire une minute de silence à
02:53la mort de Liana.
02:53C'était ça le sens de ce rassemblement. C'est le sens de ce rassemblement.
02:56Donner la parole aux victimes des violences sexuelles.
03:00Avoir aussi une minute de silence, je crois, pour Liana et pour toutes les victimes.
03:02C'était pour donner un espace de recueillement pour un peuple endeuillé, un peuple qui a besoin de se reconnaître,
03:08de se sentir ensemble, de se sentir unis.
03:11Et il l'a été jusqu'ici et nous sommes infiniment reconnaissants de cette mobilisation collective.
03:16Malheureusement, les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur des Français et des Françaises.
03:19Un mot sur les annonces ce matin de Gérald Darmanin qui a reçu ici même devant le ministère, au ministère
03:23de la Justice, tous les procureurs généraux.
03:25Il a demandé notamment est-ce qu'il y a un passage en revue, un petit peu en urgence, des
03:2870 000 plaintes en souffrance pour les enfants victimes de violences sexuelles.
03:32Est-ce que c'est une bonne idée, une bonne peut-être, une première solution ?
03:36Le délai accordé et la demande sont déjà révélateurs.
03:39Comment voulez-vous repasser en revue 70 000 plaintes en même pas un mois ?
03:44Ça ne peut être que bâclé.
03:46Et finalement, Gérald Darmanin demande à ses procureurs de bâcler, encore une fois, ces dossiers de violences sexuelles sur mineurs.
03:51Merci beaucoup. Et on entend au micro, peut-être que vous avez entendu derrière nous, les appels de la police
03:56à se déplacer.
03:57Place Louis-Lépine, on verra si les consignes sont entendues ici.
04:00Merci. Mélanie Bertrand et Victor Lerenard en direct du ministère de la Justice pour BFM TV.
04:04Maître Boussardo, bonsoir. Vous êtes avocate, ancienne vice-bâtonnière de Paris, présidente de l'association Bâtonnières du Monde.
04:1170 000 plaintes à revoir d'ici le 14 juillet, des plaintes impliquant des enfants. C'est faisable ?
04:19C'est un délai extrêmement court, c'est certain. C'est une réponse politique qui est donnée à ce qui
04:26clairement constitue un séisme.
04:29Le terme de séisme, vous l'utilisez, séisme judiciaire ?
04:31Oui, je considère qu'il y a un vrai effet blast à ce drame. Les professionnels du droit que nous
04:39sommes, les avocats, nous sommes habitués à ces temps, à ces délais extrêmement longs.
04:47La situation ici est dramatique parce qu'on est au paroxysme d'une certaine manière de ces délais.
04:54Mais notre quotidien, ça a été beaucoup dit, mais je le répète parce que c'est une réalité, notre quotidien
04:59est vraiment occupé à relancer face à des justiciables.
05:05À l'égard desquels nous sommes presque un tampon entre la justice et les justiciables qui viennent nous voir pour
05:12nous confier ce qu'ils ont de plus difficile, de plus intime.
05:16Je parle évidemment des violences sur les enfants. Je pense aussi aux violences sur les femmes, les violences sexuelles et
05:22sexistes.
05:23Évidemment, lorsque un justiciable franchit la porte d'un cabinet d'avocats, c'est avec beaucoup d'espoir et beaucoup
05:30d'attente parce que pour pouvoir déposer cette lourdeur, cette réalité, il faut quand même beaucoup de courage.
05:38Mais franchement, est-ce que la justice peut aller plus vite ou pas ?
05:41Pardon, on va écouter Marine Le Pen qui vient de sortir des locaux du Rassemblement National et qui réagit.
05:46Ces gens ne seront plus là dans un an.
05:48Mais vous regrettez pas qu'ils ne démissionnent pas aujourd'hui ?
05:54On a entendu Marine Le Pen. Pour elle, l'élection présidentielle sera l'occasion, on l'a bien compris à
06:00ce moment-là, de faire le ménage.
06:03Ces gens-là, dit-elle, ne seront plus là dans un an.
06:05Je reviens à ma question. Est-ce que franchement, la justice peut aller plus vite en l'État ou pas
06:09?
06:10La justice doit pouvoir aller plus vite.
06:13Est-ce qu'elle le peut ?
