00:00Nous allons faire maintenant le point concernant la disparition de Liana, 10 ans et demi.
00:05Liana qui est disparue à Florence, dans le Gers, et c'est justement là-bas que nous allons retrouver Suzy
00:13Bernard-Menniguet pour BFM TV.
00:15On imagine toute l'émotion justement et la crainte, la peur dans ce village.
00:23Oui, bien sûr, là nous nous situons juste à côté de la mairie sur une place très animée
00:27et on peut dire que le sujet est sur toutes les lèvres, c'est d'ailleurs ce que nous a
00:31confié un habitant.
00:33Il faut s'y manifester, qu'on est dans une commune de 6000 habitants, à 25 km d'Auche, une
00:38soixantaine de kilomètres de Toulouse
00:40et ici la plupart des gens se connaissent ou en tout cas se connaissent plus ou moins de près ou
00:44de loin et un peu voient qui est qui.
00:47Et donc forcément quand ils ont appris ce drame, la disparition d'une fillette de 11 ans, Liana, vendredi, ça
00:53a été un choc pour eux.
00:54Et alors beaucoup ont voulu participer, ont voulu être actifs dans ces recherches.
00:58C'est le cas de Sylvain, il est gérant d'un salon de thé. Je vous propose de l'écouter.
01:03J'ai participé à la battue citoyenne organisée par la municipalité, par les forces de l'ordre.
01:11Voilà, ça m'a paru naturel, évident. Nous étions nombreux.
01:14J'ai trouvé ça plutôt beau comme élan populaire, spontané.
01:19On attend beaucoup. On espère avoir des infos prochainement.
01:23On s'efforce de soutenir du mieux qu'on peut.
01:31Difficile d'échapper à la triste nouvelle quand on arrive ici.
01:34C'est vraiment ce qui saute aux yeux.
01:36Il y a des camions de pompiers qui passent, des voitures de police également qui circulent.
01:40Le bruit des hélicoptères et puis la plupart des commerces ont affiché l'avis de disparition de la jeune fille.
01:46Voilà, Suzy Bernard-Ménéguz dans la Florence dans le Gers avec Nassim Gomery.
01:52Justement, où en est-on dans l'enquête ? Il y a des éléments.
01:55Quels types d'éléments ont été trouvés ? Comment vont-ils être analysés ?
01:58Je vous propose d'écouter le gendarme qui mène l'enquête.
02:03Nous avons trouvé des éléments sur le terrain.
02:06Maintenant, il y a des analyses en cours et tout ça procède plutôt de la partie investigation.
02:10Nous avons relevé un certain nombre d'objets.
02:12Maintenant, ça n'a peut-être rien à voir.
02:13Tout ça doit être abordé avec extrêmement de prudence.
02:17Il faut être prudent, mais comment ça avance quand on a des éléments ?
02:20Quel type d'éléments on peut avoir ?
02:21Il y a plusieurs éléments.
02:23D'abord, éventuellement, à l'endroit où la petite a disparu, c'est ce qui s'est passé.
02:28Un enregistrement vidéo où on voit la personne qui a été mise en cause avec la petite dans la voiture.
02:34Ensuite, très directement, ça va être la saisie.
02:36Alors, éventuellement, des téléphones, on en a peu parlé, mais c'est surtout la voiture.
02:40La voiture qui est équipée avec un GPS qui a de l'informatique et de l'électronique embarqués et qui
02:46va donc pouvoir, normalement, si ça va fonctionner, donner l'itinéraire et surtout avec l'eurodatage.
02:51C'est-à-dire la possibilité de savoir à quel moment il s'est arrêté, à quel endroit et combien
02:56de temps.
02:57Ensuite, il y a les opérations de police technique qui vont être au laboratoire de police scientifique de la gendarmerie
03:05à Pontoise,
03:06qui, sur cette voiture, vont porter également sur la recherche d'indices, laissant à penser, alors non pas que la
03:12petite est montée dans la voiture,
03:13ça on le sait, mais elle a été sa position dans la voiture.
03:17C'est-à-dire que si elle est assise à droite du chauffeur, c'est logique.
03:20Si on retrouve des traces, des empreintes digitales, des traces de vêtements, de fibres sur la banquette, sur toute la
03:26longueur,
03:27c'est qu'elle est allongée, c'est déjà plus normal.
