00:00C'est une petite révolution pour la santé des femmes.
00:02Le syndrome des ovaires polykystiques, ou SOPK, change en fin de nom.
00:06Et ça va modifier beaucoup de choses. On vous explique.
00:08Le SOPK, c'est comme ça qu'on appelait une maladie chronique qui touche une femme sur huit dans le
00:12monde.
00:12Et pourtant, ce nom était inexact, ce qui contribue à retarder le diagnostic,
00:16fragmenter le traitement et stigmatiser les malades tout en freinant la recherche,
00:19explique un consortium scientifique dans un rapport.
00:21Son autrice principale, la chercheuse Hélénatide, a annoncé ce 12 mai
00:25que la maladie s'appellerait désormais syndrome métabolique ovarien polyendocrinien
00:29ou SMOP.
00:30Le but, que ce nouveau nom change la manière dont les patientes comprennent la maladie
00:33et comment les médecins la traitent.
00:35Dans New Scientist, la journaliste Alice Klein raconte sa propre expérience avec ce trouble.
00:39Adolescente, on l'envoie faire une échographie car elle a de nombreux symptômes de la maladie.
00:43J'ai été atterrée de voir que mes ovaires étaient couverts de taches noires supposées être des kystes.
00:47On m'a annoncé que je ne pourrais probablement pas avoir d'enfant
00:49et que ces kystes risquaient d'éclater, nécessitant alors une opération en urgence.
00:53J'étais désemparée et bouleversée.
00:55Sauf qu'il n'y a pas de kystes.
00:56Les taches noires que l'on peut voir sur les échographies sont des follicules immatures.
01:00Les follicules, qui sont à l'intérieur des ovaires, sont des petits sacs remplis de liquide
01:03dans lesquels baignent les futurs ovules.
01:05En gros, ce sont des réserves d'ovocytes immatures.
01:08Et si une personne atteinte en a autant, c'est parce qu'il reste coincé en cours de développement
01:11et s'accumule.
01:13Résultat, il est plus compliqué pour l'un d'entre eux de s'extraire de la masse
01:16et de commencer le parcours pour devenir un ovule prêt à être fécondé.
01:19C'est une façon bien plus plaisante de voir mes ovaires.
01:21Il déborde d'ovocytes en devenir au lieu d'être criblé de kystes, écrit encore la journaliste de New Scientist.
01:26C'est à cause de ces embouteillages de follicules que l'ovulation est perturbée,
01:30ce qui entraîne des symptômes comme des retards de règles ou des difficultés à concevoir.
01:33Mais là encore, les recherches montrent que le syndrome ne rime pas forcément avec infertilité.
01:38Les femmes atteintes ont les mêmes probabilités de tomber enceinte
01:40et sans avoir recours à un traitement ou à une fécondation in vitro pour 80% d'entre elles.
01:45Après des années à craindre de ne pas pouvoir avoir d'enfant,
01:47j'ai eu les trois que je désirais, même si j'ai aussi fait cinq fausses couches
01:50qui pourraient être liées à mes déséquilibres hormonaux, écrit encore Alice Klein dans New Scientist.
01:54Ces déséquilibres hormonaux, ce sont des taux élevés d'androgène,
01:57les hormones sexuelles mâles comme la testostérone,
01:59ce qui peut provoquer de l'acné, une chute de cheveux ou de l'hirsutisme sur le visage et le
02:03corps,
02:03c'est-à-dire l'apparition de poils dans des zones dites masculines.
02:06Une insulino-résistance associée est aussi courante et peut entraîner une prise de poids,
02:09un diabète de type 2, de l'hypertension et des troubles cardiaques.
02:12Les personnes touchées peuvent aussi être sujettes à l'anxiété et à la dépression,
02:15ajoute le magazine scientifique.
02:17Bref, le SMOP, c'est bien plus qu'une maladie qui touche les ovaires,
02:20et c'est ce que le changement de nom espère refléter,
02:22car quand une maladie est reliée à un seul organe,
02:24tout, financement des recherches, éducation, recommandations pour la pratique clinique,
02:28est regroupé dans cette boîte, déclare le docteur Hélénatide.
02:30Et pour cette maladie, c'était la mauvaise boîte, rapporte le New York Times.
02:34Par exemple, les étudiants en médecine ne se penchaient sur le SMOP que lors des cours de gynécologie,
02:38et les patientes ne sont souvent pas averties des autres symptômes de la maladie.
02:41Maintenant que le SMOP est reconnu comme touchant l'ensemble du corps,
02:44les chercheurs espèrent aussi pouvoir bénéficier de financements plus larges
02:47pour continuer les recherches et trouver de nouveaux traitements.
02:49Ce changement de nom, plus qu'utile pour la santé des femmes,
02:52aura demandé à Hélénatide une campagne de 14 longues années.
02:55L'endocrinologue a travaillé avec 56 organisations professionnelles et associations de patientes,
02:59afin de trouver une dénomination qui soit exacte scientifiquement et facile à mettre en œuvre.
03:03Dans New Scientist, la journaliste Alice Klein conclut
03:06« Si cela permet d'atténuer la confusion et l'inquiétude qui accompagnaient fréquemment ce diagnostic par le passé,
03:10tout ce labeur n'aura pas été vain. »
03:12– Sous-titrage Société Radio-Canada
03:14– Sous-titrage Société Radio-Canada
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