06:14J'allais venir à la nuance. Elle doit aller plus vite, à l'évidence, puisque ces dossiers intrinsèquement relèvent de
06:21l'urgence.
06:23Mais il y a aussi une réalité de terrain.
06:25Et cette réalité, c'est celle du nombre d'enquêteurs.
06:29C'est celle du nombre de magistrats.
06:32Bien sûr que...
06:32Donc elle doit, mais elle ne peut pas.
06:34Il n'y a pas assez de moyens ?
06:35Non, il n'y a pas assez de moyens. C'est aussi une question de moyens. C'est clairement une
06:40question de moyens.
06:42Ce matin encore, nous passons, nous, avocats, des heures à appeler les commissariats.
06:47Les réponses qui nous sont souvent données, c'est, mais maître, nous en sommes à peine au plein de 2024.
06:532024. Donc non, le dossier n'est pas...
06:55Mais très souvent.
06:57Alors, vous avez les affaires de nature sexuelle, vous avez les autres affaires, mais sachez que le quotidien des professionnels
07:05de justice, c'est de relancer.
07:07Pardon, mais quand on reçoit une plainte en août 2025 d'une maman qui porte plainte pour viol sur sa
07:13fille, sur mineur, on s'interroge quand même.
07:16Certes, il n'y a peut-être pas assez de moyens au parquet de Toulouse, mais pourquoi il ne se
07:19passe pas grand-chose ?
07:20Alors déjà, il y a un problème de savoir qui va se charger de l'enquête. Est-ce que c
07:24'est le parquet de Toulouse, celui du Gers ?
07:26Bon, on perd du temps. Là, on envoie un courrier, on n'envoie pas de mail.
07:30Donc ça, ce n'est pas une question de moyens, c'est des questions de procédures, de lourdeur administrative.
07:34Vous avez raison. Il y a évidemment la lourdeur administrative, et ça paraît totalement contre-intuitif de se dire que
07:40les procédures sont en 2026 transmises par voie postale, bien évidemment.
07:44Mais la question territoriale, c'est une question qui se pose très fréquemment.
07:49Vous avez une procédure qui est déposée, par exemple, à Nanterre, et puis finalement, six mois après, vous vous appelez,
07:55vous relancez.
07:56Mais la procédure est partie parce que le mise en cause a déménagé, et que la compétence territoriale a également...
08:01Oui, mais ça, ça peut se régler, ce n'est pas une question de moyens.
08:04On peut décider que la compétence soit au parquet qui a saisi la plainte, sans se poser de questions.
08:09Mais c'est la loi.
08:10Oui, c'est la loi, il faut changer la loi.
08:11Non, ce sont nos textes, les compétences territoriales relèvent de notre code de procédure pénale.
08:16Donc il y a peut-être des procédures à alléger.
08:18Non, il y a très certainement, à l'évidence, c'est plus que perfectible.
08:23Mais je crois que la question des moyens est au cœur, malgré tout, et, j'en terminerai peut-être là
08:30-dessus, des moyens et de l'organisation.
08:33C'est-à-dire que, structurellement, il y a un vrai enjeu de coordination de ces dossiers,
08:38parce qu'il n'est pas acceptable de se dire que, dans telle région, dans tel département, dans telle ville,
08:45la plainte va être traitée,
08:46et puis dans telle autre, elle ne va pas l'être, dans tel département, des actes minimums d'enquête vont
08:52être réalisés,
08:54et puis, les mêmes faits donnent lieu, par exemple, à un classement sensuel.
08:58Ça, c'est une réalité.
08:59Et il y a cet aléa aussi géographique, aussi territorial, qui pose problème.
09:06Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on procède encore par fax, par courrier postal, au sein de la justice,
09:12à l'heure des smartphones et du numérique.
09:15De moins en moins, voire plus.
09:17Mais il y a encore très peu de temps, d'années, disons, il y a 2-3 ans, vous pouviez
09:22encore avoir des fax.
09:23Aujourd'hui, on a quand même des systèmes dématérialisés, au quotidien.
09:28Bruno Quetel, ancien député, aujourd'hui avocat, vous étiez venu témoigner de ce qui vous est arrivé à l'âge
09:35de 11 ans.
09:36Vous avez été violé, vous nous racontiez à l'époque, il ne se passe pas une journée sans que tout
09:41vous ramène à un moment donné à ce que vous avez subi à l'âge de 11 ans.