03:29Si c'est dans le coffre, on change évidemment complètement de... on change complètement de registre.
03:34Et puis, il y a les éléments de police technique sur le domicile.
03:38La maison, vous l'avez vu, a été mise sous scellée, c'est-à-dire que personne n'y rentre.
03:42Il y a forcément des gendarmes qui la gardent jour et nuit, et là-dedans, ça va être l'IRCG
03:45aussi.
03:46Mais là, on est à quatre jours de sa disparition, c'était vendredi.
03:49Donc, j'imagine qu'on a déjà retracé le parcours de la voiture grâce au GPS.
03:53Donc, on recherche là où elle s'est arrêtée la dernière fois ou s'il y a eu plusieurs...
03:57Oui, alors, pas forcément.
03:58Je vous avoue que je ne mesure pas, quand on a eu de la difficulté de l'expertise, le temps
04:01qu'il faut.
04:01C'est si long que ça ?
04:02Nous, on nous a parlé d'un retour d'expertise de l'IRCGN en fin de semaine.
04:05En fin de semaine.
04:06Mais pas avant la fin de semaine, d'accord.
04:07Rappelez-vous, pour l'affaire Lelandais, ils avaient démonté la voiture et ça avait pris plusieurs...
04:12Il y a les téléphones portables aussi.
04:13Alors, il y a les téléphones portables, mais on imagine que l'auteur a pu s'en débarrasser de celui
04:20de la petite
04:21et qu'évidemment, il a pu ne pas remporter le sien à un moment défaut.
04:24Cet homme de 41 ans, père de deux enfants, ne parle pas, si je comprends bien,
04:28ou en tout cas pas suffisamment pour donner des indications précises sur ce qui s'est passé ce jour-là.
04:33Alors, dans un premier temps, il a nié et après, soumis à la question par le magistrat instructeur
04:36et à différentes reprises, il a refusé de répondre aux questions.
04:39C'est son droit le plus strict, c'est sa défense.
04:41Maintenant, il a été mis en examen, il a été écroué, placé en détention provisoire.
04:45Donc, c'est maintenant le temps de l'enquête, mais c'est sûr que visiblement, il ne va pas nous
04:48aider.
04:49En tout cas, dans un premier temps.
04:51A retrouver cet enfant.
04:52Et justement, que sait-on de lui ?
04:5341 ans, on parle de comportement ou de gestes déplacés.
04:59Il a fait des remplacements en tant qu'agent d'entretien dans des lycées, c'est ça dans le GERS
05:03?
05:03Oui, absolument. On a pu recueillir différentes informations.
05:06Il a assuré des remplacements comme agent d'entretien, petite maintenance au sein de différents lycées du GERS à partir
05:11de 2018.
05:13Et ça a duré jusqu'en 2021.
05:16Il a été employé par la région Occitanie, puisque c'est le statut de ses employés dans les collèges et
05:21les lycées.
05:21Il était contractuel.
05:23Son casier judiciaire avait été vérifié lors de chaque remplacement.
05:26Et puis, en février 2021, il a été mis fin à son contrat.
05:30Pourquoi ? Parce que l'approviseur du lycée Maréchal-Lanne de la commune de Lectour a signalé un comportement inapproprié
05:37avec une lycéenne.
05:39Et en l'occurrence, il aurait échangé des messages sur un réseau social.
05:43Des messages, dit-on, insistants.
05:46Alors, l'approviseur a remonté l'information à sa hiérarchie, qui a remonté à la région, laquelle a pris des
05:53sanctions.
05:54Ce qu'on ne sait pas...
05:55Il a été suspendu, c'est ça ?
05:57Voilà. Il a été plus que suspendu. Il a été mis fin à son contrat, puisqu'il était contractuel.
06:01Ce qu'on ne sait pas, c'est s'il y a eu un signalement qui a été fait au
06:05procureur pour aller vérifier cette affaire,
06:09vérifier s'il n'y avait pas une affaire de corruption de mineurs et s'il y avait eu des
06:12suites judiciaires.
06:13Lui-même, il est chargé de famille.
06:15Il est marié, il a deux enfants.
06:17Il a une petite qui a 11 ans, qui était donc la meilleure amie de Liana, et il a une
06:20autre petite-fille de 7 ans.
06:22Maître Chéyer est avec nous.
06:23Donc, on ne peut pas compter pour l'instant sur ses déclarations, puisqu'il refuse de parler.
06:28Donc, il ne te dira pas ce qu'il a fait précisément avec Liana.
06:32Il faut attendre encore quelques jours pour que la voiture parle.
06:36Donc, on est dans un moment d'angoisse absolue, même si on voit bien que les recherches se poursuivent.
06:40D'ailleurs, c'est assez important, puisqu'il y a 180 gendarmes qui sont mobilisés,
06:44des militaires, escadrons mobiles, moyens aquatiques, aériens.
06:48Oui, c'est un moment extrêmement, évidemment, stressant pour la famille.
06:53Le mot est faible.
06:54D'autant plus que la famille est peut-être déjà partie civile,
06:59mais n'a pas accès forcément aux informations.
07:03Aux dossiers ?
07:04Aux dossiers, en tout cas, ça s'effectue sur commission rogatoire.
07:07C'est-à-dire que le juge d'instruction va immédiatement donner le pouvoir à une brigade spécialisée
07:13d'effectuer toutes les diligences, toutes les preuves, toutes les ADN.
07:19Et là, la famille n'a pas accès à ce qui est en train de se jouer et d'être
07:23recherché.
07:25Les enquêteurs, tu n'aimes pas informer la famille de l'État ?
07:27Non, c'est ça.
07:30On n'a pas accès à ce qui est en train d'être fait.
07:33Donc, c'est paradoxalement ce qu'il se fait qui peut rassurer la famille.
07:38Mais c'est à ce moment-là, on n'a pas les informations en temps réel.
07:42Et c'est peut-être d'ailleurs ce qu'il faudrait envisager de peut-être changer
07:45avec les victimes de disparition, de permettre de savoir qu'on recherche,
07:52dans quel sens on recherche, qu'on effectue des diligences
07:55et que les choses ne sont pas le calme plat que l'on peut imaginer,
08:00même si on ne l'imagine pas.
08:01Et c'est un moment qui est très difficile parce qu'on n'a pas de lien avec la justice.
08:05On ne peut en avoir que par éventuellement des liens avec les gendarmes
08:09qui peuvent dire qu'on est dans des informations.
08:10Ou en regardant les infos.
08:12C'est un petit peu en off.
08:13Ou en regardant les informations, oui.
08:15Donc, on est dans une situation d'attente qui est immensément insupportable
08:21puisque l'agresseur, le mise en examen ne s'accueille pas.
08:25Avec la question, est-ce que ma fille est encore vivante ?
08:28Parce que c'est la question que doivent se poser les parents en ce moment-même.
08:31Mais ce qui est intéressant dans cette affaire-là,
08:34c'est que les parents avaient compris eux-mêmes
08:37que le comportement de cet homme-là,
08:39même si on n'était pas dans des viols,
08:41effectivement dans des agressions sexuelles,
08:43était inapproprié.
08:44– Parce que dès septembre dernier, la maman a coupé les ponts avec eux.
08:48– Sauf que leur fille n'avait pas coupé les ponts, c'est ça le problème.
08:52– Le savait-il.
08:53– Voilà, mais ça c'est très nouveau.
08:55Des jeunes mamans qui viennent comprendre ce qu'ils se jouent
08:58d'une voix d'un approprié.
09:01– C'est ça.
09:02– Qui, il y a 10 ans ou il y a 5 ans…
09:04– Est-ce qu'ils avaient dit à leur fille,
09:05surtout tu ne lui parles plus, tu ne lui adresses pas la parole,
09:08s'il vient tu ne lui réponds pas, c'est la…
09:10– Voilà, ça c'est…
09:11Et puis c'est compliqué, parce que c'est le père de la meilleure.
09:13– Oui, et puis c'est surtout le problème, j'allais dire,
09:15de la dénonciation, c'est-à-dire de la mise en lumière des faits.
09:18C'est des faits qui sont d'une gravité,
09:20socialement, c'est des faits qui sont d'une gravité absolue.
09:22Ça veut dire que si, vous savez, on dit « il n'y a jamais de fumée sans feu »,
09:26si les parents, sur la déclaration de leur enfant,
09:29sans traces médico-légales, sans coups, sans blessures,
09:33je dirais, préviennent les autorités judiciaires,
09:36ça veut dire qu'ensuite, cette personne,
09:38qui peut être innocente, va traîner ça toute sa vie.