09:45Comment vous avez réagi en apprenant la mort de Liana et tout ce qui s'est passé, tout ce qu
09:50'on a appris autour de cette mort ?
09:51Ces faits dramatiques, à chaque fois qu'ils se produisent, vous renvoient à votre propre histoire et vous replongent dedans.
10:00C'est inéluctable.
10:02Moi, ce que je voudrais simplement dire, c'est que je crois qu'on est vraiment à la charnière.
10:07Les pouvoirs publics peuvent, s'ils s'en donnent les moyens, faire qu'il y ait un avant et après
10:12ce drame.
10:13Et je crois que la société, dans son ensemble, fasse à tant qu'il soit fait, pardon, que les moyens,
10:21effectivement, même s'il a été fait en matière d'augmentation de budget,
10:24mais ça ne suffit pas, doivent être encore déployés et qu'il y ait des questions de procédure à revoir.
10:30Il y ait des questions aussi d'ordonnancement du parquet.
10:32Il existe un parquet national antiterroriste, il existe un parquet national financier qui avait été créé après une affaire éminemment
10:39médiatique.
10:40Il faut là que les pouvoirs publics, que l'État, donnent le signal à la société dans son ensemble qu
10:46'il prend à bras le corps ce sujet.
10:47Moi, j'entends beaucoup d'associations dire, mais finalement, la protection des enfants, ce n'est pas une priorité.
10:52Parce que les enfants, ça ne manifeste pas, ça ne vote pas, la parole de l'enfant est fragile et
10:59difficile à recevoir.
11:01Vous savez, moi, il a fallu que j'arrive à mes 60 ans pour prendre des dossiers de cet ordre.
11:07Et j'ai des dossiers de cet ordre, je défends des enfants et des parents.
11:10J'ai eu beaucoup de mal dans la journée, leur expliquer comment on ferait pour traiter 70 000 dossiers en
11:16quelques semaines,
11:17alors que leur propre dossier subit les langueurs de la justice.
11:20Très compliqué à justifier.
11:23Et ces familles concernées qui portent leurs enfants au quotidien, qui accompagnent leurs enfants.
11:28Moi, j'ai vu un enfant exclu de son école au lendemain du dépôt de la plainte contre un intervenant
11:32de l'école par le directeur de l'école.
11:34Pardon, l'enfant a...
11:36Dehors.
11:37C'est plein quoi ? D'agression sexuelle ?
11:38De viol.
11:39De viol ?
11:39De viol. Il a été entendu par la police.
11:41Le lendemain, le directeur était devant la porte.
11:44Il a dit aux parents, on ne veut plus votre enfant, vous devez trouver un autre établissement.
11:47Donc là, pardon, mais ce n'est pas une question de moyens, c'est bien une question de prise en
11:50compte de la parole de l'enfant.
11:51Alors, c'est une question de prise en compte de la parole de l'enfant.
11:53C'est aussi une question dans certains espaces.
11:57Il ne faut pas faire de vagues.
11:59Il y a l'institution à protéger, la réputation, surtout quand on est dans un établissement privé.
12:03Il y a des contingences multiples et variées qui peuvent en découler.
12:05Et la société, aujourd'hui, elle doit, elle, se lever contre cette forme d'atomie qui caractérise, non pas le
12:13débat public, mais le fonctionnement global et de la justice et de la société et du pays tout entier face
12:19à ces drames.
12:20Il y avait le périscolaire parisien, c'est aussi qui est apparu.
12:23C'est-à-dire qu'on n'a pas, pendant longtemps, voulu entendre, voir ce qui se passait.
12:27Aujourd'hui, ce que les Français entendent, c'est un ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui dit qu'il
12:34faut rouvrir les dossiers, 70 000 dossiers.
12:37Donc, il faut accélérer l'examen de ces dossiers.
12:40Seulement, ce matin, un magistrat lui a répondu en direct sur BFM TV.
12:45Quand j'entends qu'on va revoir 70 000 procédures en un mois, là, je crois qu'on atteint le
12:51sommet de la démagogie.
12:53C'est-à-dire que 70 000 procédures, elles ne sont pas réparties sur 9 000 magistrats.
12:57Elles vont être réparties sur 400 parquetiers mineurs.
13:00Ça fait 800 heures de travail, si on travaille normalement, en un mois.
13:04Un mois travaillé, c'est 140 heures.
13:06Les magistrats travaillent plus, disons, 250 heures.
13:09Mais comment on va faire ?
13:11Et ça veut dire qu'on arrête tout le reste.
13:12On n'a pas les moyens de le faire.
13:13On ne peut pas revoir 70 000 procédures.
13:15Ou alors, on les voit, on les lit en 30 secondes.
13:18C'est ça qu'on veut.
13:19Et donc, on risque, en réalité, de faire la même chose, c'est-à-dire de passer à...
13:22On risque de faire les mêmes erreurs.
13:24Donc, c'est de la communication politique, seulement ?
13:27Il y a un aspect effet d'annonce.
13:28Il ne faut pas se leurrer.
13:29Mais il y a des signaux politiques à apporter à des situations comme celle-ci.
13:33Mais après, les gens ne sont pas dupes.
13:34Et la société a énormément évolué sur les connaissances des mécanismes institutionnels et judiciaires.
13:40Et personne ne peut croire que tout cela sera fait...
13:44D'ici le 14 juillet.
13:45Non, mais surtout dans une forme de rationalité nécessaire, pourtant nécessaire.
13:49Maître ?
13:50Je pense qu'il faut dépasser...
13:55Je vous parlais tout à l'heure de séisme, et le mot est choisi.
13:58Je crois que beaucoup a été fait en matière de lutte contre les violences sexuelles, sexistes, qui concernent les enfants.
14:05Mais ce qui n'a pas encore été fait, c'est quand même de coordonner tous les dispositifs qui existent.
14:11Des réformes, il y en a régulièrement.
14:13La procédure pénale, la matière pénale, c'est ce qui impulse le plus de réformes en réalité.
14:19Il y en a tout le temps.
14:21Je crois que le moment est clairement venu de réfléchir de manière structurelle à la lutte contre ces violences-là.
14:29C'est-à-dire que je crois qu'on n'a plus besoin d'une strate sur une autre strate.
14:33Donc pas de nouvelles lois, mais organisons mieux les choses.
14:37Les organiser de manière structurelle, c'est-à-dire réfléchissons à ce parquet national de lutte contre les violences sexuelles
14:45et sexistes.
14:45Mon confrère l'indiquait à l'instant.
14:47Nous avons un parquet national pour les affaires financières, économiques et politiques.
14:51Qui va assez vite d'ailleurs, en général.
14:52Qui va relativement vite.
14:54L'entourage de Gérald Darmanin, on l'a interrogé à ce sujet-là, il juge que ce n'est pas
14:59forcément la meilleure des solutions.
15:00Parce qu'il dit le parquet national, par exemple, pour le terrorisme et autres, on remonte tout au niveau national,
15:04effectivement.
15:05Or, dans ces cas-là, au contraire, ce qu'il faut, c'est de l'ultra-proximité.
15:09Et que donc, finalement, faire un parquet national, c'est une fausse bonne idée dans le cas des violences contre
15:15les femmes et les enfants.
15:16C'est l'objection qui est souvent faite.
15:19L'objection qui est faite à cette proposition consiste à dire que ces violences-là relèvent d'un contentieux de
15:26masse.
15:27Et précisément, effectivement, c'est un contentieux de masse et de proximité.
15:33Mais je considère que précisément, parce que ce contentieux est massif, il a besoin d'une coordination, d'une supervision.
15:41On ne peut plus accepter qu'une plainte soit traitée de telle manière, dans telle région et différemment dans une
15:47autre.
15:47Est-ce que ce serait mieux géré depuis Paris que depuis les départements et les régions ?
15:51Ou au contraire, ça éloignerait les victimes de la justice ?
15:54La question est essentielle.
15:56Vous avez raison, ça interroge sur l'organisation.
16:00L'Espagne, il ne s'agit pas de calquer un modèle sur un autre.
16:06Comparaison n'est pas raison, bien évidemment.
16:07Pour autant, c'est de nature quand même à nous interroger lorsqu'on sait qu'un pays comme l'Espagne,
16:12depuis 20 ans, ne fait pas qu'expérimenter à ce parquet national.
16:17Avec des résultats ?
16:18Avec des résultats très clairs.
16:20Vous avez un tiers de fémicide en moins quand même.