09:42De toute façon, il a été mis en cause,
09:44donc il y a forcément quelque chose.
09:45Je pense qu'il y a un frein de la part des possibles victimes,
09:50c'est-à-dire les parents, à révéler des faits,
09:52parce qu'on met en œuvre une machine
09:56contre quelqu'un pour lequel, finalement, on n'a que des doutes,
10:00et qui ne s'en se rendira jamais.
10:01Donc ils ont, en fait, le bon réflexe de dire,
10:03écoute, finalement, tu ne vas plus dans ces soirées,
10:06tu restes à l'écart, et on coupe les ponts avec cette famille,
10:10qui est à la fois le plus sécurisant pour l'enfant,
10:13et je dirais le moins difficile à porter,
10:15d'un point de vue judiciaire.
10:16On va retrouver Lola Bay, elle est à Florence,
10:19aussi dans le Gers, justement,
10:20avec cette intensification des recherches, Lola.
10:26Tout à fait, on a pu constater,
10:27avec Laura Champion qui m'accompagne, il y a quelques instants,
10:30plusieurs dizaines de gendarmes mobilisés ici,
10:32ici, dans cette zone boisée.
10:33On est au sud de Florence, exactement,
10:35ça longe la départementale 105,
10:37et il y a cette rivière, cette rivière du Gers,
10:39c'est dire, si le dispositif est monté en puissance,
10:44progressivement, il y a près de 180 gendarmes
10:46qui sont mobilisés, ici, sur cette zone,
10:48en fait, ils repassent sur une zone qu'ils avaient déjà étudiée,
10:50avec des drones, avec des hélicoptères,
10:51c'est dire, s'ils repassent tout au millimètre,
10:54au peigne fin, en fait, le but, c'est de fermer
10:56et d'ouvrir toutes les hypothèses.
10:58Aussi, ce qui est intéressant,
11:00c'est qu'on a pu constater aussi un hélicoptère,
11:01on a entendu son bourdonnement il y a quelques instants,
11:04et, en fait, il s'appuie aussi sur de nouvelles forces,
11:08c'est-à-dire des collaborations, si je puis dire,
11:10avec, par exemple, des riverains, des pêcheurs,
11:12ou encore des randonneurs, des clubs équestres,
11:15c'est pour dire si le travail est méthodique.
11:17Aussi, ils ont ouvert une adresse mail,
11:19fait nouveau, pour, justement, recenser
11:21tout témoignage qui peut être utile.
11:23Vous le voyez donc, ce dispositif, il s'intensifie.
11:26Parallèlement, il y a aussi la procédure judiciaire,
11:28avec tous les regards, qui se tournent vers
11:29cet homme de 41 ans,
11:31qui est placé en détention provisoire
11:34pour enlèvement et séquestration,
11:36mis en examen.
11:36Le fameux papa de l'une des amies,
11:40de Liana, qui, pour l'instant, comme vous l'avez évoqué,
11:42fait usage de son droit au silence.
11:43En tout cas, ce dispositif des gendarmes,
11:46lui, va rester constant.
11:47En tout cas, en ce cinquième jour de recherche,
11:50les recherches Liana restent toujours introuvables.
11:54Merci.
11:55Le labail avec Laura Champion,
11:56direct de Florence dans le Gers.
11:57Pour BFM TV,
11:58c'est terrible d'entendre droit au silence
12:01pour la famille,
12:02si, effectivement, elle regarde la télé ou pas.
12:04Mais, effectivement, c'est son droit.
12:05Mais le silence, par rapport à la disparition d'une enfant,
12:08ça paraît complètement incontourable.
12:08Le silence l'en mûre, le silence l'enferme.
12:11On peut faire des parallèles aussi
12:12avec ce qu'avait fait
12:13Présomption d'innocence mise sur la table
12:16avec ce qu'avait fait Nordal-Lelandais,
12:17qui avait gardé le silence pendant très longtemps.
12:19Vous l'avez parlé en combien de temps, Nordal-Lelandais ?
12:21Plusieurs mois.
12:22Et avec la micro-goutte de sang
12:24qu'on avait retrouvée surtout dans sa voiture.
12:26Donc, c'est vrai que les résultats
12:27de l'expertise de la voiture
12:28envoyée à l'IRCGN
12:30sont, à mon sens, déterminants.
12:32Merci d'avoir été avec nous.
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