16:23Il y a eu 5 milliards qui ont été alloués aussi.
16:26En 20 ans, vous avez 16 euros par personne pour cette lutte versus 5 en France.
16:31J'entends cette objection qui est souvent faite.
16:35Lorsque je parle de parquet national, ce n'est pas un guichet unique à Paris
16:40qui aurait vocation, bien évidemment, à remonter tous les dossiers de France.
16:44Bien évidemment, ce n'est pas envisageable.
16:46En revanche, un parquet de pilotage qui s'appuie sur des relais territoriaux.
16:53Réfléchissons-y.
16:54On ne peut plus se permettre de colmater des brèches.
16:57Il faudra embaucher des procureurs en plus, j'imagine.
16:59Ça nécessite effectivement du monde, des moyens, mais à la hauteur et à la mesure de ce contentieux.
17:05Soyons pas dupes, parce que là, il y a une élection présidentielle qui va arriver.
17:09Il ne va pas se passer grand-chose.
17:10Et Gérald Darmanin, qui est un candidat potentiel...
17:13Ce matin, il a dit « je ne suis pas candidat à cette élection présidentielle ».
17:16Il essaye quand même de se démarquer un peu des candidats à l'élection présidentielle.
17:20Vous avez vu le parquet national dont vous parlez ici même hier midi,
17:24Dominique de Villepin l'a aussi proposé.
17:26Bruno Retailleau veut la mise en place d'une cour disciplinaire pour les magistrats
17:32au sein de laquelle il y aurait des Français élus
17:36qui pourraient eux aussi prendre des sanctions contre les magistrats
17:39aux côtés de personnalités et de personnes qualifiées dans le secteur de la justice.
17:43On a vu que ce matin, le ministre de la Justice a essayé de dire ça.
17:45Ça relève du débat présidentiel très bien.
17:47Moi, mon problème, c'est de régler ce qui n'a pas fonctionné dans le cadre de l'affaire Liana.
17:51Parce que là, on parle d'une question systémique.
17:54Gérald Darmanin, dans sa conférence de presse, laisse la question ouverte.
17:56Il dit « toute l'enquête devra montrer si c'est, oui ou non, une défaillance systémique
18:01ou si c'est une défaillance ponctuelle avec des sanctions qui seront au niveau local. »
18:06Pour vous, ça ne fait aucun doute, ce n'est pas ponctuel, c'est systémique.
18:08Mais il y a quand même des procureurs, peut-être des magistrats, qu'il faudra sanctionner ?
18:11Il ne faut pas hésiter à le faire ?
18:13Alors, deux questions.
18:15Je ne peux pas vous dire sans aucun doute, puisque une enquête est en cours sur ce point.
18:22Donc, ce n'est pas moi aujourd'hui qui vais venir vous apporter les réponses à cette enquête.
18:26Selon toute vraisemblance, il y a eu des défaillances.
18:28Mais ce que je viens de dire, et c'est quand même important,
18:32cette défaillance a une conséquence dramatique,
18:34puisque celui qui a été laissé dans la nature, vraisemblablement, peut-être,
18:40était par ailleurs un assassin.
18:42Mais au quotidien, vous déposez plainte en tant qu'avocat,
18:45mais un an après, la partie civile, la plaignante ou le plaignant que vous défendez n'a pas été entendu.
18:52Le mis en cause ne l'a pas été non plus.
18:54Je ne vous dis pas que c'est tous les jours, mais je vous dis que c'est quand même
18:56plus que récurrent.
18:57Donc, on peut pointer du doigt, et par définition, on est tous happés par cette situation,
19:02mais c'est quand même notre quotidien.
19:04Donc, ça relève du structurel.
19:06Alors, on a vu des images de ce qui se passe, Place Vendôme.
19:09C'est un rassemblement qui devait se dérouler devant les fenêtres du bureau du ministre de la Justice,
19:15Gérald Darmanin.
19:16Finalement, ce rassemblement a été interdit par la préfecture,
19:20déplacé, en fait, sur l'île de la cité devant l'ancien palais de justice de Paris.
19:24Mais certains manifestants sont restés sur place pour manifester leur mécontentement, leur colère.
19:31Et on voit bien que Gérald Darmanin, Guillaume Daray, est quand même au centre de toutes les intentions.
19:37Certains demandent sa démission.
19:39Lui, pour l'instant, il l'a écarté.
19:41Plus que pour l'instant, il l'écarte, effectivement, en jugeant, je cite, que cette défaillance,
19:46ça ne tient pas aux consignes qu'il a données.
19:48Lui juge qu'il a donné les consignes qu'il fallait, la fameuse circolaire,
19:52la priorisation qu'il aurait souhaitée pour les violences faites aux femmes et aux enfants.
19:56Il juge, effectivement, qu'il a fait le travail, qu'il est allé s'excuser,
19:59et que donc, pour lui, il n'est pas question de démissionner.
20:01Vous l'entendrez répondre aux Français.
20:03Ce sera ce soir, avec Maxime Switek.
20:04Nous sommes avec l'actrice et réalisatrice Sarah Forestier,
20:08qui est en direct, justement, de la place Vendôme.
20:12Elle est... Sarah Forestier, bonsoir.
20:15Bonsoir, messieurs.
20:16Pardon, vous n'êtes pas à place Vendôme, vous êtes à Lyon.
20:18Non, je suis en route pour la manifestation à Lyon, oui.
20:21Voilà, la manifestation à Lyon, devant le palais de justice.
20:25Ça vous choque qu'on ait empêché, la tenue de la manifestation en place Vendôme ?
20:30Oui, mais ce qui me choque plus, si vous voulez, c'est que le gouvernement arrive toujours après la guerre,
20:35alors qu'on attend, justement, que le gouvernement fasse la guerre à la pédocriminalité.
20:40Ce qui se passe avec Yana, c'est que juste, là, toute la France voit, vraiment, on voit dans notre
20:45face,
20:45ce que les associations féministes disent depuis tellement d'années,
20:48c'est qu'il y a des pédocriminels qui sont laissés dans la nature.
20:51Il y a un vrai, vrai, vrai problème, mais on pourrait être autant choqué de l'affaire LeSquare Neck
20:55avec un chirurgien qui regarde des images pédopornographiques,
21:00c'est-à-dire que les pédocriminels regardent des images pédopornographiques
21:04et on devrait les arrêter avant qu'ils passent à l'acte.
21:07Donc quand ils regardent des images pédopornographiques, la plupart du temps, ils n'ont que du sursis.
21:12Donc c'est ce qui s'est passé avec LeSquare Neck.
21:15L'assassin de Lyanna, il aurait dû être mis en détention provisoire,
21:19mais quand ils regardent des images pédopornographiques, ces pédocriminels,
21:23ils ne prennent que du sursis.
21:25Donc qu'est-ce que ça veut dire ?
21:25Ça veut dire que l'État français ne considère pas que ces hommes sont des dangers ambulants
21:29et ils passent à l'acte.
21:31Donc il faudrait les mettre sous bracelet électronique.
21:34L'assassin de Lyanna aurait dû être mis en détention provisoire,
21:38mais ça veut dire que l'État, ça veut dire que les institutions
21:40doivent considérer ces hommes comme des dangers ambulants.
21:43Il y a 50% des hommes qui regardent des images pédopornographiques qui passent à l'acte.
21:47Qu'est-ce qui va se passer dans ce pays ?
21:49On va continuer de chialer quand il y a des gosses qui se font violer ?
21:52Ou est-ce qu'on décide d'empêcher les pédocriminels de passer à l'acte ?
21:56Et donc si vous voulez, moi, si je prends la parole aujourd'hui,
21:58c'est parce que je travaille avec des associations féministes
22:02et elles proposent une loi intégrale.
22:05Il y en a marre des rafistolages.
22:07Vous voyez, je vous entendais tout à l'heure en plat.
22:09– Que dit cette loi ?
22:10– En fait, la loi intégrale, elle englobe tout.
22:13Par exemple, pour les pédocriminels, il y a la prévention, de la sanction, la réparation.
22:18Et notamment, il y a tout ce qui a à voir avec les…
22:24En fait, il y a un nombre de policiers qui est très peu nombreux.
22:27Il y a 100 personnes en France qui s'occupent de la cybercriminalité,
22:31les pédocriminels en ligne.
22:32Mais il y a 700 signalements par jour.
22:35Donc en fait, on aurait besoin de beaucoup plus de moyens.
22:37Quoi qu'en dise M. Macron,
22:39100 personnes en France pour traquer les pédocriminels, c'est pas assez.
22:43Et pourquoi on a besoin de traquer les pédocriminels ?
22:45Parce que nous, les Français et les Françaises,
22:47on veut que le gouvernement arrête les pédocriminels avant qu'ils passent à l'acte.
22:51C'est tellement malsain de chialer et de pleurer
22:53après que ces enfants aient été violés, après qu'ils soient morts.
22:57Regardez, en fait, on a l'impression que ce gouvernement
22:59fait du rafistolage à chaque fois qu'il y a un scandale.
23:02– Mais comment vous expliquez que ça ne soit pas une priorité,
23:05justement, face aux pédocriminels ?
23:07On a eu encore le scandale du périscolaire à Paris.
23:11– En fait, voilà, on a eu le périscolaire,
23:13on a eu le scandale Bétarame.
23:14Et puis à chaque fois, vous avez des membres du gouvernement
23:17qui viennent dans des micros et qui disent
23:19« Ah, ben, on va faire une liste noire à l'éducation nationale pour le périscolaire. »
23:22Mais on n'en a rien à foutre de vos listes noires.
23:24On n'en a rien à foutre de vos rafistolages.
23:26Il y a une loi qui a été préparée depuis tellement d'années
23:28qui s'appelle la loi intégrale.
23:30J'invite tous vos téléspectateurs à regarder sur Internet
23:33loiintégrale.fr.
23:34Il y a absolument tout.
23:35Il y a pour les pédocriminels, pour protéger les enfants,
23:39pour protéger les femmes par rapport aux violences conjugales,
23:42par rapport aux violences aussi dans notre travail.
23:45Parce qu'il y a aussi une chose qu'il faut…
23:48Si vous voulez, ce qui ne va pas,
23:50dans l'attitude du gouvernement, c'est de réagir
23:53uniquement au cas par cas.
23:54Et même, je vais aller un peu plus loin.
23:56Quand vous avez l'affaire Bruel, quand vous avez l'affaire Depardieu,
24:00c'est traité « Me too music », « Me too cinéma ».
24:02On a l'impression que c'est que par secteur d'activité
24:05et que ce n'est pas pensé de manière systémique.
24:07Mais la réalité, c'est que par exemple, dans ces affaires-là,
24:11c'est des femmes qui ont été violées sur leur lieu de travail
24:13ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail.
24:16Et donc, ça relève du ministère du Travail également.
24:19Et dans cette loi intégrale, ça parle de ça.
24:22Ça dit que les employeurs doivent virer les agresseurs.
24:27Patrick Bruel aurait dû être viré de festivals beaucoup plus tôt.
24:31Gérard Depardieu aurait dû être viré de tournages beaucoup plus tôt.
24:34Et voyez, moi, j'ai participé à Me too cinéma.
24:37Mais la réalité, c'est que si les employeurs,
24:39si les producteurs de films avaient viré les agresseurs,
24:42comme c'est préconisé dans le Code du travail,
24:44parce qu'il y a des sanctions disciplinaires
24:46et qu'ils peuvent virer les agresseurs,
24:48on ne serait pas là.
24:49Et donc, tout ça, tout ce que je vous dis depuis tout à l'heure
24:52est contenu dans cette loi intégrale.
24:54Et on a besoin d'autres choses que d'émotions.
24:58En fait, je vais vous dire très sincèrement,
25:00il n'y a aucune raison de ne pas passer cette loi.
25:01Il faut agir.
25:03C'est que tous les députés,
25:05l'urgence absolue avant la fin du quinquennat,
25:08c'est de passer cette loi intégrale.
25:10Moi, je vous le dis sincèrement,
25:11je ne veux plus rien entendre d'autre.
25:12Merci Sarah Forestier.
25:14Merci.
25:15Une saine colère, comme on dit,
25:18de l'actrice et réalisatrice.
25:19Sarah Forestier qui partait à la manifestation
25:21devant le palais de justice à Lyon
25:23avec ces images de la place Vendôme
25:25où finalement, un arrêté préfectoral
25:27a empêché le rassemblement.
25:30Et ce sont quelques-unes des manifestantes
25:32qui sont quand même restées.
25:34qui sont quand même restées sur le palais de justice à Lyon
25:34et qui sont quand même restées sur le palais de justice à Lyon
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